L’EDF Cenis Tour 77 km : l’ultra coup de coeur des Lapins !

150305_104904Une semaine après la 6000D, nous voici à Lanslebourg, sympathique village savoyard, à proximité de la frontière italienne. Ce n’est pas tant les crozets et fromages du pays qui nous ont conduit jusqu’ici, mais bien l’EDF Cenis Tour dans sa version 77 km, le second ultra auquel nous sommes engagés dans le cadre de notre prépa UT4M. La semaine ayant suivi la 6000D, nous n’avons pas chomé sur le plan sportif : récupération / re-préparation à coup de 4 randonnées en montagne et 2 footings urbains. Nous avons énormément sollicité nos cuisses et nous sommes habitués à respirer en altitude. C’est donc plutôt en bonnes conditions physiques, avec quelques kilos en moins sur la balance que nous prenons le départ de cette course exigente (3 900 D+). La veille et avant-veille, nous faisons le plein de sucres lents (spaghetti complètes et crozets au sarrasin) tout en évitant de tomber dans l’excès, ce qui s’avère souvent compliqué pour nous. Fait rare : nous étudions également au préalable le parcours qu’Emir télécharge sur son mobile afin de nous aiguiller durant notre périple.

départ

Au départ

Après 3 km de marche pour rallier Lanslebourg au départ de Lanslevillard, nous voici sur la ligne de départ et accueillis par le speaker, annonçant l’arrivée des Lapins Runners. Voilà qui nous fait très plaisir !

Point rassurant : lors du briefing, Henry, l’organisateur de la course, promet une bière au coureur qui se perdrait tant il a soigné le balisage du parcours !

Après de bonnes sensations validées sur la 6000D, je me teste sur un doublé en minimalistes, accompagnée de mes fidèles VFF Spyridon. Je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque étant donné que c’est la première fois que nous participons à cette course mais je suis plutôt confiante.

Voici un aperçu du profil de la course du jour :

Profil de course

Le départ est donné à 6h00 (ici, l’organisation ne plaisante pas avec la ponctualité) et c’est parti pour moins de 14 heures de course, tel est notre objectif !

L’épreuve démarre sur les chapeaux de roue par une jolie côte dès les premiers mètres ! Le cardio monte en flèche, il va vraiment falloir s’accrocher ! Après avoir rapidement quitté le village, nous nous engouffrons en forêt.

Il y a beaucoup moins de participants que sur la 6000D, ce qui nous permet de progresser à l’envie sur les sentiers, sans

Passage du Single

Passage du Single

être attaqués par des coureurs en bâtons. Les chemins sont techniques, ce n’est pas le moment d’avoir un moment d’absence sous peine de tomber dans le fossé.

Au bout de 7 km, les interminables montées font place désormais à des chemins plats, qui permettent enfin de courir. Ca fait beaucoup de bien !

Km 13, nous atteignons le premier ravito du col du Mont Cenis. Faisant suite aux conseils avisés de l’ami Raphy, je me ravitaille en salé en dévalisant une assiette de saucisson aux noisettes. Nous rencontrons au stand Rafion, lui aussi ambassadeur UT4M, que nous allons revoir fin août sur la version 160 !

Au fort de la Turra

Fort de la Turra

Nous nous attaquons à présent à l’ascension du fort de la Turra. La montée est très rude. Sur la fin, j’ai l’impression de faire de l’escalade tant je me sers de mes mains pour grimper ! Arrivée au sommet, il me faut quelques secondes pour reprendre mon souffle.

Nous apercevons pour la première fois le magnifique lac de Mont Cenis, juste derrière à nous. Nous contemplons sa belle couleur bleue turquoise et profitons de ce décor idyllique pour faire les touristes trailers et prendre quelques clichés.

A prendre herbe

Pas de la Beccia

Nous redescendons du fort sur des petits sentiers caillouteux avant de courir dans l’herbe. Les hautes herbes se coincent entre mes orteils, ce qui est une sensation forte désagréable.

Nous atteignons enfin le second ravito. Je ne m’y attarde pas trop, craignant que nous soyons trop short au point de contrôle du km 34 que nous devons atteindre à midi, tandis qu’Emir prend le temps de recharger ses batteries.

L’heure est à présent à l’ascension du fort de la Patacreuse dont le point culminant se situe au km 30 : Emir et moi cherchons en vain un édifice qui pourrait faire office de fort. Nous

Fort de la Patacreuse

Fort de la Patacreuse

longeons d’imposants remparts de pierre. Les paysages sont grandioses, nous en prenons plein les yeux !

Le temps passe et nous n’avons toujours pas vu la trace du fameux refuge du petit Mont Cenis indiqué au km 34. Nous comptions sur la descente après le fort de la Turra pour passer les quelques kilomètres nous séparant de la barrière horaire rapidement, mais le danger de ces chemins en pleine montagne va contrarier nos plans. Nous sommes contraints de marcher en descente : « Emir, j’espère qu’il est bien au km 34 ce point de contrôle car vu l’heure qu’il est, nous sommes au kilomètre près ! »

11h55, nous ne sommes toujours pas arrivés au point de contrôle et commençons à nous inquiéter sérieusement. Nous nous mettons alors à foncer ! Je commence à envisager le pire : être arrêtés à la barrière horaire à cause de quelques petites minutes de retard ! Un coup d’accélérateur, nous parvenons à atteindre le refuge du petit mont Cenis à 12h03 au lieu de 12h00. Patrick, adjoint directeur de course, nous permet tout de même de repartir : ouf, nous étions vraiment loin de la queue de peloton. Maintenir les barrières à midi aurait éliminé une grande partie des concurrents, dont la quasi-totalité des femmes (seules deux étant passées à midi, Carole étant la troisième à 12h03) ! Nous apprendrons en fin de course que la barrière horaire a finalement été repoussée à 12h30.

Nous ne nous attardons pas à ce ravito car Patrick nous somme de ne pas prendre notre temps. Nous repartons aussitôt, avec encore beaucoup d’adrénaline dans le sang. Cette sensation est assez désagréable car a vraiment perturbé notre moment de trail touristique zen le temps de nous remettre de ce coup de stress.

Avec surprise, nous récupérons la seconde féminine que je pensais être loin devant nous. Celle-ci nous a devancé aux alentours du km 5, avec une foulée qui m’avait laissée rêveuse.

clapier

Col du Clapier

Le parcours jusqu’au col du Clapier n’est pas exténuant car plutôt plat. Nous croisons beaucoup de randonneurs, la plupart ayant la gentillesse de se décaler à notre passage et nous encourager. Nous rencontrons également des coureurs beaucoup plus avancés en train de réaliser leur-demi tour, dont la première féminine, très loin devant. Coureurs rapides et coureurs plus lents échangent et se motivent mutuellement lors de ces croisements occasionnés par le demi-tour. Nous vivons de beaux instants de solidarité inter-trailers.

Une fois le col du Clapier atteint (km 45), je me paye le luxe de dépasser la 2nde féminine (qui devient 3e !) et de faire la course avec elle. Pour être honnête, je suis consciente de ne pas pouvoir tenir le rythme très longtemps mais je suis assez flattée du fait que cette femme ait l’air de se sentir « en danger ». La vétérane finit par me dépasser définitivement. Un bénévole souhaitant nous prendre en photo, nous marquons une petite pause. L’écart entre elle et moi est désormais creusé.

Nous perdons ensuite 5 bonnes minutes à retrouver notre chemin du fait d’un balisage que nous ne jugeons pas très clair sur cette portion du parcours. Depuis le début la course, nous suivons des marques vertes au sol, conformément aux indications qui ont été données au briefing pré-course. Étonnement, nous nous retrouvons sur un chemin uniquement composé de marques jaunes ! Après échanges avec un coureur anglais, il s’avère qu’il n’y a pas d’autre chemin possible que celui sur lequel nous sommes. Nous continuons donc notre route hésitants avant de retrouver comme par magie les fameuses marques vertes.

Gerard Plaisance (58)

Refuge du Mont Cenis (2nd passage)

Nous finissons par regagner pour la seconde fois le refuge du petit mont Cenis au km 51 où Henry, qui se trouve sur place, nous explique qu’il avait indiqué sur une pierre située sur le parcours la mention « bâton jaune = bâton vert » . Nous devions donc suivre les indications jaunes. N’ayant pas vu cette fameuse pierre, nous n’étions pas au courant de cela. Henry, nous attendons ta bière ! 😉

Grâce à ma course avec la 2nde féminine sur près de 4 km, nous avons rattrapé notre retard est sommes dorénavant très larges pour arriver avant l’ultime barrière horaire.

Nous repartons, direction le col de Sollières. Quel soulagement une fois arrivés au col : c’en est fini de monter !

Col de Sollières

Col de Sollières

Nous en sommes au kilomètre 54 et les derniers kilomètres ont un profil de grande descente douce, très confortable et facile à courir.

Après avoir contourné de la montagne sur des chemins caillouteux, nous regagnons la forêt. Les 20 derniers kilomètres restant, bien que « reposants » sont assez monotones dans la mesure où nous courons sur de pistes larges (pistes de VTT ?), qui présentent bien moins d’intérêt en termes de paysages. Je constate que je me débrouille mieux qu’à la 6000D sur cette portion finale de route. Je tiens une vitesse de plus de 10 km/h, ce qui me convient à ce stade de la course. Pour mon plus grand bonheur, je n’ai eu aucun mal d’estomac. J’ignore si c’est le ravitaillement salé, mais merci à toi Raphy si tu as pu contribuer à ma forme physique du jour !

Deux heures de descente plus tard, nous arrivons enfin à Lanslebourg ! Après avoir longé la rivière avec le vent dans la face, fait le tour de l’ile aux Pirates, nous traversons des lotissements et parvenons à regagner Lanslevillard. Nous y croisons Xavier, qui, faute d’être arrivé avant la barrière horaire du 34e km, a été reporté sur la version 48 km de l’épreuve.

Nous apercevons au sol un marquage qui nous fait sourire : un petit smiley avec l’inscription « ARRIVEE ». La veille, nous nous étions dit que nous serions très heureux le lendemain en voyant ce marquage, car cela signifierait que la fin ne serait plus très loin !

Après avoir escaladé une mini-falaise faisant office d’épreuve finale, nous sommes encouragés par les supporters encore présents et apercevons le graal, la ligne d’arrivée ! Le speaker s’exclame : « Mais je les reconnais, ce sont les Lapins Runners ! Si je me souviens bien, ils s’appellent Sabine et Emir ! ». Je me mets à rire car ma soeur s’appelle Sabine et ça fait drôle qu’elle soit associée à mon Lapin.

Nous atteignons la ligne d’arrivée heureux, tout en n’étant pas exténués ! Le speaker m’informe que je suis effectivement la 3e féminine et 1re de ma catégorie ! Quelle joie !

Nos temps

Classement1

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Une bénévole nous accompagne au PC course où aura lieu ma « cérémonie de récompense ». Je suis gratifiée d’une médaille de kermesse, mais qu’importe, elle est très symbolique ! C’est la première fois que j’accède au podium scrach féminin ! Je remporte également un bon pour des remontées mécaniques à Val Cenis pour une journée, mais surtout un an d’abonnement à Jogging International !

Avec Annabel

Avec Annabel

Nous regagnons la mairie où a lieu le repas post course. Nous engloutissons goulument les desserts qui sortent de l’ordinaire (gateaux savoyard, tartes crumble au pomme et tarte framboise meringuée) tout en discutant avec les finishers du jour.

Les amis, c’est ainsi que se sont achevées nos vacances sportives. Nous sommes très heureux d’avoir fini ces deux courses dans de bonnes conditions, les avoir couru en minimalistes (pour Carole), avoir atteint nos objectifs, et avoir eu accès à un podium. Nous pensons être convenablement préparés pour aborder l’UT4M ! Bien sûr, la période de récupération jusqu’au 20/08 ne saura être passive, compte tenu du challenge incroyablement exigeant qui nous attend.

Nous remercions chaleureusement toute l’organisation de l’EDF Cenis Tour et l’équipe bénévole ! Mention spéciale Lapins à Annabel, Henry, Camille et Véronique !

Merci également à tous les bénévoles qui ont pris des photos de nous durant la course, lesquelles constituent à nos yeux de précieux souvenirs.

Merci à toutes les personnes qui nous ont encouragé sur le parcours, avant et après l’épreuve. Nous y sommes très sensibles et cela nous motive énormément à partager toujours plus.

Merci à toi cher lecteur, de nous lire et de nous soutenir. Nous espérons que tu seras inspiré par ces aventures, et que tu auras envie d’écrire, toi aussi, tes moments d’épanouissement dans ta passion.

MERCI !

MERCI !

La vidéo !

Rendez-vous à partir du 21 août pour THE challenge de l’année : l’UT4M 160 !

Logo Ut4M 2015

A très vite pour les prochaines aventures les amis ! Oh, et dernière chose : il se pourrait bien que des tests et un petit concours arrivent d’ici peu ! Nous vous éloignez pas trop 😉

Les Lapins Runners.

carottes petit

 

Commentaires
  • Anne dit :

    Coucou Carole et Emir!
    Encore un très joli récit et une magnifique vidéo, je me régale avec vos exploits, et j’ai beaucoup d’admiration pour vous!
    Pourra-t-on vous suivre en direct pour l’UT4M?
    Habitant Grenoble, j’irai bien volontiers vous applaudir à l’arrivée! (Je ne peux malheureusement pas vous proposer d’hébergement par manque de place, mais n’hésitez pas si vous avez besoin de quoique ce soit sur Grenoble!)
    Anne

    • Emir dit :

      Coucou Anne !
      Merci pour ton beau message, ça nous fait très plaisir de partager et que nos récits soient appréciés !
      A priori il sera possible de nous suivre en utilisant la plateforme de suivi en ligne (c’est ce qui avait été fait dans l’édition précédente). J’ai trouvé ceci pour l’instant mais le lien de suivi 2015 sera probablement différent, à voir : http://chrono.geofp.com/ut4m2014/v3/ !
      Nous trouverons de quoi retomber sur nos pattes sur place ne t’en fait pas. C’est vraiment très gentil à toi en tout cas 🙂
      Ce sera un plaisir de pouvoir te rencontrer à l’arrivée !
      A très bientôt !

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