L’Ut4M : 4 massifs, 2 Lapins et 168 km d’émotions

[Ajout 30/08 : les amateurs de vidéo peuvent se rendre en fin de billet 🙂]

Chers amis,

160kmlapinsNous avons désigné ce moment comme LE challenge ultra de notre saison 2015. Prendre le départ d’un ultra en montagne, à deux, d’une distance de plus de 160 km : le graal de l’ultratraileur. Voici venu le moment de vous raconter cette nouvelle aventure extraordinaire tant elle fut intense, physique et incroyablement humaine. Plus de 51 heures d’efforts et de partage totalement hors du temps, dans un univers parallèle où tous avancent vers un objectif commun. Wow, une intro digne d’un conte de fée, hein 😉 ?

Comme vous le savez certainement, nous avons participé le week-end dernier à l’Ut4M 160, à rlzrzar0d1kzmdwsz2lhsavoir l’ultra le plus grand et le plus exigent de notre vie. Dans un précédent billet, nous vous avions fait part de notre état d’esprit à quelques jours de l’épreuve, et « dévoilé » notre stratégie de course compte tenu d’une prépa relativement sérieuse (ce qui relève chez nous de l’exception).

Les remerciements

Avant d’entrer au coeur de l’épreuve, renversons l’ordre traditionnel et laissez-nous vous adresser nos plus sincères remerciements.

  • Merci avant tout à Valérie Masson Cabanac et Sébastien Accarier, directeur de course, qui nous ont fait confiance et nous ont invités à participer et intégrer la famille Ut4M.
  • Merci à vous les amis qui nous avez soutenus depuis le début de ce projet, particulièrement sur les réseaux sociaux où vous avez été très actifs.
  • Merci aux bénévoles qui se sont pliés en quatre jour et nuit pour que nous courions dans les meilleures conditions possibles. Vous avez rempli nos poches à eau, touillé notre café, apporté des couvertures lorsque nous avions froid. Vous nous avez souri, encouragé, suivi, guidé, félicité, acclamé à chacune de nos arrivées aux points de contrôle, avez pris de nos nouvelles. Vous avez été de véritables « papa et maman » d’un jour (ou plutôt de trois jours). Nous ne l’oublierons jamais.
Merci à tous !

Merci à tous !

Revenons-en à notre histoire. Nous sommes Jeudi 20/8, J-1 du départ tant attendu…

Grenoble, quelques heures avant le grand moment

17h00 : arrivée à Grenoble. Avant de partir à l’aventure, l’heure est à la partie moins fun du week-end : les formalités administratives, tradition pré-course. Nous récupérons ainsi nos dossards après un check-in complet de notre équipement, déposons nos CM3Q0UJWgAAjsj8sacs auxquels nous aurons accès sur les deux bases de vie (Rioupéroux et Saint Nazaire) et assistons au briefing de course. La météo est annoncée clémente et de ce fait, une partie de l’équipement est rendu facultatif (surpantalon, bonnet, gants).

Nous retrouvons Vincent que nous avons rencontré lors de l’EDF Cenis Tour. Nous nous lions rapidement d’amitié pour ce grand ultra marathonien au grand cœur, qui, soulignons-le, a bouclé la Milkil cette année. Quand on vous dit qu’il y a plus fous que nous !

Vient l’heure d’assister à la conférence donnée par Joan Roch, un ultra traileur canadien ayant la particularité d’avoir un mode entraînement très simple : courir 10 fois par semaine soit 2 fois par jour en faisant l’aller-retour entre son domicile et son lieu de travail, à savoir un trajet de 12 kilomètres biquotidiennement.

Nous regagnons ensuite la ravioli party située à proximité du palais des sports et jouons les gloutons, en dévorant notamment deux éclairs au chocolat chacun ! Nous pouvons nous le permettra, il va nous en falloir du stock de sucre pour tenir 168 km !

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Cette fois-ci, notre organisation de dernière minute est un échec car à 23h00 nous sommes encore STF (Sans Terrier Fixe). Par chance, nous dénichons un hôtel à 1 km du départ où il reste encore une chambre double. Le réceptionniste s’étonne : « vous participez à la course et vous n’aviez pas réservé ? ». De toute évidence, il ne nous connaissait pas.

 

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Jour J

Après une petite nuit de sommeil, nous voici de retour au palais des sports, où nous déposons nos sacs de consignes. Nos oreilles intriguent les journalistes qui nous interviewent et nous photographient à plusieurs reprises.

Malgré les apparences, nous ne faisons pas les fiers à quelques minutes du départ. Je fais part à Emir d’une douleur persistante à l’arrière de ma cuisse gauche, liée à mes séances quotidiennes de VTT « à bloc ». J’ai tout de même espoir qu’elle s’atténue en s’échauffant. Rien à signaler du côté de mon estomac, la digestion semble s’être opérée convenablement.

Premier massif : Vercors (km 0)

8h00 : le décompte se fait en chœur par les coureurs. Autour de nous, beaucoup de bâtonsmen. Nous prenons un M150821 (39)départ rapide afin d’être moins dérangés par la suite. Telle avait été notre stratégie adoptée lors de la 6000D, et celle-ci fut fructueuse.

Après quelques kilomètres dans la ville de Grenoble, nous voici à l’assaut du massif de Vercors. Inutile de s’épuiser dans les montées dans une telle épreuve de gestion, nous optons donc pour de la marche active.

J’inaugure aujourd’hui mes FiveFingers Trek Ascent. Je me suis fixée comme objectif de courir l’intégralité de l’Ut4M en minimalistes. Mais ignorant la réaction de mes petons face au défi que je leur impose, j’ai, par mesure de précaution, laissé dans le sac dédié à la base de vie n°1 ma paire de Saucony Xodus.

Km 13, voici venu le premier ravitaillement de la course qui n’annonce que du bon. Comme me l’avait recommandé l’ami Raphy, je ne m’alimente qu’en salé (à savoir, tartines de fromage et jambon cru). Et comme d’habitude en guise de boisson, le traditionnel gobelet de Coca.

2015-08-21 12.44.27L’ascension se poursuit jusqu’à Moucherotte puis commencent les premières descentes. Nous atteignons le second ravitaillement de la course (km 21,5 – environ 4h de course) puis repartons de plus belle pour notre deuxième ascension jusqu’au pic Saint Michel.

Emir est derrière moi. Il est sûrement en train de faire son reportage vidéo, pense-je. Pourtant, les kilomètres défilent et Emir ne m’a toujours pas rattrapée. Je continue néanmoins ma progression : ma poche étant presque à sec, je l’attendrai au prochain point d’eau.

Une fois arrivés au point d’eau et ma poche à nouveau remplie, je consulte mon mobile au cas où Emir aurait tenté 11894921_10205225875194921_694915771_ode me joindre. Effectivement, celui-ci m’indique dans un SMS avoir mal au genou et ne souhaite pas que je sois bridée. Il suggère donc que je continue seule pour que mon chrono ne soit pas impacté par ses difficultés.

Evidemment, il n’est pas question que nous nous séparions. A moins qu’il n’arrive plus à mettre un pied devant l’autre, nous continuerons notre chemin ensemble, comme cela était prévu, peu importe le chrono. Nous nous étions promis de finir ensemble l’Ut4M. Quel intérêt pour moi de poursuivre seule, je vous le demande ?

Je retrouve alors Emir qui a l’air épuisé autant moralement que physiquement par ses douleurs aux genoux qui se manifestent fortement en descente. Thomas, un traileur-rugbyman de Courbevoie a la gentillesse de sacrifier un peu de son temps pour strapper mon Lapin. Après 10 minutes de soins, nous voici repartis trottinant. Le strap ne fait malheureusement pas long feu : il se décolle très rapidement, ce qui le rend inefficace.

Km 40 – environ 8h de course, nous parvenons à atteindre l’arrivée du premier massif. Le ravitaillement de Vif qui nous attend correspond à l’arrivée des coureurs de l’Ut4M 40 Vercors. Une partie du peloton nous quitte, nous rappelant que nous avons choisi de gravir trois massifs supplémentaires.

Deuxième massif : Taillefer (km 40)

Sur cette portion de route, nous rencontrons Pierre avec qui nous passerons de nombreuses heures à discuter de sujets divers et variés. Pierre nous fait part d’un point de vue positif et idéaliste qui est rafraîchissant. Nous rallions ensemble le ravitaillement de Laffrey (km 54) où nous faisons le point sur les prochaines étapes. L’une des difficultés principales de la course nous attendra de nuit, un petit kilomètre verticale jusqu’au Pas de la Vache, avec une pente montante à plus de 15%.

Nous quittons le ravitaillement toujours en compagnie de Pierre, où nous avons une fois de plus été choyés par nos amis les bénévoles.

Quelques temps et discussions plus tard, la nuit tombe et le premier kilomètre vertical de l’épreuve ne tarde pas à se présenter. Je me sens vraiment très faible et suis incapable de parcourir ce kilomètres sans faire de pauses. J’ai l’impression que je peux faire un malaise d’un moment à l’autre.

De mon côté, j’ai mangé très énergétique au ravitaillement en prévision de la difficulté. J’étais en forme et me suis lancé avec vivacité dans cette montée, boosté par l’absence de douleurs en montée, et par le fait que je me donnais l’illusion de beaucoup remonter le classement.

Emir est loin de devant moi. J’ai besoin de lui. Je lui envoie un petit SMS et le voici qui me rejoint à 100 mètres du sommet.

Arrivé en haut, je me suis efforcé d’immortaliser la vue sur Grenoble depuis le pas de la Vache malgré le froid et le vent. J’espérais que Carole me rejoigne rapidement afin de ne pas avoir à redescendre en sens inverse. A la réception de son SMS, je n’ai pas pu y couper, et ce n’était pas plus mal de me remettre à bouger.

Arrivés au sommet, il fait très froid et très venteux. Pas le temps de souffler un peu, nous repartons de plus belle afin de ne pas nous refroidir davantage.

Après une assez courte descente, nous atteignons le ravitaillement du Poursollet (km 76 – environ 18h de course) où un bénévole, reconverti en druide, nous accueille en nous proposant sa potion magique : un jus de pomme chaud épicé formidable ! Nous nous reposons une quinzaine de minutes sur des transats sans malheureusement parvenir à dormir, puis repartons.

Nous sommes très attentifs à la bonne gestion des frontales qui nous ont de nombreuses fois mis en difficulté dans le passé. Nous prenons soin de gérer les batteries afin d’avoir un éclairage suffisant pour deux nuits complètes. Sur ces chemins très techniques, il est particulièrement important de savoir où clairement nous posons les pieds.

En pleine nuit, nous atteignons un petit camp « de survie » militaire : certains se reposent, d’autres s’assurent du chronométrage et du passage des coureurs. Ceux-ci nous proposent une saucisse grillée sur un mini barbecue de fortune. Il est environ 4 heures du matin. Sur l’Ut4M, la notion d’heures fixes des repas telle que nous la connaissons n’existe pas.

Quatre kilomètres nous séparent de la base de vie de Rioupéroux, ainsi que 1500 mètres de dénivelé négatif. Cette descente s’annonce la plus rude et la plus longue de l’aventure …

Cette descente me vaut une belle baisse de moral que je fais subir à Carole. Mes genoux me font souffrir et ça n’en termine pas. Les lacets que nous traversons sont aussi techniques qu’identiques, ce qui en fait pour moi la portion de course la moins agréable du parcours. La vidéo vous en dira davantage.

Le jour se lève enfin. Nous pénétrons dans une forêt interminable. Les kilomètres défilent à une vitesse extrêmement lente (nous avançons à moins de 2,5 kilomètres / heure). Je suis sujette à de violentes hallucinations : les chemins de terre deviennent des routes de bitume et les arbres des bases de vie ! Je finis par ne plus ouvrir ma bouche car j’en ai assez de faire de fausses joies à Emir en annonçant ces oasis. En fin de descente, nous sommes rejoints par Vincent avec qui nous partageons ce moment de douleur.

Ravito spécial lapins, une première !!

Ravito spécial lapins, une première !!

Après 23 heures et 46 minutes de course, nous parvenons à regagner la base de vie (la vraie, pas un mirage !) où, surprise ! Les bénévoles nous ont préparé un ravito spécial Lapins Runners, à savoir une boîte à chaussures contenant quelques carottes épluchées. Nous croisons Mathilde, une autre SEF revenant d’une sieste d’une heure et avec une pêche d’enfer. Nous ressemblons certainement à deux masses informes à oreilles comparés à elle. Je décide de troquer mes FiveFingers Trek Ascent contre mes nouvelles Saucony Xodus que je vais inaugurer elles-aussi. En effet, une imposante ampoule percée au talon gauche me signale la nécessité de porter des chaussures avec amorti, lesquelles me permettront de courir à nouveau. Après une bonne assiettée de pâtes et une barre Energize aux cookies nous repartons avec l’ami Vincent. Nous ne prenons ni le temps de nous doucher, ni le temps de nous reposer un peu: après 45 minutes passées sur la base de vie, il faut filer !

Troisième massif : Belledonne (km 89)

Cette portion de l’épreuve démarre sur les chapeaux de roue. Comme depuis le km 0, nous ne savons jamais trop à quoi nous attendre et avons étudié le parcours de manière très succincte. Nous n’avons retenu que le schéma de base, à savoir : « ça monte et descend 4 fois ». Ce troisième massif débute donc par un joli kilomètre vertical réparti sur 2,8 km. Nous marchons d’un bon pas, ce qui maintient notre cardio très haut. Après une bonne demi-heure de montée, nous faisons la rencontre d’un militaire qui nous annonce : « c’est bien, il vous reste la moitié environ ». Ah tiens, nous espérions avoir couvert au moins les trois quart … Nous concluons qu’il a certainement tort.

La montée est rude et, comme pour toute montée après 25 heures de course, celle-ci nous semble plus longue qu’elle ne devrait être. A chaque lacet grimpé, Carole me demande « alors, tu vois le haut ? »

Vue du haut du kvNous atteignons finalement le sommet après « seulement » deux heures de grimpe et sommes récompensé d’une très belle vue. Nous perdons malheureusement Vincent dans la montée, qui, pensons-nous, nous rattrapera rapidement.

Notre parcours est à présent confondu avec celui des coureurs de l’Ut4M 90, lesquels ne vont pas tarder à prendre le départ. Nous nous faisons doubler par les premiers coureurs, parmi lesquels Rachid El Morabity, rencontré pour la première fois au Marathon des Sables.

Après l’ascension à la Croix de Chamrousse où nous sommes accueillis tels des rock stars, nous décidons de nous reposer un peu. Emir est fatigué et une sieste ne pourra nous être que bénéfique.

Emir se fait examiner par un médecin qui lui diagnostique un problème au ménisque gauche. « Pour moi, tu ne termineras pas », dit-il. Le Lapin est bien décidé à lui prouver le contraire.

Après une sieste de 15 minutes, nous nous apprêtons à quitter le stand de ravitaillement, quand soudain nous rencontrons Vincent, qui nous annonce son abandon des suites de douleurs à l’épaule notamment. Qu’est-ce que nous sommes déçus pour lui ! Vincent prend la chose avec beaucoup de sagesse.

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Le massif de Belledonne nous offre des paysages enchanteurs

Passés 9 km, nous regagnons un point d’eau où nous retrouvons Stéphanie (lancée sur l’Ut4M 90) dont j’ai fait connaissance sur le groupe facebook « Trail entre Elles » quelques jours avant l’épreuve.

2015-08-22 14.38.48C’est reparti pour une nouvelle ascension, et pas des moindres ! Nous nous apprêtons à crapahuter le grand Colon. La montée est relativement courte mais l’effort est intense. Malgré les encouragements des coureurs du 90, encore frais, je dois m’arrêter à plusieurs reprises.

Une fois arrivés au sommet du Grand Colon (km 105), nous prenons peu de temps pour admirer le panorama puis nous attaquons à … la descente du massif de Belledonne ! 2000 mètres de descente sur 15 kilomètres, avec évidemment quelques passages à plus de 15 %.

La descente est, comme toujours sur l’Ut4M, hyper technique et sollicitent les chevilles et genoux à très forte dose. Emir semble vraiment à bout.

L’état de mes genoux du jour transforme toutes mes descentes en calvaire. Dans ces moments, je suis fort heureusement soutenu par Carole qui m’aide à garder en tête notre objectif commun, garder le cap, la lucidité nécessaire à poursuivre l’aventure. En effet, même s’il n’est pas question d’abandonner après tant de chemin parcouru, il est difficile de ne pas remettre en question la pertinence du moment lorsque l’on souffre et ne prend aucun plaisir.

A force de parcourir les kilomètres, nous commençons à nous interroger sur l’emplacement du fameux ravitaillement que nous pensions atteindre bien plus tôt. Emir n’ayant pas rechargé sa poche à eau, nous devons économiser nos ressources et partager ma poche qui montre également des signes de fatigue.

Après maintes hallucinations et une petite portion de bitume, nous parvenons à regagner le stand de ravitaillement où nous pouvons enfin recharger nos deux poches ! Nous faisons état du chemin parcouru : « seulement » 2 400 m D+ et 52 km avant de fouler la ligne d’arrivée !

Nous repartons, ayant pour ambition d’arriver à Saint Nazaire pour 21h00. En pratique, les choses s’annoncent comme toujours plus complexes : il faut faire quelque chose pour soulager Emir. Je ramasse de grands bouts de bois et les lui tend afin qu’il s’en serve de bâtons. La tentative est un échec : Emir se fait mal à la hanche et aux genoux.

Lors des premières minutes avec les bâtons, je sens un soulagement et une certaine capacité à avancer plus vite. Ma technique est totalement anarchique et je prends mes appuis au hasard sans synchronisation. Je me rends compte rapidement que je ne vais malheureusement pouvoir les garder : la technique de descente avec les bâtons ne s’improvise pas, particulièrement s’il s’agit de palier à une douleur. Je me rends également rapidement compte que si je les conserve longtemps, je risque de me créer des ampoules sur les paumes de mains. Je m’en sépare donc et poursuis avec ce qu’il me reste de genoux.

Heureusement, notre ami le bitume est présent sur ce tronçon du parcours et nous parvenons à courir à une allure nous semblant très correcte.

La nuit commence à tomber et, par soucis de gestion des ressources, nous retardons la sortie des frontales. Erreur de base : en montant un trottoir, Emir fait une chute et s’étale au sol. Décidément, il aura eu son lot de souffrances ce week-end !

Malgré les légères blessures, nous continuons notre chemin en courant (!) et regagnons la base de vie n°2 à Saint Nazaire aux alentours de 21h50. Nous sommes une fois de plus accueillis avec beaucoup d’attention. Nous nous sustentons d’une bol de pâtes enrichies en huile d’olive, testons quelques nouvelles barres énergétiques et repartons nous attaquer à notre dernier massif, de nuit. Nous ne pouvons crier victoire trop vite car les barrières horaires ne nous perdent pas de vue, et les deux inconnues restantes pourraient causer des dégâts : le kilomètre vertical restant et la gestion de la seconde nuit d’effort sans sommeil.

Quatrième massif : Chartreuse (km 126,2 km)

Nous voici donc sur le chemin du quatrième et dernier massif. Nous sommes toujours aussi actifs en marche et assurons dans les montées. Nous avançons en file indienne dans un petit peloton de 4 traileurs (Pierre et Didier, si vous nous lisez …) dans des lacets raides et étroits. Ce n’est pas le moment de manquer d’attention.

Au bout de 12 km, un coup de barre énorme nous heurte de plein fouet. Nous n’avons plus la force de continuer jusqu’au stand de ravitaillement et une sieste s’impose comme une évidence absolue. Nous décidons de nous arrêter en plein parcours, nous allonger sous un buisson pour faire une sieste de 20 minutes. Nous peinons à nous endormir car beaucoup de coureurs qui passent par là, nous fixent armés de leur frontale et nous demandent si « everything is OK ? ».

Après cette sieste très réparatrice, nous sortons de notre buisson et nous remettons en route. Il est 2h10 et Emir m’annonce que la barrière horaire est à 4h00. Quand on ne sait pas où est situé le prochain checkpoint et qu’on est habitué des routes interminables et kilomètres à rallonge, on commence à se méfier ! Vite, vite, nous accélérons le pas et regagnons le stand du Habert de Chamechaude 2 kilomètres plus loin (km 151 – 43h de course).

Nous faisons un ravito fruitier à base de pastèques et d’oranges. Les bénévoles se plient en quatre pour nous satisfaire. Un bénévole remplit notre gobelet, un second touille notre café…

Il est presque 3h00 et nous ne sommes pas larges du tout sur les barrières horaires. Nous reprenons notre route avec plusieurs coureurs car c’est évidemment plus sympathique et que nous n’avons pas besoin de repérer nous-même le chemin. Le balisage a beau être très clair, en pleine nuit et avec la fatigue, le trouver n’est pas toujours chose limpide.

Nous grimpons la caillasse lors de la dernière montée du parcours à plus de 15% : Chamechaude. Nous accédons à un checkpoint représenté par un unique et courageux militaire dans un passage montagneux sinueux, qui note sur un bloc-note notre passage. En haut, le froid nous glace les os et le vent d’une très grande force ne nous laisse pas en place ! Nous ne perdons pas de temps et redescendons aussitôt. Lors de cette descente périlleuse, au vent très fort vient s’ajouter la pluie !! Les roches qui jonchent nos sentiers deviennent aussitôt glissantes, ce qui présent un risque supplémentaire de chute. Emir muni de genoux instables et de chaussures slicks me fait quelques frayeurs à déraper.

Je profite de ce passage pour rendre un petit hommage à mes chaussures défuntes. Tant de kilomètres parcourus ensemble : un marathon des Sables, deux 6000D, deux Saintélyon, un Ut4M 160 …

RIP chaussures de Trail

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La pluie finit par cesser. Emir ne se sent pas bien. Je le vois marcher de manière instable tel un zombie et ses pupilles partir en vrille. je lui ordonne de s’asseoir, puis le voici qui perd connaissance !

Ceci n’est pas ma version des faits. Je pense m’être tout simplement endormi :p.

Alexandre, un coureur du 90, vient à notre secours accompagné d’autres coureurs et informe le PC course qu’Emir rencontre des difficultés et qu’un examen éventuel est nécessaire.

Emir se réveille et semble aller beaucoup mieux. Alexandre, grand samaritain du trail, consacre une portion de son parcours à tenir Emir pour s’assurer qu’il poursuive en toute sécurité. Nous gagnons le stand de ravitaillement du Sappey 3 kilomètres plus loin.

Arrivés au stand, les bénévoles qui ont été prevénus par le PC course de l’état de santé du Lapin ont l’interdiction de le laisser repartir car son état a été jugé alarmant. Emir ne parvenant pas à contacter le PC sécurité afin de les informer de l’amélioration de son état de santé, les bénévoles finissent par reconnaître qu’il va beaucoup mieux et qu’il est apte à continuer la course. Gros soulagement, nous pouvons repartir !

Evidemment que j’étais apte à repartir, je me suis juste endormi un petit peu :p

Cet épisode nous a néanmoins fait perdre un temps précieux. Les bénévoles nous préviennent que nous ne devons pas traîner si nous voulons passer les barrières à temps.

Commence alors une marche hyper active ! Je suis super très stressée et inquiète.

Je confirme, la Carole de ce passage est radicalement différente de la précédente. Elle est animée d’une énergie incroyable et semble comme neuve sur le plan physique. Je vois bien que l’objectif prioritaire est de franchir la ligne dans les temps, et la tension dans l’air me fait comprendre que nous n’avons pas droit à l’erreur !

Je n’ai aucune envie de nous voir stopper à ce stade là de l’épreuve. Le chrono m’importe peu mais finir est trop important !! Résultat, nous doublons considérablement en côte. Cela ne paraît pas, mais, il y a bientôt 48 heures que nous avons pris le départ de la course !!

Nos efforts sont finalement récompensés : nous passons les barrières très confortablement au Col de Vence – km 157,2.

2015-08-23 09.47.57Suivent alors une ultime ascension puis une interminable descente avec vue en hauteur sur Grenoble. Dans la mesure où nous sommes à l’aise au niveau de la barrière finale et que nous avons mal aux pieds, nous décidons de marcher.

Nous atteignons le fort de la Bastille. Il reste encore quelques lacets à parcourir sur des petits gravillons qui picotent les pieds et nous entrons dans la ville. Nous croisons beaucoup de coureurs locaux, sortis pour leur petit #morningrun. Nous concernant, nous réalisons à peine l’heure qu’il est tant la notion du temps nous est devenue abstraite.

Arrivés en ville, nous sommes escortés par un bénévole cycliste qui nous indique le chemin et coupe la circulation pour afin que nous puissions passer sans encombres.

Nous prenons une passerelle, dernière « difficulté » (le mot est fort vu tout ce qu’on a supporté) avant d’arriver au parc du palais des sports. Nous retrouvons l’ami Vincent qui nous rejoint immortalise notre arrivée en filmant.

Je rêvais d’avoir assez de force pour faire un sprint et il semblerait que nous en avons encore tous les deux ! Nous fonçons direction ligne d’arrivée, allongeant la foulée. Je nous sens invincibles !! Quelle extraordinaire sensation !

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Nous passons la ligne d’arrivée sous les acclamations incroyables de tous les supporters ! NOUS AVONS REUSSI !!

 

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Aussitôt, des sentiments contraires m’envahissent. Je suis heureuse d’avoir terminé car c’est un accomplissement dont je suis très fière et car nous allons enfin pouvoir nous reposer ! Mais la nostalgie me tombe dessus, car le passage de cette ligne marque la fin d’une aventure extraordinaire, le retour en région Parisienne, la reprise du quotidien : vélo-boulot-dodo.

Pendant 51h30, nous étions sur autre planète, complètement hors du temps. Le retour à la réalité promet d’être difficile, d’autant plus que nous quittons une si belle région que nous venons de découvrir !

Pour moi, cette arrivée symbolise beaucoup de choses qui se bousculent dans ma tête. Tout d’abord c’est un véritable soulagement car 160 kilomètres d’effort, c’est long, très long. C’est l’accomplissement qui est enfin là et que je peux enfin ressentir, presque palper. C’est la pression qui redescend après avoir érigé le grand Ut4M au rang d’objectif de l’année. C’est aussi la sortie de la bulle dépaysante et hors du temps que nous avons intégré pendant 51h30. C’est évidemment le difficile retour à la réalité, la difficile descente après avoir atteint un sommet.
Avec le recul, ce fut un moment grandiose au cours duquel nous avons traversé tout type d’émotions possible : joie, peur, colère, déception, douleur, courage, réconfort, pression. Un moment commun que nous avons écrit tous les deux. S’il y a bien un évidence, c’est que nous nous en souviendrons à jamais !

Voici ce défi 2015 accompli en beauté. Durant toute l’épreuve, je n’ai cessé de croire en notre victoire. Je ne nous laissais pas la possibilité de baisser les bras et d’abandonner. Notre ténacité a payé.

La vidéo : 51h30 en moins de 20 minutes !


Nous adressons nos plus sincères félicitations aux coureurs de l’Ut4M, toute distance confondue, finishers ou non. Nous adressons également nos plus sincères félicitations aux organisateurs et bénévoles qui ont fait un travail absolument exemplaire ! Soyons fiers de nous, de ce beau moment de sport et de partage dont nous avons été auteurs et acteurs !

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Un immense merci à vous les amis.

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, et ça, ça n’a pas de prix. Nous sommes très heureux de partager cette aventure avec vous, de vous inspirer, de vous faire découvrir de belles choses à vivre.

Les amis, dites nous en commentaire ce que nous pouvons vous proposer, comment nous pouvons enrichir nos médias de vous intéresser toujours plus. Cela nous tient vraiment à cœur.

Au programme prochainement :

  • La Louis XIV, nouvelle course en région parisienne à découvrir sur le blog et en vidéo
  • un concours surprise à paraître très bientôt, le 31/08
  • … et de nouveaux tests d’équipements et alimentation du sportif !

Pour la suite, nous sommes en perpétuelle recherche de défis à saisir. N’hésitez pas à nous soumettre vos idées en commentaire, nous sommes toujours preneurs 😉

A très bientôt les amis !

Les Lapins Runners.

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Commentaires
  • Huguet Yoann dit :

    Super récit, un plaisir de vous voir, surtout quand vous avez essayés de grimper en mode  » tout droit  » vers les 2h du matin dans la montée du pas de la Vache 😉

    Pour la lapine j’espère que le mal de pied ne fut pas trop important, vue les chaussures 5 fingers 😉

    Au grand plaisir de vous retrouver sur d’autres courses! ( UTRB? )

    • Carole dit :

      Salut Yoann et merci d’être passé par là !
      Nous avons eu la chance d’avoir eu de vrais coups de boost pendant l’Ut4M et d’avoir fait des siestes très réparatrices, nous ayant permis de marcher vite en mode pilote automatique.
      Les pieds vont très bien, je te remercie 🙂 La crevasse n’est plus qu’un lointain souvenir.
      As-tu été pris par les barrières horaires ?

      Ah oui, carrément, tu veux nous emmener sur l’île Maurice ? 😀 Ca doit constituer un budget assez costaud. Tu en seras ?

      • Huguet Yoann dit :

        Salut Carole,

        Meric pour t’a réponse, et non pas de barrière horaire pour ma pars, mais un abandon pour cause de bléssure par un tiers… de mémoire je vous ai quité lors de la petite pause au sommet du pas de la vache après avoir enfilé une veste, et malheureusement, après le ravito je me suis fait suivre de très très très près par une dame, qui à force de me coller a réussi l’exploit de me planter 3 fois sa pointe de bâton sur le côté du tendon d’Achille…

        Verdict: Hématome et 4h de retard par rapport au temps prévu à cause de la douleur, impossible de marcher en montée…

        Arrivé à riouperoux j’ai du poser le dossard sur conseil médical…

        chose frustant quand t’a 0 fatigue que les muscles sont toujours à fond et que t’a pas de coup de chaud froid, enfin bref, revanche en 2016 pour éclater le parcours!!!

        Et oui pour l’UTRB c’est en projet, à voir si les finances sont aussi d’accord que moi :p

        • Carole dit :

          Salut Yoann,

          Ohlala, c’est rageant cette histoire de bâtons !! La féminine ne s’est rendue compte de rien ? Comment a-t-elle pu récidiver deux fois de suite ? Ca me dépasse. Surtout que sur cette portion là du parcours (en tout cas nous concernant), il n’y avait pas matière à courir les uns derrière les autres. Les coureurs étaient bien dispersés.

          Je comprends ta frustration. Malheureusement, la course à pied c’est cela aussi. Des aléas qui ne dépendent pas forcément de toi et tes performances.

          Tu reviendras en 2016 avec la rage au ventre et je ne doute pas que tu viendras à bout de ces quatre gros morceaux.

          A la prochaine.

  • Florian dit :

    Récit comme toujours super.
    Vous êtes fantastiques.

  • Bruyère dit :

    Récit captivant. Que d’émotions de vous avoir vu passer la ligne.
    Félicitation.

  • Pierre dit :

    Je vous ai bien lu les lapins. Je ne pourrais oublier cette montée vers L’Habert Chamechaude ni notre étape post Laffrey.
    Ces moments partagés ont effectivement été TRÉS DUR mais riches en émotions.
    Bon courage pour votre retour dans la « vrai vie ».
    A bientôt.
    PS: envoyez moi un petit email.

    • Emir dit :

      Salut Pierre !

      Effectivement ce qui est dur et vécu a plusieurs a pour effet de créer de beaux liens. Nous nous rappellerons de tout ça, sans aucun doute !

      Le retour à la réalité s’est plutôt bien passé de notre côté, nous avons assuré la transition avec une bonne dose de photos, de vidéos et de rédaction de récit de course. Nous espérons que c’est le cas pour toi aussi.

      Pierre, on se donne rendez-vous sur une prochaine aventure !

      PS : J’ai passé une bonne partie des soirs de semaine à monter la vidéo et suis complètement à la masse sur les mails des Lapins. Je rattrape ça en vitesse.
      PS 2 : Evidemment, tu es sur la vidéo des Lapins de l’Ut4M parue aujourd’hui sur notre chaîne youtube 🙂

  • Bacchus dit :

    Merci pour ce récit plein de suspense,
    Je vous ai suivit tout le week-end via le live sur Kikourou, bravo pour votre exploit

  • Merci pour ce récit.
    On n’imagine pas quand on vous suit derrière le PC les différents états par lesquels vous passez, ce récit vient donner quelques infos. Bravo pour votre ténacité.
    Je suis admirative, vous le savez !
    Vos aventures donnent envie, me donnent envie et j’envisage d’ailleurs de questionner Carole sur sa pratique du trail (notamment la gestion des nuits …).
    Je crois bien qu’en 2016 j’irai découvrir les sentiers de l’UTMB, un « petit » parcours pour commencer mais l’orga a l’air au top !

    • Carole dit :

      Salut Marilyun et merci pour ton commentaire 🙂
      Pour les questions, c’est quand tu veux ! Si je peux prodiguer des conseils, c’est avec joie !
      Très bonne idée la découverte des sentiers UTMB. Ca te permettra de te familiariser avec le parcours 😉
      Nous espérons être tirés au sort pour l’année prochaine mais entre l’Ut4M, l’UTMB et l’Échappée Belle, les courses ne désemplissent pas à cette période de l’année et il va falloir faire des choix ! 🙁
      Bisous !

  • Benco77 dit :

    C’est vraiment un très grand plaisir de vous lire, j’ai souffert avec vous, Émir m’a fait mal au genou .
    ce que vous avez accompli là est hors norme. Je vous félicite et vous dédie un spécial Big Up.
    Grand respect à tous les 2.
    au plaisir de vous revoir
    bravo

    • Emir dit :

      Hello Benco !
      Merci pour ton retour, c’est très motivant pour nous qui mettons du coeur à l’ouvrage. En revanche, tu m’en vois désolé pour ton genou, j’espère qu’il va mieux :p.

      Merci à toi pour le Big Mac … euh le Big UP et à très bientôt sur une course, ou quelque part sur l’internet 😉

      Encore merci Benco 😀

  • Milkil dit :

    Merci pour ce clin d’oeil les lapins, le plaisir a été partagé et si vous souhaitez venir vous dégourdir les cuisses sur mes sentiers d’entraînement, ce sera avec plaisir que je vous guiderais dans des sentiers techniques et variés.

    Et si vous ne savez pas quoi faire comme défi pour 2016, je vous invite à venir parcourir le 1er Tour de Côte d’Or dont je suis l’organisateur.

    600 km – 9600m D+ en 8 jours.

    Portez-vous bien, en attendant de vous retrouvez hors de votre terrier sur des singles. Bises

    • Carole dit :

      Merci à toi Vincent d’être passé par là !

      Nous ignorons que tu portais en plus la casquette d’organisateur de course, c’est super !
      Est-ce que ce tour de Côte d’Or est une course en lien/partenariat avec l’UTCO ? Tu nous donneras les infos !

      N’hésite pas à venir nous faire coucou en Seine Saint Denis 😉

      A très vite, bises et bon rétablissement pour ton épaule !

  • Runner Life dit :

    Vous êtes toujours aussi impressionnant tout les deux. Vous forcer le respect avec toute vos course, vos défis.

    Encore une magnifique course que vous avez réaliser merci pour ce partage 🙂

    • Carole dit :

      Salut Damien ! Et merci pour ton message.
      Au plaisir de partager nos expériences, en espérant qu’ils permettent à certains qui n’osent pas de se lancer 😉
      A bientôt !

  • 2ni dit :

    Bravo, les Lapins ! C’est vrai que je ne vous « connaisais » pas, avant votre récit du « Val Cenis Tour » (j’ai presque tout lu, de vos « aventures », depuis… Enfin, presque !), mais franchement, là, vous m’impressionnez, avec ce nouveau « défi » dans l’ultra, cette fois-ci… et remporté « haut le pied » ! Félicitations pour ce nouveau petit « exploit », que vous avez eu la chance de pouvoir finir… et remporter à deux ! Super « bonus », pour vous…
    Bonne continuation à vous deux, dans vos projets, et au plaisir de vous lire (à défaut de vous retrouver sur une course… et ne pas vous « rater », cette fois-ci !)!

    • Emir dit :

      Merci 2ni, Ô grand fan de guillemets ! Nous ne te « connaissions » pas avant ton « commentaire » non plus, mais c’est un plaisir de t’accueillir sur le blog 😀
      Merci pour ton beau message concernant ce défi ainsi que tes encouragements. Nous te souhaitons une bonne continuation également et espérons nous croiser à l’occasion sur une future course. Si tu le souhaites, n’hésites pas à consulter notre planning ci-dessous pour savoir si nous avons des courses en commun : http://www.lapinsrunners.fr/le-planning-des-lapins/

      A bientôt Denis et encore merci à toi pour ton passage 🙂

  • Thepinkrunner dit :

    Oh là là que d’émotions!!!
    Quel courage et quel mental vous avez c’est extraordinaire!
    Bravo encore une fois à vous deux.

  • Stephane Renaud dit :

    Bravo à vous deux,
    j’étais assez inquiet quand j’ai vu Emir en haut sur votre troisième massif. Je ne pensais pas qu’il puisse aller au bout, mais que du courage…
    A l’occasion sur un autre trail.
    Stéphane

    • Emir dit :

      Salut Stéphane !

      Ça fait plaisir de te voir passer par le blog et nous laisser un petit message. J’ai été aussi surpris que content de voir ! As-tu atteint ton objectif ?

      A bientôt sur un prochain trail, marathon, ou pourquoi pas triathlon 🙂

      • Stephane Renaud dit :

        Salut emir, oui objectif atteint avec les 90k bouclés en 16h à la 16ème place (3ème V1!). prochaine étape la réunion, mais ce sera l’année prochaine pour toi je crois ??
        Je vous suivrai sur le Kivaou…

        • Emir dit :

          Toutes nos félicitations Stéphane, t’as fait un podium c’est énorme 😀
          Nous n’avons pas encore prévu la réunion faute de se dégager le budget suffisant. Cela dit, nous pensons vraiment y passer tôt ou tard 😉 Tu te lances en 2016 pour la réunion ?
          Nous te suivrons aussi !

  • Jacky MALNAR dit :

    Bonjour et bravo à tous deux, encore une fois !
    Je viens de visionner le film d’Emir. On peut vraiment dire que c’est un superbe ultratrail que vous avez bien fais, la. Je viens d’imprimer le texte de Carole pour le lire à tête reposée. D’autres questions seront probablement posées un peu plus tard. Bravos à vous, « les lapins chasseurs »… de courses…

    • Carole dit :

      Salut Jacky !
      Effectivement, « superbe » décrit bien l’Ut4M. Cela a été une superbe expérience en tout point de vue : humain, sportif, mental. Nous en sommes ressortis grandis. A présent, nous pouvons certifier que nous sommes bien des ultra traileurs.
      J’espère que le récit papier t’a plus 🙂
      Nous sommes preneurs de tes questions, auxquelles nous répondrons avec plaisir bien entendu.
      A plus Jacky !

  • pinafl dit :

    Bonjour,

    J’étais sceptique quand je vous ai vus vous aligner au départ de l’UT4M après tous les autres trails cumulés depuis le début de l’année, mais vous l’avez fait! Bravo pour votre pugnacité.

    • Carole dit :

      Salut Pinafl et merci d’être passé par là 🙂
      Les précédents trails faisaient partie intégrante notre prépa. Nous avons eu la chance de récupérer rapidement. (3 semaines de récup entre EDF Cenis Tour et Ut4M).
      A très vite !

  • trinouill dit :

    Bravo les lapins

    Il vous manque la Montagn’Hard à faire
    100km et 8800m de D+ début Juillet à St Nicolas de Véroce 😉

    • Carole dit :

      Hello Trinouill et merci pour ta suggestion que nous allons étudier sérieusement !
      Bon, ceci dit, l’un de nos grands défi de l’année (voire le plus grand !) a lieu mi-juillet. A voir si nous pouvons cumuler les deux…
      A plus !

  • Rwani dit :

    Encore bravo à vous. J’espère que la gopro n’est pas hs. Tu as utilisé quel logiciel pour le montage?

    • Emir dit :

      Salut Rwani ! Merci à toi pour ton message. T’inquiète pas pour la Gopro, elle va très bien et est en pleine santé ;). Le logiciel que nous utilisons pour le montage est Sony Vegas.

      A bientôt 😉

  • FireRasta dit :

    J’ai enfin eu le temps de regarder la video. Un grand bravo a vous 2.
    On voit bien la fatigue s’accumuler sur vos visages et les commentaires d’Emir sont de moins en moins toniques…mais la fatigue et vos douleurs respectives vous n’avez rien lâché et vous avez été au bout. ..plus de 50h!!!! C’est pas un truc de dingue ça!!!
    Encore bravo. Biz a vous.

  • Fred dit :

    C’est beau tout simplement , vous êtes incroyables et le récit de votre aventure transpire l’émotion , continuez ne vous arrêtez pas et au plaisir de me faire doubler par vos grandes oreilles sur une course un de ces jours ! 🙂

    • Carole dit :

      Salut Fred et merci pour ton beau message !
      Au plaisir de se rencontrer sur une course ! D’ailleurs, pas sûrs qu’on soit en mesure de te doubler. Je suis plus un lapin d’endurance que de vitesse 😉
      A plus !

  • Romain LAPASTEK dit :

    Magnifique récit et superbe video les lapins!J ai était très heureux de vous avoir accueilli au Habert de Chamechaude. Très content que la pastèque vous ai plu.
    Je vous souhaite une bonne préparation pour votre prochaine défis de folie en Guadeloupe!
    Encore félicitations pour avoir bouclé se 160!

    • Carole dit :

      Hello Romain et un grand merci de passer nous faire coucou sur le blog 🙂
      Nous te remercions pour ton accueil chaleureux. Tes pastèques nous ont ressourcé en plus de la gentillesse des bénévoles sur le stand de ravitaillement. C’était la première fois de ma vie qu’on touillait mon café, la grande classe ! 😀
      Merci beaucoup pour tes encouragements !
      On se reverra peut-être l’année prochaine à l’Ut4M, qui sait ! 🙂
      A bientôt,
      Carole

  • Romain LAPASTEK dit :

    Désolé pour l orthographe, c est l intuitif du tel! Et je ne me suis pas relu….

  • Jacky MALNAR dit :

    Hello les lapins,
    J’ai lu votre récit qui complémente bien le film. Aux prempiers abords, je constate qu’à vous deux vous faites bien la paire. En effet, question rapidité Emir semble assurer plus que Carole et, surtout, question endurance Carole semble assurer plus qu’Emir… car moins souvent blessée… Mais tous deux, quand même, êtes de bons lapins champions haut la main!
    Pour cette fabuleuse course, quelques questions :
    _ 1°/ quel était le matériel obligatoire à prendre?
    _ 2°/ quel était la marque de votre sac à dos?
    _ 3°/ mangiez vous souvent entre les ravitaillements, si oui quoi?
    _ 4°/ concernant les grands coût de fatigues et la sieste « réparatrice »… faisiez vous de suite cette fameuse sieste lorsque la fatigue arrivait ou bien attendiez vous plusieurs minutes voir plusieurs heures avant de fermer les yeux ou tout du moins vous relaxer ?
    Après relecture et visionnage de votre course, une des la clé de votre réussite, réside dans cette facultée que vous avez eu, au bon moment, de vous reposer et d’en tirer tous les bénéfices importants.
    Bravo !

    • Carole dit :

      Hello les Jacky, c’est toujours un plaisir de répondre à tes interrogations.
      Ton analyse est très juste. J’ai aussi l’impression qu’Emir s’use un peu plus vite que moi sur les ultras très longs (ex. : ultramarin, trail Yonne et Ut4M). Néanmoins, il aurait été beaucoup plus rapide que moi s’il avait été seul sur la 6000D et l’EDF Cenis Tour.

      _ 1°/ Matériel obligatoire pour l’Ut4M (liste définitive après le debrief pré-course la veille de l’épreuve) :
      – Gobelet personnel
      – Réserve d’eau minimum 1,5 litre
      – Réserve alimentaire
      – Deux lampes en bon état de marche avec piles de rechange pour chaque lampe
      – Couverture de survie de 1,40m x 2m minimum
      – Sifflet
      – Téléphone mobile
      – Bande élastique adhésive permettant de faire un bandage ou un straping (mini 100cm x 6cm)
      – Veste avec capuche imperméable et respirante, de type membrane ou enduction (minimum conseillé 10000 Schmerber, veste type KWAY ou poncho non acceptée)
      – Pantalon ou collant long ou corsaire avec chaussettes montantes (Cette solution est acceptée uniquement si les jambes peuvent être intégralement couvertes)
      – Casquette ou équivalent

      _ 2°/ Pour Emir Kalenji, pour moi Salomon
      _ 3°/ Nous nous alimentions régulièrement entre les différents postes de ravitaillement, lesquels étaient espacés grosso modo tous les 4-5 heures de course. Notre réserve alimentaire était constituée principalement de Clif Bars (test à venir 😉 )
      _ 4°/ Pour les coups de fatigue, nous nous reposions quand nous sentions que la fatigue nous bridait dans notre avancée, que les yeux ne voulaient plus restés ouverts, que nous nous sentions incapables de poursuivre dans cet état jusqu’au ravitaillement suivant.
      Effectivement, nous avons su doser avec justesse la fréquence et la durée de nos siestes. Nous avons également eu de la chance de récupérer très facilement. Nous sentions vraiment tout neufs après ces 10-15 minutes de sieste.

      Merci à toi 🙂

  • Mathilde dit :

    Bravo les lapins!
    Je courrais avec ma maman et on a partagé une aventure de fou aussi! Je suis persuadée que de le vivre en couple est merveilleux aussi! Il était tres réconfortant pour nous de vous voir vous étiez un repaire! Et rassurant de vous voir que vous etiez toujours en course! Vous êtes au top! Quelle belle course on a vécu on en a chié mais on en redemande!bravo encore
    Mathilde

    • Carole dit :

      Salut Mathilde !
      Je me souviens très bien de toi (je t’ai envoyé un petit message Facebook peu après l’Ut4M).
      Effectivement, c’est merveilleux de courir en couple même si ce n’est pas toujours facile ! En revanche, courir un ultra entre mère-fille est exceptionnellement rare !! Bravo à vous deux !
      Vous étiez aussi un repaire pour nous. Tu dégageais une pèche incroyable, franchement chapeau ! Et en plus tu es super jeune (1989 !!) ! Une longue et belle carrière d’ultra traileuse est devant toi (enfin, si c’est ce à quoi tu aspires bien sûr).
      Quelles grosses tu prévois de faire prochainement ?
      A plus et encore bravo !
      Carole

      • Mathilde dit :

        Hello pour l instant pas de grosse course prévu je me cherche un objectif pimentée pour le printemps ou ete prochain! Stevenson me dit bien c et en étapes ca me plais! Mais a voir peut être echapee belle! Si vous avez une course a me conseiller je prend! Pour le moment en norvege en trip itinérant a velo le blog: coco mathilde.wordpress.com ! Ca me renforce les cuiss et le mental pour les ultras à venir! C était le premier et ne sera pas le dernier! J ai vraiment adoré.
        Bise en bon run pensez a vous reposer de temps en temps
        Mathilde

  • didier luya dit :

    Coucou les lapins!
    Content que ’’ma region’’ vous ai plu super récit! C’est cool votre course @ 2 :les défaillances ,le soutien ,l’entraide merci de nous faire partager tout ça!

  • Lolotrail dit :

    Effectivement beau récit!
    Je retourne à Cham’ cette anéne pour finir la TDS que j’ai dû abandonner en 2014 (il me semble avoir fait une partie de la 1ère montée à la sortie de Courmayeur avec Emir d’ailleurs) mais cet UT4M (dont j’ai vu l’arrivée le samedi soir) me fait vraiment de l’oeil et risque, en partie grâce à votre récit de devenir mon objectif 2017.

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