21 pensées d’un Lapin qui court

21 penséesDans ma vie de coureur, j’ai eu l’occasion de compiler des pensées et convictions, en lien avec la pratique sportive et l’alimentation. J’aimerais les partager avec vous afin de savoir si vous y avez déjà pensé, ce que vous en pensez, comment vous pensez, pourquoi … Hum, tu parles d’une intro ! Bon, allons-y !

Faux départ.

DisclaimerAttention, la suite de cet article contient des points de vue. Si ces points de vue vous inspirent l’envie irrépressible d’y confronter les vôtres, cela signifiera que ce billet a atteint son but. Le Lapin ne peut garantir l’impact positif de cet article sur votre humeur, mais il espère qu’il le sera.

  1. Open-empâtement: 10000 pas par jour pour garder la santé entend-on souvent. Ca me plaît bien, c’est un bon prétexte pour bouger. Pour moi qui mets moins de 10 minutes pour aller à la gare le matin et le soir en esquivant volontairement le bus, ce n’est pas avec mes allers-retours au café et aux toilettes au bureau que je vais les faire. Je suis donc obligé d’aller faire les courses ou courir le soir si je veux les tenir. Travailler dans les bureaux induit vraiment une lutte constante contre l’oisiveté physique.
  2. Lapin shoppingRunnoshopping : J’ai trois critères incontournables quand j’achète de l’équipement de course à pied à destination de moi-même. 1. Est-ce que c’est pratique ? 2. Est-ce que c’est stylé ? 3. Est-ce que je trouve que le prix est raisonnable ? Si l’un des critères pêche, je n’achète pas. On peut noter que « est-ce que j’en ai besoin » ne figure pas dans la liste des incontournables.
  3. Inspiration : Parmi mes différents équipements, ceux que je préfère sont ceux qui ont une histoire, me lient à un moment, me lient à une personne. Je me sens plus fort en les portant, je sens le vécu, le message qu’ils symbolisent. C’est ce que j’attends d’un équipement: m’aider dans les moments où j’en ai besoin.
  4. Respire ! : Je trouve que le luxe, c’est l’espace. Les endroits surchargés, ça m’étouffe, que ce soit de monde ou d’objets. A noter que ce n’est pas pour cela que j’évite ces endroits. Je les trouve simplement moins « nobles ».
  5. Carole ultra#mettesbottes : J’ai la phobie des pieds mouillés sur un ultra. Ça peut me tuer la course.
  6. Fierté : Quand je regarde ma femme sur un ultra, je ressens un profond sentiment de respect. Conclusion: je me sens obligé de faire des #livetweet, c’est plus fort que moi (dirait un humoriste).
  7. Gogo-gadgeto-marathon : Attention, un point de vue tranché suit cette phrase. Franchement, le pack marathon Over-Chauvelier, je trouve ça hyper marketing. Un gel tous les 5 km ? Une boisson « d’attente » qui finira sur la voie publique à côté du sac poubelle qui te gardait tant bien que mal au chaud dans le sas ? Des instructions à suivre à la lettre pour que ton marathon se passe bien ? Bon, j’avoue que j’aime bien le gâteau au chocolat du matin façon Alsa. Je conçois aussi que ça puisse aider beaucoup de coureurs à la recherche d’un cadre, ayant envie de mettre toutes les chances de leur côté au moins psychologiquement (je suppose que physiologiquement ça ne peut pas faire de mal). Mais personnellement, ce que j’aime me dire avant tout, c’est que j’ai couru le marathon avec ma sueur et mes muscles nourris par autre chose que l’industrie du glucose.
  8. Sors puis réfléchis : SDiagonalei t’as la flemme et que tu sors courir quand même, au pire t’as toujours la flemme pendant que tu cours, donc tu rentres. Bilan: t’as couru un peu, et t’es sûr et certain que t’avait pas envie. Au mieux, tu t’aperçois que ton corps avait envie un fois chauffé et tu te fais plaisir.
  9. Lapinsatiable : La Diagonale des fous ça en jette pas mal. Faut vraiment y aller.
  10. lapinronmanLapinronman : Parfois je pense que dans moins de 7 mois je suis censé finir un Ironman. Je suis en train d’apprendre à nager, et je n’ai rien d’autre qu’un VTT à 80 €. Bon, après, il faut dire que j’ai développé avec ma femme un mental solide auto-réparant. Ça va le faire. Il y a un peu de taf, mais ça va le faire.
  11. Optimiste éternel : J’aime bien dire « ça va le faire ». Déjà, ça me met dans un état d’esprit positif, même si je n’ai pas encore de plan pour y arriver. Ensuite, ça a un petit côté insouciant qui me plaît bien, qui reflète l’esprit des Lapins Runners.
  12. Kebab vs Carottesfatologie : Quand tu regardes bien, si tu pars du principe qu’un kebab c’est 1000 kcal, l’équivalent en carottes, c’est 3 kilos. Normalement, toi qui peut arriver facilement au bout d’un kebab, t’arriveras pas au bout des 3 kilos de carottes. Si on parle en euros, t’en a pour moins cher avec les carottes qu’avec le kebab. En termes de capital santé, t’en as aussi pour moins cher avec les carottes. Pour finir, sur le plan gustatif, c’est à l’appréciation de chacun, mais personellement, je suis assez fan des carottes râpées épicées sauce citron huile d’olive. Je ne me sens pas fat après et mon écharpe ne sent pas la friture pour 4 jours.
  13. F.E.E.L.I.N.G : Parfois je me dis que si je cours empiriquement, je deviendrai meilleur moins vite que si j’ai de la méthode. Mais je trouve que la méthode nuit à ma liberté. En général, je n’aime pas m’imposer de contraintes, et encore moins de limites.
  14. Joue-la comme Bruce : Parfois je me dis que j’aimerais bien être vraiment sec. Sec du genre je pince le bas du ventre, je ne trouve pas grand-chose à attraper. Quand t’es sec, t’es hyper léger en course: tu voles. T’as pas le petit bidon qui rebondit ou les cuisses qui galèrent à décoller à cause de l’enrobage de chocolat. Le problème pour y arriver, c’est la modération dans l’alimentation. Un grand sujet.
  15. assiette propreVaisselle propre : Ma femme et moi avons un point commun qui se distingue pas mal du commun des gens. Quand on s’arrête de manger, ce n’est pas quand on n’a plus faim, c’est quand l’assiette est vide. Je dirai même plus: c’est quand elle est propre.
  16. Ton cerveau vs. ta panse : Parfois, t’es complètement calé mais c’est trop bon (et / ou c’est gratuit), donc tu manges. Jannah et moi avons nommé ceci le « conflit tête-bide ». Ton bide dit « stop », ta tête dit « attend teste celui-là il est l’air pas mal ! Tu trouveras bien un ultra pour éliminer ». Le lendemain tu te lèveras hyper tard dans un état pas possible, et t’auras pas besoin de manger pendant un jour ou deux.
  17. Metaphysique de cantine : Quand je vois une assiette blindée qui part à la plonge le midi à la cantine, je me dis toujours la chose suivante. Manger, c’est une activité que tu pratiques tous les jours de la vie. Normalement, au bout d’un moment, même sans le vouloir, t’as sûrement compris la capacité de stockage de ton estomac. Ton estimation du remplissage de ton assiette devrait être juste après autant d’années d’expériences (ou si tu ne la remplis pas toi-même, tu peux demander au personnel de service d’adapter tes quantités). Visiblement, ce raisonnement est faux. En fait, je pense que le commun des gens est très à l’aise avec le fait de jeter la nourriture. C’est « normal » d’en prendre trop, de manger à sa faim et de jeter l’excédent. Je n’ai jamais réussi à m’y faire.
  18. ultra lapinsL’imprévisible : Pour courir un ultra à deux, il y a quatre prérequis, qui ne te garantissent pas que tout va bien se passer. 1. Te connaître. 2. Connaître ton binôme. 3. Avoir un mental en béton armé. 4. Prévoir que ça ne va pas se passer comme prévu.
  19. Take it or leave it : Les erreurs sont des opportunités. Tu peux les saisir pour progresser, ou les laisser recommencer indéfiniment.
  20. Accepter : La difficulté, c’est de chercher l’amélioration dans le temps, pas la perfection. C’est d’accepter que l’amélioration n’est pas une constante.
  21. Bed, sweet bed : T’as jamais autant kiffé ton lit qu’après un ultra, surtout si t’y as passé la nuit et qu’il faisait froid.

Lapins lit

Après avoir lu ça, je suis fortement preneur de vos retours. Je souhaite les utiliser pour m’ouvrir / nous ouvrir davantage l’esprit. Un esprit ouvert est riche car il laisse entrer les idées.

Avez-vous déjà pensé à tout ou partie de cette liste ? Quel est votre point de vue ? Exprimez-vous (s’il vous plaît) !

A bientôt chers amis de la course ! Et bien sûr et surtout, excellente fêtes de fin d’années à vous et vos familles !

carottes petit

Commentaires
  • Maureen. dit :

    Je pense exactement pareil concernant la pensée 17! Je suis toujours gênée par ce qui part à la poubelle. Je préfère finir mon assiette et avoir le bide prêt à éclater, mais assumer ce que je me suis servie. Quand je réfléchis à ce qui est jetté chaque jour, ça dépasse mon entendement.
    Bravo les lapins! Et joyeuses fêtes à vous aussi ***
    Maureen.

    • Emir dit :

      Hello Maureen !
      Je suis totalement en phase. Assumer le contenu ton assiette c’est pour moi l’une des bases de gestion inculquée dès l’enfance. Beaucoup de parents pratiquent le « tu ne sors pas de table tant que tu n’as pas fini ». Peut-être que cette pratique répandue induit ensuite des traumatismes qui se récuercutent des années après à la cantine en provoquant un comportement inverse… Et oui quand on voit ce qui est jeté au quotidien, ça peut être désolant mais ça ne risque malheureusement pas de changer. Bref, une note positive: ce soir c’est Noël et nous mangeons en famille :D.
      Profite-bien et à bientôt pour de nouvelles aventures !

  • VALOU dit :

    Bonsoir les Lapins;
    J’ai eu l’occasion de vous croiser lors d’une course et depuis je suis vos aventures.
    Beaucoup de points que je partage avec vous , la malbouffe , le moyen de trouver toujours à bouger un peu plus dù au travail sédentaire , les rencontres insolites en course à pied , les voyages .. bref tout est ecrit
    Un seul point , où j’ia un avis plus nuancé est concernant les gels et autres produits.Pour ma part , je les ai testé et j’en trouve un bénéfice surtout plus digeste que les ravaitaillements que nous pouvons trouver sur les courses . Je ne les utilise que sur les longues distances. Cela permet de récuperer plus vite . Mon âge etant le double du vôtre et je pratique environ 1hà 2h de sport 5 jours sur 7; (piscine course à pied mmusculation marche nordique ) cContinuez à bouger avec plaisir mais avec modération aussi. A bientôt de vous lire; bonnes fêtes de fin d’année Valérie

    • Emir dit :

      Salut Valérie !
      Ca nous fait très plaisir que tu suives nos aventures 😉 Ca nous fait chaud au coeur tous ces messages d’encouragement.
      Intéressant point de vue concernant les gels. J’apporte quelques nuances à mon tour.
      1 – mon corps ne semble pas réceptif aux gels, mais ce n’est pas pour cela que je considère que ceux-ci ne fonctionnent pour personne.
      2 – ce que je n’apprécie pas beaucoup, c’est surtout le prix de ces gels et le marketing qui se fait autour. Le fait que ce soit présenté par un champion au haut palmarès qui ne s’en sert probablement pas, le fait que ce soit présenté comme un pack all inclusive pour réussir son marathon… Comme tu l’as vu, je fuis pas mal tout ce qui impose des règles. Bien sûr, tout cela est personnel ;).
      Concernant la modération, ce n’est pas notre fort mais nous y travaillons vraiment.
      Ton programme sportif est très complet ! Je comprends que tu fasses appel à de la nutrition sportive si ça peut te faciliter la récup.
      Excellentes fêtes à toi aussi Valérie et à très bientôt.

  • Emaboveari dit :

    Oh là là : je commençais à sélectionner les points que j’ai en commun avec toi et j’arrive à quasiment 21. Je vais pas faire avancer le débat, moi. Petit point bonus pour le 18, si pertinent ! Et le 20. Et le 4-7-8. Sinon, j’adore ta philosophie « ben oui, pourquoi pas moi, je tente ». Je me réjouis à l’avance de te suivre dans ton ultra. J’ai tellement vibré pendant ta TMC ! Une petite citation pour finir et qui vous sied bien je trouve… »Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » (Mark Twain);)

    • Emir dit :

      Hahah pas grave si le débat n’avance pas, c’est aussi intéressant de savoir que le point de vue est partagé.
      – Oui le point 18 est important, prouvé sur le terrain, basé sur plusieurs expériences (personnelles et autres). Tu as déjà vécu la chose sur de la longue distance ?
      – Le 20, c’est l’expérience. Au début, tu progresses non stop donc tu te poses pas la question de la linéarité de la progression. Puis tu reviens à la réalité en passant par plusieurs phases (pas toujours très simples). Un vrai programme de développement personnel la course à pied !

      C’était un plaisir de vous avoir transmis de l’émotion pendant ma TDS, je n’en espérais pas tant. Je me réjouis à l’avance de nos futurs ultras. J’ai vraiment très envie de retourner sur une grosse aventure ces temps-ci. J’étais vraiment très heureux d’être aussi suivi lors de la TDS, quelle émulation ! C’est vraiment quelquechose que je veux et vais revivre. Nous nous sommes inscrits au tirage au sort pour l’UTMB 2015 😉

      Merci pour cette très belle citation. Je l’aime beaucoup moi aussi 🙂

      Un très joyeux Noël à toi et on se retrouve très bientôt.

  • Raphynisher dit :

    Salut,
    Ok pour moi sur beaucoup de points, un point pas trop abordé le depassement du lapin, pour moi le plus fascinant en CAP c’est les barrieres que l’on a au debut (« je serais incapable de courir plus de 300m … » ou encore « un marathon, mais tu es vraiment malade toi ?!.. » ou bien « si je cours 30minutes ce sera déjà une grande victoire ») tous ces verrous que l’on a dans nos tête et qui se debloquent progressivement (vite au debut puis avec l’experience – c’est une peu plus dur !)
    une autre pensée car j’ai l’impression qu’on a la même, comme je cours souvent, on me demande beaucoup de conseil aprés ou pendant blessure (« est ce que je peux courir alors que j’ai mal içi ? », « ca me fait mal ici au debut, puis aprés plus rien, et pour finir j’ai mal là … » ) Je touche du bois mais je n’ai jamais été bléssé en 8 ans de CAP, je recupere vite (comme vous, a voir vos défis les uns aprés les autres) mais le + important, c’est que j’espère que je vais durer longtemps (pour vous comme DURACEL – vous êtes équipés ?)
    Allez au plaisir de vous lire

    • Emir dit :

      Salut Raphy !
      – Effectivement ce premier point n’est pas abordé (car la liste n’est pas exhaustive, ce serait trop long) mais je le partage avec toi. Mon constat, que je partage très souvent lorsque j’aborde le sujet de la CAP : « le corps est une machine qui s’adapte formidablement ». Lorsqu’on me demande « Tu cours deux heures sans t’arrêter ?? » ou encore « 30h de course sans dormir ?? », c’est toujours ce que je réponds, accompagné d’un mot sur la force de la volonté.
      – Je ne peux pas prétendre n’avoir jamais été blessé en un poil plus de 2 ans de CAP, mais jamais gravement. Cependant, je ne suis pas non plus bien placé pour parler des blessures. J’ai toujours continué à courir malgré les douleurs ça et là. Nous sommes ici aussi totalement en accore 🙂 Nous récupérons vite et avons tendance à ne pas nous soucier de ce que nous infligeons à notre corps. Nous avons foi en l’adaptation de celui-ci pour encaisser notre rythme, tout en espérant très fort qu’il dure le plus longtemps possible.
      A bientôt et merci de nous lire 🙂

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