Les Lapins Runners au « premier marathon de France » !

Affiche marathon Cernay

Tout commence au mois de décembre, alors que le Lapin interroge le petit oiseau bleu pour des nouvelles de la communauté. Le hasard du jour a la bonne idée de nous faire tomber sur un tweet ô combien intéressant : une proposition de marathon de la part d’Isabelle aka emabovari, au tout commencement de 2014. C’est avec grande joie que nous réservons notre date du 5 janvier pour participer à l’auto proclamé « premier marathon de France » pour sa première édition, à Cernay-la-Ville (78).

 

Le tweet du commencement

Le récit

Dimanche 5 janvier : lever à 5h00. Aucun de nous trois n’ayant souhaité s’adonner à quatre heures de transports en commun pour un retrait anticipé des dossards, il a fallu en payer le prix le jour même. À Sevran, il pleut à torrents … L’idée d’un marathon sous cette pluie nous est difficile à envisager.

5h50 : nous prenons la voiture bleue direction porte de Bagnolet, où nous devons récupérer Isabelle, notre covoiturage et partenaire de running du jour.

6h35 : l’équipe est au complet, direction la jolie ville de campagne de Cernay-la-Ville. Peuplée de cyclistes, c’est très certainement la première fois que la petite bourgade va connaître autant de runners fouler ses routes.

7h40 : le trio arrive sur place. Bien que la pénombre soit toujours présente, nous repérons les lieux au moyen des nombreuses voitures garées sur les bas côtés. Un bénévole nous invite à les imiter car le parking est plein.

Nous arrivons au gymnase de la ville pour le retrait des dossards. La structure est, elle aussi, plongée dans l’obscurité. Le froid est également au rendez vous. Les bénévoles parcourent la liste des inscrits aux moyens des flashs de leur téléphone mobile et nous fournissent notre package dans une ambiance intime (obscurité aidant). Au menu : quelques flyers de courses nature, un paquet de dragibus Haribo, un t-shirt Adidas jaune et noir avec au dos, l’inscription allrun premier marathon de France, un petit ticket pour une lasagne party post-marathon. Plutôt généreux pour une première édition !

Package en main, direction les toilettes. Sur le court chemin, nous constatons que le parcours est affiché et tentons de comprendre s’il s’agit de deux boucles (comme souvent, nous nous préoccupons du parcours à l’ultime moment, ou pas du tout). Dans le noir, nous croyons comprendre que nous réemprunterons certains chemins. Nous verrons bien.

La longue file d’attente nous indique où se trouvent les toilettes, ou plutôt, l’unique toilette pour une bonne dizaine de personnes. La file avance au compte-goutte, bien moins vite que les minutes qui nous séparent du départ. Nous en profitons pour nous équiper : choix des couches de protection, oreilles, boucles, cravate, pompon et dossard.

La lumière arrive et illumine le gymnase. Nous le constatons par les discussions et les tenues vestimentaires : ce marathon ne compte pas beaucoup de débutants. Il s’agit principalement d’habitués venus se mettre un petit marathon sous la chaussure pour démarrer l’année du bon pied.

Qualifier ce marathon de « premier marathon de France » nous laisse dubitatifs : en voilà un joli jeu de mot marketing ! Il est clair que les organisateurs font référence au premier marathon de France de l’année 2014 (en effet, difficile de faire mieux que le premier dimanche de l’année).

Parlons du système de chronométrage. Un beau dossard Adidas sans trace de puce. Rien dans le package … Le volume d’inscrits va donc permettre à l’organisation chronométrer manuellement ? Vraisemblablement oui. Nous aurons la réponse à l’arrivée. Notons que ce système ne permet pas de relever les temps de passage par certains points (par exemple, au semi). Nous nous remémorons notre marathon et notre 100 Km à échelle familiale au bois de Vincennes. Les bénévoles comptaient à chaque tour notre passage et rajoutaient un bâton à côté de nos noms sur leur bloc-notes. À chaque bénévole-compteur était associé un petit groupe de coureurs dont il se chargeait de relever le nombre de tours et le temps de passage. Excepté le temps final, les données liées aux temps intermédiaires ont probablement disparu dans la nature.

À 8h20, nous sommes enfin arrivés à nos fins. Un rapide retour à la voiture s’impose pour y déposer nos sacs, puis direction la ligne de départ. Par chance, tout est à proximité et nous laisse le temps pour petite photo souvenir.

Le trio au départ

Le trio au départ

Sur la ligne, Stéphane (Sputnik de Kikourou) nous repère et nous échangeons quelques instants. Après son finish de l’UTMB 2013, Stéphane est venu parcourir « quelques kilomètres » dans le but de s’entraîner pour les ironmen de Vichy et Nice cette année. Pas d’objectif de temps donc mais une estimation à 3h15 – 3h20. Ah d’accord ;).

8h30 : Un départ ponctuel au lever du jour. Sputnik s’élance à toute vitesse, laissant le Lapin seul, fondu dans la foule. Au milieu, la Lapine et Emabovari apportent une touche de rose au sas de départ. Après quelques instants, nous sommes de nouveau au complet.

J’annonce à Emabovari que seules six séniors féminines participent au marathon et que les trois premières de la catégorie seront récompensées. La voici motivée pour décrocher un podium, ce que je lui souhaite. Quant à moi, je l’accompagnerais volontiers.

Notre amie décide de suivre le feeling et se détache du notre peloton (de trois), dans le légitime but d’écouter ses sensations.

Les Lapins courront à deux pendant quelques minutes, le temps de prendre une décision importante. Pour la première fois, ce marathon sera couru à leur rythme respectif.

La veille au soir, j’ai forcé sur les pates, vraiment. J’ai aussi forcé sur le pain. J’ai aussi forcé sur le chocolat. En gros, je me suis fait ma petite crise alimentaire compulsive. Cet élément est probablement pris en compte de ma décision de me dépenser autant que possible.

A l’inverse, j’ai fait une croix sur le dîner de la veille et j’ai petit-déjeuné très léger. J’espère que mes forces seront suffisantes pour terminer la distance mythique et si possible, avec un temps pas trop mauvais. Pour le moment, je me sens en forme.

Alors que je fais maladroitement tomber mon mobile en tentant de m’immerger dans la musique, je m’arrête quelques instants pour fixer mon brassard. Je retrouve ma Lapine quelques centaines de mètres plus loin, en train de courir aux côtés d’un … runner rasta 🙂

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de fire_rasta venu dans le but de courir ce tout premier marathon de l’année en moins de 4h.

Quelques instants plus tard, les Lapins prennent reprennent la route.

Le marathon du Lapin

Pour la première fois, je m’éloigne de ma Lapine pour un temps plus long que celui nécessaire à un joli cliché de course.

En forme, j’avance bien et je puise de l’énergie dans les paysages : de grands espaces champêtres et forestiers. Pas de doutes ici, nous sommes à la campagne. Les décors sont très semblables à ceux du Limousin.

Tout à coup, j’aperçois des gens faisant un pique-nique sur le bord de la route … Mais non, c’est en réalité le premier ravito, au 6ème Km. Le ravitaillement est surprenant par sa taille réduite, tout en étant adaptée au volume de coureurs de ce marathon.

Je me dis que les six premiers kilomètres sont passés bien vite. Je fais l’impasse sur le pique-nique et je poursuis. Au menu du jour : oranges, raisins secs, sucre, chocolat, eau, cola, bananes.

Le jour est maintenant levé, et le ciel bleu bien dégagé. Les kilomètres s’enchaînent assez rapidement. Une seconde source de motivation m’apparaît : « le rattrapage des concurrents ». Doubler ses prédécesseurs est un jeu amusant qui fournit des mini-challenges atteignables (pas toujours, certes), nourrissant le moral de plusieurs petits succès.

Au 12ème, je pense à me fixer un objectif plutôt que de courir complètement au feeling : utiliser TomTom Runner à bon escient afin d’assurer le maintien de mon allure moyenne. TomTom m’indique 4’37 », je décide que ça ne bouge plus.

Alors que je grimpe joyeusement une côte, je suis doublé par deux runners qui discutent et me font les traditionnelles blagues sur la chasse. Je le prends comme un affront et décide que ça ne se passe pas comme ça. TomTom dit 4:38, j’ai bien ralenti. J’ajuste l’allure et franchis quelques minutes après la barre des 4:36, en guise de vengeance.

Jusqu’au semi, tout va bien. Je jette un œil à TomTom pour savoir en combien je le passe : 1h39. Satisfait, j’envisage le negativ split, pour la première fois de ma vie. Aujourd’hui, c’est le jour des nouveautés. Mon corps va-t-il me laisser faire ? Vais-je inexorablement ralentir à un moment donné et vais-je devoir revoir à la baisse l’objectif que mon temps actuel me permet d’espérer ? Telles sont les questions qui parcourent mon esprit au gré de mes foulées.

Après le 22ème, j’ai l’impression de reconnaître le paysage. Un panneau « massif forestier de Rambouillet m’est familier ». Ceci dit, j’ai également l’impression que ce second semi comporte davantage de dénivelé que le premier. Conclusion : ce n’est pas une seconde boucle, mais quelques passages sont communs.

Ayant de moins en moins de challengers à doubler, je regarde souvent ma montre, et le ciel. Il est bleu mais couvert d’une fine couche de nuages blancs en forme d’écailles. C’est beau, ça me distrait pendant que mes jambes travaillent à maintenir le 4’37 ».

En fin de vingtaine, je croise un coureur qui me fait découvrir la communauté de Courir le monde. Nous discutons quelques kilomètres avant de se séparer au ravitaillement du Km 30. Ça fait donc 30 Km que je cours, et je n’ai toujours pas bu une goutte d’eau. Fais-je n’importe quoi ? Probablement, mais je n’en ressens pas le besoin.

Au milieu d’un champs, alors que je tente de doubler mon prochain rival, j’aperçois au loin un runner à quatre pattes, ayant sûrement explosé en vol. J’espère pour lui (et très égoïstement, pour moi) qu’il va se relever rapidement pour que je n’ai pas à m’arrêter pour le secourir … Fort heureusement, il se relève et se met à marcher. Merci l’ami, j’espère que tu vas mieux !

Au Km 33, je vois un t-shirt vert au loin. Je le reconnais, c’est celui de Sputnik ! Ce moment coïncide avec de longues et difficiles montées. Peu à peu, je m’approche du t-shirt qui devient mon objectif du moment. Je grimpe les côtes et fini par rattraper mon rival. Une courte discussion avec Sputnik me permet de comprendre que le dénivelé lui donne du fil à retordre, mais qu’il reste très confiant. Une gentille bénévole nous indique 34,3 Km ! J’avoue que j’espérais plus, je crois que je ne voulais pas le savoir. Stéphane et moi la remercions avant de continuer. Je quitte Stéphane en lui souhaitant bonne fin de course.

Je décide de ne plus regarder le kilométrage. Au Km 36, l’état de mon ventre devient critique. Je crois ne pas avoir besoin de faire de dessin, mais la difficulté me pousse à imaginer un scénario catastrophe : m’arrêter ! Impossible. Je suis seul sur les sentiers, je peux me parler à voix haute. Je demande à mon ventre de me laisser finir le marathon tranquillement. À ce moment, je me prends pour Tom Hanks dans Seul au Monde : un type seul au milieu d’un champ qui implore son ventre de le laisser tranquille.

De temps à autre, des pelotons de vélos m’encouragent vivement. Les cyclistes aiment le Lapin. Parmi le très faible nombre de supporters présents sur le parcours, beaucoup font la blague de la chasse, ce qui n’est pas étonnant au vu des lieux.  En effet, nous sommes en environnement forestier et la chasse existe réellement ici. « Attention le Lapin, les chasseurs ne sont pas loin ! ». J’offre à chacun un exemplaire de ma meilleure réplique : « pas d’inquiétude à avoir, je les ai semés depuis longtemps ».

Entre 39 et 41, un passage dans le décor de Smallville (grands espaces champêtres avec un château d’eau, tu vois l’idée ?) très venteux me force à tenir mes oreilles.

Je m’apprête à terminer la lutte contre mon ventre qui me donne énormément du fil à retordre. J’entre à nouveau dans un paysage urbain. C’est la dernière ligne droite ! Le chrono au loin … 3h13m55..56..57.. What ? Je vais vraiment finir en moins de 3h15 ? Allez, je sprinte car je ne sens plus rien. Voici enfin le moment tant attendu du soulagement. Cent mètres avant mon arrivée, une bénévole m’annonce : « numéro 125, un lapinou ». C’est donc comme ça que se fait le chronométrage à Cernay. Je franchis la ligne, TomTom Runner me dit : 3h14m19. Je suis heureux. J’obtiens ma médaille et je fonce … où vous savez. Je saurai quelques jours après l’épreuve que cette performance m’aura valu la 11ème place au scratch.

Dans mes souvenirs, je souriais à ce moment là

Dans mes souvenirs, je souriais à ce moment là

Le marathon de la Lapine

Pour la première fois de sa carrière, mon Lapin décide d’affronter seul la distance mythique. L’ayant incité à de nombreuses reprises, je ne peux que m’en réjouir. Nous allons enfin savoir ce qu’il vaut sur marathon. Seule sans mon Lapin, ces quatre heures de course s’annoncent ennuyeuses. J’espère trouver de l’intérêt au parcours, sinon méditer pendant tout ce temps.

Je constate très vite que le parcours est très vallonné. Comme l’indiquait justement le site Internet du marathon, il ne s’agit pas d’un marathon pour faire un record. Même si un bon temps sur une course me fait toujours très plaisir, je ne me mets pas de pression pour trois raisons :

  • Primo : Comme mentionné plus haut, le profil de la course n’est pas propice à un record et je me sens pas d’attaque à faire -3h58 (RP sur marathon).
  • Deusio : Pour la première fois de ma carrière de runneuse, je vais courir seule ce marathon sans mon Lapin. Je m’attaque donc à une épreuve inédite !
  • Tertio : N’ayant pas de ceinture de ravitaillement, je prévois de m’arrêter aux stands pour m’alimenter et donc perdre du temps.

Munie de ma montre Tomtom, je décide de maintenir l’affichage sur la distance parcourue et de ne pas me préoccuper de ma vitesse. J’ai envie d’avoir la surprise de mon temps à l’arrivée. J’y vais donc au feeling !

Pour le moment, le parcours est plutôt champêtre. Les runners, qui ne sont pas encore disséminés, forment une longue traînée mouvante sur la route. Je rencontre un renne de Noël, porté disparu au soir du 24 décembre. Il m’annonce ne plus avoir de cadeaux pour moi.

Aux environs du 4ème kilomètre, il nous faut parcourir une longue ligne droite et boueuse. L’attention est au beau fixe. Ce n’est pas le moment de déjà se fouler la cheville.

Arrivée au 6ème Km, me voici au premier stand de ravitaillement, en plein sur une côte ! Il est encore trop tôt pour se sustenter. Je me sens bien et je vais essayer de tenir jusqu’au 18ème kilomètre.

Le décor boisé dépayse de celui des grands marathons qui nous font découvrir moult monuments et curiosités urbaines. Nous courons sur des routes très larges en milieu on ne peut plus rural. Il n’y a vraiment pas de quoi en prendre plein les yeux.

Côté ambiance, il y a environ zéro supporter sur le parcours.

Quelque part aux environs du 12ème kilomètre, je rencontre une runneuse qui me reconnaît : « Je t’ai vue abandonner à la SainteLyon ! » « Oui oui, c’était bien moi ! ». Sa remarque me fait rire. La runneuse comme quelques autres runners rencontrés tout au long du parcours me demande où est passé le Lapin. Je leur réponds en essayant de varier les plaisirs : « Il vole de ses propres ailes, il doit être à 5Km/loin devant/entrain de faire un temps/sans doute arrivé. »

Je suis rejointe par un petit groupe de runners plaisantins : Les Ajités. Je parcours quelques kilomètres avec eux. Je suis agréablement surprise par le fait que les Ajités, ô combien polis, saluent toute personne qu’ils croisent, parmi lesquels : promeneurs et nombre de pelotons de cyclistes. N’ayant pas systématiquement de retours, ils s’étonnent ou s’agacent (difficile de savoir) : « C’est fou le nombre de sourds qu’il y a dans le 78 !»

Arrêt au stand de ravitaillement du 18ème kilomètre où j’avale goulûment deux verres d’eau. Aïe aïe aïe, grosse erreur ! Je n’ai toujours pas intégré l’équation : deux verres d’eau = un point de côté. Résultat, je suis contrainte à ralentir et m’éloigner des Ajités.

Je cours donc à nouveau seule. J’ai l’impression de faire une petite ballade du dimanche.

Arrivée au semi, j’aperçois le relais et j’entends les encouragements des premiers supporters ! Toute cette chaleur humaine me fait énormément de bien.

Passé le 28ème kilomètre, je croise un runner qui m’interpelle. Quelle coïncidence, lui aussi était au marathon de Valence en novembre dernier et nous y a croisés !  Il m’indique que je suis en bonne voie pour un 4h00-4h05. Ça, c’est dans le cas où je ne ralentis pas, chose qui me semble plutôt improbable dans la mesure où j’ai toujours réalisé un positive split sur marathon. Néanmoins, l’estimation étant très satisfaisante, je ferai en sorte de ne pas trop m’en éloigner.

Désormais, je m’arrête systématiquement aux stands de ravitaillement. Comme à leurs habitudes, les bénévoles sont très sympas. Mon alimentation est composée uniquement d’eau, de Coca, de sucre et de pain d’épice.

J’adopte la « stratégie de l’écureuil ». Tout comme ce petit rongeur des bois doté de poches au niveau des joues, je me constitue des réserves en bouche. Je puise dedans de faibles quantités de nourriture, ce qui me permet de m’alimenter pendant six kilomètres jusqu’au ravitaillement suivant. Cette stratégie fonctionne à merveille.

Au stand du 30ème kilomètre, je croise un runner mal-en-point qui me confie avoir une douloureuse crampe au genou. Il me fait de la peine. Nous nous souhaitons bon courage pour la suite.

J’attends les stands de ravitaillement avec impatience. Je peux compter sur la bonne organisation du marathon qui a positionné les stands exactement tous les six kilomètres !

Les montées sont rudes et me font mal à mes jambes, qui sont devenues bien lourdes. Je me fais la promesse de ne jamais m’arrêter hors stand de ravitaillement ! Je croise beaucoup de runners qui marchent dans les montées. Rien que pour le symbole et même si je suis à peine plus rapide qu’eux, je tiens plus que tout à courir l’intégralité de ce marathon et pouvoir en être fière! De plus, j’ai appris de par mon expérience que mon corps mettait un certain temps à redémarrer après un arrêt.

Les Lapins dans le paysage Smallville

Les Lapins dans le paysage Smallville

Passé le 40ème kilomètre, j’aperçois au loin mon Lapin, venu me rejoindre pour m’accompagner sur cette fin de marathon.

Je suis contente de le retrouver et surtout très impressionnée par sa performance ! Je prends conscience de sa progression éclair sur marathon depuis le marathon de Paris en avril dernier. Il est loin le temps où mon Lapin douillait comme moi pour faire 4h00 sur marathon. Je ne doute pas un seul instant qu’il atteindra très vite les sub 3h00, ce à quoi aspire tout très bon marathonien.

Je repense aux personnes qui, en ma présence, compte tenu de ses temps sur 10 et semi, faisaient part à mon Lapin qu’il valait 3h15-3h20 sur marathon et me disaient que j’avais beaucoup de chance qu’il m’accompagne. J’étais alors très frustrée et le sentiment d’être un poids valant +4h me rendait malade. Même si je prends beaucoup moins de plaisir à courir seule sur marathon, ma joie de le voir épanoui est infinie.

Je m’intercale ici pour vous faire part de mon point de vue. Je peux courir plus vite, certes. Je l’ai fait lors de ce marathon en partie pour en avoir le cœur net. Ceci dit, je trouve que courir une longue distance seul est bien plus monotone. Je préfère de loin partager mes moments running avec ma Lapine. C’est pourquoi, je ne courrai seul que de temps en temps, quand je ressentirai le besoin de relever un challenge. Mon but n’est donc pas de courir systématiquement au maximum de mes capacités, mais de prendre du plaisir dans mes moments sportifs !

Mon Lapin m’annonce que la médaille est aussi belle qu’une médaille de kermesse mais qu’elle a l’avantage d’être gravée (et non étiquetée, contrairement à la médaille de Lyon) !

J’aperçois le compteur, il affiche 4h13 !! Je suis ravie ! Pour un marathon, couru tranquillement en majeure partie seule sans mon Lapin, et avec un parcours si difficile, je trouve que je m’en sors plutôt bien.

 

La Lapine sur la dernière ligne droite

La Lapine sur la dernière ligne droite

Nous rejoignons à présent Isabelle au gymnase. C’est justement l’heure de la remise des récompenses ! Malheureusement, ni elle ni nous n’accéderons au podium, malgré le fait que nous soyons bien classés.

Mon Lapin a fini 6ème de sa catégorie. Je trouve ça fou. Ce n’est plus un Lapin mais un coyotte !

Fire Rasta se joint à nous. Notre ami fête l’explosion de son RP avec du pop corn complètement mérité (66ème au scratch – 3:46’07 soit 14 minutes de moins que prévu !). Nous en profitons pour immortaliser ce moment :

Le quatuor gagnant

Le quatuor gagnant

Après l’effort, le réconfort ! Nous jetons un œil à la lasagne party. Les lasagnes se sont pas appétissantes à notre goût. Nous nous cantonnerons à du Coca, des clémentines, d’une part de galette chacun pour fêter l’Épiphanie en avance de phase et enfin … du chauffage de la voiture bleue ! L’aventure est fini, nous quittons la campagne en direction de la ville !

Pour terminer, quelques remerciements pour le plaisir :

  • un clin d’oeil aux kékés du bocage, présents sur l’événement comme sur de nombreux marathons. Nous pensons à vous, à très bientôt pour de prochains marathons !
  • un clin d’oeil à Sputnik de kikouroù que j’ai (Emir) toujours admiré pour ses performances sportives
  • un grand merci à nos confrères runners, Isabelle et Jérôme pour ces échanges entre runners toujours très agréables. Au plaisir de re-courir avec vous prochainement !

Hier, (19.I.2014), nous étions présents au 10Km du 14ème ! Merci à tous d’être venus échanger avec nous. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, un grand merci à vous !

A très vite, pour le récit du 10 Km du 14ème !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Commentaires
  • Daddy dit :

    Carole, je suis toujours aussi épaté par ta capacité à enchaîner et ta décontraction. Insouciante, quoi. C’est drôle, avec Isabelle on se tient en deux trois minutes sur la distance, entre 3h56 et 3h58. D’être à votre niveau me rend très fier. Je retiens la stratégie de l’écureuil. MDR.

    Bouuuuuuh, Emir, t’es un fou ! Du rythme et pas de ravito. C’est surhumain, ça ! Quant à ton chrono, wahou… ça laisse rêveur. Cela veut dire que si tu travailles spécifiquement et que tu t’alimentes normalement, tu pourrais boucler le 42K en 2h ou quoi ? 😉

    • Merci Daddy pour ce retour ! Justement, cette année, j’ai la ferme intention de battre tous mes RP, toute distance confondue, et donc de repasser sous la barre des 4h sur marathon. Ca sera pour le marathon de Nantes (dans le cas où je ne suis pas trop amochée par le MDS…).

      Concernant mon Lapin, tu as bien raison. Le sub 3h est complètement à sa portée s’il le court dans les bonnes conditions. Et d’ici quelques années, il pourra intégrer le sas élite sur les grands marathons.

      • Daddy dit :

        Je serai là pour t’encourager à Nantes alors !!! Et je te souhaite d’y arriver !
        Pour Emir, moins de 3h. Faut vraiment se rendre compte de la performance que c’est ! Il a de la chance que ça soit à sa portée !!!

  • Thando DUBE dit :

    Bravo les lapins pour vos performances, trop de carottes ça donner de force!! A très très vite, je suis toujours au repos je reprends en février! Je vous souhaite une très belle et sportive saison 2014!

  • Clem Running dit :

    Je découvre le blog petit à petit (oui je sais je suis en retard !)
    Bon tout d’abord je voulais vous dire que je trouve votre initiative à tous les deux géniale, vouloir courir ensemble et parcourir le monde en courant, moi je suis fan 😉
    Ensuite, pour ton chrono … ça laisse juste reveur et extrémement loin de mes espérances !!! Mais bravo Emir, et oui, sans nul doute tu viendras fracasser la barre des 3h très rapidement !
    A bientôt les lapins !

    • Emir dit :

      Merci Clément, ton commentaire nous fait très plaisir chaud au coeur.
      Nous voilà, à notre tour, inscrit à ton blog que nous ne manquerons pas de suivre 🙂

      A très bientôt sur une prochaine course et, d’ici là, bon courage pour la prépa eco-trail et bien sûr, de Steenwerck !

Réagissez