33e édition du marathon des Nantes : un marathon remise en jambes ?

20140427-Marathon-de-NantesLe marathon des Sables est passé, un des grands temps forts de notre année running 2014. Nous avons laissé passer Pâques puis avons décidé, pour nous remettre dans l’ambiance, de participer à un marathon sur bitume le 27 Avril. Notre choix s’est porté sur celui de la ville bretonne de Nantes. Nous aurons l’occasion de visiter la ville en passant un week-end touristico-sportif comme nous les aimons. Et puis, un marathon, après le MDS, c’est comme une petite remise en jambes (?).

Allez, ni une, ni deux, l’avant-course !

 

Bien que nous ne soyons pas écolos dans l’âme, nous nous apercevons qu’il est parfois facile de l’être, particulièrement quand les opportunités s’offrent à nous. Si en plus il nous est possible de faire des économies, pourquoi s’en priver ? Hop, un covoiturage réservé pour l’aller. Départ de porte d’Italie samedi 26 avril à 7h00 + 22 minutes. Le trajet vers Nantes se fait en 80% dodo et 20% discussion avec notre très sympathique conducteur. Nous apprenons notamment l’existence du TRX, nouvelle forme d’exercice physique par suspensions.

Notre conducteur nous dépose à proximité de notre hôtel situé au cœur de Nantes, à quelques minutes de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, lieu de départ du marathon.

Il est à peine midi et notre chambre n’est pas prête. Nous déposons nos affaires à l’hôtel et partons aussitôt en quête de nos dossards au village marathon situé à la cité des Congrès. Sur le trajet, nous tombons sur le fameux Lieu Unique de Nantes : l’ex-usine de la marque LU, célèbre fabriquant historique de petits beurres.

Une fois arrivés à l’expo, nous déployons la stratégie habituelle, hautement efficace. Ratissage des stands, participation à la totalité des jeux concours, dégustations de tous les biscuits bretons. Avec cette stratégie, nous sommes certains de ne rien manquer de crucial.

Une jeune femme nous propose de soutenir une initiative écologique de la ville de Nantes : se porter volontaire pour courir avec une EcoCup. Il s’agit de gobelets en plastique durs transportables, accrochés à la ceinture à l’image des gobelets de trail. Ceux-ci visent à éviter l’utilisation massive de gobelets en plastique. A priori, nous sommes quelque peu réticents car nous craignons que la phase de remplissage nous fasse perdre du temps. Nous acceptons tout de même car nous aimons les tests et les découvertes.

Pour une fois, nous nous laissons tenter par un stand d’alimentation énergétique et achetons un lot de deux muffins au caramel au stand Punch Power qui constituera notre petit-déj de demain.

Nous rencontrons Vincent Dogna, venu exposer ses tableaux, dont un qu’il a peint spécialement pour le marathon de Nantes. Sa collègue nous apprend que Vincent sera présent à la running expo du marathon de Genève dimanche en huit. Ca tombe bien, nous y serons également!

La fin de journée se déroule sur un modèle de marathonien-touriste classique : sieste, visite des rues piétonnes de Nantes, smoothies glacés en terrasse, superbes pains créatifs à la boulangerie d’Antan (à ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes de passage à Nantes !) , sieste, dîner composé de bibimbap (plat coréen typique) de qualité recommandé par Arndis, crêpe nantaise pour le dessert , puis dodo !

Le jour du marathon

 

Nous regagnons le départ du marathon situé devant la cathédrale. Aux alentours de 9h00, nous retrouvons l’ami Clément aka Clem Running ainsi que Clarisse pour une sympathique photo commune et quelques échanges sur notre sujet favori.

Au départ avec Clem et Clarisse

Au départ avec Clem et Clarisse

Nous rejoignons nos sas respectifs quelques minutes avant le départ. Les Lapins opterons pour le sas 3h45 en prévision d’un chrono optimiste de 4h00.

Nous sommes sous la pluie et il nous tarde que le départ soit donné. A 9h15, c’est chose faite ! Il faut nous faire à l’idée : ce sera notre premier marathon « sous l’eau ». C’est parti pour ce parcours totalement urbain dans les rues de Nantes qui nous fera faire deux grandes boucles ainsi qu’une petite traversée de l’Ile.

Nous gambadons tranquillement quand soudain, au 2e kilomètre, nous entendons une voix masculine nous saluer: « hey les lapins ! ». Nous tournons le regard : mais… mais… c’est Daddy !! Nous sommes surpris de croiser Daddy car il était censé prendre son départ sur un sas plus rapide. Après deux kilomètres passés à discuter, notre ami lillois revient à la raison. S’il a l’intention de boucler son marathon en 3h30, il vaudrait mieux qu’il file ! A toute Daddy !

Les premiers kilomètres se passent très bien. Les nouvelles chaussures de Carole lui conviennent parfaitement. Nous avons lu à maintes reprises le conseil indiquant qu’il ne vaut mieux pas tester une nouvelle paire de running le jour d’une course importante. Cette fois-ci, tout comme à l’ecotrail 80 et au MDS, nous allons tester du neuf le jour J.

Il est quasi impossible de conserver nos pieds au sec avec la pluie et les flaques omniprésentes. Le vent très présent nous rappelle notre marathon Nice Cannes. Les jambes ont parfois tendance à s’entrechoquer à cause des rafales !

Jusqu’au 12e kilomètre, nous parvenons à maintenir l’allure rapide de 5’28’’ au kilomètre selon TomTom Runner. Habituellement, notre allure ralentit à partir du semi, mais aujourd’hui, la donne sera différente. Au 13ème, c’est déjà le déclin. Les jambes de Carole sont lourdes.

Passé le 13e kilomètre, je constate que nous n’arrêtons pas de nous faire doubler. Au début, je pense qu’il ne s’agit que des relayeurs au départ du kilomètre 10 qui sont encore tout frais. Mais plus les minutes défilent, plus je dois me rendre à l’évidence : il ne peut pas y avoir tant de monde sur le marathon relais ! De plus, Emir est sans arrêt en train de scruter sa montre. Le verdict est sans appel : nous ralentissons beaucoup !

Nous maintenons de l’avance sur les meneurs 4h00 que nous avons doublé très tôt. Inéluctablement, ils nous rattrapent au semi que nous passons en 2h00’08 ». Ceci dit, bien que nous soyons dans le dur, nous tentons de maintenir une allure suffisante afin de nous en tenir autant que possible à un chrono inférieur à 4h15.

A cause de la pluie, les ravitaillements sont littéralement trempés ! Les raisins secs sont réhydratés et les morceaux de bananes font peine à voir.

Depuis le marathon de Valence, j’ai l’intime conviction que les bananes possèdent des vertus miraculeuses et peuvent me donner des ailes même quand mes jambes ne demandent qu’à s’arrêter. Quand ça ne va plus, allez hop, une banane ! Or, ce matin, ce ne sont pas des bananes mais de la bouillie de banane qui est mise à disposition pour les coureurs. On fera avec !

Profitons de ce ravitaillement pour un petit mot sur la fameuse « EcoCup ».

L’EcoCup, le test du Lapin

 

L’attache

L’attache du gobelet sous forme de petit mousqueton nécessite de disposer de quoi attacher celui-ci. C’était mon cas au niveau de la ceinture mais ce type de gobelet étant beaucoup plus utilisé sur trail, reste beaucoup (beaucoup) plus pratique à attacher lorsque l’on dispose d’un sac à dos.

Au niveau du gobelet, sa « ceinture » de plastique est bien solide, et ne risque pas de le laisser s’échapper s’il est bien fixé. Ceci dit, c’est aussi assez difficile pour l’enlever de sa ceinture au moment de le remplir. Particulièrement dans des conditions de pluie et de froid que nous avons vécues lors du marathon, rendant les manipulations assez minutieuses difficiles.

Port du gobelet

Attaché au niveau de la taille, il y a trop de jeu entre le mousqueton et l’attache plastique qui retient le gobelet. Lorsque l’on court relativement vite (5’30min / km), celui-ci ballotte sans arrêt et donne des petits coups sur les hanches, cuisses, coudes parfois … C’est plutôt désagréable.

Confort d’utilisation

Je n’ai utilisé le gobelet qu’au deuxième ravitaillement. Au premier, les bénévoles (deux) n’était pas au courant lorsque je leur ai demandé où se trouvait le stand EcoCup. Du temps perdu pour finalement partir avec deux gobelets classiques. Au second ravitaillement, le stand était bien visible, mais le bénévole en train de remplir les gobelets était également dédié au remplissage de gobelets classiques, et ne savait plus où donner de la tête. Ici également, du temps perdu à retirer le gobelet de sa ceinture, le faire remplir, et boire avant de repartir.

Conclusion

Le gobelet, n’est, de manière générale, pas l’idéal pour un coureur exigeant car il n’est pas possible de boire en courant. Par coureur exigeant, je fais référence au coureur ne souhaitant pas « perdre des secondes » à détacher puis faire remplir son gobelet. Dans le cadre d’une initiative éco, il est donc certainement plus astucieux d’utiliser des gourdes ou bidons avec embouts prévus pour boire en courant. De cette façon, pas de consommation inutile de gobelet en plastique. Que ce soit gourde ou gobelet éco, les fontaines à eau mises en oeuvre sur certains ravitaillement constituent un parfait « self-service » rapide et efficace pour ceux qui souhaitent remplir rapidement leur contenant.

Je me sens plus fort mentalement, plus expérimenté après ce MDS. Je bois et je m’alimente régulièrement en gardant le mental d’aplomb malgré la fatigue physique qui s’installe aux alentours du 28ème.

Nous traversons les Machines de l’île, espace culturel imaginé par François Delarozière et Pierre Orefice, composé entre autres du Grand Eléphant, immense structure en bois mobile repéré la veille sur les cartes postales de la ville, d’un carrousel et d’une grue (la « Grue Titan »). C’est au goût de la Lapine la plus belle et intéressante fraction du parcours.

Il pleut tellement que les gouttes d’eau cognent mes yeux, ce qui m’empêchent d’y voir clair. Et malgré les kilomètres foulés, je ne parviens pas à me réchauffer. J’ai le mal du MDS…

Au 35ème, nous entendons le peloton de 4h15 s’approcher mais décidons de ne pas nous laisser faire.

« Si on fait +4h15, je serai déçue ». Telle était la teneur de mon discours avant le marathon. Nous tenterons par tous les moyens d’atteindre l’objectif!

Au kilomètre 38, nous pénétrons pour la seconde fois dans l’enceinte du jardin des plantes. On se croirait dans le Parc de la Tête d’Or où nous avions foulé en octobre dernier lors du marathon de Lyon !

Daddy (déjà finisher) et sa petite famille sont postés au kilomètre 40 et nous encouragent.

Ca sent la fin, nous mettons les bouchées doubles et scrutons avec impatience l’arche d’arrivée.

La voici, elle est là, belle et imposante, précédée par un immense tapis rouge. Nous nous sentons comme des stars au festival de Cannes.

L'arrivée sur tapis rouge !

L’arrivée sur tapis rouge !

Les récompenses !

« Ah les Lapins, on vous attendait ! » dixit joyeusement un bénévole en nous remettant la jolie médaille. Le chrono affiche 4h12’29 : mission sub 4h15 accomplie ! Une fois décorés, nous nous engouffrons dans la Cité des Congrès pour récupérer notre t-shirt finisher ODLO et nous réchauffer.

La conclusion !

 

Pour conclure, revenons à la dernière phrase de notre introduction afin d’y apporter notre réponse : « Et puis, un marathon, après le MDS, c’est comme une petite remise en jambes ?». Et bien non les amis. Il est important de ne pas oublier qu’un marathon se passe sur bitume, et surtout, se court tout le long à une vitesse plus soutenue. Le marathon sur route est donc effectivement plus traumatisant pour le corps qu’une étape dans le sable à distance égale. Alors qu’à la fin de l’étape marathon du MDS, nos jambes étaient quasi intactes (course lente et marche), nous sommes de nouveau courbaturés après ce marathon de Nantes. Ce serait donc une erreur de croire que tout nous sera facile car nous sommes sortis indemnes d’une grosse épreuve !

Une condition physique, ça se maintient. Il n’y a pas de secret, rien n’est magique, nous terminerons par notre conseil du jour, très simple : toujours rester humble et travailler pour progresser.

Nous tenons à transmettre à :

  • Jérôme aka fire_rasta nos félicitations pour son 24h à Rennes et son merveilleux titre de circadien
  • Clément aka Clem Running nos félicitations pour son second marathon, son RP explosé
  • David aka Daddy the Beat nos amitiés et bien sûr nos félicitations pour les moments furtifs mais conviviaux passés ensemble ainsi que son très beau RP.

Bon, on enchaîne le 1er mai  avec le marathon de Sénart ! Ce marathon promet car :

  • Nous y croiserons notre ami Laurent le Pirate, de retour sur l’asphalte moins d’un mois après le Marathon de Paris.
  • Carole joue pour le titre de championne de France universitaire et Emir, le rôle de l’accompagnateur privilégié.

A très vite les amis !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Commentaires
  • freerunner dit :

    l’enchainement des courses est impressionnante
    effectivement ne jamais sous estimer un marathon:)
    mais moi ce qui me plait le plus c’est que réussisisez à tout faire à deux
    Peut être une pause ? 🙂
    http://runfreerunner.wordpress.com

    • Carole dit :

      Merci Freerunner pour ce retour. Mais sache que toutes les courses auxquelles nous participons, jamais nous n’aurions pu les fouler l’un sans l’autre. C’est plus facile de le vivre à deux. 🙂

      Alors, il faut savoir que nous aurions pu courir hier un 10 km mais que nous nous sommes retenus. Ca compte pour une pause, non? 😉

  • Cédric V dit :

    Quand j’ai lu « Et puis, un marathon, après le MDS, c’est comme une petite remise en jambes (?) », je me suis dit « Au secours ils sont fous ! ». Pfiouuuuu… Heureusement qu’il y a la conclusion…

    Frissons partagés au coup du « J’ai le mal du MDS… »

    Boujoux à vous deux !

    • Carole dit :

      Salut Cédric ! Pendant le MDS, je ne rêvais que de brise et de pluie. A Nantes, du moindre petit rayon de Soleil. On n’est jamais contents… 😉 Bisous !!

  • djodei dit :

    Super récit !
    mais au final vous finissez en combien de temps ? Il ne semble pas que tu l’ai écrit !

  • Encore bravo Carole et Emir, Nous étions très heureux de pouvoir vous voir avant le départ et aussi un petit peu à l’arrivée pour moi (Clém) ! On se voit bientôt si vous venez toujours pour la Route du Louvre 😉
    Bisou les Lapins 😉

  • FireRasta dit :

    Merci pour la petite dédicace a la fin du récit. Ca fait plaisir et ça me surprend un peu….j’ai rien a voir ni de pres ni de loin avec le marathon de Nantes.
    Je vous félicite grandement pour votre capacité a enchainer les épreuves avec le sourire, ça fait plai a lire et a voir !!!
    Bon courage pour la suite

    • Carole dit :

      Salut Jérôme, merci pour ton commentaire ! Certes, tu n’as pas couru le marathon de Nantes mais ton exploit avait sa place dans notre CR tant tu nous as bluffés !!

  • FireRasta dit :

    J’ai oublié de dire que je suis 300% d’accord avec la conclusion…comparer 2 épreuves qui ne sont pas identiques, c’est un risque de se cassrr les dents!!! 🙂
    (Ca va lait pas forcément un 2e commentaire maiz j’avais envie de le dire 🙂 )

  • Daddy The Beat dit :

    Merci à vous pour ce moment sympa passé en plein effort ! C’est motivant.
    Comme Carole, j’ai apprécié la compote de banane 😉

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