Je suis un Ironman

Test d'équipementLes amis, pour ceux qui souhaitent le vif du sujet, veuillez zapper la partie ci-dessous et passer à la suivante. Pour ceux qui aiment l’exhaustivité, c’est un petit bonus introductif.

Episode précédent : –> ici <–

#Bonus Intro : la combinaison de natation

Juste avant de passer au vif du sujet les amis, et pour compléter rapidement l’intro, je dois vous parler d’une dernière chose : celle de la combinaison néoprène que j’ai utilisée. Un passage occulté en intro qui mérite tout de même le détour tellement il illustre le niveau d’improvisation et d’insouciance dont je sais faire preuve. Comme je le disais en partie 1, ce n’est pas que j’en sois fier, mais plutôt que j’ai besoin de mettre à plat cette expérience en toute transparence.

Un tout petit peu de théorie pour les moins initiés d’entre vous en triathlon. Pour la partie natation du triathlon, qui est la première des trois épreuves, le nageur doit porter, en plus de son équipement pour le vélo et la course (gauche sur le photo) une combinaison néoprène (droite sur la photo) selon les règles suivantes établies par la fédération français de triathlon.

  • température de l’eau <16° : combinaison obligatoire
  • température de l’eau 16-24°C : combinaison autorisée -> certainement ici que je me trouvais lors de l’Ironman
  • température de l’eau >24°C: combinaison interdite.

Les propriété de cette combinaison sont les suivantes : isolation du froid et flottabilité. Je compte énormément sur cette seconde propriété pour compenser mon manque certain de compétences en termes de natation. Pour moi, c’est grâce à la flottabilité de ce bel outil que je vais parvenir le jour J à bout des 3,8 Km pour la première fois de ma vie.

Le budget constaté pour en acquérir une correcte est d’environ 150€ chez décathlon (Nabaji) qui est environ deux fois moins chère que chez tout autre marque « plus connue » dans le domaine telles quelles que Aquaman, Orca, 2XU et j’en passe. Le prix globalement constaté est donc plutôt de 300 € hors décathlon. Pas de problème me dis-je, je ne vais pas mettre 300 euros dans une combi pour, a priori, un usage unique. J’opte donc pour l’option location. Je commence à me renseigner le lundi avant l’ironman, soit le 22. Résultats, les locations à Nice ne sont pas évidentes et me paraissent moyennement fiable. Les locations à Paris existent mais ne me donnent pas satisfaction et, pour le nombre de jour dont j’en ai besoin, et s’approchent du prix d’achat de la combinaison Nabaji citée plus haut. Je fais donc un appel au secours sur les réseaux sociaux.

 

HelpJe vous remercie tous pour votre mobilisation, ça m’a fait très plaisir. Je tiens à parler tout particulièrement de trois retours : Stéphane qui ne me connaît absolument pas, qui me propose de me prêter sa combinaison si je n’ai pas d’autres options. Steve qui me propose un RDV à Saint Cloud dans la semaine pour me prêter la sienne. Hervé qui, même après plusieurs moi de silence quant à ma prépa, n’a pas hésité une seconde à m’envoyer sa combinaison en colissimo.

Doué comme je suis, j’essaie la combinaison de Steve et déduit qu’elle est trop petite, alors que c’est bien la bonne taille (ce que je saurais après). Je mise donc sur la combinaison de Hervé qui malheureusement fait l’objet d’un avis de passage du facteur jeudi 25/06, ne me permettant de la récupérer qu’à partir du 26/06, alors que nous serons déjà à Nice… Je discute un petit peu à droite à gauche concernant la taille et m’aperçoit que la combinaison de Steve fera amplement le nécessaire. Je suis rassuré, voilà, je ne suis plus totalement tout nu. J’ai ce qu’il faut pour la partie natation !

Le jour J …

Le réveil sonne à 4h15 affichant la jolie description « Ironman de Nice ». Je crois que je n’ai pas assez de sommeil mais peu importe, je me lève immédiatement car je suis conditionné pour. Ce matin-là, je prends le temps :

  • 5 minutes le temps de réaliser qu’on est le jour J.
  • 5 minutes le temps faire un contrôle technique des plans physiques et mentaux.
  • 5 minutes pour constater que « ça va je suis bon ».

Je me suis préparé à ce moment-là : le moins de réflexions parasites possibles. Aujourd’hui, je ne suis pas là pour réfléchir ou avoir des doutes, mais pour exécuter.

Allez, je colle mes tatouages malabar « 526 » sur mon mollet et mon bras gauche, la scratch la puce chronométrique à la cheville gauche, je mange une barre de céréales et une pomme et je termine par un peu de facebook pour récolter de l’énergie.

A 5h nous sommes dehors et nous avons 2,5 km à pied pour rejoindre le départ. La ville est calme et le jour n’est pas encore levé. Pour gagner un peu de temps nous attrapons un tram dans le vieux Nice, rempli d’iromen et de supporters. J’entends un groupe supportrices : « je suis super stressée ! ». Je peux le comprendre, suivre des athlètes ce n’est pas de tout repos, loin de là. Surtout si on s’attache à les voir passer à des points précis parmi la foule en délire.

Nous arrivons au niveau du boulevard Jean Médecin, à proximité de la promenade et là, c’est le « drame ». Avec mes tongs sur les marches de pierres lisses et un employé municipal qui passe le tuyau d’arrosage, c’était inévitable. Je glisse et me casse la figure sur les marches. Ma fragile zénitude est totalement bouleversée. « Ah nan c’est pas le moment du tout là !! Nan n’importe quoi le tuyau d’arrosage à 5h30 du matin c’est pas possible fait &#!;@ ! J’ai pas que ça à faire de tomber !! ». Je suis grognon et ce que je raconte ne veut rien dire. J’extériorise autant que possible ce qui vient de se passer pour retrouver un tant soit peu le contrôle de mon flux de pensées, mon focus.

Nous arrivons à l’entrée du parc à vélo. L’atmosphère est tendue et concentrée, une vraie fourmillière. Nombre de triathlètes ont apporté une pompe à pied avec baromètre qui dépasse de leur sac pour un dernier regonflage. Moi, je n’ai rien, évidemment. A l’entrée du parc et sur un malentendu, je perds Carole dans la foule. Je l’appelle mais son portable est dans mon sac. A ce moment-là, ma zénitude déjà malmenée part complètement en vrille. Je panique, je voulais être avec elle jusqu’au bout. Après 4 coups de fils inutiles à un téléphone qui vibre dans mon sac à dos, je récupère un brin de cerveau et je me dis que Carole m’attend non loin de mon emplacement vélo. Je pénètre donc dans le parc à vélo et constate avec joie qu’elle est effectivement là. J’enfile la combinaison de natation, et applique la graisse dans ma nuque sur les conseils de Steve. J’enfile le bonnet Ironman et mets les lunettes sur mon front. Je regarde ma montre Tomtom Runner à moitié chargée : ce sera sans elle, je vais faire cet Ironman sans montre. Je sens la pression dans ma poitrine. Je fais mes au revoir à Carole et me met à suivre la foule.

Parmi tous ce monde en combinaison, je suis impressionné. Je focalise sur les gabarits mais fort heureusement, il y a de tout. Je fais la rencontre de Jean-André avec qui je discute quelques minutes. Jean-André vient également courir son premier Ironman et est fraîchement triathlète : « je n’étais jamais monté sur un vélo avant octobre » me dit-il. Cette petite discussion fait beaucoup de bien car j’en oublie la pression. Je chercher Carole des yeux sans trop d’espoir mais vu l’heure à laquelle nous sommes arrivés, les chances de bien se positionner sont minces. Nous sortons du parc à vélo en direction de la plage parmi les derniers et évidemment, pas d’échauffement possible pour moi qui arrive trop tard. Je me positionne dans dernier sas qui correspond à « plus de 1h25 » si mes souvenirs sont corrects. Compte-tenu de mes perfs à la piscine qui sont ma seule estimation valable de mon niveau, je table sur une petite séance aquatique de 2h.

Ca y est, je suis sur les galets. J’observe autour de moi, la foule en haut, la mer en bas. Une ambiance de folie. J’entends le speaker parler mais je ne discerne plus ce qu’il dit. Mes pensées se vident. Dans quelques secondes je vais m’élancer dans l’eau pour l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie. Je me remémore le film, De toutes nos forces. Le passage sur la plage avec les milliers de guerriers noirs aux bonnets bleus, s’apprêtant à affronter la mer. Lorsque j’ai vu ça pour la première fois j’ai pensé « ça doit être incroyable d’être là ! ». J’y suis, c’est incroyable.

Swim !

Lapin SwimLe top départ se fait au micro et je vois les athlètes autour de moi se lancer vers la mer. Je ne réfléchis plus et me lance à mon tour. Il est temps de concrétiser cet entraînement de natation, porté par la force du moment, l’état d’esprit propre à toute compétition. Sur les premiers mètres je vois les nageurs crawler la tête hors de l’eau, d’autres brasser, et d’autres exécuter des mouvements très lents de manière économe. Je suis surpris car, en bon touriste impressionné, je ne m’attendais à voir que des dauphins exécutant un crawl parfait. Je me remémore que je suis dans le dernier sas, que les dauphins ne sont pas ici. Je me remémore ce que me disait Hervé que j’ai pris pour mentor : « tu vas y arriver et tu seras loin d’être le dernier ». Je prends conscience que même sur la natation, je ne serai effectivement pas le dernier et c’est très rassurant. J’étais terrifié à l’idée de nager seul, totalement largué par tous. Je m’aperçois que je double des concurrents, ce qui a l’intérêt de me donner confiance en ma capacité à réussir mon swim. Je n’ai nagé que quelques centaines de mètres et je suis déjà confiant. J’essaie de ne pas m’emballer et de rester concentré. Tout est loin d’être joué. Je me concentre sur ma respiration que je veux fréquente, tous les deux temps (je sors la tête de l’eau tous les deux mouvements de bras).

Une autre crainte, me faire « nager » dessus par mes voisins dont les mouvements ne seraient aucunement atténués par ma présence à proximité. Cette crainte s’envole dans mon sas qui n’est pas des plus denses. La densité relativement faible permet de voir arriver les concurrents et s’en écarter si nécessaire. Dans la bataille, j’ai dû prendre et asséner quelques coups involontaires et me faire pousser une fois ou deux par mes voisins pas très contents de me voir m’approcher de trop avec ma trajectoire erratique.

De temps à autres et particulièrement quand je ne vois plus de concurrents, je lève un peu la tête pour comprendre où je me trouve par rapport aux bouées, qui nous permettent de nous orienter. Je m’aperçois que j’ai beaucoup de mal à nager droit. Contrairement à la piscine où je n’ai qu’à suivre la ligne droit devant moi dans le fond de la piscine, je n’ai aucun indicateur en mer.

A mi-chemin et à force de pousser très fort dans l’eau sous les effets de l’enthousiasme, je réveille une douleur à l’épaule gauche, du au déséquilibre de mon crawl approximatif. Je vais devoir finir avec, j’aurais tout le loisir de laisser mes épaules se reposer ensuite, et perfectionner mon crawl tranquillement en sortant de l’épreuve.

A 2,4 km, je sors de l’eau pour la première boucle. Je suis désorienté mais des bénévoles m’attrapent avec vigueur afin que je ne m’étale pas lamentablement. Je cours 20 mètres et je me relance dans l’eau. « Plus qu’1,4 km » me dis-je, « c’est quasi plié ! Tu te rends compte mon gars !! Allez reste concentré, tu vais y arriver ! ».

C’est reparti pour une première ligne droit où je m’éloigne pour la dernière fois de la côte. La prochaine fois que je m’en rapproche, j’en aurais fini avec le swim ! Du délire, plein de confettis dans ma tête. Plus j’avance, plus je lutte contre mon épaule récalcitrante. Je reste énergique car plein d’enthousiasme. Chaque fois que je pousse l’eau, j’ai l’impression de me rapprocher considérablement de cette première victoire. J’entame le demi-tour ! Avec ma technique de crawl qui veut que je ne sorte la tête de l’eau qu’à droite, je suis complètement ébloui par le lever du soleil. C’est un beau spectacle. Je compte les bouées restantes qui me rapprochent de la plage. Je me fais des petits jeux : « Je vais compter 100 mouvements de bras et lever la tête pour voir si je suis à côté de la bouée ». Je ne pensais pas qu’un Ironman pouvait avoir l’idée de faire ce genre de jeux puérils, mais j’ai une excuse : je suis pas un ironman, et je suis un débutant.

Wow, je commence à voir les galets au fond de l’eau ! Je suis tout proche ! Ca y est, mes pieds touchent le sol et je sors de l’eau. Je ne tiens pas debout et je me fais attraper une fois de plus les bras par les bénévoles qui me « lancent » vers le parc à vélo. Wow, je sens plus rien, je cours vite. J’enlève le haut de la combi en même temps que je cours. Je pense à Carole, y a-t-il la moindre chance qu’elle soit dans le coin ? Oui, je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est mais je pense que la grosse majorité des coureurs est déjà passée.

Et là, alors que j’ai la tête dans le guidon, j’entends Carole qui m’interpelle : « Emir, Emir t’es trop fort t’as mis 1h36 !! ». Je prends le temps d’un petit bisous et ça repart. Je suis à fond, ça me booste le mental car je monte dans ma propre estime et surtout, ça me donne confiance quant à mon passage des barrières horaires. Je ne sais vraiment pas comment je suis sorti de l’eau en 1h36 alors que j’ai zigzagué n’importe comment. Alors certes, c’est loin d’être de la folie, c’est même loin d’être bon, mais compte-tenu de mes points de repères en piscine, je suis très content. Mettons cela sur le compte de l’effet compétition !

Bike !

Je me dirige vers mon sac de transition et ni une, ni deux, j’y mets la combinaison, les lunettes et le bonnet. Première chose à faire, je m’imbibe de crème solaire avec générosité pour ne pas finir avec les bras, la nuque et le dos rôti et m’en souvenir trois semaines après. Ma souplesse légendaire ne me permet pas de couvrir la totalité des omoplates et des dorsaux (non couverts en totalité par ma tri-fonction Ceramiq Hawai), ça, je vais le payer, et cher.

Deux semaines après, ça pique

ca pique

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Allez, je suis en transe comme toujours après une bonne dose de piscine donc il faut que j’en profite. Je mets mes lunettes de soleil, mon casque (merci Pierre), quelques barres dans mes poches dorsales et direction le vélo sur lequel les chaussures sont déjà clipsées !

parc à vélo vide

Le touriste qui monte sur le vélo dans le parc à vélo

Moi qui avait peur de pas repérer le vélo, c’est au contraire très simple. Je ne suis tellement pas dans les bons que le parc est déjà quasiment vide. Comme un touriste que je suis et dans l’engouement, je le descends du tréteau et je monte dessus. Je me fais interpeller par un arbitre qui crie « NOOON ! ». Oula pardon, je n’ai pas le droit de monter sur le vélo tant que je suis dans le parc à vélo, c’est une règle de triathlon. Je descends et je fais rouler le vélo, en chaussettes, jusque la sortie du parc à vélo. Une fois la ligne réglementaire passée, je suis autorisé à monter sur mon magnifique véhicule de guerre. Là, je m’enflamme : j’ai envie de tenter un truc à la triathlète vu sur Youtube. Je tente de monter sur le vélo et mettre mes pieds dans les chaussures en même temps que je commence à rouler. Je m’aperçois que cette opération est à haut risque de chute donc je me résigne. Ce sera à l’ancienne, en déclipsant gentiment les chaussures des pédales et en recommençant tout. Comme me le fait remarquer un supporter à très juste titre : « t’es nouveau toi, fais pas l’con t’es pas à trois minutes près ! ».

Et hop je suis lancé ! Un peu d’émotion dans l’air, ça part tout de même pour la plus longue virée de ma vie sur un vélo que je ne connais pas depuis bien longtemps. On n’a même pas encore fait notre premier kilomètre ensemble, mais j’ai confiance en lui. Son aura me plait. Ca ne veut rien dire, certes. Le premier contact se passe impeccablement. Il est un peu petit mais je sens ma position bien meilleure que celle que j’avais lors des 9h de Longchamps, sur un vélo trop grand. Il ne me faut pas plus de 10 minutes pour comprendre que mon périnée va endurer l’épreuve la plus difficile de sa vie. La chamoisine de ma tri-fonction n’est pas d’une épaisseur folle, et la selle du vélo est d’une dureté semblable à une plaque de fonte.

Je n’ai pas de montre et donc aucune indication de mon kilométrage ni de mon temps total de parcours. Heureusement, j’ai un plan d’action haut de gamme : je ferai de mon mieux en tâchant de ne pas me cramer les jambes, sauf si je vois que je suis tout seul auquel cas je reconsidérerai l’idée de me cramer. Tant que je vois du monde autour, j’estime que je suis dans les temps.

J’en termine avec la Promenade des Anglais et traverse une zone industrielle. Pas de difficultés particulières sur le parcours pour le moment. Je n’ai pas l’impression d’être sur le vélo depuis bien longtemps, et je vois déjà le premier ravito arriver. Je fais la connaissance de ce qui deviendra mon ravito de prédilection jusqu’au bout de cette épreuve vélo : la Powerbar Energize goût cookies. La barre est dense, très sucrée, très bonne, très digeste. Je la mange puis absorbe un peu de boisson isotonique. Ce sera mon rituel à chaque ravito. Entre, rien de solide, uniquement de l’isotonique citron de chez Isostar contenu dans mes gourdes, puis après avoir supprimé la totalité de mes réserves, de l’eau et de l’isotonique Powerbar distribué dispos aux stands.

Les difficultés se pointent : je sors tout juste de la zone industrielle et là, une côte de la mort. Brève car j’en vois le bout alors que je l’entame tout juste, mais tellement raide que je me demande si je vais pouvoir la monter sans descendre du vélo. J’y arrive, bonne nouvelle, mais le cardio monte en flèche. Tu parles d’une entrée en matière ! Je vois un type sur le côté qui n’a pas réussi à la grimper. Je le remercie mentalement car il me rassure. J’arrive au bout de cette montée complètement dans le rouge, ce qui m’a déstabilisé. Je commence à craindre de voir cela de nouveau.

Dans les kilomètres qui suivent, je ne constate pas de difficultés particulières, je roule et je double de temps à autre. Je me fais doubler plus, plus rarement. Je veille toujours à ce que mes jambes ne soient pas en train de brûler : je maintiens un certain niveau d’inconfort car je ne suis pas en balade, mais sans chercher à donner de trop. Je sauvegarde ainsi mes muscles et mon mental pour la suite.

Je trouve particulièrement jouissif de doubler des vélos de guerre avec des cadres en alliage carbone d’origine extraterrestre alliant des prolongateurs lances-missiles de folie, des gourdes allégées et profilées au niveau du guidon pour boire en position aéro, des roues qui viennent tout droit des laboratoires de recherche de la NASA.

bikeLe marquage au sol m’indique « FINISH 120 Km ». Mes compétences en calcul m’indiquent que je suis au kilomètre 60 et je n’ai aucune idée du temps que j’ai mis pour les faire, mais il y a du monde autour de moi alors je suis satisfait. La fameuse côte en direction du col de l’Ecre, point culminant de l’étape vélo. Je repense à ce que Hervé m’a dit : « une fois que t’as passé le col de l’Ecre, t’as terminé ». Je n’ai que ça en tête : que va-t-il m’arriver ? Je commence à grimper, je descends les vitesses au minimum, comme tout le monde dans mon petit peloton épars, et je tache de mouliner tant bien que mal. Les ischios piquent, ils ne sont pas entraîner à la grimpe. Il fait très chaud mais ma température corporelle reste bonne. Je me dis que la tri-fonction Ceramiq fait vraiment bien son job et que je n’ai pas du tout à me préoccuper de ça.

Ca doit bien faire une vingtaine de minutes que ça grimpe sévèrement et ça ne semble pas s’arrêter. Tout à coup, je vois un marquage au sol insolite : une petite montagne dessinée avec l’inscription « 6 km ». Comment ? Je dois comprendre que le sommet du truc est dans 6 km ? Ahlalala je n’aurais pas du lire le sol. A ma vitesse actuelle, ça doit me faire une bonne demi-heure de grimpe ce qui n’est pas simple à encaisser, ni pour mon mental, ni pour mes fessiers sur la selle en titane.

Je rassemble des forces car c’est le moment de se donner. C’est pour ce moment que je suis là, pas pour les moments où tout est facile. J’alterne des phases en position danseuse pour la sauvegarde de mes fonctions de reproduction, et des phases assises, moins éprouvantes pour mes jambes. Bien que je sois concentré sur l’effort, je suis forcé de constater les magnifiques paysages montagneux et arborés qui s’offrent à moi. Velo IronmanJe regrette de ne pas avoir à disposition mon mobile pour partager des photos, ou encore ma fidèle Gopro pour immortaliser quelques images. J’essaie de temps à autre d’en profiter, mais je me re-concentre rapidement sur mon effort.

Plus que 1 Km m’indique le marquage au sol … allez on tient bon … c’est fait ! Un ravito tout en haut et je me prends une petite barre Isostar au chocolat avant de repartir, je l’ai bien méritée. A priori les choses devraient être plus simples maintenant mais il reste tout de même une belle grosse centaine de kilomètres.

Une vingtaine de kilomètres plus tard et après quelques montées et descentes, je fais un constat : ça commence tout de même à faire long. Pour la première fois depuis le début de ma course, j’ai des doutes. Il fallait bien que ça arrive. Est-ce que je suis correctement câblé mentalement pour venir à bout de 180 km de vélo ? A vrai dire, il y a deux choses qui me pèsent énormément :

  • Les douleurs au périnée violentes depuis le kilomètre 40, atroces depuis le kilomètre 60 que je vais devoir supporter jusqu’au bout. Comment font les cyclistes, les triathlètes sérieusement ? Je ne vais plus sentir mes parties pendant au moins un mois après ça !
  • Les échauffements des ischios lors des phases de grimpe. Je suis en train de m’improviser cycliste grimpeur alors que j’ai à mon actif une expérience de même pas 180 km au total sur vélo de route, et pas la moindre grimpe.

Je passe outre cette phase en sortant mon kit de survie mental que j’avais pris soin de préparer pour ce moment dans un petit coin de ma tête. Mes trois armes ultimes :

  • Le soutien des proches : Je ressors tous les messages de soutien de ma tête : famille, amis, sur le blog et les plateformes sociales. Toutes ces personnes qui doivent être en train de regarder mes temps de passage sur le site en étant enthousiaste à chaque checkpoint que j’arrive à franchir. Toutes ces belles images, ça vaut mieux le coup que je m’accroche et que je leur rende ce qu’ils m’ont donné.
  • L’auto-coaching : Ca fait un an que ce moment doit arriver, c’est aujourd’hui que je dois tout donner. Rien que le fait d’être là justifie de se violenter, rien que ce qui est déjà derrière ! Bien sûr que j’ai le mental, j’ai pas de place pour laisser rentrer des idées comme celle-ci. C’est juste un moment de faiblesse, mais franchement physiquement, ça va tu t’en sors.
  • Dernière arme et non des moindre : les jeux à deux balles. « 1,2,3,4 en danseuse et 1,2,3,4 sur la selle ». « Allez jusque l’arbre là-bas en danseuse 1,2,3,4 et en fait non le prochain arbre 1,2,3,4 ».

Les paysages de l’arrière pays niçois sont magnifiques, j’aurais aimé pouvoir vous les montrer. Je n’en profite cependant pas beaucoup car je suis vraiment dans l’inconfort et me focalise sur mon effort. Ma position sur le vélo commence à être difficile à tenir : douleurs au périnée, douleurs à la nuque en position .

Il y a un truc auquel je ne peux pas m’empêcher de penser. Tu vas me prendre pour un fou mon ami et tu auras bien raison : je ne sais pas démonter et changer un pneu. Si jamais je crève, je suis carrément dans la mouise. Si cela m’arrive, je vais devoir apprendre sur place à changer une roue. Je compte sur la chance pour ne pas me faire vivre cette épreuve dans l’épreuve.

Au kilomètre 120, le parcours comporte un demi-tour, ce qui me permet de me situer à peu près par rapport au autres. C’est une partie de faux plat qui m’est difficile, le moment le plus difficile de ma course peut-être sur le plan mental. Cela aurait pu s’empirer mais non !

Peu après, des descentes à perte de vue ! Les jambes deviennent facile, je lâche tout comme un gamin : vitesse et plateau à fond et en mode danseuse. Je dois être à 45 km/h sans forcer et ça me fait du bien ! A ma grande surprise je double énormément. Mes concurrents semblent avoir peur de lâcher les chevaux en descente ? Pourquoi ne foncent-ils pas ? Je n’aurais pas la réponse mais je m’imagine que c’est pour éviter les risques d’accidents que cela comporte.

back from bike

180 kil de vélo pliés pour la première fois de ma vie

Les descentes continueront comme ça pendant une vingtaine de kilomètres qui passent très vite, jusqu’à ce que je retrouve la zone industrielle de l’aller. Je m’en suis donné à cœur joie et c’était un réel plaisir de dévaler ces descentes à fond les ballons : sensation de vitesse et d’efficacité, pas de douleurs musculaires, mental boosté par le fait d’avaler des kilomètres rapidement, fin de la partie vélo qui approche.C’est quasiment bon maintenant, j’y suis presque. Ces 180 kil de vélo sont presque faits, mes fessiers vont pouvoir se reposer tranquillement et ce sera un soulagement absolument salutaire. De retour sur la Prom, je vois de l’effervescence au loin, mais qu’est-ce ? C’est tout simplement le marathon qui est là ! Les gens qui ont commencé l’épreuve depuis un moment déjà et qui font leur demi-tour au niveau de l’aéroport. Il ne me reste plus que 5 kilomètres ! Allez ça vaut le coup de brûler un peu de cuisseaux pour aller au bout plus vite. Purée, je viens de les faire ces 180 kil, je suis en vie et je vais bien. Il me semble que je suis en avance par rapport à ce que j’avais prévu. Mon niveau de confiance remonte en flèche ! Donnez-moi la suite !!!

Et Run !

run

C’est parti pour un marathon en 4 allers-retours

Carole m’accueille et c’est un énorme plaisir de la voir juste avant de pénétrer dans le parc à vélo. A l’inverse de l’épreuve de natation où tous les vélos étaient partis, là tous les vélos sont revenus ! Je pose mon vélo, je bois un peu d’eau et je fais ma transition aussi rapidement que possible. Running Mizuno Wave Rider 18 aux pieds, casquette, buff Ceramiq et lunettes et go for it !

Un peu d’auto-coaching s’impose : « Maintenant que ça c’est fait mon gars, t’es en terrain connu. T’as pas gagné, mais t’es pas super loin. Certes c’est un marathon, pas un petit footing mais tu vas le faire maintenant. T’es pas venu là pour renoncer, t’es pas venu là parce que c’était facile. Maintenant que t’es là t’es presque finisher, tu peux plus te louper ! ». Autre point qui me remonte le moral, je suis à proximité de la ligne d’arrivée maintenant (même si je vais devoir graviter autour) et non plus au milieu de la montagne.  Je vais pouvoir voir Carole environ une fois par heure !

Un petit bisous à Carole qui m’attend de l’autre côté de la grille et voilà qu’on se fait interpeller par une bénévole : « eh vous n’avez pas le droit, normalement vous devriez être disqualifié ! ». Hmm, j’ai vraiment un problème avec ce genre de règles. Je ne suis pas d’accord, je ne vais de toutes façons pas être mieux classé ou avoir un « slot pour Hawai » parce que j’ai embrassé ma femme, ça n’a pas de sens. Bref, elle m’a un peu remonté cette bénévole (qui fait pourtant son travail), je vais aller me défouler en courant. Je m’aperçois avec surprise que les jambes répondent bien. C’est comme si les muscles sollicités par la course à pied n’était vraiment pas les mêmes que ceux que j’ai usés pour le vélo. Alors certes je ne suis pas tout frais non plus et ne ferai pas mon meilleur marathon, mais je suis optimiste quant au fait que je vais l’encaisser sans trop de problèmes. Allez, je me lance à une vitesse de croisière que je détermine au hasard car je n’ai toujours pas de montre. Et là surprise, je double tout le monde, je suis on fire !

Le parcours est composé de quatre allers-retour sur la Promenade des Anglais. A chaque aller-retour, le coureur obtient un bracelet coloré : vert, puis rouge, puis bleu. Une fois en possession de ces trois bracelets, le coureurs peut arrêter de tourner en rond et prendre la direction de la finish line ! Sachant cela, je m’amuse à regarder à quel point je suis à la bourre par rapport aux gens qui courent sur la Prom à la couleur et au nombre de bracelets à leurs poignets. Sur les premiers 10, je ne vois quasiment personne qui comme moi, n’a pas de bracelet. Je vois beaucoup de gens marcher, mais eux sont au semi ou au trentième. Je me dis que je marcherai peut-être moi aussi, à ce moment-là.

J’arrive au 5e au niveau de l’aéroport pour mon premier demi-tour, et je double toujours abondamment. Ça fait plaisir mais combien de temps est-ce que je vais tenir ?

 

Pour varier un peu le rythme de ce récit, abordons quelques thèmes.

Le parcours

Promenade RunLe parcours est une ligne droite de 5km à parcourir … 8 fois … sur la belle et célèbre Promenade des Anglais de Nice, entre le monument du Centenaire et l’aéroport. Le long de la promenade l’ambiance bat son plein avec supporters, les passants, les touristes et les passants touristes reconvertis en supporters. Tous les 1,7 km est placé un ravitaillement donc autant dire tout de suite qu’on ne risque pas de manquer de grand chose. Des douches sont également positionnées le long du parcours et permettent aux coureurs de se rafraîchir, sous ce soleil de plomb.

Gestion de la température, sous ce soleil de plomb

J’ai croisé quelques confrères de tri-fonction Ceramiq et autres marques qui ouvraient complètement leur vêtement, probablement pour la gestion de leur température corporelle. Personnellement, je n’en ai pas du tout eu besoin, la combi a maintenu ma température à un niveau idéal tout au long de ma course sans que je n’ai besoin d’y toucher.

Ceux qui me connaissent savent que je ne supporte pas d’avoir les pieds trempés, j’ai donc fuis les douches du parcours comme la peste. En revanche, j’imbibais mon buff avec des verres d’eau à chaque fois que j’en avais sous la main.

Mes ravitaillements

Contrairement à la partie vélo où j’ai tourné comme une horloge avec prudence en prenant une barre à chaque ravito, je savais bien que je n’en aurai pas besoin sur la partie course à pied. Je n’ai pas forcé. J’ai consommé un gel powerbar au premier ravito puis pratiquement plus rien de solide si ce n’est un petit Tuc de temps à autre pour tâcher de lutter un peu contre le goût sucré totalement ancré dans mon palais. La digestion du solide est également beaucoup plus difficile pour moi en course à pied qu’en vélo, il était donc imprudent de « trop charger ».

 

Au semi, la difficulté se fait ressentir. Je pense à marcher mais je réfléchis. Voici ce qu’il se passait dans ma tête : « l’objectif de base c’était de finir. Maintenant c’est sûr, à ce rythme-là je vais finir cet Ironman. B#&!%l, je vais être Ironman même si je ne fais que marcher. Mais franchement ce serait du gâchis car mon corps peut continuer en courant, sans marcher. Je suis fatigué mais je n’ai pas de douleurs, mon corps est en train d’encaisser le truc sans trop broncher. Je ne vais tout de même pas marcher et « gâcher » un éventuel chrono parce que j’ai eu la flemme de faire tourner mon mental à bloc. C’est un P#@*%n de grand jour aujourd’hui alors tu vas me faire le plaisir de ne pas marcher tant que tu en es capable. Merci. ».

C’est ainsi que je reprends l’une de mes armes favorite. Si tu as lu jusque-là tu la connais maintenant … oui, tout à fait … les jeux de gamin ! « Allez lui je le double et ensuite je marche… C’est bon mais en fait je marche pas, je m’arrêterai au ravito là-bas prendre un Tuc … ah lui il a les mêmes bracelets que moi, si je le double je gagne une place !! … Ohlala je double trop là je crois que je suis bon, allez je prends ces deux-là avant le ravito du fond ».

A chaque tour, je croise Carole qui me redonne de l’énergie avec de beaux encouragements et qui immortalise l’instant. Ça fait du bien et tout est bon à prendre pour moi. J’ai hâte de la rendre fière ! Je croise également Mary parmi les supporters qui est notre hôte Aribnb, venue m’encourager. Franchement, Airbnb et son côté humain, ça fait plaisir. Enfin, je croise également Yohann qui mitraille tout ce qui bouge, venu immortaliser l’événement.

Lorsque j’obtiens mon troisième bracelet, le bleu, je croise Carole et je lui dis que je vais marcher car ça devient vraiment difficile. Finalement, je fais un bras de fer contre moi-même : j’ai envie de marcher mais je n’en ai pas besoin. Je peux faire sans alors je vais faire sans, quitte à morfler un petit peu. Je ne suis là qu’une seule fois, je peux bien supporter tout ça, le jeu en vaut la chandelle, la famille et les amis seront fiers !

Et voilà, j’aperçois la finish line, ça va être mon tour de passer en dessous !! J’accélère … et oh, non … le type devant moi a amené toute sa famille en plein milieu du parcours, qui occupe toute la largeur du premier arche « Finish Line ». Non mon gars, tu peux pas me faire ça je suis en feu, je vais être Ironman !! Je passe tant bien que mal sur le côté moyennant un léger coup d’épaule involontaire. Je m’en veux légèrement d’avoir fait le sauvage mais ce moment est trop bon pour que je me fasse couper les jambes par des supporters en vadrouille sur le champ de bataille. Et voilà c’est le tapis rouge, il est là. Je ne sens plus rien si ce n’est l’instinct du sprint final. Je connais cet instinct, il me transforme. Je n’entends et ne vois presque plus rien, je sens mes traits du visage se déformer, je ne sens plus aucune douleur musculaire mais mon corps accélère, faisant abstraction de tout le reste. C’est à moi de franchir la ligne ! J’aperçois le chrono au dessus de l’arche qui indique 13h14 et des poussières, c’est de la pure folie ! Je passe la ligne, j’ai terminé… Je suis Ironman.

« Wow, je suis Ironman alors, c’est ça que ça fait, c’est à dire … pas grand chose ? ». Sur le moment, on me donne une grosse médaille que je regarde à peine accompagné de félicitations quelques peu froides. Aux yeux des bénévoles, je ne suis un finisher parmi les autres, le 526. Je voudrais pouvoir te dire que la sensation du moment était folle, mais non mon ami, ce n’est pas comme ça que je l’ai vécu. L’euphorie n’est venue bien après, quand j’ai pu retrouver Carole, quand j’ai pu réaliser tout ce qui s’était passé, à quel point tout ce qui m’a mené vers la fin de cette épreuve a été grand et beau, quand j’ai réalisé tout le monde qui était présent et a pensé à moi avant et pendant mon épreuve. Réaliser tout ça mon ami, c’était de la pure folie, un bonheur qui est difficile à expliquer. Être Ironman pour moi n’a de sens que parce que j’ai partagé ce moment avec vous.

Finisher Ironman

 

Mes temps

Résultats ironamn

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Je suis Ironman, et maintenant ?

De retour à Paris, je suis gonflé à bloc. Je ne pensais pas que ce serait le cas mais, le triathlon, je vais y rester, au moins ponctuellement. Maintenant que j’ai mis les pieds dedans, je ne vais pas repartir de si tôt. C’est l’une des épreuves les plus belles et exigeantes qu’il m’ait été donné de faire, et j’ai bien l’intention de recommencer ! D’autant plus que maintenant, je sais que je sais faire et que j’ai une marge de progression dans le domaine.

Au delà du tri, je suis également plein de confiance en moi, en mes capacités physiques et mentales, à réaliser de grandes choses. De beaux et grands ultras attendent Carole et moi cet été, dont le point culminant sera l’UT4M, et je suis motive à bloc pour boucler ce défi extrêmement exigeant.

Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir dire que je suis un ultra traileur, un ultra marathonien et un ironman. Maintenant je peux donner ma réponse à cette question étrange posée en intro : l’ironman est-il plus difficile que l’ultra ? Ma réponse est non. Mon constat : l’ultra emmène dans des états physiques et mentaux qui, à mon sens, sont plus difficiles à gérer que l’ironman. L’ironman casse le rythme, casse la monotonie par le fait que l’on passe des jalons bien définis : Swim, T1, Bike, T2, Run. A chaque étape, on peut se raccrocher à la suivante pour « casser » la lassitude, et surtout laisser tranquille le groupe musculaire détruit lors de la précédente phase. L’ultra, c’est s’attaquer les jambes et le dos du début à la fin, faire subir à son corps des chocs répétés et identiques pendant de longues heures, c’est parfois devoir « survivre » à une nuit d’efforts. C’est donc à mon sens plus difficile.

Les amis, je vous remercie infiniment d’avoir été présents pour moi, de m’avoir suivi et soutenu. Cela a été extrêmement précieux pour moi, vous avez forgé ma motivation, forgé mon mental par votre présence. Vous étiez un levier considérable et incontestable de ma performance ce jour-là. Vous faisiez partie de moi ce jour-là. Vous avez fait, chacun à sa manière, en sorte que je réalise ce rêve. Merci infiniment.

La vidéo

Le mot de la fin

Les amis, sentez-vous libre de commenter, de me poser vos éventuelles questions auxquelles je me ferai une grande joie de répondre. Si cette expérience vous inspire, sachez que j’en suis infiniment ravi.

Si éventuellement, je peux vous apporter quelque chose, dissiper vos barrières ou votre crainte de l’inconnu, vous permettre de vous lancer et atteindre vos objectifs, je suis à votre disposition. Les amis, je vous souhaite de vous épanouir, d’atteindre vos objectifs et de vivre vos rêves. Je vous souhaite de vous lancer même dans ce qui peut vous sembler, à première vue, inaccessible. Les amis, ce n’est pas l’inertie qui va conduire votre vie à l’enrichissement, c’est l’action. Ce n’est pas dans votre zone de confort que vous construirez vos souvenirs les plus inoubliables, c’est en dehors. Ne tergiversez pas pendant des années pour vivre vos rêves en attendant « d’être sûr d’être prêt », lancez-vous, et vous ferez en sorte d’être prêts.

A très bientôt pour de nouvelles aventures les amis, et des bisous à tous !

carottes petit

Trackbacks Commentaires
  • Julien dit :

    Très beau récit et encore félicitation !

  • laura louloute dit :

    Super récit comme d’habitude, c’est plus captivant que mes polars du soir 😉 Encore bravo Emir, et tu as la meilleure supportrice au monde avec Carole. La vidéo me donne un sacré sourire à chaque fois que je la visionne, vous êtes trop touchants tous les 2.
    Le mot de la fin me donne envie de me battre pour atteindre les objectifs que je me suis fixée. Vous êtes énormes d’endurance, de persévérance, d’émotion et de bonne humeur. Vous êtes au top les lapins. Je me sens tellement petite comparé à tous les exploits que vous accomplissez mais en même temps vous me booster! !!!!! Encore mille bravo Emir, je vous souhaite encore pleins de beaux récits de course à nous raconter. Et merci pour l’envie de faire toujours plus que vous me donner.

    • Emir dit :

      Un grand merci Laura pour tes beaux messages, c’est très touchant. Je suis vraiment ravi que nos partages te touchent parce que c’est comme cela que nous les concevons : le partage d’émotion autour de notre sport 🙂
      Te booster, t’inspirer, te donner envie de t’accomplir c’est la meilleure des récompenses que nous puissions avoir à partager nos aventures.
      Tu sais, il n’y a pas à se sentir petit ! Chaque voyage démarre par un petit pas et chaque voyage à ses propres ambitions. Si tu veux aller quelque part, tu peux y aller. Si tu veux accomplir quelque chose, tu peux l’accomplir. C’est ça qui est important et qui a énormément de valeur personnelle. Ce que nous aspirons à faire, c’est se motiver mutuellement à construire ses aventures :D. J’espère que nous aurons l’occasion de nous croiser pour échanger plus longuement à l’occasion !

      A très bientôt Laura pour de nouvelles aventures qui seront toujours aussi nombreuses 😉

  • Runner Life dit :

    Que dire au vu de ton récit mon pote mis à part magnifique, magique,….Tu as assurée grave comme toujours cela ne me surprend même pas. Tu es un warrior un vrai j’ai hate de vous croiser à nouveau sur une course. A la lecture de ton récit j’aurai presque envie de me lancer mais le vélo j’ai vraiment beaucoup de mal…Et le faire de savoir que pour toi l’ultra est plus dur je préfère rester dans le dur ^^

    Encore bravo Champion

    • Emir dit :

      Merci Damien pour ton commentaire qui fait du bien ! Que de compliments, c’est trop d’honneur pour moi !
      J’espère aussi qu’on se croisera à nouveau sur une épreuve bien bourrin quelque part, un truc qui démonte le mental bien comme il faut :p
      Je conçois que l’ironman ne convienne pas à tout le monde : beaucoup de coureurs sont freinés par la natation et d’autres, plus rares, par le vélo. Du coup, si par là va ton feeling, reste dans l’ultra Damien 🙂 Peut-être qu’un jour il y aura un déclic, peut-être pas. Du moment que tu kiffes la vie, c’est tout ce qui importe 😉

      A bientôt !

  • Dobie23 dit :

    Pas grand chose à dire si ce n’est que BRAVO.
    Beau récit qui donne envie de passer le cap…

    • Emir dit :

      Dobie ça me fait très plaisir de te donner envie de te lancer par ce récit. Si je peux t’aider ou te servir de tremplin en te renseignant d’avantage, surtout n’hésite pas. Ce blog existe pour partager des expériences, pour donner envie ! Je te souhaite de réaliser tes objectifs 😉

      A très bientôt !

  • FireRasta dit :

    Pour la blague, et par rapport à un récent article que tu as ecrit, je te dirais bien que tu es un gosse de riche du sport !! Ahahah
    putain Emir, c’est vraiment énorme ce que tu as fait!!! Tu dis que l’ultra est plus dur, mais ne banalise pas ce que tu as réalisé!!! C’est vraiment énorme!!!
    Un immense bravo a toi Emir!!
    Au passage, ton bronzage dans le dos est vraiment trop sexy!!!

    • Emir dit :

      Jérôme merci de passer par là, c’est toujours un plaisir de te lire 😀 Oui je pense qu’il y a du vrai, il est bien possible que mon corps ait quelques dispositions à encaisser ce que je lui envoie dans la tête, même s’il n’est pas préparé avec discipline. Heureusement quelque part, car il est un tremplin et non un frein à de nouvelles aventures 😀
      Je ne banalise pas l’ironman, c’est vraiment beau et très différent de l’ultra ! Cela dit, je pense vraiment que l’ultratraileur dispose du mental pour réaliser l’ironman. Il lui faut « juste » l’envie et la préparation physique pour encaisser les trois étapes.
      Merci pour le compliment sur mon bronzage, j’en suis plutôt fier aussi :p J’aime les t-shirts imprimés à même ma peau.

      Merci encore Jérôme et à bientôt j’espère pour d’autres aventures !!

  • Peachoune dit :

    Très beau récit!
    Félicitations pour cette belle performance!!

  • Raphynisher dit :

    Magnifique Récit, ca valait le coup d’attendre. Par contre, attention il manque quelques mots de temps en temps (bon on comprends avec le contexte…) par exemple avant de franchir la Finish Line : »oh, non … le type devant moi a amené toute en plein milieu du parcours, qui occupe toute la largeur du premier arche « Finish Line ».  » Tu veux surement dire toute sa famille (je suppose)
    Emir, tu es un Fameux Iron Man mais surtout quelqu’un qui a parcouru beaucoup de chemin depuis son tout premier dossard ! Bref, il est aussi normal que quelqu’un de Formidable soit en compagnie d’une Femme Formidable. Continuez de nous faire rêver, vous êtes super !
    Petite Requête : A la fin de l’année ou au début de 2016, une synthèse de toute vos courses sur l’année 2015 serait un vrai antidote aux prétentieux et j’en serais vraiment Fier pour vous (oui je suis en mode « F » majuscule mdr)
    Au fait, bientôt, il faudra apprendre à ecrire vos CR avant de finir vos courses tellement votre actualité est dense lool

    • Emir dit :

      Hello Raphy, je te remercie pour tes commentaires qui font toujours très plaisir, plein de belles choses, beaux compliments, de cours de maths et de français depuis peu :p.
      Tu as tout à fait raison pour la « famille » du « type », j’ai corrigé.
      Je suis heureux que nos aventures communes puissent inspirer et faire rêver, même des guerriers de ton niveau qui rentrent d’un petit 20h de promenade sur le Mont Blanc.
      Je vois que tu es inspiré avec les F alors je me lance moi aussi, je suis vraiment Fier de te connaître ainsi que Soso parce que je trouve que vous êtes un couple qui s’épanouit dans le sport, qui dégage une très belle aura, et qui donne envie de suivre.
      Pour terminer, c’est vrai que je commence à me demander si on va réussir à suivre la cadence à l’écriture tellement le partage devient chronophage !

      J’accepte la requête particulièrement parce qu’elle vient de toi, même si je ne vois pas vraiment à qui elle s’adresse. Le but d’un tel bilan ne serait surtout pas de fanfaronner autour de nos performances ou notre quantité de course, car c’est contraire à nos valeurs. L’humilité est très importante, et tant que la condition physique et la vie nous le permet, nous nous épanouissons dans la simplicité.

      A bientôt Raphy et bisous à Soso !

  • Lea (Abi) dit :

    Bravo Mirou

    J’ai vraiment adoré ton CR et j’ai pas mal rigolé surtout le coup du pneu jamais changé..

    Toutes mes felicitations.

    Je vous suivrai de près Carole et toi pour l’UT4M ! Bonne prépa, vous etes tops!
    Attention à votre santé surtout … !!

    Bisous

    • Emir dit :

      Merci Abidjan !

      Ça me fait plaisir, et content que tu l’aies trouvé fun 😉
      Encore merci et t’inquiète, ça va le faire, comme toujours :p On va commencer un entraînement draconien : les séances de côte à côté de la mairie de Noisy-le-Grand.

      A bientôt Abi ! J’espère que tu vas bien !

  • Michel dit :

    Bravo pour ta course,
    Comme toi j’ai participé à mon premier ironman à nice (13h donc pas loin de toi) et je suis de ton avis en précisant que l’ultra trail est plus difficile qu’un Ironman, et j’ai déjà fini Utmb, GRR, Mds, GrP et cette année je retourne à l’Utmb
    Bonne course fin août
    Michel S.

  • Euclesrunner dit :

    Bravo, je ne sais comment tu fais pour avoir un mental pareil en plus de grandes capacités physiques. Mais là est sûrement la clé du succès. Je suis admiratif.

  • Tout d’abord, un grand BRAVO et un grand merci à toi pour ce partage. Je passe par ici avec beaucoup de retard. On avait discuté déjà un peu du triathlon et de l’Ironman, via Instagram. Moi je venais de faire mon 1er triathlon et toi ton Ironman, donc 😉 BREF, j’avais gardé en tête de venir lire ton récit. J’ai mis du temps, mais je suis bien heureuse de ne pas avoir oublié.
    Perso, j’ADORE les récits détaillés. Ca permet de vraiment retranscrire ce que tu as vécu et, toi, ça te permet de te rappeler, pour toujours, dans quel état d’esprit tu étais. Merci de nous avoir fait partager ça.
    Je suis super admirative, et d’autant plus par le fait que tu y es allé un peu en « touriste » (ce n’est absolument pas méchant de ma part, je veux dire juste que tu n’y es pas allé en ayant tout prévu au millimètre près). Comme tu le dis, je pense aussi que tu as donc une marge de progression énorme.
    Je suis admirative aussi et subjuguée par ton récit car, moi aussi, un Ironman, c’est un défi que j’ai en tête depuis longtemps. Ca me met des paillettes dans les yeux quand j’en entends parler. Sauf que, moi, je mets des années à me décider pour faire la moindre petite chose donc, forcément, un Ironman, y’a encore du boulot pour que je m’y lance ! MAIS, ton récit et ta superbe conclusion me donnent encore plus envie de ne pas trop réfléchir et de sauter le pas…

    Merci encore et BRAVO 🙂

  • Béatrice dit :

    Bonjour,

    Super le récit. J’y étais avec mon mari qui faisait son 1er Iron man aussi. Toutes ces sensations que tu as mises en mots résonnent comme une journée magique pour moi, pour nous tous, coureurs, nageurs, amateurs de sport, de courses et de plaisir. On a passé une journée extraordinaire.
    Je cherchais sur le net à acheter une gourde IRON MAN NICE 15

  • Antoine dit :

    Tout d’abord félicitation pour la performance, un membre de notre équipe l’a également couru.
    N’hésitez pas à lire son CR à la suite de l’article :

    http://www.milepakr.com/blog/carnet-des-courses/ironman-de-nice/

  • Faby dit :

    Salut, ben je viens de lire ton récit, drole, et passionnant… AU point final je m’aperçois que j’en a les larmes aux yeux… Moi que suis une petite coureuse de 10 kil… 🙂
    Bravo bravo bravo! Longue carrière à toi! Et plein de bonheur…
    Faby.

  • nfkb dit :

    Quel talent !

    Nous avons vraiment deux manières différentes d’appréhender le sport. C’est amusant. Ca fait déjà des mois que je pense à un IM, et je veux encore attendre. Je suis ptêt con de ne pas franchir le pas plus spontanément.

    Encore bravo !

  • Charles Borcke dit :

    Je doos avouer que j’ai eu les larmes aux yeux en lisant ton dernier paragraphe… Bravo lapin runner tu peux être fier de toi, en plus d’être un ironman tu viens de me donner le courage qu’il me manquait pour m’inscrire.

    See ya!

  • lolo de la colo dit :

    Bonsoir Emir, Carole, on se connait bien maintenant!En lisant ton récit sur l’IRONMAN de Nice, je suis très heureux pour toi être finisher, j’ai ressenti la même chose sur la ligne d’arrivé du Grand Raid.en 2014 je ne courrai pas le marathon, et depuis cette même année marathon de Tours tous les ans, 1 fois Paris. En entrainement pour le grand raid de juin 2016 à juin 2017, 13 marathons 11 kg de perdu. en vous voyant, j’ai fais mon 1er 100K en 2016 (STENWEERCK) et 2017, je me suis dis pourqoui pas le grand Raid du Golfe, finisher, très heureux de l’avoir fait également, en plus nous nous sommes vu dès le départ. En juin 2018 il y aura le 1er IRONMAM le 10 exactement. j’aimerai le faire, enfin je fais le faire, finisher??, mais je vais tenter cette aventure. Pour le moment pas de vélo, mais je travaille pour en trouver un!. Aurai tu un petit plan d’entrainement pour mon 1er. Je te remercie et à bientôt sur les lignes de départs.
    Sportivement, amicalement
    LOLO DE LA COLO.

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