Fin de saison 2013 : le marathon de La Rochelle

Affiche Marathon de La Rochelle 2013

Le 23ème marathon de La Rochelle Serge Vigot

Pour ce quatrième volet de novembre qui clôt notre saga marathonienne pour 2013, nous vous emmenons cette semaine à la 23ème édition du marathon de la Rochelle Serge Vigot, troisième marathon de France après Paris en termes de participants (selon Jogging Plus).
Cette fois-ci, nous sommes accompagnés de notre ami Buge, ami runner finisher du marathon de Paris 2013 et récemment lancé dans le coaching en nutrition.

Comme toujours, l’aventure marathon de la Rochelle débute la veille de l’épreuve, samedi 23 novembre 2013:
A 9h40, nous partons en direction du port pour le footing « La Chauffe Gambettes » de 4Km, en hommage à Serge Vigot. Mais au fait, « c’est qui Serge Vigot ? ». Hormis le fait que son patronyme ait été donné au marathon de la Rochelle, nous n’en avons pas la moindre idée… Instruisons-nous ensemble :

Serge Vigot, président-fondateur du marathon de la Rochelle depuis 1991 et vice-président du tribunal de grande instance de Rochefort, était un passionné de course à pieds. Agé de 56 ans, il décède des suites d’une rupture d’anévrisme, alors qu’il était sur le point de terminer le marathon de Marrakech (41ème Km).

9h55 : nous ne sommes pas encore sur les lieux de départ quand soudain, surgit de l’espace Encan des centaines de coureurs ! Les Rochelais ont donc à leur montre cinq bonnes minutes d’avance sur les Parisiens. Comme nous sommes souvent quelque peu ric-rac sur les horaires, nous prendrons le soin de considérer cette information pour le départ du marathon, le lendemain.

Nous rejoignons les joggeurs. L’ambiance est bon enfant et les discussions abondantes. Certains courent chiens en laisse, afin d’être entraînés par leur vitesse. Des bambins sont également présents, accompagnés de leurs parents. Nombre de coureurs portent le coupe-vent finisher des éditions passées du marathon de la Rochelle, tous très beaux. Nous avons hâte d’avoir le nôtre !

la veille, run en mémoire de Serge Vigot

la veille, run en mémoire de Serge Vigot

Au terme de ce footing, nous sommes invités à un ravitaillement copieux, en contraste avec la distance parcourue. Nous y faisons la découverte d’une très bonne spécialité locale : la galette charentaise !

Aux alentours de midi, nous partons récupérer nos précieux dossards. Sur le chemin, un petit détour par le marché nous permet de rencontrer un clown qui nous remet trois billets de tombola.  Il nous indique que ces billets seront à placer dans les urnes de ses compères durant la course. Nous nous rendons à nouveau à l’espace Encan, qui a été également aménagé en running expo. De bonne heure afin de ne pas réitérer l’expérience de la semaine passée à Valencia et de se voir remettre un vêtement en taille XL. Pendant ce temps, la voix du commentateur sportif résonne déjà sur le port.

Munis de notre bon de retrait (reçu en version papier par la poste trois semaines avant), nous retirons notre dossard.Dossards

Avec pour fond un paysage de la Rochelle, il est à mes yeux, le plus beau qu’on ait jamais eu.

Un bénévole nous informe que nous recevrons le fameux coupe-vent une fois la ligne d’arrivée franchie ! Ensuite, visite rituelle de l’expo. Nous passons le bonjour au stand TomTom, faisant la promotion de TomTom Runner ici également.

Jamais nous n’aurons mangé autant à une running expo ! Boudin, foie de canard, rillettes de canard, fromage de chèvre, merveilles sucrées, crêpes dentelles : toutes les spécialités locales des régions des stands exposés sont ici présentes ! Et il faut l’avouer, nous apportons notre contribution au vidage des plateaux avec un enthousiasme enfantin : « c’est quoi dans le plateau là ? Et celui là c’est quoi ? ça a l’air bon ça, non ? ».

L’après-midi, c’est visite de la ville ! Avec la permission du coach Buge bien entendu. Nous avons une pensée pour les marathoniens, qui, la veille de course, restent cloués au lit afin de se préserver au maximum. Nous sommes dans l’optique inverse : profiter de nos séjours au maximum en jouant les touristes et en nous nourrissant de denrées régionales.

Le marathon de la Rochelle est un événement local de taille, très bien connu des commerçants. Les restaurateurs adaptent leurs formules « façon marathon » en proposant des pâtes et des féculents à toutes les sauces. Ce week-end, c’est l’occasion pour eux de récolter un maximum ($$$).

Fidèles à nous-mêmes, nous décidons de ne pas imiter le commun des marathoniens disciplinés. Au menu du soir, ce sera un burger chacun et crêpes en dessert (précisons un détail : les burgers sont réalisés sur commande à partir de produits frais). Un repas pas tout à fait marathon-compliant mais néanmoins approuvé et adopté par le coach Buge. On omettra de préciser que le coach a dû se faire violence pour se passer des traditionnelles frites accompagnatrices.

Avant de nous jeter dans les bras de Morphée, nous jetons un œil à la situation du départ :

Plan départ

 

plan départ 2

Comment ça ? Des départs distincts pour les seniors hommes et les femmes ? C’est pourtant évident, on ne sépare pas les Lapins pendant les trois premiers kilomètres d’un marathon. Notons qu’un deuxième départ a été conçu afin de rendre plus fluide le trafic, du fait de l’étroitesse des allées.

Envisager un départ seule, loin de mon Lapin? Impensable ! Je suis prête à sacrifier mon chrono en temps réel au cas où ma puce ne s’activerait pas au départ quai Maubec.

Autre fait remarquable : deux boucles ? Le marathon est donc un double parcours de semi ! L’inspiration ne sera donc pas à puiser dans la diversité du décor.

Dimanche 24 novembre, le grand jour !

 

Debout à 6h30 et dégustation du gâteau préféré de Dominique Chauvelier préparé par le coach Buge. Il faut reconnaître qu’il est pas mal ce gâteau sport chocolaté Overstim’s en poudre. On enchaîne avec une banane et une barre céréalière chacun puis vient l’heure de se préparer. Notre hôtel étant tout proche du quai Maubec (départ hommes), nous retardons le moment de la sortie dans le froid jusque 8h20.

Il est temps de se lancer ! Les meneurs montent sur l’estrade pour une courte présentation. Ces derniers couvrant les allures de 3h00 à 4h00, les runners sous les 11km/h devront se fier à leur montre. L’ambiance est là sur le port de La Rochelle donnant sur les Tours emblématiques de la ville. Des runners partout courent vêtus de sacs poubelle et autres ponchos visant à préserver autant que possible leur précieuse chaleur corporelle. Les Kenyans et Éthiopiens s’échauffent au milieu de la foule en effectuant quelques longueur en sprint (ou peut-être est-ce leur vitesse de croisière). Direction notre sas pour la photo traditionnelle et les derniers tweets d’encouragement.

Au départ, dans le froid et la bonne humeur

Au départ, dans le froid et la bonne humeur

Quel froid de canard ! Les runners trépignent, relèvent les épaules comme pour fuir la fraîcheur de l’air ambiant. Buge a pour objectif de faire tomber la barre des 4h30. Pour y arriver, il a préparé son corps à l’épreuve par un programme travaillé.

9h00 : top départ ! Non loin des capteurs, nous savons que nos temps officiels et réels seront voisins. Nous souhaitons le meilleur marathon possible à Buge et partons à allure 3h45, sans pour autant apercevoir de flamme. Nous nous élançons joyeusement sous les acclamations de ce tant attendu événement local.

Au moment du départ retentit La chevauchée des Walkyries, prélude de Wagner qui donne l’impression aux coureurs de partir au combat. J’en ai des frissons partout !

Mettez-vous dans l’ambiance :

Rubrique stratégie de course : le Lapin Ravitailleur
Pour ce dernier marathon de la saison, nous avons décidé de terminer en beauté et de redresser un peu les chronos. Notre plan d’action : la réintégration de l’usage de la ceinture de ravitaillements. Grâce à cet outil révolutionnaire, nous visons à minimiser les arrêts et ainsi optimiser le temps au compteur.
Pour ce faire, nous mettons en œuvre la stratégie du Lapin ravitailleur. Il s’agit d’une boucle dont les étapes sont les suivantes :

Lorsque les gourdes sont vides, retour à l’étape 1

Retour au récit.

Dès les premiers instants, la vitesse du peloton est suffisante pour que nous n’ayons pas à tenter de doubler.

Au 3ème Km, les groupes hommes / femmes, pères / fils, amis / amis, séparés au départ tentent de se reformer parmi la foule sur un paysage côtier. Dès le 5ème, le ravitaillement est un véritable buffet dont le contenu est très varié. L’organisation est remarquable : de hautes pancartes colorées indiquent aux Runners le contenu des tables. A La Rochelle, on ne lésine pas sur le carburant !

Aux alentours du 10ème, un clown sur le bord de la route avec une urne !

« Carole, continue j’arrive ! ». Une petite halte s’impose le temps d’extraire les trois billets de tombola de la coque de mon iPhone. Une petite photo pour le plaisir, et c’est reparti !

Toujours prendre le temps de faire le clown, toujours !

Toujours prendre le temps de faire le clown, toujours !

Je rejoins Carole et je commence à avoir mal au ventre. Fort heureusement, au 11ème, la délivrance ! « Carole, continue je te rejoins ! ». Il me faut environ 3 minutes pour me libérer. S’en suivent 2 Km à 15 Km/h pour récupérer ma Lapine, déjà arrivée au niveau du port ! Meilleurs qu’un long discours, voici le graphe :

mini graphe course Emir

Pendant ce temps-là, je commence à prévoir plusieurs scénarios :

  • Emir a retrouvé Buge en chemin et a décidé de faire un bout du parcours avec lui.
  • Emir est toujours à ma recherche. Il interroge les coureurs pour savoir s’ils m’ont aperçue.
  • Il est arrivé quelque chose à Emir. Le cas échéant, comment le saurai-je ? Que faire alors ?

Je suis même sujette à des hallucinations. J’entends derrière moi des « Allez le Lapin », mais je ne vois pas Emir… Quel soulagement de le retrouver !

Le parcours du semi (à réaliser deux fois pour les marathoniens) se déroule dans l’ordre suivant : centre-ville – boucle nord – boucle sud. La boucle nord est longue de 13 Km et offre peu de paysages remarquables. Quelques passages côtiers ainsi qu’en parcs ponctuent les grandes rues longeant les habitations, majoritaires. Au niveau de la boucle sud, après un petit tour au centre-ville avec notamment un passage sur la place de Verdun où les encouragements sont particulièrement abondants, nous abordons les universités. Les routes sont larges et bordées d’imposants bâtiments modernes illustrant le poids de l’enseignement supérieur à La Rochelle. Nous abordons ensuite une zone portuaire qui nous offre une très belle vue sur les Tours.

38eme, superbe vue sur les tours

Aux alentours du 20ème, nous rencontrons François, alias Cloclo pour l’occasion et également membre de la communauté Kikourou qui nous annonce avoir perdu son binôme !

Il n’y a pas à dire, les supporters se font entendre ! Nous prenons le temps de taper dans quelques mains d’enfants et apprécions toujours autant l’enthousiasme lors de nos passages.

La première boucle bientôt achevée, nous faisons le constat que le parcours n’est pas si roulant, et que les quelques côtes à affronter seront d’autant plus coriace d’ici 20 Km !

En termes d’allure, nous tenons un beau 5:31 sur la totalité du premier semi et, grande surprise, cela va tenir jusqu’au 30ème ! Nous voyons la flamme bleue, elle s’approche ! Hommage à cette runneuse pleine d’énergie qui, à nos côtés, répète « allez, on lâche rien, on va l’avoir ! ». Notre allure nous permet même de nous payer un luxe, nous doublons le meneur 4h00 !

Le miracle du 30eme

Le miracle du 30ème

Cependant, la dure réalité du 30ème nous rattrape.

Au 34ème, alors que je m’apprête à tweeter que nous sommes sous les 4h00, j’entends dans mon dos « allez ! on s’accroche »… Oui, vous l’avez deviné, c’est le peloton 4h00, alors devenu bien plus rapides que nous. Nous devons le laisser partir, nous faisons de notre mieux. Et puis, malgré ça, ça fait bien longtemps que nous n’avons pas tenu un si bon chrono !

Nous poursuivons dans la douleur. Quelques très courtes haltes aux ravitaillements des Km 30 et 35 puis reprises !

Ma Lapine est déterminée ! Je lis la douleur dans son regard mêlée à une hargne qui l’empêchera de s’arrêter. Je lui fais l’affront de lui demander « tu veux qu’on s’arrête ? », auquel elle me répond vivement par la négative.

En effet, tout n’est pas perdu. Certes, nous avons été rattrapés par le meneur 4h00 mais nous pouvons toutefois réaliser un chrono honorable. Hors de question de se mettre à marcher alors que nous arrivons au terme du marathon ! Je me fais la promesse de courir jusqu’au bout, coûte que coûte ! « On va l’avoir le coupe-vent en taille S ! » me dit Emir en guise d’encouragement.

Km 40, nous sommes dans la zone portuaire annonçant l’approche du centre-ville, zone d’arrivée du marathon. Le commentateur sportif entreprend un compte à rebours visant à décider les runners en moins de 4h à tout donner. Nous n’y serons pas, mais nous ne serons pas loin. Nous poursuivons parmi la foule de plus en plus abondante ! Les pavés de cette zone piétonne nous achèvent les chevilles.

Epreuve finale, les pavés du port

Ça y est, nous passons le 41ème ! Au niveau du port, nous apercevons parmi la foule une inscription indiquant l’arrivée. Portés par la volonté d’en finir, nous ferons ces longs, très longs 580 derniers mètres main dans la main avant de franchir la ligne en 4h04m28s. Nous signons ainsi notre troisième meilleur chrono sur marathon, après Paris (3h58m55s) et Prague (3h59m36s). La stratégie du Lapin Ravitailleur a porté ses fruits. Elle sera désormais utilisée systématiquement.

Que d’émotions sur cette fin de marathon. Carole a tout donné ! Je suis partagé entre la fierté et la culpabilité d’avoir voulu maintenir l’allure malgré la douleur.

Les derniers kilomètres sont très douloureux. A partir du 40ème kilomètre, je commence à voir trouble. Puis, je me sens zigzaguer, partir. Les derniers mètres sont les plus durs ! J’ai l’impression de courir pieds-nus tellement je sens les pavés. L’arrivée sonne comme une véritable délivrance. Je me jette dans les bras de mon Lapin, sanglotant. Je suis tellement heureuse de ce que nous avons accompli!

Pas le temps de respirer, le commentateur nous réserve un superbe accueil ! « Ils sont là Carole et Emir, les Lapins. Ils ont fait la Une de la presse spécialisée. Ils sont présents sur les grands rendez-vous. ». Rien que ça ? Ce doit être un genre d’avant-goût de la vie de star que nous a concocté ce cher commentateur sportif ! Cette superbe arrivée en images et en son :

1:53:40 : notre arrivée
1:55:22 : notre interview par les présentateurs sportifs
1:57:42 : les présentateurs continuent de nous apprécier

Nous nous dirigeons vers le ravitaillement final pour y puiser réconfort. Avant d’y parvenir, nous sommes gratifiés d’une très belle médaille et du traditionnel coupe-vent blanc de la 23ème édition du marathon (en taille M). La médaille dispose au dos d’un emplacement destiné à la gravure, mais pas de stand pour la réaliser sur place. Côté alimentaire, ce sera une bourriche d’huitres, une pomme, une madeleine et un riz au lait. Le ravitaillement final est également abondant avec quelques éléments insolites : pommes, bananes, oranges, raisins secs, pain d’épice, chocolat, jambon, tartines de pain beurrées avec amour par une mamie bénévole, riz au lait, petites Danettes chocolat / vanille Disney « Planes ».

Sur le stand de ravitaillement, je commence à me servir un petit morceau de banane, puis un deuxième, puis un troisième quand soudain j’entends un bénévole me dire : « Laissez-en quand même un peu pour les autres, les premiers ont quasiment tout pris. Il ne va plus y en rester ! […] Ben, maintenant que vous l’avez pris (le bénévole fait référence à mon troisième morceau de banane), vous n’allez pas les remettre dans l’assiette !». A noter : la prochaine fois que nous courrons le marathon de la Rochelle, nous prendrons soin de nous constituer une réserve personnelle de bananes afin que tout le monde puisse être servi.

Après quelques 25 minutes de récupération, nous scrutons la foule à la recherche de Buge qui doit avoir terminé (objectif 4h30 !). Nous retrouvons notre ami Buge en train de dévorer des oranges bien méritées. Résultat ? 4h31m45s, soit un record personnel établi à plus de 26 minutes d’écart avec son premier marathon, à Paris le 07.IV.2013. Toutes nos félicitations à toi Buge, et quand tu veux pour ton 3ème !

Après une série de quatre en quatre semaines, les marathons sont maintenant terminés pour cette année. Pour décembre, un programme tout aussi chargé nous attend ! Deux corridas très importantes pour nous ont lieu dès dimanche prochain (01.XII). Les organisateurs ayant eu la bonne idée de répartir les deux événements sur la journée, nous les ferons toutes les deux :

  • Corrida de Thiais : 10 Km déguisé marquant naissance des Lapins Runners, le 16.XII.2012 !
  • Corrida de Colombes : 10 Km sur lequel nous avons tous deux réalisés nos RPs (Records Personnels) !

Profitons de ce compte-rendu pour rendre hommage à Pascal Galibert, ex-arbitre âgé de 51 ans, décédé à la suite d’un malaise cardiaque survenu à l’arrivée du marathon de la Rochelle. Nous avons une pensée pour sa femme et ses quatre enfants et leur présentons nos plus sincères condoléances.

Pour terminer, un salut pour l’organisation et un grand merci aux bénévoles, aux supporters qui nous encouragent de près ou de loin, sur le terrain ou à distance.

Finishers, vêtus du coupe vent légitimement gagné

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre sur la page Facebook et twitter des Lapins Runners, un grand merci aussi pour ça !

médailles

A très vite les amis !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Les Lapins Conquistadores : le marathon de Valencia !

En route pour le marathon de Valencia

Affiche-Maraton-Divina-Pastora-Valencia

Samedi 16.XI.2013 : Lever à 7h00. Après un petit déjeuner très sain, direction l’aéroport pour prendre notre vol de 10h15 à destination de Valence (Espagne). Dans la salle d’embarquement, nous tweetons et facebookons à cœur joie notre départ pour ce 11ème marathon, et 5ème international.

Flashback : il y a 7 mois (le 14 avril pour être précis), une semaine après le marathon de Paris, nous quittions le territoire français pour notre premier marathon international : Vienna City Marathon. C’était alors la première fois que nous allions courir deux marathons espacés d’une semaine l’un de l’autre. Nous ignorions totalement la réaction de notre corps à l’épreuve que nous nous apprêtions à lui infliger. C’était une incroyable folie à accomplir.
Aujourd’hui, enchaîner quatre marathons en l’espace de quatre semaines nous semble très accessible. De toute façon, nous n’avons pas le choix : si nous voulons courir tous les marathons de la planète, il ne faut pas traîner !

Revenons au récit de notre 3ème marathon du mois de novembre 2013, le marathon de Valencia !

Dans l’avion, nous pratiquons un de nos jeux préférés : « Où est le marathonien ? ».
Les règles sont simples et nous y jouons n’importe où (avec une préférence pour les transports et les restaurants lors de nos week-ends marathons). Le but du jeu consiste tout simplement à repérer les marathoniens parmi la foule en relevant des indices : « Regarde lui sur la chaise là-bas, les Asics bleues », « Oh lui il est bon, coupe-vent du marathon de New York sur la droite ! », « Le t-shirt du Nice Cannes !! Ah non, c’est celui de l’année dernière ». Dans les restos c’est plutôt « C’est une tablée de marathoniens ça, ils mangent propre ? ».

Aux environs de midi, nous atterrissons sur le sol espagnol, aéroport de Valencia.

Dans le métro nous conduisant au centre-ville, nous poursuivons notre jeu. Deux marathoniens sont assis face à nous, silencieux. Tout à coup, l’un d’eux sort de ses bagages le sac à dos du relais Nice-Cannes 2013, obtenu 7 jours plus tôt. C’est plus fort que nous, nous entamons la conversation. Etant tous deux habitants de Nice, les deux coureurs nous font part de leurs impressions quant au vent sans précédent du marathon de la semaine dernière. Après quelques échanges concernant les grands marathons de ce monde (New-York et Berlin notamment), nous descendons du train.

C’est maintenant que va démarrer le compteur de notre week-end à 90 Km à pieds. Oui, le marathon en fait 42,195, mais il faut aussi visiter ! Et pour ça, nos véhicules de prédilections sont nos baskets. Pourquoi autant de marche un week-end de marathon :

  • Nous n’aimons (vraiment) pas attendre le bus
  • Nous aimons visiter et découvrir à pieds, carte en main, sans plan de route prédéfini
  • Notre hôtel est situé à :
    • À 1,5 Km du centre-ville
    • À 5 Km du lieu de retrait des dossards et donc …
    • … à 5 Km de la ligne de départ du marathon
C'est pour qui la bonne courge ? Pour les Lapins !

C’est pour qui la bonne courge ? Pour les Lapins !

Après quelques kilomètres, nous arrivons à l’hôtel et nous nous allégeons enfin de nos sacs.  Direction la running expo située au magnifique Palau de las Ciencas. Au passage, nous entrons dans une boulangerie et faisons la découverte d’une première spécialité locale : parmi les viennoiseries en vitrine, une courge rôtie attire notre attention ! Nous l’emportons et la consommons aussitôt. Croyez-nous, c’est un régal ! En plus, tout se mange (de la peau jusqu’aux kloubs !).

Arrivés au Palau de la Ciencas, nous découvrons sous nos yeux ébahis, le site impressionnant de par son architecture futuriste et son immensité. Nous pénétrons dans la structure hébergeant la running expo. A l’entrée, nous immortalisons le parcours qui nous attend demain.

Pour obtenir cette photo, nous avons dû attendre qu’un (futur) marathonien explique le détail de chaque kilomètre à sa compagne, passionnée (ou presque).

Petite déception : nous arrivons trop tard pour la paella party, terminée depuis 15h00.

Comme à notre habitude, nous poursuivons par une visite des stands et découvrons plusieurs marques locales. Nous faisons le plein de nouveaux flyers pour de futures courses et participons à tous les jeux possibles pour gagner des dossards de marathons. Le sympathique stand du marathon de Leiden (Pays-Bas) nous permet de faire le plein de petites galettes au miel très goûteuses.

Arrivés au bout, nous retirons nos dossards. Le verdict est mitigé : la qualité du papier est très moyenne et aucune indication de nationalité n’est mentionnée. Néanmoins, les prénoms sont très visibles. Un plus pour les encouragements personnalisés !

C’est du papier de magazine, si jamais il pleut, il pourrait se désagréger …

Le hasard nous emmène quelques mètres plus loin vers un petit stand isolé. Quelle surprise ! Il s’agit d’un stand où un bénévole est chargé d’activer nos puces chronomètres. Heureusement que nous sommes passés par là. Sinon nous aurions pu faire une croix sur un chrono !

Nous terminons notre visite par le stand de retrait des t-shirts. Deuxième petite déception : Il ne reste plus que des t-shirts masculins en taille XL ! (Nous le constaterons le lendemain, il existait en plus une coupe féminine, elle aussi, vraisemblablement en rupture de stock). Troisième déception : nous recevons en guise de package un petit sac en plastique contenant uniquement des flyers … et des chips. Il ne reste même plus de goodies pour les derniers arrivants ! Nous déplorons l’organisation qui n’a pas anticipé les quantités. Avant de partir, quelques photos de ce que nous franchirons demain, après 42,195 Km.

Il est maintenant l’heure de jouer les touristes. Une visite du centre-ville s’impose ! Plus importante encore en cette veille de marathon, l’heure de profiter de la gastronomie locale !  Nous arrêtons notre choix sur une très copieuse paella valencienne servie dans une énorme poêle. Décidément, nous avons beau recevoir des recommandations de la part de notre entourage quant à la façon de nous nourrir, entre le choix de la gourmandise et celui de la raison, la décision ne se fait pas attendre. Nous aurons une pensée pour nos confrères lapins, dont nous dévorerons allègrement la viande contenue dans le plat.

Paella Valencienne

La paella de la mama de Valencia

Dimanche 17.XI.2013 : Jour J !

Après avoir mangé un petit pain pour le petit-déjeuner et marché plus de 5 Km pour atteindre le lieu de départ de la course, nous voici de retour au Palau de la Ciencias pour notre 11ème marathon.

Au départ du marathon de Valencia

Au départ du marathon de Valencia

Sous les conseils avisés de Frédéric, j’ai troqué, pour la première fois sur marathon, mes Asics multicolores très usées contre des trails plus sobres certes mais presque neuves.

Le départ est à 9h00, nous arrivons à 8h15. Nous mettons bien 15 minutes à trouver les consignes. Ici, ça se bouscule beaucoup !

L’organisation a prévu des stands de distribution de vaseline le long des sas. C’est une première pour nous, et nous apprécions beaucoup l’idée.

J’en profite pour m’en tartiner dix couches sous les aisselles afin d’éviter mes brûlures récurrentes sur les courses longues.

Forts de nos expériences à Budapest et Nice, nous nous mettons à présent en quête du graal des coureurs avant-course : les toilettes. Ça tombe bien, nous en avons repéré toute une flopée la veille, près de la ligne de départ. Petit hic : aujourd’hui, il y a du monde et les bénévoles surveillants les sas de départ nous barrent la route. Après dix minutes de vaines recherches (en courant) guidés de manière aléatoire, nous décidons de contourner les couloirs par l’arrière. Il faut faire vite, il est déjà 9h passées !

Petite vidéo d’ambiance en attendant Carole.

Pour la première fois sur marathon, nous effectuerons donc un départ lancé ! Nous empruntons par défaut le sas 4h30 (en passant à travers des buissons), les plus rapides étant déjà partis.

Ca y est, nous voici devenus deux petits grains de riz noir et blanc qui fraient leur chemin au beau milieu d’une paella géante: le marathon Divina Pastora de Valencia !

En ce début de marathon, nous passons très vite devant le Palau de las Ciencias et c’est parti pour de longues lignes droites très larges pour accueillir la foule encore toute fraîche ! Direction la plage sur ces rues bordées de palmiers. Nous tentons presque en vain de nous frayer un chemin parmi les marathoniens en 4h30.
Côté météo, nous sommes gâtés ! Il fait beau et le soleil est au rendez-vous. D’ailleurs, encore très bas, ce dernier nous empêche pas mal de contempler le parcours et de prendre des photos.

4ème et 5ème Km : nous sommes censés voir la plage selon le parcours… Ah oui elle est là, très loin. Sur la droite c’est bien de l’eau que nous voyons. Nous lui faisons coucou de loin et repartons sur nos lignes droites.

8ème Km : six bâtiments identiques couleur brique, il s’agit de l’université de Valencia. Impressionnante structure devant laquelle nous allons passer deux fois.

Au 9ème Km, nous apercevons à notre gauche les futurs premiers du marathon, qui en sont déjà à leur 18ème Kilomètre et qui prennent la route en sens inverse. Nous restons éberlués devant ces grandes et belles foulées sur coussins d’air. Il nous vient la réflexion suivante : « tu crois que les Kenyans se disent qu’on est mauvais ? ».

Au 12ème, alors que nous traversons une énième rue large bordée de palmiers, nous entendons un air qui fait mouche : « We will rock you », de Queen. Les runners aiment ça, ils s’expriment en criant et en chantant. C’est la première fois que nous voyons un point musical mobile ! La sono est placée dans une camionnette qui avance à environ 9km/h et accompagne les runners dans leur course. De quoi motiver les troupes sur plusieurs kilomètres 🙂

Alors que les encouragements se faisaient légers sur le début du marathon (peu de supporters), ils deviennent abondants à partir du 16ème ! En effet, nous sommes maintenant en centre-ville et les supporters sont particulièrement enthousiastes. Les enfants, très réactifs à la présence de Lapins Coureurs, sont également très présents et ne demandent qu’à ce que nous tapions dans leurs petites mains. Les « Venga, venga, conejitos ! » (Allez allez, les lapinous !), « Animo conejitos ! » (Courage les lapinous !), « Qué guapos ! » (Qu’ils sont mignons !) et encouragements en tout genre vont bon train ! La guapa conejita « Carolé/Carolina » a beaucoup de succès.
Notons aux alentours du 18ème une très belle citation provenant du dos du t-shirt d’une marathonienne.

If you want to go fast, go alone.
If you want to go far, go together.

La coureuse n’étant pas accompagnée, cela devait indiquer qu’elle allait vite. Nous la doublons ensemble.

Très vite arrive le semi, que nous passons en 2h00 ! Semi-marathon et toujours rien de solide à consommer aux ravitos ! Pour l’instant, nous tenons les 4h mais nous n’étions pas dans le dur jusqu’à présent. Et c’était prédictible, TomTom qui indiquait une allure moyenne de 5m39 au Km affiche 5m40 puis 5m45 au Km 25. Ça reste bueno nous direz-vous, mais nous ne sommes pas au bout du déclin…

Le semi passé, mes jambes commencent déjà à devenir très lourdes.

Nous continuons de nous engouffrer petit à petit en passant à plus de 6min/Km, en témoigne cette courbe fournie par TomTom Runner et importée sur Endomondo.

Courbe d'allure des Lapins

Courbe d’allure des Lapins

En ce moment de difficulté, un événement heureux et inespéré arrive ! Nous rencontrons le pape au 25ème Km qui donne sa bénédiction aux runners. Nous pouvons continuer sereinement.

Bénis soient les Lapins

Bénis soient les Lapins

Quelques mètres plus loin, le stand de ravitaillement contient enfin du solide : une assiette de bananes et une assiette d’abricots secs (en béton).

Aux Km 26 et 28, nous pouvons admirer le « Palau de la Musica » y en « el Puente de Real ».

Sur le parcours sont présents quelques camions de pompiers. Ces derniers nous arrosent munis de leur jet d’eau. Ça fait du bien !

Au 35ème Km, nous nous attardons au stand de ravitaillement.

Mes jambes sont dans un piteux état et je louche sur les bananes. J’en prends trois gros morceaux. A cet instant précis, je réfléchis : manger autant de bananes d’un coup en plein marathon n’est sûrement pas fameux sur un plan digestif. Toutefois, mes jambes sont dans un état tel que je pourrais difficilement courir plus lentement. Autant donc se faire plaisir ! Qui sait, ces bananes me fileront peut-être un petit coup de pouce !

Nous redémarrons.

Je peine à recourir. Mes jambes ne veulent rien savoir. Je ris devant mes difficultés grandissantes. Je me demande bien comment va se profiler cette fin de marathon.
Puis arrive quelque chose d’extraordinairement inattendu. D’un coup, mes jambes commencent à fouler le bitume de plus en plus rapidement. Elles deviennent très légères. J’ai l’impression d’accélérer. A ce niveau-là du marathon, je me demande si je ne suis pas sujette à des hallucinations. Je m’assure auprès d’Emir : « On est bien en train d’accélérer ? ». « Oui oui, on accélère ! ». Je lui confie : « Emir, c’est trop bien, je ne sens plus mes jambes ! »
Et là, ça devient vraiment merveilleux. Mes jambes se déploient en toute aisance. J’ai l’impression de courir comme un poisson ! On double, on double… A tel point que j’ai l’impression de revivre la Parisienne ! Emir, bien sûr, suit mon rythme et s’adapte sans problème.

A l’occasion, nous vous expliquerons pourquoi Carole parle de « courir comme un poisson ».

Nous réalisons notre kilomètre le plus rapide du marathon au 38ème ! Jamais nous n’avons eu une telle vitesse à ce stade-là d’un marathon !

Injection de bananes

Injection de bananes

Pour moi il ne fait aucun doute : le dieu des bananes m’a exaucée.

Les encouragements se font de plus belle, l’arrivée est très proche et arrive très vite. Nous arrivons au palau de las Ciencias ! Nous passons sous de nombreuses « arches trompeuses ». Décidemment, les organisateurs des marathons se plaisent à nous jouer des tours ! (cf. marathon de Budapest). Nous effectuons un superbe sprint final. Nous y voilà ! Finisher du marathon de Valence en 4h16’52’’ !

Juste avant le finish, nous avons voulu partager un souvenir de cette arrivée si réputée. Attention ! avant le visionnage de cette vidéo, assurez-vous de ne pas avoir le mal de mer, ni l’estomac trop rempli. Vous comprendrez pourquoi.

Pas le temps de souffler, nous sommes aussitôt interrogés par une journaliste espagnole qui nous demande si nous venons de courir notre premier marathon. Nous perdons tout de suite son attention lorsque nous lui annonçons que nous en avons à présent onze à notre compteur.

Puis c’est au tour d’un journaliste de nous interviewer. L’interview se faisant en espagnol, le contenu est plus que très succinct. Mais finalement, ça passe ! Vous pourrez en visualiser une bribe à 18 :05 de la vidéo suivante :

 

Notons que la séquence est coupée en plein milieu d’une de mes phrases, preuve que le contenu est très léger !

Nous sommes agréablement surpris par la beauté de la médaille dont les finitions sont très réussies. Seul le ruban jaune et très simpliste aurait pu être amélioré.

Le package final est conséquent. Il contient une bouteille d’eau, une bouteille de Powerade, des pâtisseries industrielles (pâtes d’amande, grand Palmito au chocolat, tarte aux pommes), des biscuits aux graines de chanvre ainsi qu’un gros filet de clémentines.

Passage au stand de gravure des médailles. Son coût étant de 3€ seulement, nous sommes ravis. La gravure est minutieuse, l’inscription est droite. Parfait !

Pour une fois, il n’y a quasiment pas de queue au stand de massages, nous décidons de confier nos jambes aux étudiants de l’école d’ostéopathie pour environ 10 minutes de massage.

Amusés de voir des Lapins se faire masser, les photographes se donnent à cœur joie pour nous mitrailler.

Après une dernière photo devant l’arche, nous quittons les lieux, heureux et fiers de notre accomplissement.

C’est reparti pour 5 Km de marche pour retourner à l’hôtel ! Sur le chemin, nous encourageons les derniers marathoniens qui courent à côté des véhicules, les barrières ayant été désinstallées.

Finisheros del maraton

Finisheros del maraton

Il est temps maintenant de remercier :

  • Nos parents, sans qui nous ne serions pas là
  • Elisabeth, maman de Carole, runneuse et équipementière officielle des Lapins
  • La communauté twitter (particulièrement active !) et facebook pour leur soutien constant.
  • Tous ceux qui nous suivent d’une manière ou d’une autre et nous encouragent. Quelques prénoms pour le plaisir : Farha, Jannah, Nasri, Sabine, Elisabeth, Hakim, Virginie, Laura, Buge, Laurent, Abidjan, Olivier, Pierre, Nicolas, François, Mina, Frédéric, Elodie, Maria, Stéphane, Chantaki, Atsushi, Sandrine et Sinziana.
  • TomTom pour les montres qui nous sont très utiles
  • Les bénévoles grâce à qui nous vivons notre passion
  • Les supporters qui nous soutiennent où que nous soyons, sans pour autant nous connaître

La semaine prochaine, nous serons au marathon de la Rochelle, en compagnie de Buge, ami runner et depuis peu, coach en nutrition. En cette fin novembre, nous appréhendons quelque peu le froid et le vent qui nous attendent. A cette époque de l’année, les lapins se plaisent à rester bien au chaud dans leur terrier… Mais pas nous ! 😀

A très vite !

Les Lapins Runners.

carottes petit