Les foulées de Clichy-la-(et les Lapins de)-Garenne

Affiche-Foulées-de-Clichy-2013C’est une première, les Lapins Runners du jour sont également des Lapins Riders ! Ce matin, nous montons à vélo pour nous rendre aux foulées de Clichy la Garenne.

Nous avons une pensée pour notre ami Buge qui, en pleine campagne seine-et-marnaise, s’apprête à fouler les 10km de Magny le Hongre.

Le départ annoncé à 10h15, nous arrivons sur place, stade Jean Racine,  à 10h00. Aujourd’hui, nous nous payons le luxe d’avoir un  peu d’avance. Alors que nous garons nos vélos, nous tombons museaux à nez avec André Duval, alias notre serveur du Tertre, qui nous indique le lieu des consignes.

A quelques mètres du stade se situe le parc Roger Salengro. Un parc qui nous est familier car c’est ici que s’est déroulé le Recordman du monde Téléthon organisé par Timepoint.

Nous récupérons notre t-shirt de la course. Un t-shirt noir, en matière technique sur lequel figure l’inscription « ville de Clichy la Garenne » avec une police pour le moins futuriste.

Laurent le pirate vient à notre rencontre. Le temps d’aller déposer nos affaires aux consignes et de discuter du semi de Saint-Witz couru la veille, il est déjà l’heure de se rendre sur la ligne de départ.

Les Lapins feront la course séparément.

Récit de la Lapine

Hier soir, lorsque mon Lapin me demande ce que je prévois pour le 10Km, je lui réponds que j’irai au feeling mais qu’un sub 50 me sera difficilement atteignable. Car :

  • Primo : cette semaine, mon seul entraînement a été un 6 km nocturne à allure 5’30/km
  • Deusio : le couscous de Mina de vendredi dernier fait encore la java dans mon estomac.
  • Tertio : Un nutritionniste se serait arraché les cheveux en dressant le bilan de ma semaine. A force d’enchaîner les gueuletons, je me suis empâtée. Aussi, je me sens lourde, très lourde.

Dans le sas de départ :

Prêts pour aller gambader !

Prêts pour aller gambader !

Afin de ne pas handicaper nos champions du jour sur le(s) premier(s) kilomètre(s), nous nous essayons à nous faufiler dans la foule pour être mieux placés.

Je suis désespérément à la recherche du meneur 50’. Tous les meneurs sont présent (45’, 55’, 60’) mais manque le mien. Je suis également préoccupée par le fait que ma TomTom Runner n’a toujours pas capté. Ne l’ayant pas branché depuis plusieurs jours, c’était à prévoir.

Dès les premiers mètres, je suis emportée par la foule enthousiaste des runners. C’est décidé, je fais du mieux que je peux.

Je m’inquiète un peu pour mon Lapin dont j’arrive encore à apercevoir les oreilles 100 mètres après la ligne de départ.

« Tou dou dou dou ! » me signale joyeusement ma TomTom Runner qui a décidé de capter. Je n’ai pas les 100 premiers mètres de la course, tant pis. Je laisse l’affichage sur le kilométrage, comme d’habitude.

Je trouve qu’il y a foule sur ce 10km. A 5€ l’inscription pour les détenteurs de la puce Timepoint, on comprend pourquoi.

Mètres 600, je dépasse André. « Ton Lapin n’est pas loin devant ! » s’exclame-t-il. « Ca m’étonnerait », pense-je.

Au niveau sensations, ça ne va pas du tout. J’ai très mal au ventre et besoin de me rendre aux commodités. Qui plus est, mes jambes sont très lourdes. La course s’annonce très douloureuse.

Heureusement, les encouragements sont au beau fixe : « Allez Madame Lapin », « Courage Lapinou », « Oh un Lapin », « Quelle est mignone ». Les enfants s’égosillent. Ca redonne la pêche (enfin, la carotte) !

Kilomètre 5 : J’entame la deuxième boucle du parcours.

« On en est bien à la moitié ? » me demande un runner qui ne sait plus trop où il est en est. Il est vrai que les indications kilométriques marquées au sol ne sont pas très visibles.

Arrivée au parc Salengro, j’entends l’animateur de la course qui booste les concurrents : « Allez les filles, c’est bien, on tient le coup. Vous êtes bonnes pour 55’ ! ». 55 minutes ? Comment ça ? Quelles filles ? Pourvu que le commentaire ne me soit pas adressé. Je commence à désespérer. Je suis entrain de mourir et en plus je suis « bonne pour 55’ ».

Pourtant, le meneur d’allure 55’ ne m’a pas doublée. A moins qu’il soit devant moi… Qui plus est, en regardant autour de moi, je réalise que je ne suis entourée que d’hommes. Bref, je suis dans le flou le plus total.

C’est à ce moment là que des idées sombres traversent mon esprit affaibli: L’espace de quelques instants, mon degré de désespoir atteint de tels sommets que j’oscille entre m’arrêter au ravitaillement pour boire un coup et repartir tranquillement ou bien tout simplement, déclarer forfait.

Après (brève) réflexion, je décide de m’accrocher et de poursuivre ma route.

« Pourquoi ne pas avoir regardé ta vitesse moyenne/instantanée au moyen de ta superbe montre ? » me demanderiez-vous. Et bien, en cas de mauvaise nouvelle, mon moral en aurait sérieusement pâtit. Je voulais continuer à douter car j’avais l’infime espoir d’être rapide. Qui plus est, j’adore le suspense !

Kilomètre 6,5 : j’aperçois au loin un petit fanion vert de meneur d’allure ! Il s’agit bien du meneur 50 minutes ! Je suis si heureuse de le voir ! Je ne suis donc pas si mauvaise que ça ce matin ! De surcroît, mon meneur me semble totalement à ma portée. En l’espace de trois minutes, je suis à ses côtés. Je le vois alors brandir son fanion qui était resté coincé dans son dos. « Il est pour moi » pense-je. Sans trop de difficultés, je le dépasse. Je suis comblée et ô combien étonnée ! Le meneur aurait-il ralenti à mi-parcours en étant parti à toute berzingue ? Je crains désormais qu’il me dépasse. Dès que j’entends une personne arriver, j’ai peur que ça soit lui. L’ombre du meneur au fanion vert me hante. Deux-trois minutes plus loin, j’ose regarder derrière moi. Je ne le vois plus, alléluia !

Kilomètre 7,5 : j’aperçois mon Lapin, seul sans Laurent, qui déboule vers moi et me fait de grands signes, le poing levé. Ses foulées sont amples, il a l’air en pleine forme : « Allez ma femme la meilleure ! » dit-il en criant. « Mais…qu’est-ce que tu fous là ? ». Je ne comprends pas. Habituellement, mon Lapin me rejoint au kilomètre 9.  Mais là, il bien trop tôt ! Et, pourquoi ne me rejoint-il pas ? Mon cerveau tourne au ralentit. Je finis par comprendre que mon Lapin n’a pas terminé sa course. Le fait de l’avoir vu me donne un joli coup de boost. Je pense également très fort à ma grande sœur Sabine qui fête aujourd’hui ses trente ans.  Je  n’ai plus du tout en tête l’idée de jeter l’éponge et souhaite honorer ce jour en donnant le meilleur. J’aurais l’air de quoi de faire un chrono pourri le jour de l’anniversaire de ma grande sœur !?

Game over !

Game over !

Kilomètre 9 passé : Mon Lapin, accompagné de Laurent le pirate me rejoignent. La délivrance est proche ! Je suis KO mais il me reste quelques miettes de force pour annoncer à mon homme que je suis devant le meneur 50 minutes.

Arrivés au stade : Qu’est-ce qu’un tour de stade peut paraître interminable après 9,6km de course en souffrance !! « Plus qu’un demi-tour de stade, allez ! ». « Il t’a dépassé, on ne le laisse pas faire ! » m’encourage mon Lapin en me désignant un triathlète à abattre. Je lui fais signe que non. J’en suis vraiment incapable.

J’aperçois 49 min 20 sur le compteur. Je suis aux anges !

Finie la souffrance! Je retrouve Laurent et mon Lapin. Je recueille leurs impressions.

Mon Lapin me montre l’affichage de sa TomTom Runner : 40’00 pile poil ! Je suis très fière de lui. Lui semble déçu de n’être pas descendu à 39 minutes.

Quant à Laurent, il m’annonce avec une superbe tranquillité qu’il a réalisé son RP sur 10. Bravo Laurent ! C’est de bonne augure pour le marathon de Paris que notre ami prévoit de le terminer en sub 3h00.

L’heure des ravitaillements a sonné. Une chose est sûre : les petits biscuits secs du 16 mars 2014 resteront gravés dans nos mémoires.

Les Lapins gagnants

Les Lapins gagnants

Récit du Lapin

Tout comme ma femme, je sors d’une semaine sans entraînement avec le meilleur prétexte du monde fourni gratuitement par l’Etat : l’air de Paris est pollué. Bien évidemment, j’ai aussi pris soin de :

  • Forcer sur les bretzels de Paul et les petits pains aromatisés de Auchan toute la semaine
  • Me nourrir de chocolat quotidiennement
  • Tester l’élasticité de ma panse en compagnie de ma femme en y insérant le couscous de Mina du vendredi soir

Dans le sas, je me sens lourd mais mon moral a envie d’y croire ce matin. Peut-être est-ce l’effet du beau temps. Je me dis que je vais tenter de courir avec Le Pirate qui terminera à coup sûr en moins de 40 minutes. Si j’arrive à tenir, je pourrais même décrocher, sur un malentendu improbable, mon RP sur 10km.

Bisous à ma Lapine et top départ avec Laurent qui esquive double tout le monde en trombe ! J’arrive à  suivre mais je sens que j’y perds des plumes (plutôt des poils). Le premier kilomètre se fera en fractionné. Dès le second, la route est suffisamment dégagée pour atteindre notre vitesse de croisière. Je sens que la vitesse de Laurent est (très) élevée. Des réflexions traversent mon esprit :

  • Ça alors, on est au km2 et je suis dans le rouge complet. C’est certain, je ne vais pas pouvoir continuer à cette allure. Combien de kilomètres vais-je bien pouvoir tenir ?
  • Laurent doit être en pleine forme. C’est mérité, il s’entraîne, lui.
  • Je suis peut-être fatigué. Je me sens lourd. Mes jeunes et nouveaux bourrelets doivent me ralentir.

Au km3, je me rends à l’évidence : je suis en train de me brûler complètement à tenter de suivre le Pirate, c’est bien au dessus de mes forces. Je me dis qu’il est quand même tôt et que je vais tenter de tenir jusqu’au 4e km. C’est à 3,70 que je capitule : « bon courage Laurent ! ». Je vois notre ami s’éloigner pour vaincre le chrono.

Je me sens vraiment brûlé. Je tente de continuer mais le moindre faux-plat est une épreuve. Je suis totalement essoufflé et entamé et je ne suis même pas au km5. L’idée de ralentir très fortement me traverse l’esprit car je vis un moment très éprouvant physiquement. Tout en continuant, je parviens à relativiser. J’ai déjà vécu ça et je m’en suis déjà sorti, je vais faire de mon mieux coûte que coûte en écoutant le feeling. Je cours en essayant d’occuper mon esprit afin qu’il cesse de générer des pensées telles que : « T’as mal là, hein. Tu galères quand même pas mal. Faudrait t’arrêter ou ralentir. Là t’es vraiment en train de douiller ». J’essaie de chasser tout ça dans un bras de fer de chaque instant. Comme toujours, les encouragements puisés à l’extérieur me permettent d’oublier momentanément la difficulté de mon effort. Pour me consoler, je me dis que je n’ai plus que quelques minutes à tenir.

Au km7,5, je m’aperçois que nous passons pendant quelques mètres face aux participants que nous précédons d’environ 1.5 Km. Je pense aussitôt : « si j’ai un max de chance, je vais peut-être apercevoir ma Lapine ».  Et là, le miracle se produit, j’aperçois ses oreilles blanches. Complètement essoufflé, l’enthousiasme me permet de crier aussi fort que possible « Allez ma femme la meilleure ! ». Ma femme reste de marbre et file droit devant comme si rien ne venait de se passer. Je poursuis bredouille, dans ma douleur, les 2,5 Km qu’il me reste à peiner. Encore 11 minutes pense-je. Arrivé à proximité du stade, je croise André de la route qui m’encourage. Il m’a pourtant semblé l’avoir doublé au début, comment a-t-il fait ça ? Quelques instants après, alors qu’il ne reste plus que le stade à parcourir, j’aperçois le chrono officiel : 37’5x ». Je ne m’emballe pas particulièrement, il me reste un peu plus de 400 mètres à parcourir soit environ 2 minutes. Je comprends que je ne suis pas mauvais, mais sur le coup, je conclus que ce ne sera pas un RP. Je n’ai plus d’énergie à fournir de toutes façons. Sur les derniers 50 mètres de stade, j’aperçois le chrono : 39’55 » … et je franchis la ligne à environ 40’08 » au chrono officiel. La délivrance … c’est le mot adapté à la situation.

La médaille du futur

La médaille du futur

Je suis gratifié d’une médaille qui ressemble à un artefact sorti d’un film de science fiction. Aussitôt, je retrouve le Pirate qui a déjà complètement récupéré. Il a terminé avec son RP en sub38 et me fait très sobrement part de sa grande joie d’être passé sous les 39. Laurent, pour la 7ème fois : toutes mes félicitations. Sur ces quelques échanges, nous partons en quête de la meilleure lapine du monde.

La suite et fin de course commune se trouve dans le récit de la Lapine, plus haut. Oui, cet article ne suit pas l’ordre chronologique des faits :).

Après la course

Nous retrouvons Christophe, rencontré la veille à Saint Witz. Christophe a appris que nous participions au Marathon Des Sables et nous informe qu’il a participé à deux éditions (si ce n’est plus). Il nous raconte son expérience et nous prodigue quelques conseils. Mais l’heure tourne et notre ami ne doit pas tarder car il va courir le semi d’Antony d’ici quelques petites heures !

Le trio médaillé

Le trio médaillé

Soudain, le Lapin reçoit un SMS de l’ami Topchrono: « Bravo Emir, vous avez couru aux foulées de Clichy en 0h49m22… ». Le Lapin a eu le chrono de la Lapine. Rapidement, nous comprenons. Nous avons inopinément échangé nos puces Timepoint ! Une maladresse qui, nous le constaterons par la suite, aura propulsé la Lapine au sommet du classement féminin !

Résultats des foulées de clichy

 

Souhaitons lui qu’un jour, la première place lui soit décernée à juste titre! 😉

Nous sommes ensuite interviewés par un employé de la mairie de Clichy ! Nous apparaissons à partir de 1m45. 🙂

Rebelote un week-end à deux course! Tandis que nous serons samedi 22 mars 2014 aux tant attendues foulées du Tertre, nous troquerons le lendemain un déguisement inédit à l’occasion d’une course d’obstacle costumée : la SoMAD !

Dans le deux semaines à venir, deux grands rendez-vous approchent à grands pas :

A très vite les amis pour de nouvelles aventures ! Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, un grand merci à vous !

Les Lapins Runners.

carottes petit

 

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