Appelez-nous Lapins Grimpeurs : le récit de la 6000D 2013

Hello hello amis lecteurs,

Vous le savez, nous aimons vous faire partager nos expériences. Nous vous avons concocté le récit de notre journée de course de la 6000D (27.VII.2013) ô combien mémorable, bien qu’écourtée par un rebondissement inopiné.

Le parcours de la 6000D

Le parcours de la 6000D

Réveil : 4h35. Les coureurs du camping sont déjà ready pour en découdre avec les 6 bornes de dénivelé de la course. Sans se laisser impressionner, nous enfilons notre attirail, et hop dans la voiture direction Aime, ville du départ de la course.
Sur place, des traileurs partout avec leurs tenues high tech (traileur = coureur pratiquant des courses natures, très souvent hors bitume). Nous parvenons à trouver une place sur le parking du Dia du coin. Nous nous apercevons que nous n’avons pas notre sac contenant nos barres énergétiques et notre eau que nous avons gentiment laissé se reposer dans la tente. C’est donc parti pour une course à jeûn ! Vivement le premier ravitaillement !

Ligne de départ : 6h moins 30 secondes. Les lapins sont acclamés comme il se doit au coup d’envoi. Ça démarre vite avec du 10Km/h sur des routes plutôt plates le temps de rejoindre les premiers chemins de forêt violents au bout de 2Km. Good bye les 6 minutes par kilomètre, ça devient rapidement 10, puis 15, puis davantage lorsque les montées deviennent plus raides ! Contrairement à ce que nous pouvions penser, nous ne courons pas beaucoup. Les montées sont beaucoup trop escarpées. Pour gérer correctement l’effort, nous suivons le mouvement de note peloton en adoptant une marche rapide lors des montées interminables sur des chemins parsemés de racines et de cailloux. Bientôt, nous arrivons dans les premiers patelins de montagne où nos trois supporters locaux (et leurs chèvres) nous acclament avec des cloches.

Vue sur les montagnes

Des vues imprenables sur les montagnes

Le premier ravitaillement se fait désirer. Nous l’atteignons enfin au 20 ème kilomètre (soit après plus de 3h30 d’effort), sous un soleil déjà de plomb. Ici, nous nous blindons un peu trop vite la panse de peur de ne pas tenir le coup jusqu’au prochain ravitaillement annoncé au 30 ème.

C’est donc un peu lourds que nous continuons sur des routes de montagne avec notre peloton de plus en plus petit, qui ressent de plus en plus la difficulté des montées. Les paysages sont magnifiques. Pas de doutes possibles, c’est la montagne, la vraie ! Nous apercevons les premières neiges qui ne fondent pas en plein soleil, signe que nous prenons de l’altitude. C’est rigolo de toucher de la neige en plein mois de juillet !

S’en suivent enfin quelques descentes pas trop raides et par conséquent idéales pour se dégourdir les pattes. Notre élan est coupé deux kilomètres plus loin lorsque nous nous apprêtons à réaliser l’ascension du glacier. Nous rencontrons un traileur qui nous a reconnu dans l’article de Jogging International et qui nous noie de jolies paroles et d’encouragements. Nous sommes ravis ! Nous descendons rapidement de notre petit nuage dès lors que nous prenons conscience de la difficulté de l’épreuve qui nous attend : La montée au glacier est tellement « sèche » que nous sommes amenés à nous servir de nos mains pour nous agripper. C’est presque de l’escalade !! Un photographe est positionné sur un rocher afin d’immortaliser ce moment riche en souffrance.

Au sommet du glacier

Au sommet du glacier

Après une halte au sommet du glacier, nous entamons la descente. La vue est à couper le souffle. Nous devons redoubler d’attention afin d’éviter la chute. Les sols sont très compliqués: nous sommes parfois obligés de glisser tels des skieurs sans ski ou de faire de la luge sans luge pour progresser.

Une fois ce nouvel effort accompli, un bouleversement totalement inattendu fait son apparition au stand de ravitaillement du 34eme kilomètre : nous sommes disqualifiés de la course faute d’avoir respecté le temps réglementaire. En effet, après 7h40 d’efforts, nous avons atteint le point de passage à 13:40 au lieu de 13:00. Environ 150 traileurs se trouvent dans la même situation que nous. Du jamais vu pour la 6000D ! C’est avec tristesse que nous devons à présent restituer nos dossards, puis finir la course sans, ou bien prendre la télécabine pour rejoindre Bellecote (ville où se trouvent les navettes qui doivent ramener les traileurs disqualifiés à Aime). Comme nous n’avons pas de ravitaillement sur nous, nous optons pour le choix de la raison : prendre la télécabine pour rentrer chez nous. Un remerciement tout particulier aux bénévoles qui ont été très attentionnés et affectés par notre sort.

Malgré la frustration de ne pas avoir terminé la course, nous gardons un excellent souvenir de la 6000D: des paysages magnifiques plein la tête, des rencontres, des moments durs, des rires et beaucoup de fierté. Certes, nous n’avons pas ce sentiment d’accomplissement total mais nous nous réjouissons du nouveau challenge que nous nous donnons pour l’année prochaine : devenir finisher de la 6000D.

Notre « arrivée » au 34ème kilomètre

À très vite pour de nouvelles aventures !

carottes petit

Commentaires
  • Vous êtes des malades! La 6000D comme ça juste après un trail! Moi rien que d’y penser je me fais dessus! Mon tenancier de boutique préférée, à fait UTMB cette année après l’Archange en 2013, avant les Templiers en2013, le marathon des sables en 2011 ou 12. Finisher à chaque fois. Vous voyez le genre du type? Et ben, ll’UTMB qu’il a fini c’est son expérience la plus douloureuse  » tu te sens comme une merde » à cause des côtes.

    Par contre, je suis rassuré, y’a pas que moi qui oublie des trucs importants avant une course.

    • Emir dit :

      Le Trail 94 de la veille était plutôt light. Il s’agissait d’un 20 Km plutôt champêtre et sans trop de dénivelés. C’était surtout pour se mettre en jambe (et aussi, si mes souvenirs sont bons, parce que nous n’avons pas trouvé d’autre course ce jour).

      Je vois bien le genre de personne. Un vrai ultra-trailer qui en veut toujours plus et n’a pas froid aux yeux. Je crois que quand tu deviens ultra-traileur, t’as un genre de goût pour la douleur qui apparaît. T’as de plus en plus envie de tester ton corps et ton esprit dans des conditions extrêmes, même si tu te rappelles très bien de la douleur des précédentes épreuves. D’ailleurs, le fait que tu me dises ça, ça me donne envie de tester l’UTMB …

      Sois rassuré ! Pour la préparation à l’arrache ou les oublis de trucs importants / fondamentaux, nous sommes particulièrement bons.

Réagissez