Fin de saison 2013 : le marathon de La Rochelle

Affiche Marathon de La Rochelle 2013

Le 23ème marathon de La Rochelle Serge Vigot

Pour ce quatrième volet de novembre qui clôt notre saga marathonienne pour 2013, nous vous emmenons cette semaine à la 23ème édition du marathon de la Rochelle Serge Vigot, troisième marathon de France après Paris en termes de participants (selon Jogging Plus).
Cette fois-ci, nous sommes accompagnés de notre ami Buge, ami runner finisher du marathon de Paris 2013 et récemment lancé dans le coaching en nutrition.

Comme toujours, l’aventure marathon de la Rochelle débute la veille de l’épreuve, samedi 23 novembre 2013:
A 9h40, nous partons en direction du port pour le footing « La Chauffe Gambettes » de 4Km, en hommage à Serge Vigot. Mais au fait, « c’est qui Serge Vigot ? ». Hormis le fait que son patronyme ait été donné au marathon de la Rochelle, nous n’en avons pas la moindre idée… Instruisons-nous ensemble :

Serge Vigot, président-fondateur du marathon de la Rochelle depuis 1991 et vice-président du tribunal de grande instance de Rochefort, était un passionné de course à pieds. Agé de 56 ans, il décède des suites d’une rupture d’anévrisme, alors qu’il était sur le point de terminer le marathon de Marrakech (41ème Km).

9h55 : nous ne sommes pas encore sur les lieux de départ quand soudain, surgit de l’espace Encan des centaines de coureurs ! Les Rochelais ont donc à leur montre cinq bonnes minutes d’avance sur les Parisiens. Comme nous sommes souvent quelque peu ric-rac sur les horaires, nous prendrons le soin de considérer cette information pour le départ du marathon, le lendemain.

Nous rejoignons les joggeurs. L’ambiance est bon enfant et les discussions abondantes. Certains courent chiens en laisse, afin d’être entraînés par leur vitesse. Des bambins sont également présents, accompagnés de leurs parents. Nombre de coureurs portent le coupe-vent finisher des éditions passées du marathon de la Rochelle, tous très beaux. Nous avons hâte d’avoir le nôtre !

la veille, run en mémoire de Serge Vigot

la veille, run en mémoire de Serge Vigot

Au terme de ce footing, nous sommes invités à un ravitaillement copieux, en contraste avec la distance parcourue. Nous y faisons la découverte d’une très bonne spécialité locale : la galette charentaise !

Aux alentours de midi, nous partons récupérer nos précieux dossards. Sur le chemin, un petit détour par le marché nous permet de rencontrer un clown qui nous remet trois billets de tombola.  Il nous indique que ces billets seront à placer dans les urnes de ses compères durant la course. Nous nous rendons à nouveau à l’espace Encan, qui a été également aménagé en running expo. De bonne heure afin de ne pas réitérer l’expérience de la semaine passée à Valencia et de se voir remettre un vêtement en taille XL. Pendant ce temps, la voix du commentateur sportif résonne déjà sur le port.

Munis de notre bon de retrait (reçu en version papier par la poste trois semaines avant), nous retirons notre dossard.Dossards

Avec pour fond un paysage de la Rochelle, il est à mes yeux, le plus beau qu’on ait jamais eu.

Un bénévole nous informe que nous recevrons le fameux coupe-vent une fois la ligne d’arrivée franchie ! Ensuite, visite rituelle de l’expo. Nous passons le bonjour au stand TomTom, faisant la promotion de TomTom Runner ici également.

Jamais nous n’aurons mangé autant à une running expo ! Boudin, foie de canard, rillettes de canard, fromage de chèvre, merveilles sucrées, crêpes dentelles : toutes les spécialités locales des régions des stands exposés sont ici présentes ! Et il faut l’avouer, nous apportons notre contribution au vidage des plateaux avec un enthousiasme enfantin : « c’est quoi dans le plateau là ? Et celui là c’est quoi ? ça a l’air bon ça, non ? ».

L’après-midi, c’est visite de la ville ! Avec la permission du coach Buge bien entendu. Nous avons une pensée pour les marathoniens, qui, la veille de course, restent cloués au lit afin de se préserver au maximum. Nous sommes dans l’optique inverse : profiter de nos séjours au maximum en jouant les touristes et en nous nourrissant de denrées régionales.

Le marathon de la Rochelle est un événement local de taille, très bien connu des commerçants. Les restaurateurs adaptent leurs formules « façon marathon » en proposant des pâtes et des féculents à toutes les sauces. Ce week-end, c’est l’occasion pour eux de récolter un maximum ($$$).

Fidèles à nous-mêmes, nous décidons de ne pas imiter le commun des marathoniens disciplinés. Au menu du soir, ce sera un burger chacun et crêpes en dessert (précisons un détail : les burgers sont réalisés sur commande à partir de produits frais). Un repas pas tout à fait marathon-compliant mais néanmoins approuvé et adopté par le coach Buge. On omettra de préciser que le coach a dû se faire violence pour se passer des traditionnelles frites accompagnatrices.

Avant de nous jeter dans les bras de Morphée, nous jetons un œil à la situation du départ :

Plan départ

 

plan départ 2

Comment ça ? Des départs distincts pour les seniors hommes et les femmes ? C’est pourtant évident, on ne sépare pas les Lapins pendant les trois premiers kilomètres d’un marathon. Notons qu’un deuxième départ a été conçu afin de rendre plus fluide le trafic, du fait de l’étroitesse des allées.

Envisager un départ seule, loin de mon Lapin? Impensable ! Je suis prête à sacrifier mon chrono en temps réel au cas où ma puce ne s’activerait pas au départ quai Maubec.

Autre fait remarquable : deux boucles ? Le marathon est donc un double parcours de semi ! L’inspiration ne sera donc pas à puiser dans la diversité du décor.

Dimanche 24 novembre, le grand jour !

 

Debout à 6h30 et dégustation du gâteau préféré de Dominique Chauvelier préparé par le coach Buge. Il faut reconnaître qu’il est pas mal ce gâteau sport chocolaté Overstim’s en poudre. On enchaîne avec une banane et une barre céréalière chacun puis vient l’heure de se préparer. Notre hôtel étant tout proche du quai Maubec (départ hommes), nous retardons le moment de la sortie dans le froid jusque 8h20.

Il est temps de se lancer ! Les meneurs montent sur l’estrade pour une courte présentation. Ces derniers couvrant les allures de 3h00 à 4h00, les runners sous les 11km/h devront se fier à leur montre. L’ambiance est là sur le port de La Rochelle donnant sur les Tours emblématiques de la ville. Des runners partout courent vêtus de sacs poubelle et autres ponchos visant à préserver autant que possible leur précieuse chaleur corporelle. Les Kenyans et Éthiopiens s’échauffent au milieu de la foule en effectuant quelques longueur en sprint (ou peut-être est-ce leur vitesse de croisière). Direction notre sas pour la photo traditionnelle et les derniers tweets d’encouragement.

Au départ, dans le froid et la bonne humeur

Au départ, dans le froid et la bonne humeur

Quel froid de canard ! Les runners trépignent, relèvent les épaules comme pour fuir la fraîcheur de l’air ambiant. Buge a pour objectif de faire tomber la barre des 4h30. Pour y arriver, il a préparé son corps à l’épreuve par un programme travaillé.

9h00 : top départ ! Non loin des capteurs, nous savons que nos temps officiels et réels seront voisins. Nous souhaitons le meilleur marathon possible à Buge et partons à allure 3h45, sans pour autant apercevoir de flamme. Nous nous élançons joyeusement sous les acclamations de ce tant attendu événement local.

Au moment du départ retentit La chevauchée des Walkyries, prélude de Wagner qui donne l’impression aux coureurs de partir au combat. J’en ai des frissons partout !

Mettez-vous dans l’ambiance :

The Ride of the Valkyries     

Rubrique stratégie de course : le Lapin Ravitailleur
Pour ce dernier marathon de la saison, nous avons décidé de terminer en beauté et de redresser un peu les chronos. Notre plan d’action : la réintégration de l’usage de la ceinture de ravitaillements. Grâce à cet outil révolutionnaire, nous visons à minimiser les arrêts et ainsi optimiser le temps au compteur.
Pour ce faire, nous mettons en œuvre la stratégie du Lapin ravitailleur. Il s’agit d’une boucle dont les étapes sont les suivantes :

Lorsque les gourdes sont vides, retour à l’étape 1

Retour au récit.

Dès les premiers instants, la vitesse du peloton est suffisante pour que nous n’ayons pas à tenter de doubler.

Au 3ème Km, les groupes hommes / femmes, pères / fils, amis / amis, séparés au départ tentent de se reformer parmi la foule sur un paysage côtier. Dès le 5ème, le ravitaillement est un véritable buffet dont le contenu est très varié. L’organisation est remarquable : de hautes pancartes colorées indiquent aux Runners le contenu des tables. A La Rochelle, on ne lésine pas sur le carburant !

Aux alentours du 10ème, un clown sur le bord de la route avec une urne !

« Carole, continue j’arrive ! ». Une petite halte s’impose le temps d’extraire les trois billets de tombola de la coque de mon iPhone. Une petite photo pour le plaisir, et c’est reparti !

Toujours prendre le temps de faire le clown, toujours !

Toujours prendre le temps de faire le clown, toujours !

Je rejoins Carole et je commence à avoir mal au ventre. Fort heureusement, au 11ème, la délivrance ! « Carole, continue je te rejoins ! ». Il me faut environ 3 minutes pour me libérer. S’en suivent 2 Km à 15 Km/h pour récupérer ma Lapine, déjà arrivée au niveau du port ! Meilleurs qu’un long discours, voici le graphe :

mini graphe course Emir

Pendant ce temps-là, je commence à prévoir plusieurs scénarios :

  • Emir a retrouvé Buge en chemin et a décidé de faire un bout du parcours avec lui.
  • Emir est toujours à ma recherche. Il interroge les coureurs pour savoir s’ils m’ont aperçue.
  • Il est arrivé quelque chose à Emir. Le cas échéant, comment le saurai-je ? Que faire alors ?

Je suis même sujette à des hallucinations. J’entends derrière moi des « Allez le Lapin », mais je ne vois pas Emir… Quel soulagement de le retrouver !

Le parcours du semi (à réaliser deux fois pour les marathoniens) se déroule dans l’ordre suivant : centre-ville – boucle nord – boucle sud. La boucle nord est longue de 13 Km et offre peu de paysages remarquables. Quelques passages côtiers ainsi qu’en parcs ponctuent les grandes rues longeant les habitations, majoritaires. Au niveau de la boucle sud, après un petit tour au centre-ville avec notamment un passage sur la place de Verdun où les encouragements sont particulièrement abondants, nous abordons les universités. Les routes sont larges et bordées d’imposants bâtiments modernes illustrant le poids de l’enseignement supérieur à La Rochelle. Nous abordons ensuite une zone portuaire qui nous offre une très belle vue sur les Tours.

38eme, superbe vue sur les tours

Aux alentours du 20ème, nous rencontrons François, alias Cloclo pour l’occasion et également membre de la communauté Kikourou qui nous annonce avoir perdu son binôme !

Il n’y a pas à dire, les supporters se font entendre ! Nous prenons le temps de taper dans quelques mains d’enfants et apprécions toujours autant l’enthousiasme lors de nos passages.

La première boucle bientôt achevée, nous faisons le constat que le parcours n’est pas si roulant, et que les quelques côtes à affronter seront d’autant plus coriace d’ici 20 Km !

En termes d’allure, nous tenons un beau 5:31 sur la totalité du premier semi et, grande surprise, cela va tenir jusqu’au 30ème ! Nous voyons la flamme bleue, elle s’approche ! Hommage à cette runneuse pleine d’énergie qui, à nos côtés, répète « allez, on lâche rien, on va l’avoir ! ». Notre allure nous permet même de nous payer un luxe, nous doublons le meneur 4h00 !

Le miracle du 30eme

Le miracle du 30ème

Cependant, la dure réalité du 30ème nous rattrape.

Au 34ème, alors que je m’apprête à tweeter que nous sommes sous les 4h00, j’entends dans mon dos « allez ! on s’accroche »… Oui, vous l’avez deviné, c’est le peloton 4h00, alors devenu bien plus rapides que nous. Nous devons le laisser partir, nous faisons de notre mieux. Et puis, malgré ça, ça fait bien longtemps que nous n’avons pas tenu un si bon chrono !

Nous poursuivons dans la douleur. Quelques très courtes haltes aux ravitaillements des Km 30 et 35 puis reprises !

Ma Lapine est déterminée ! Je lis la douleur dans son regard mêlée à une hargne qui l’empêchera de s’arrêter. Je lui fais l’affront de lui demander « tu veux qu’on s’arrête ? », auquel elle me répond vivement par la négative.

En effet, tout n’est pas perdu. Certes, nous avons été rattrapés par le meneur 4h00 mais nous pouvons toutefois réaliser un chrono honorable. Hors de question de se mettre à marcher alors que nous arrivons au terme du marathon ! Je me fais la promesse de courir jusqu’au bout, coûte que coûte ! « On va l’avoir le coupe-vent en taille S ! » me dit Emir en guise d’encouragement.

Km 40, nous sommes dans la zone portuaire annonçant l’approche du centre-ville, zone d’arrivée du marathon. Le commentateur sportif entreprend un compte à rebours visant à décider les runners en moins de 4h à tout donner. Nous n’y serons pas, mais nous ne serons pas loin. Nous poursuivons parmi la foule de plus en plus abondante ! Les pavés de cette zone piétonne nous achèvent les chevilles.

Epreuve finale, les pavés du port

Ça y est, nous passons le 41ème ! Au niveau du port, nous apercevons parmi la foule une inscription indiquant l’arrivée. Portés par la volonté d’en finir, nous ferons ces longs, très longs 580 derniers mètres main dans la main avant de franchir la ligne en 4h04m28s. Nous signons ainsi notre troisième meilleur chrono sur marathon, après Paris (3h58m55s) et Prague (3h59m36s). La stratégie du Lapin Ravitailleur a porté ses fruits. Elle sera désormais utilisée systématiquement.

Que d’émotions sur cette fin de marathon. Carole a tout donné ! Je suis partagé entre la fierté et la culpabilité d’avoir voulu maintenir l’allure malgré la douleur.

Les derniers kilomètres sont très douloureux. A partir du 40ème kilomètre, je commence à voir trouble. Puis, je me sens zigzaguer, partir. Les derniers mètres sont les plus durs ! J’ai l’impression de courir pieds-nus tellement je sens les pavés. L’arrivée sonne comme une véritable délivrance. Je me jette dans les bras de mon Lapin, sanglotant. Je suis tellement heureuse de ce que nous avons accompli!

Pas le temps de respirer, le commentateur nous réserve un superbe accueil ! « Ils sont là Carole et Emir, les Lapins. Ils ont fait la Une de la presse spécialisée. Ils sont présents sur les grands rendez-vous. ». Rien que ça ? Ce doit être un genre d’avant-goût de la vie de star que nous a concocté ce cher commentateur sportif ! Cette superbe arrivée en images et en son :

1:53:40 : notre arrivée
1:55:22 : notre interview par les présentateurs sportifs
1:57:42 : les présentateurs continuent de nous apprécier

Nous nous dirigeons vers le ravitaillement final pour y puiser réconfort. Avant d’y parvenir, nous sommes gratifiés d’une très belle médaille et du traditionnel coupe-vent blanc de la 23ème édition du marathon (en taille M). La médaille dispose au dos d’un emplacement destiné à la gravure, mais pas de stand pour la réaliser sur place. Côté alimentaire, ce sera une bourriche d’huitres, une pomme, une madeleine et un riz au lait. Le ravitaillement final est également abondant avec quelques éléments insolites : pommes, bananes, oranges, raisins secs, pain d’épice, chocolat, jambon, tartines de pain beurrées avec amour par une mamie bénévole, riz au lait, petites Danettes chocolat / vanille Disney « Planes ».

Sur le stand de ravitaillement, je commence à me servir un petit morceau de banane, puis un deuxième, puis un troisième quand soudain j’entends un bénévole me dire : « Laissez-en quand même un peu pour les autres, les premiers ont quasiment tout pris. Il ne va plus y en rester ! […] Ben, maintenant que vous l’avez pris (le bénévole fait référence à mon troisième morceau de banane), vous n’allez pas les remettre dans l’assiette !». A noter : la prochaine fois que nous courrons le marathon de la Rochelle, nous prendrons soin de nous constituer une réserve personnelle de bananes afin que tout le monde puisse être servi.

Après quelques 25 minutes de récupération, nous scrutons la foule à la recherche de Buge qui doit avoir terminé (objectif 4h30 !). Nous retrouvons notre ami Buge en train de dévorer des oranges bien méritées. Résultat ? 4h31m45s, soit un record personnel établi à plus de 26 minutes d’écart avec son premier marathon, à Paris le 07.IV.2013. Toutes nos félicitations à toi Buge, et quand tu veux pour ton 3ème !

Après une série de quatre en quatre semaines, les marathons sont maintenant terminés pour cette année. Pour décembre, un programme tout aussi chargé nous attend ! Deux corridas très importantes pour nous ont lieu dès dimanche prochain (01.XII). Les organisateurs ayant eu la bonne idée de répartir les deux événements sur la journée, nous les ferons toutes les deux :

  • Corrida de Thiais : 10 Km déguisé marquant naissance des Lapins Runners, le 16.XII.2012 !
  • Corrida de Colombes : 10 Km sur lequel nous avons tous deux réalisés nos RPs (Records Personnels) !

Profitons de ce compte-rendu pour rendre hommage à Pascal Galibert, ex-arbitre âgé de 51 ans, décédé à la suite d’un malaise cardiaque survenu à l’arrivée du marathon de la Rochelle. Nous avons une pensée pour sa femme et ses quatre enfants et leur présentons nos plus sincères condoléances.

Pour terminer, un salut pour l’organisation et un grand merci aux bénévoles, aux supporters qui nous encouragent de près ou de loin, sur le terrain ou à distance.

Finishers, vêtus du coupe vent légitimement gagné

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre sur la page Facebook et twitter des Lapins Runners, un grand merci aussi pour ça !

médailles

A très vite les amis !

Les Lapins Runners.

carottes petit

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