Au pays des Currywurst avec le marathon de Essen !

blobC’est à Essen que les Lapins Runners ont élu destination pour participer à leur 21e marathon. Vous vous demandez certainement quelle mouche nous a piqués d’aller nous exiler à 550 km du terrier alors qu’ont lieu les 20 km de Paris et le marathon de Metz ce week-end-là ? La raison est simple. Cette petite excursion nous permet de rendre visite à notre ami Pierre, résidant à Essen. La ville de Essen célèbre cette année la 52e édition de son marathon, ce qui le classe au rang du plus vieux d’Allemagne. Le trajet en car Eurolines nous a laissés quelques séquelles : après 7 heures de voyage dans des conditions de bêtes de somme, les cervicales sont très douloureuses. La veille de la course, nous retirons nos dossards sur le village du départ. En plus des 32 € de frais d’inscription, il nous faut débourser 30 € sur place pour la location de la puce (dont 25 qui nous seront ensuite restitués). Le village du départ est composé d’un unique stand d’équipements de sport. Autant dire que nous en avons fait vite fait le tour !

Récit de la Lapine :

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Au départ : Pierre et les lapins

Au matin de la course, je sens ma cuisse droite aussi douloureuse qu’à Millau. J’appréhende beaucoup ce marathon mais je garde espoir qu’en se chauffant, la douleur passe un peu.

Le verdict est sans appel : je vais courir dans la douleur. En effet, la première foulée me fait déjà très mal. Nous commençons à courir à l’allure du meneur 4h30 avant de s’en éloigner rapidement.

Km 6, je me mets à marcher. Je n’en peux plus. Nous nous rendons à un poste de secours où une bénévole m’indique que si la douleur est musculaire, on ne peut rien faire pour moi et que le mieux serait de s’arrêter là. Un autre bénévole me demande si je me suis étirée, ce à quoi je réponds par la négative.

C’est une situation très difficile que de voir Carole dans cet état. Elle est épuisée mentalement et préfère que nous (Pierre et moi) partions vivre notre marathon. Evidemment, ce n’est pas aussi simple que cela de se résoudre à la laisser derrière nous, ne sachant pas (ou presque) ce qu’il va lui arriver. Nous convenons peu ou prou de nous retrouver à la deuxième boucle. Nous décidons finalement de partir, avec un pincement au coeur, sur un difficile « amusez-vous bien » de Carole.

C’est alors que je décide de laisser Emir et Pierre continuer leur route, tandis que je pense errer en attendant leur arrivée. Je suis énervée contre cette cuisse qui chiale dès le premier kilomètre !

C’est quand même trop bête. C’est notre premier marathon en Allemagne. Je ne peux pas me résoudre à le laisser filer. Je me ne suis pas cassée les cervicales pour abandonner au 6e km. Et puis, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire en attendant que Pierre et Emir finissent leur marathon ? J’ai déjà déclaré forfait à l’ultra marin et à la Saintelyon. Stopper en tout début de marathon serait comme toucher le fond. Je ne peux décidément pas me résoudre à m’arrêter là.

Alors je décide de m’étirer, en pensant que cela changera peut-être la donne. Je ne suis pas du tout adepte des étirements. Je vois un banc à quelques mètres de moi. Je mets ma jambe sur le dossier, j’appuie un peu sur la cuisse. Je ne suis absolument pas convaincue par ce que je fais, mais je ne vois pas quoi faire d’autre.

Le miracle s’opère. J’arrive à recourir. Certes, la vitesse est ridicule mais j’arrive à recourir. Je n’en demande pas plus. A ce moment-là, je suis la dernière du marathon.

Km 15, j’aperçois Emir et Pierre qui sont à leur 17e km et réalisent leur demi-tour. Ils sont étonnés de me voir.  Je leur dis que je n’ai pas fait 15 km pour rien, et que je finirai le marathon.

Nous sommes très contents d’apercevoir Carole qui est repartie ! Elle a donc décidé de terminer avec sa cuisse endolorie, ce qui n’est pas surprenant la connaissant. N’essayez pas de la convaincre de ne pas faire ça, vous avez perdu d’avance.

Lors de mon demi-tour, j’aperçois la voiture balais. Mais non, qu’est-ce qu’elle fait là ? Pourvu que le marathon ne soit pas limité à 5h sinon il va falloir mettre les bouchées doubles.

Le temps passe lentement. Il n’y a pas grand-chose à voir ici : Un tronçon d’autoroute, du bois, quelques passages qui nous permettent de voir le lac. Je m’ennuie beaucoup.

Les animations musicales sont en train de plier bagage. Mais non, mais non, restez encore un peu !!

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Le balisage n’est pas très clair, et à plusieurs reprises j’ai l’impression de me tromper de chemin.

Km 30, j’aperçois un sexagénaire vraiment pas content du tout de se faire doubler par une lapine. Il effectue alors des fractionnés et grommelle « Scheiße ! » dès que je passe devant. Après plusieurs tentatives, le coureur déclare forfait.

Pierre et moi discutons de tout et de rien, mangeons des bananes à chaque ravito, établissons des micro-stratégies de course à court terme. Le temps passe assez vite. Je me demande tout de même où est Carole et à quel point sa course est difficile.

Km 35, je me fais interviewée par un animateur au poste de ravitaillement qui me demande si je fais partie du groupe de Paris. On discute un peu, il me laisse parler dans le micro et me dit à l’année prochaine pour la 53e édition.

Ce même animateur nous a également arrêtés et a vite compris que je ne parlais pas un mot d’allemand. Il a tout juste réussi à pointer mes oreilles du doigt et dire « why » ? Heureusement, Pierre a pris le relais.

Km 36, je me fais une copine allemande avec qui je discute. Ca fait du bien de parler. La marathonienne m’explique que beaucoup d’Allemands courent ce marathon pour faire leur RP et que de ce fait, le niveau est élevé. J’apprends également qu’en Allemagne, on peut s’acheter sa puce, valable toute la vie sur les courses du pays, ce qui évite de dépenser en frais de location.

Nous sommes dans le dur. Nous devons nous résoudre à ne pas rattraper les ballons jaunes 4h30, pourtant aperçus à proximité au 35e. Nous finirons à un rythme modéré, alternant marche et course. Pierre me fait pratiquer le 200 marche – 800 course.

Km 37, ma compagne de route m’informe que pour faire sub 5h00, il va falloir aller plus vite. Nous nous séparons peu après, alors qu’elle se met à marcher et nous donnons rendez-vous à l’arrivée.

Pendant ces derniers kilomètres, je guette Emir et Pierre et espère qu’ils ont opéré un demi-tour pour me récupérer.

Km 40, toujours personne à l’horizon et mon genou commence à fatiguer sérieusement.

Je suis bonne pour sub 5h00.

Km 41, il y a de l’ambiance le long du lac ! Des jeunes m’encouragent, c’est galvanisant. J’aperçois Emir et Pierre avec qui j’échange quelques foulées et passe la ligne d’arrivée.

Après avoir passé la ligne en 4h38 et des poussières à l’officiel, nous avons le loisir de nous rafraîchir avec les 36 variétés de bière sans alcool, et de profiter des kilos de bananes disponibles. Puis nous gagnons les gradins pour attendre Carole. A l’approche des 5h00, je descends pour allonger mon champs de vision. Et là, l’indice qui ne trompe plus personne (moi encore moins) : des oreilles blanches qui flottent au dessus de la foule. Nous courons vers elle pour immortaliser l’instant et accompagnons Carole pour son sub 5h00. Des retrouvailles aussi agréables que difficiles. La Carole que nous récupérons n’est pas dans un état extraordinaire, mais ira bien mieux une fois la ligne passée.

J’aperçois le chrono qui affiche 4h58 et des poussières. Bon, ce sub 5h00 sera ma seule petite victoire (04:57:41 en temps réel).

Ca y est, le calvaire est fini !

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A l’arrivée, comme neufs !

Après restitution de notre puce, nous nous offrons le réconfort tant attendu, « un Mohnstreusel aux abeilles » comme dirait Emir.


D’ici le marathon de Lausanne, ça sera repos, repos et encore repos ! (et semi-marathon du pays de Meaux)

Saluons le courage de Pierre qui s’apprête à réaliser une sacrée performance sportive, alignant quatre marathons en ce mois d’octobre avec au programme les marathons de Bruxelles (5.10), Essen (12.10), Amsterdam (19.10) et Lausanne (26.10) !

Merci de continuer à nous suivre les amis, à très vite pour de nouvelles aventures !

Les Lapins Runners.

carottes petit

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