L’Eco-Trail de Paris des Lapins Runners : version Lapine (80 km)

logoA l’occasion de cette 8e édition de l’Eco-Trail, nous nous sommes pour la première fois splittés sur deux épreuves : tandis que le Lapin est inscrit sur la version 30 km pour accompagner sa famille, je pars à l’aventure sur la version 80 km avec à la clé cette année, l’arrivée mythique au premier étage de la Tour Eiffel.

Le défi est de taille. Je vais courir un ultra sans Emir avec aux pieds, des Five Fingers Spyridon, réceptionnées la veille et encore jamais testées (test à venir !). Grande adepte de la prise de risques, je voulais inaugurer une paire de chaussures sur un ultra, qui plus est une nouvelle paire de minimalistes.

Côté alimentation à J-1, nous ne sommes pas loin de frôler la cata : après deux très généreuses portions de blé sauce maison, 3 sandwichs composés, 1 gros bol de fromage blanc, une orange, et 1 L de lait de soja au chocolat, je ne me sens plus très bien. A tel point que le lendemain je fais une croix sur le petit-dej.  Voyons où cela va me mener….

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Au départ, sereine

Après avoir pris la navette Eco-Trail nous conduisant à la base de Saint-Quentin en Yvelines, me voici bien toute petite face à ces centaines de coureurs habillés en tenues aussi high-tech les unes que les autres. Je suis venue seule mais retrouve mes amis de course : Guillaume, Pascal, Atsushi, Riko, Philippe, Virginie, Francine, Karine, Marc, Jean-Jacques… Je fais enfin la rencontre de Greg Runner !

Le départ est lancé sur une grande étendue d’herbe : les yeux rivés au sol, je traque d’éventuelles irrégularités qui pourraient me faire chuter. A moins d’un kilomètre, nous passons sur une bande chronométrique. Et ces premiers mètres, ça comptait pour du beurre ? Nous voici enfin sur un sol stable. Je suis plus à l’aise. Un jeune homme m’interpelle. C’est Marc de la TDS, avec qui mon Lapin avait parcouru un bon nombre de km. On fait connaissance, on sympathise. Nos objectifs étant sensiblement les mêmes (je vise sub 10h30, Marc sub 10h00), nous faisons naturellement un bout de chemin ensemble.

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Premiers kilomètres avec Marc

Afin de savoir où j’en suis sur mon chrono et évaluer ma progression, j’ai sur moi un petit post-it sur lequel sont indiqués mes temps de l’an dernier tous les 10 km.

22e km, nous arrivons à Buc en 2h21. Un journaliste m’interviewe : je me sens bien, aucun pépin à l’horizon. Je suis un peu lourde de la veille, mais cela ne me gène à peine.

Beaucoup de coureurs s’interrogent et s’exclament à la vue de mes chaussures : « Tu as vu, une coureuse barefoot ! » « Respect franchement : 80 km en minimalistes », « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces saloperies ! » « Il y a un amorti ?  » « Vous avez déjà couru un ultra avec ? », « Tu ne sens pas trop les cailloux ? ».

Pour le moment, je suis très satisfaite de ces nouvelles VFF. Je ne glisse pas, je me fais plaisir sur les descentes. Je sens également avoir beaucoup progressé sur les côtes que j’aborde de manière très dynamique.

Non loin du 30e km, je me retourne pour voir si Marc est toujours là. Mince, je l’ai perdu. Je regrette ne pas lui avoir souhaité bon courage.

Je fais un petit bout de chemin avec un certain Miguel, complètement à sec du fait de son équipement on ne peut plus minimaliste. Il porte en effet une seule petite gourde. Je lui donne de mon eau. J’ai été comme lui deux fois sur une course. A mon tour de venir en aide à un confrère !

Je goûte un gel Mulebar au citron-gingembre. C’est de la folie tellement c’est bon ! On est loin des goûts chimiques des marques concurrentes.

Arrivée à Meudon au bout de 5h15 d’effort, j’envoie un sms à Emir pour lui signaler ma position. Je ne tarde pas sur le ravitaillement : J’avale 3 petits carrés de chocolat, 3 sucres (je suis un peu superstitieuse) et repars illico presto pour ne pas refroidir mes muscles.

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Sortie de forêt de Meudon : retrouvailles avec mes parents

Mais qui vois-je à la sortie de la forêt de Meudon ? Mes parents venus m’encourager ! Je suis très émue par le fait qu’ils se soient déplacés jusqu’ici pour me voir… 30 secondes ! Papa, Maman, merci beaucoup pour votre soutien. Cela m’a fait un bien fou.

Un peu avant Chaville, j’entends au loin des encouragements à mon nom : tiens c’est qui ? Je reconnais Francine, Karine et sa fille qui s’égosillent. C’est génial. Un grand merci à vous les filles.

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Très beaux instants avec Linda

Je croise également Linda, qui semble en pleine forme et dégage une telle zénitude qu’on ne dirait pas qu’elle est sur un ultra. Linda, ça a été un plaisir de fouler ces quelques mètres avec toi.

Arrivée à Chaville en 6h34 (ravitaillement 100% eau), je vois à ma grande surprise Virginie, elle aussi coureuse VFF. C’est de bonne augure de la croiser, excellente coureuse qu’elle est ! Elle vise 9h30 et me dit qu’elle est dans les temps.

Petit sms à Emir, puis je repars.

Je me sens toujours aussi bien. C’est la première fois que je vis aussi bien un ultra. Mes sensations sont bonnes. J’ai seulement les jambes lourdes, mais à ce stade-là de l’épreuve, je dirais que c’est inévitable.

Un coureur a contre-sens me dit : « il arrive, il n’est pas loin ». J’ai compris le message ! Je retrouve mon Lapin, je fonce vers lui. Emir ne semble pas en très bon état. Il me dit qu’il ne peut plus courir. Flûte alors, me dis-je, j’aimerais courir autant que possible.

Emir me raconte tout son périple : son Eco-Trail 30 km, ses rencontres, son demi-tour pour rejoindre le coach Buge sur le 50 km, et enfin pour me rejoindre sur le 80 km. Je l’écoute avec plaisir, ça me change les idées.

La nuit commence à tomber, j’allume ma lampe frontale (modèle Revolt Metallic Citron de Black Diamond). Pour un premier test, le résultat n’est pas très concluant. La lumière est un peu faiblarde, ce qui nous oblige à redoubler de vigilance.

Nous nous attardons légèrement au ravitaillement de Saint Cloud. Je sens qu’Emir peine à redémarrer. Je le sens affaibli mentalement. Il faut dire qu’il en a fait du chemin depuis ce matin 10h30 !

Arrivés à Paris, nous constatons avec regret que les trottoirs sont encore en travaux. Nous apercevons enfin la Tour Eiffel qui semble à des années lumières de nous. Ma montre n’ayant plus de batterie, je n’ai plus d’indication sur le nombre de kilomètre qui nous sépare de l’arrivée.

Je rêverais de pouvoir marcher mais me fais violence. L’Eco-Trail, ce n’est qu’une fois dans l’année. Je n’ai aucun souci particulier, donc pas d’excuse !

Je suis consciente que mon objectif sub 10h30 va être atteint haut la main. Cela n’aurait pas pu mieux se passer !!

Nous nous rapprochons de la Tour Eiffel. Une foule de supporters est présente et acclame les Lapins. C’est notre moment de gloire !

Passage au contrôle : Emir réussit à monter avec moi au premier étage. Nous allons vivre ce grand moment ensemble, je suis trop contente !

L’ascension n’en finit plus ! Je n’ai aucune idée du nombre de marches à monter !

Nous apercevons la plateforme, franchissons la ligne d’arrivée. Ca y est, nous y voilà ! Chrono à l’écran : 9h37 ! Je terminerai 14e de ma catégorie. Je n’attendais pas mieux !

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Une bénévole me décerne ma médaille finisher ainsi qu’un t-shirt à ma taille (c’est l’avantage de ne pas arriver trop tard !).

Une bière pour la récupération, quelques photos pour immortaliser ce moment puis nous redescendons. En effet, il y a de gros courants d’air et je commence à avoir très froid.

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Arrivée mythique au 1er étage de la Tour Eiffel !

 

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Les Lapins congelés

 

Nous regagnons le stade Emile Antoine où Christophe Antoine m’accueille, muni d’une couverture de survie et d’un bon bouillon chaud. Le repas post course est très complet : il y en a pour tous les goûts ! Ca fait beaucoup de bien de manger chaud, je me sens beaucoup mieux.

Il est enfin temps de rentrer à la maison. Nous sommes exténués et frigorifiés… mais quelle journée de folie !

 

Merci merci merci à tous ceux qui m’ont encouragée sur cette course, à tous ceux qui ont cru en moi, à vos gentils messages pré et post-course.

Merci à Papa et Maman d’avoir fait tout ce trajet pour à peine 1 minute de retrouvailles.

Merci à Emir d’être venu à ma rencontre et d’avoir couru avec moi les 15 derniers kilomètres, malgré la douleur.

Merci à l’Eco-Trail de Paris de m’avoir donné la chance de participer à cette course tellement belle.

Merci aux bénévoles, actifs avant, pendant puis après la course. Ca en fait un sacré boulot !

Bravo à tous les finishers de l’Eco-Trail de Paris. Soyons fiers de nous.

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Carole,

Des Lapins Runners.

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