Vie De Coureur Minimaliste

fivefingers

Notre collec’ FiveFingers

Ah la la, c’est qu’on nous mène la vie dure, à nous, coureurs minimalistes ! Depuis notre transition en janvier 2015, nous ne comptons plus les remarques, piques, critiques, questions adressées à l’égard de nos chères et tendres gants de pieds, les FiveFingers de Vibram.

Voici une liste non exhaustive de ce que nous avons pu entendre ! Alors, si toi, tu hésites à te lancer dans le minimalisme, prépare-toi, parce que tu vas forcément y avoir droit !

Après le tome 1 Vie de Runner, voici le tome 2 : Vie de Coureur Minimaliste !

 

22. « Quelles sont les sensations ? »

Celle du pied nu ou presque. On comprend/découvre la notion de « proprioception » plantaire et de la cheville, et des aspérités au sol

21. « C’est confortable ? »

On prend la question, mais c’est totalement subjectif. Pour nous, oui ça l’est tout à fait. Même pour la marche.

20. « Tu achètes ça où ? »

Certes, ni chez Carrefour ni chez Décathlon. Un futur initié peut-être ?

19. « Tu n’as pas de douleurs au mollet ? »

Allez, on prend. Il est vrai que les mollets travaillent beaucoup plus. C’est le principe de la foulée minimaliste. Cette question est légitime.

18. « Tu n’as pas trop d’ampoules avec ? »

Question légitime, on s’inquiète ici de l’intégrité de nos membres, ça se comprend quand on est habitué aux semelles épaisses avec des noms stylés copyrightés.

17. « Je connais quelqu’un qui court aussi en minimalistes, mais il ne fait pas de semi-marathons/marathons/trails/ultras avec »

Cool, un membre modéré de la communauté. Bravo à ce quelqu’un.

16. « Combien de temps a duré ta transition ? »

Question légitime, j’achète. Cela dit, et comme indiqué dans le retour d’expérience d’Emir, il ne vaut mieux pas nous prendre pour modèle.

15. « Tu ne sens pas trop les cailloux ? »

Question légitime, on accepte et on répond. Dépend des personnes et de la sensibilité de la plante. A titre d’exemple : Emir les sent et en pleure. Carole ne les sent à peine.

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

14. « Ah, tu as mis tes chaussures d’alien/d’extraterrestre/de hobbit/de grenouille/du futur ! »

Le petit blagueur de bonne humeur, on accepte ici encore.

13. « Ohhhhh, une coureuse barefoot !! »

Un qualificatif, je prends.

12. Une discussion entre deux coureurs qui m’ont vue : « Tu as vu, une coureuse minimaliste ! » « Ouais, il parait que c’est pas mal ! »

Tiens, peut-être un curieux qui s’y mettrait ?

11. « Tu n’as jamais été blessée avec ça ? »

Pourquoi pas, question qui provient de l’étonnement face à des chaussures sans amorti, dans un monde où l’amorti fait légion, et est élevé au rang prestigieux de gage de qualité.

10. « Il y a une semelle ? »

Toute chaussure dispose d’une semelle, dès lors que c’est … une chaussure.

9. « Tu as couru avec ça ??? » entendu une dizaine de fois à l’arrivée d’une course

Visiblement, c’est toujours un mythe que l’on puisse courir en VFF. Peut-être ne faut-il pas s’en étonner.

8. « C’est la grande mode en ce moment »

Ca alors, la grande mode ? Le Burger King c’est la grande mode. Les chaussures lumineuses, c’est la grande mode. Les selfie running / shoefie / whatever-fie c’est la grande mode. Les minimalistes, nous

Carole en five sur le semi de Paris

Carole en five sur le semi de Paris

n’en sommes pas certains.

7. « Chapeau, parce que franchement, moi, je ne pourrais pas »

Possible, mais as-tu au moins essayé ? Un peu comme quand le fiston affirme qu’il n’aime pas un aliment qu’il n’a jamais goûté, juste parce que ça ne ressemble pas à un Mcdo ou à un bonbon.

6. « Je suis trop vieux/lourd/grand pour courir avec ça »

Ca s’entendrait bien si c’était fondé, mais souvent, ça n’a jamais essayé. Cette affirmation part du principe que l’absence d’amorti dans la chaussure pose un réel problème. Cela ignore totalement que la posture du coureur minimaliste utilise l’amorti naturel procuré par le tendon d’Achille et le mollet. Ceci étant dit, pour un débutant lourd qui souhaite perdre du poids, le mieux est certainement de ne pas travailler sur plusieurs fronts en commençant pas le minimalisme.

 

5. « Tu vas te bousiller les articulations »

OK, donc tu es médecin spécialiste en biomécanique pour affirmer ceci avec certitude, ou tu parles tout simplement sans savoir ?

4. « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces merdes » dixit un coureur sur l’Eco-trail de Paris 80 km

Ici à nouveau, jugement sans savoir et mépris ouvert des pratiques de l’autre. Fâcheux.

 

TOP 3

 

3. « Tu connais des coureurs élites qui courent avec ça ? Non ? Bah ça veut tout dire ! » dixit un coureur avant le départ du semi-marathon de Meaux 2015

OK et quid de l’ouverture d’esprit ? Les pros doivent-il être considérés au même titre que nous les amateurs ? Un grand débat !

2. « Tu ferais mieux de prendre exemple sur ton copain » dixit ce même coureur, en pointant Emir, qui, ce jour-là, ne portait pas de minimalistes

Mon copain sur qui je devrais prendre exemple, il est aussi minimaliste. On est toujours dans le jugement à la première impression, non constructif et sans savoir de quoi on parle. Dommage.

1. « C’est suicidaire de courir avec ça ! »  dixit, un meneur d’allure pendant le marathon de Sénart 2016

Ce cher meneur d’allure ne considère absolument pas que je sais ce que je fais, que je l’ai déjà fait, et que contrairement à lui, j’ai expérimenté ces chaussures. De plus, un meneur, n’est-ce pas censé motiver les troupes ?

 

 

Alors les amis, vous vous êtes reconnus ? N’hésite pas à nous raconter vos perles 🙂

 

Et si tu es curieux par la course minimaliste, nous t’invitons à consulter nos précédents articles sur le sujet :

A très bientôt !

Les Lapins Runners.

carottes

 

Le trail minimaliste avec les Fivefingers Spyridon de Vibram

spyridonHello les amis !

Aujourd’hui, intéressons-nous à un modèle de Fivefingers qui m’est particulièrement cher et m’a accompagnée sur de nombreuses courses, du 5 km à l’ultra, j’ai nommé… les Fivefingers Spyridon de Vibram !

Mais tout d’abord, revenons-en à mes débuts en Spyridon, en mars 2014.

A quelques jours de l’Eco-Trail de Paris, je suis quelque peu hésitante à m’équiper des Fivefingers Treksport Sandals. En effet, du fait de la distance à parcourir, treksport sandalsje crains que les trous génèrent des ampoules. Lors d’un entraînement, je discute avec un coureur minimaliste qui porte le modèle Spyridon. Ce modèle semble le plus adapté pour de l’ultra. Je commande alors une paire sur leboncoin que je réceptionne in extremis la veille de la course.

Inaugurer une paire de chaussures sur un ultra est évidemment l’une des moins bonnes idées qui soit, mais je prends le risque. Mon unique paire de chaussures de trail classiques de chez Kalenji étant trop serrée et les Treksport Sandals non adaptées sur du long, je n’ai pas vraiment le choix.

Phase préliminaire avant-course

Mes premières impressions :

  • Le chaussage est rapide : 36,24 secondes (chronométré sous contrôle d’huissier-lapin) pour enfiler la paire. Encore faut-il être un minimum habitué à chausser des fivefingers.
  • Le chausson est molletonné. Il s’agit d’un point important car sur une course de plusieurs heures, le confort c’est important. En termes de confort et relativement à des chaussures minimalistes, je les situe entre les Bikila Evo et les Bikila LS. Il est important de noter que la notion de confort pour un coureur minimaliste est bien différente de celle d’un coureur en Hoka.
  • La semelle semble très costaude. Emir et moi nous aimons à les appeler « semelles pneus ». Une vraie semelle de 4×4 !
  • tige spyridonJe trouve la paire très jolie. Bien que le modèle que j’ai commandé soit masculin, je trouve qu’il convient très bien aux femmes également.
  • La tige (partie de la chaussure recouvrant le dessus du pied) est plus rigide que les Bikila LS et Evo

départ ecotrail 80Phase test : Eco-trail de Paris 80 km

Retour d’expérience après tests sur le terrain :

  • Une paire « moins perméable » : j’ai eu la surprise de découvrir cette caractéristique en sautant dans une flaque de boue. Mes pieds en sont sortis secs !
  • Pas la moindre chute, ni même la moindre glisse.
  • Lors de ma course, beaucoup de coureurs m’ont demandé si je ne sentais pas les cailloux sous mes pieds. A moins d’atterrir sur un caillou pointu (ce qui n’est pas arrivé), je n’ai ressenti aucune gène à ce niveau-là !

Bien que la semelle soit très épaisse comparé à la Bikila LS, cela ne m’empêche pas de pleurer quand je cours sur des gravillons. Comparé à Carole, je suis une vraie chochotte de la plante des pieds.

Mon Bilan provisoire est très positif. Les Spyridon m’ont procuré de superbes sensations pendant la course. Chaussée de Vibram, j’avais cette impression d’être beaucoup plus flexible dans mes mouvements, de pouvoir poser le pied où je voulais, de la manière dont je le voulais.

Toutefois, mes pieds ne s’en sont pas sortis indemnes. J’ai écopé de 4-5 ampoules et d’un pied ensanglanté. Je me suis alors demandé si le port de chaussettes spéciales apporterait solution à ce problème.

Phase test à long-terme

Par la suite, j’ai donc fait l’acquisition de paires de chaussettes à doigts de pieds de la marque Injiji. Ce petit changement a mis littéralement fin aux ampoules et pieds ensanglantés.

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Chaussettes Injiji

J’ai pu constater que la paire était loin d’être imperméable. Alors, a-t-elle perdu de son imperméabilité depuis l’Eco-trail ? Je me pose la question… J’en ai fait les frais sur mes quelques ultras, mais toujours sans le moindre dommage. Je vis très bien le fait d’avoir les pieds mouillés.

En ce qui me concerne, c’est tout l’inverse. Je ne peux plus courir si je garde les pieds mouillés trop longtemps.

Marcher dans la boue

Les Spyridons mises à rude épreuve

J’ai porté les Spyridons sur plusieurs marathons et ultras, parmi lesquels : The Trail Yonne 110 km, la 6000D et l’EDF Cenis Tour.

J’ai pu faire le constat que je ne ressens aucune gène liée aux cailloux sur un ultra avant d’atteindre les 50-60 km de course.

Pour le moment, je n’ai jamais expérimenté de 100 km sur bitume en Fivefingers et ce n’est pas une chose à laquelle j’aspire particulièrement. Le bitume Capiton plantairefatigue beaucoup plus mes capitons plantaires que les sols nature. J’ai pu vivre cette expérience au trail Yonne : dès que le bitume pointait son nez, je courais sur les bas-côtés, à la recherche d’herbe ou de terre.

Au bout de 6 mois d’utilisation et quelques centaines de kilomètres au compteur, la semelle est quelque peu abîmée. Elle ne ressemble plus tout à fait à pneu de 4×4, sans être lisse pour autant.

 

Mon Bilan

C’est LA paire que j’utilise sur marathon, trail et ultra. Je ne les porte pas sur les petites distances sur bitume (5, 10 ou semi-marathon) car ce ne sont pas, d’après moi et du fait de la rigidité de la semelle, des chaussures de vitesse. Pour la vitesse, j’utilise les Bikila Evo.

Les points positifs 

  • Elle me procure de très bonnes sensations, malgré sa semelle en pneu de 4×4.
  • Après 8 mois d’utilisation, elle fait encore bien l’affaire et n’est pas prête à être mise à la casse.
  • Depuis le port de chaussettes à doigts de pied, je n’ai pas eu la moindre blessure (frottements, ampoules, saignement).

Les axes d’amélioration 

  • S’il y avait un axe d’amélioration à citer, ce serait la recherche d’imperméabilité. Même si cette caractéristique ne me pose pas de problème, elle peut être contraignante pour certains coureurs, mon Lapin le premier !
  • Le prix d’une paire neuve est relativement élevé. A 140 euros la paire, on est dans le très haut de gamme côté classique.

Gif Spirydon

Et vous les amis, avez-vous déjà testé les Spyridon de Vibram ? En êtes-vous satisfaits ? 

Les amis, merci pour votre attention et à dimanche aux 20 km de Paris !

Les Lapins Runners.

carottes petit

La Noctambule 2015 : la magie de la nuit

11001923_643220955804052_2716760917578277004_nSept !! C’est le nombre de mois après notre dernier 10‍ km aux foulées de Vincennes, nous voici de retour sur cette distance très éprouvante à l’occasion de la 2nde édition de La Noctambule !

Forte de son succès en 2014, La Noctambule ne pouvait qu’être reconduite cette année. Le parcours annoncé roulant, rallie Courbevoie à La Défense, pour une course se disputant de nuit.

Je reconnais qu’il y a quelques mois, je n’étais pas très emballée quand Emir m’a proposé de participer à la Noctambule. L’idée de courir un 10 km à bloc quelques semaines après l’Ut4M, faire un chrono décevant et déprimer pendant une semaine n’était pas des plus réjouissantes. Après réflexion, je m’étais finalement laissée tenter par cette course nocturne, me laissant la possibilité le jour J d’y aller tranquilou. A une semaine de l’épreuve, j’ai conscience d’avoir bien récupéré de l’Ut4M. J’ai repris mes séances biquotidiennes de VTT sur route et me suis autorisée deux séances rapides qui se sont avérées très satisfaisantes.

Le jour J, après avoir couru la SoMad Torcy le matin-même, je suis prête à courir ce 10 km en donnant meilleur de moi-même.

Des chronos à l’entraînement récents et très prometteurs de Carole me permettent de penser que ce soir, nous allons nous approcher des 13 km/h. Il y a bien longtemps que je n’ai pas fait de vitesse, cela va donc me permettre de voir également où j’en suis.

ambiance départAvant le départ, je patiente dans le sas en attendant Emir, Jannah et Nas. Passé 20h55, je commence vraiment à m’inquiéter et à me demander si je vais prendre le départ seule, ce qui ne me réjouit absolument pas.

En guise d’animation, l’orga jette à la foule de coureurs des dizaines d’animaux gonflables géants que nous nous amusons à envoyer vers l’arrière. Des petits bâtonnets lumineux sont mis à disposition à l’entrée des sas. En bracelet, string, ceinture, oreilles : leurs usages sont multiples !

Malgré l’obscurité, très peu de personnes portent de lampe frontale. L’éclairage public semble suffire en effet.

Emir, Jannah et Nas finissent pas arriver in extremis. Nous parvenons à nous hisser dans la foule dans le sas qui nous convient, à savoir entre les meneurs 50 et 45 minutes (ce qui me semble déjà fort ambitieux). Emir me fait l’honneur de courir à mes côtés. Sa présence constituera une aide certaine.

parcours_noctambuleAprès 400 mètres à slalomer entre coureurs, Emir et moi parvenons à trouver notre place, entourée de coureurs à notre vitesse. Le meneur 45 minutes n’est pas loin devant, tout comme Nas qui démarre sur les chapeaux de roue. Je ne tente pas de l’accrocher, de peur de me brûler.

Km 2, alors que nous sommes sur une descente, nous apercevons à notre droite les premiers de la course qui s’affairent sur la montée que nous allons devoir courir d’ici quelques minutes. J’appréhende déjà ce moment… Cette montée de la rue Victor Hugo s’avère en effet sacrément casse-pattes.

Ah, la sensation de difficulté lorsqu’on pousse le cardio … ça faisait longtemps. C’est difficile et bon la vitesse ! Je suis loin d’être à l’aise niveau cardio et je suis surpris de me demander : « ce n’est que le kilomètre 2 ?! »

Les kilomètres défilent et nous voici à mi-parcours. Pas le temps de boire un coup au ravito musical, nous poursuivons notre route.

Moi qui craignais de trébucher à cause de l’obscurité, tout se passe très bien. Il faut dire que je scrute le sol.

A ma plus grande joie, ma montre affiche une moyenne de 4,23 min/km. En restant bien concentrée et si le parcours me le permet, je suis assez confiante sur le fait d’enregistrer un chrono honorable.

Je n’ai pas de montre et cours totalement à l’aveugle. Ma mission, tenir Carole en vue, filmer la course et un petit RP pour Carole que je commence à espérer fortement.

Nous passons sous un tunnel lumineux et musical. J’ai une frayeur lorsque j’aperçois mon allure moyenne soudainement dégringoler à 4,38 min/km avant de remonter à 4,24 min/km. Un problème de signal GPS très certainement…

Emir qui court toujours à mes côtés est étonnement plutôt silencieux. Sa présence me fait néanmoins énormément de bien et me force à tenir le coup.

Je vois que Carole est très concentrée. Je n’interfère pas car je me concentre sur mon souffle et sur l’ambiance de la course qui est appréciable, tout en continuant de de capturer des petites séquences à la Gopro.

Malgré la foule immense de coureurs (+ 4 000 en course), les allées ne sont pas bouchonnées.

Au km 8, je suis dans le dur mais reste concentrée. Je calcule ce qu’il me reste en termes de tours de stade d’athlé. La distance qu’affiche ma montre est supérieure à celle indiquée par les panneaux.

Passé le km 9, nous apercevons au loin un pont qui semble être férocement haut !! Une fois la difficulté passée, je n’ai plus du tout de jus et n’aperçois pas encore l’arche d’arrivée… Pourvu que ce soit bientôt fini !

Carole Emir près de l'arrivéeL’arche apparaît enfin. Je parviens à peine à sprinter malgré les encouragements de mon Lapin. Je vois afficher 47:4? sur l’écran de chronométrage. Après tant d’efforts, j’espère que mon chrono sera encore plus satisfaisant. La ligne d’arrivée franchie, je me prends 30 secondes avant de découvrir mon chrono. L’angoisse sans doute… Je découvre : 45min58, à savoir le même chrono qu’à Vincennes en février dernier ! Je suis comblée, je ne pensais absolument pas pouvoir faire un sub 46 après un été à 3 ultras.

Quel beau moment de vivre à nouveau un RP. Carole a assuré sur ultra tout l’été, et assure sur 10 Km à la rentrée avec un RP sur un parcours non roulant où se succèdent montées et descentes ! C’est beau à voir !

Mon chrono réel sera finalement de 45min53. Le RP est confirmé !

Nous sommes récompensées d’une superbe médaille bling bling avec des petites paillettes.

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La médaille !

Notre bilan

 
Les points forts

  • Les animations pré-course : distribution de bracelets lumineux, l’échauffement, le lâcher d’animaux gonflables géants
  • Le parcours technique ralliant Courbevoie à la Défense, sans passer deux fois sur une même portion
  • La superbe médaille bling bling
  • Le ravitaillement en quantité suffisante pour tous, voire surdimensionné

Les axes d’amélioration

  • Quelques portions du parcours manquaient un peu d’éclairage
  • L’absence de navettes : compte tenu du nombre de participants, nous comprenons toutefois la difficulté d’organiser l’acheminement des coureurs
  • L’absence de boisson de récup au ravitaillement final

Une très belle course en somme que nous avons appréciée courir dans cette ambiance de nuit et ne manquant pas de supporters et de points musicaux.

Et maintenant, la vidéo !

Ce fut un plaisir de retrouver les copains : Thando, Marylin de la team Douzaleur, Amadou, Bachir en meneur 1h00, Nadia, Virginie la championne minimaliste, Kevin, Boub Ah, Lolo the Pirate, Eric aka Dare Dare…

J’avais oublié ce que c’était que de faire de la vitesse. Ca a vraiment quelquechose de particulier que j’ai aimé retrouver. Tout donner pendant 10 kil, avoir le corps sous tension et en éveil maximum. Franchir la ligne, reprendre son souffle et se dire qu’on vient de tout envoyer. Quelle satisfaction !
On ne peut parler de vitesse sans parler d’évolution de mes perfs. Contrairement à Carole, je me trouve sur une pente descendante dûe à ma pratique erratique depuis la fin des ultras. Il va falloir prévoir une réaction !

Les amis, samedi prochains, nous serons aux 100 km de Millau ! Notre objectif ? Finir ensemble, faire un meilleur chrono que l’an dernier, et pourquoi pas un nouvel RP ? 😉

Les Lapins Runners.

carottes petit

 

Marathon de Paris 2015 : qui l’aurait cru… (version Lapine)

MDP-SE_logo QuadriDimanche 12/04/2015 6h00, le réveil est très difficile : « purée, c’est vrai que c’est aujourd’hui le marathon de Paris ». Mon humeur ronchone est à l’origine d’un facteur que je n’arrive vraiment pas à gérer : mon alimentation. Parce qu’il faut bien recharger les batteries pour être en forme le jour J, puisque tout ce qui sera mangé sera éliminé dimanche et que tout mauvais prétexte est bon à prendre, je me suis lâchée sans retenue cette semaine. Résultat des courses : je n’ai pas encore fini ma digestion de la veille faisant alors une impasse sur le petit-déj, mon ventre est gonflé comme un ballon et je me sens complètement déshydratée (ratio solide / liquide ingurgité disproportionné). De plus, je me suis « promis » un RP et l’idée de douiller pendant 3h45 à 3h58 ne me fait pas bondir de joie. Mon humeur du réveil sera bien sûr de courte durée, et pour cause : deux ans plus tard, nous voici de retour sur notre premier « marathon de masse » (le tout premier officiel regroupant une vingtaine de pèlerins faisant des tours d’un mile au bois de Vincennes), et voilà qui fait remonter beaucoup de beaux souvenirs.

8h10, arrivés devant le Nike Store des Champs Elysées pour une photo team par l’ami Amadou, c’est le temps des retrouvailles avec Kévin Mdr, Ludovic, Pasteur, Raphynisher et Cyrillus.

Sur le sas des 3h45, je commence déjà à frissonner. J’ai l’impression de revenir deux ans en arrière, alors que nous n’étions que deux petits marathoniens tout frais et à peine expérimentés.

Top départ ! Enfin, pas exactement pour tout le monde : en voilà un qui commence déjà à marcher passée la ligne !

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La team Smoukpanda en forme !

Ce n’est vraiment pas la grande forme aujourd’hui. Notre rythme est soutenu mais je me vois mal le maintenir tout le long de la course compte tenu des circonstances. Nous plaisantons sur le fait que le seul coureur que nous croisons chaussé de Vibram Five Fingers est un jeune hippi au cheveux longs qui porte un buff marijuana.

Nous retrouvons Smouke, Virginie, Sébastien de la team Smoukpanda. Ca fait plaisir de les voir. Le trio a l’air de bien s’amuser et d’être plutôt en forme. Moi aussi j’aimerais être aussi rayonnante ! Km 8, nous commençons à apercevoir le meneur 3h45. Vu la foule, il est compliqué de le rattraper. Le moindre ralentissement du coureur de devant nous en éloigne.

Nous atteignons l’arche des 10 km en 52min54, ce qui ne me satisfait pas.

Je ne perds pas de vue l’objectif RP et me concentre sur le meneur d’allure. Il faut néanmoins se rendre à l’évidence : un passage aux toilettes est inévitable, je ne tiendrai jamais sans. Cette pause obligée me contrarie mais il faut savoir s’adapter au vue du contexte

Passage au semi en 1h51’40 » : bon ça va, c’est en-deça de mes attentes (sub 1h50) mais on n’en est pas loin.

C’est reparti au km 24e. Je me sens un peu mieux. Cependant, j’ai l’impression qu’Emir présente des signes de faiblesse : j’entends sa respiration et le sens « à la traîne ».

2015-04-12 12.15.58-2Km 27, Emir a une annonce tragique à me faire : « Ma femme, mes jambes c’est du grand n’importe quoi, je ne vais pas pouvoir te suivre. Continue sans moi, tu as un RP à décrocher ». Sur le coup, je revois Emir deux ans plus tôt qui m’avait chanté le même refrain. Nous avions continué ensemble, certes dans la douleur mais ensemble. Je ne le prends donc pas trop au sérieux : « Mais non ça va aller, on ralentit si tu veux, il n’y a pas de problème ». Mais Emir ne veut pas ralentir et m’encourage, voire me force à continuer sans lui. Je sais qu’Emir tient à ce que je le fasse ce RP. « Je m’en fous du RP, je veux le finir avec toi » lui dis-je. Pourtant, c’est avec contre-coeur et insistance du Lapin que je me vois partir seule au km 29.

Km 31, ô miracle, Emir réapparait ! Je suis trop contente. Je me dis : « cool, il a retrouvé la raison ». Pas du tout ! Emir a fait ce qu’il pouvait pour me rejoindre et va ralentir. Quel faux espoir !

Je continue ma route seule. Je commence à avoir mal aux coussinets. Je n’avais pas envisagé la présence de petits pavés à ce stade-là de la course ! Ajoutez à cela à des flaques d’Isostar qui font « Platsh platsh » et qui collent mes chaussures au sol, je commence vraiment à être dans le dur.

J’essaye de penser très fort à ce qui pourrait me motiver à aller plus vite : mon frère qui fête ses 30 ans demain, maman fière de mon chrono, le défi du RP que je me suis lancée, un « 3hXX » gravé sur ma médaille… Mais la technique ne fonctionne pas à merveille.

Km 39, je retrouve l’ami Guy qui tente inlassablement de me prendre en photo. Difficile avec cette foule de coureurs ! …

…Puis c’est Isabelle, accompagnatrice du jour, au km 41. « Tu es sur un RP ? » « Oui je crois » « Alors, vas-y ! ». Je ne me fais pas désirer plus longtemps. Je tente d’allonger la foulée. Je ne pense qu’à mon Lapin. Je me demande encore si j’ai fait le bon choix.

Je passe la ligne d’arrive : je décroche le RP en 3h56’55 » ! Oui, je suis remplie d’émotions, cela fait deux ans que je l’attendais. Mais ma victoire est bien fade. Qui aurait cru que mon passage sur la ligne d’arrivée allait se faire sans mon lapin…

 

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Les retrouvailles finisheuses

Les retrouvailles finisheuses

Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont encouragée avant, pendant et après ce marathon. A toutes les personnes qui croient en moi.

Un grand bravo aux finishers MDP du jour : (les dames d’abord) Nadia, Céline, Francine, Karine, Smouke, Virginie, Eugénie, Marie, Marion, Marilyn, Manolee, Anne-Sophie, Emir, Nasri, Laurent, Thando, Bachir, Raphaël, Cyrillus, Marc, Kévin, Grégory, Guillaume, Ludovic, Jessy, Sébastien, Guillaume L, Pasteur, Vincent , Fabrice qui a assuré en meneur d’allure 4h00 et tous les autres.

Egalement à Fanny et son frérot pour leur marathon duo.

A Damien pour son superbe accomplissement aux 24h de Rennes qui a totalité 151 km pour l’association 1 Maillot pour la vie !

A Angélique pour son trail dans l’Oise.

Aux photographes AmadouGuy et Pierre-Marc Giao.

Un merci tout particulier à Grégory et Guillaume qui m’ont permis de participer à ce superbe marathon.

Samedi prochain, nous serons sur le marathon de Bordeaux. Alors maintenant que le RP est décroché, nous finirons ensemble, coûte que coûte et si possible, dans de meilleures conditions !

Carole

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L’Eco-Trail de Paris des Lapins Runners : version Lapine (80 km)

logoA l’occasion de cette 8e édition de l’Eco-Trail, nous nous sommes pour la première fois splittés sur deux épreuves : tandis que le Lapin est inscrit sur la version 30 km pour accompagner sa famille, je pars à l’aventure sur la version 80 km avec à la clé cette année, l’arrivée mythique au premier étage de la Tour Eiffel.

Le défi est de taille. Je vais courir un ultra sans Emir avec aux pieds, des Five Fingers Spyridon, réceptionnées la veille et encore jamais testées (test à venir !). Grande adepte de la prise de risques, je voulais inaugurer une paire de chaussures sur un ultra, qui plus est une nouvelle paire de minimalistes.

Côté alimentation à J-1, nous ne sommes pas loin de frôler la cata : après deux très généreuses portions de blé sauce maison, 3 sandwichs composés, 1 gros bol de fromage blanc, une orange, et 1 L de lait de soja au chocolat, je ne me sens plus très bien. A tel point que le lendemain je fais une croix sur le petit-dej.  Voyons où cela va me mener….

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Au départ, sereine

Après avoir pris la navette Eco-Trail nous conduisant à la base de Saint-Quentin en Yvelines, me voici bien toute petite face à ces centaines de coureurs habillés en tenues aussi high-tech les unes que les autres. Je suis venue seule mais retrouve mes amis de course : Guillaume, Pascal, Atsushi, Riko, Philippe, Virginie, Francine, Karine, Marc, Jean-Jacques… Je fais enfin la rencontre de Greg Runner !

Le départ est lancé sur une grande étendue d’herbe : les yeux rivés au sol, je traque d’éventuelles irrégularités qui pourraient me faire chuter. A moins d’un kilomètre, nous passons sur une bande chronométrique. Et ces premiers mètres, ça comptait pour du beurre ? Nous voici enfin sur un sol stable. Je suis plus à l’aise. Un jeune homme m’interpelle. C’est Marc de la TDS, avec qui mon Lapin avait parcouru un bon nombre de km. On fait connaissance, on sympathise. Nos objectifs étant sensiblement les mêmes (je vise sub 10h30, Marc sub 10h00), nous faisons naturellement un bout de chemin ensemble.

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Premiers kilomètres avec Marc

Afin de savoir où j’en suis sur mon chrono et évaluer ma progression, j’ai sur moi un petit post-it sur lequel sont indiqués mes temps de l’an dernier tous les 10 km.

22e km, nous arrivons à Buc en 2h21. Un journaliste m’interviewe : je me sens bien, aucun pépin à l’horizon. Je suis un peu lourde de la veille, mais cela ne me gène à peine.

Beaucoup de coureurs s’interrogent et s’exclament à la vue de mes chaussures : « Tu as vu, une coureuse barefoot ! » « Respect franchement : 80 km en minimalistes », « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces saloperies ! » « Il y a un amorti ?  » « Vous avez déjà couru un ultra avec ? », « Tu ne sens pas trop les cailloux ? ».

Pour le moment, je suis très satisfaite de ces nouvelles VFF. Je ne glisse pas, je me fais plaisir sur les descentes. Je sens également avoir beaucoup progressé sur les côtes que j’aborde de manière très dynamique.

Non loin du 30e km, je me retourne pour voir si Marc est toujours là. Mince, je l’ai perdu. Je regrette ne pas lui avoir souhaité bon courage.

Je fais un petit bout de chemin avec un certain Miguel, complètement à sec du fait de son équipement on ne peut plus minimaliste. Il porte en effet une seule petite gourde. Je lui donne de mon eau. J’ai été comme lui deux fois sur une course. A mon tour de venir en aide à un confrère !

Je goûte un gel Mulebar au citron-gingembre. C’est de la folie tellement c’est bon ! On est loin des goûts chimiques des marques concurrentes.

Arrivée à Meudon au bout de 5h15 d’effort, j’envoie un sms à Emir pour lui signaler ma position. Je ne tarde pas sur le ravitaillement : J’avale 3 petits carrés de chocolat, 3 sucres (je suis un peu superstitieuse) et repars illico presto pour ne pas refroidir mes muscles.

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Sortie de forêt de Meudon : retrouvailles avec mes parents

Mais qui vois-je à la sortie de la forêt de Meudon ? Mes parents venus m’encourager ! Je suis très émue par le fait qu’ils se soient déplacés jusqu’ici pour me voir… 30 secondes ! Papa, Maman, merci beaucoup pour votre soutien. Cela m’a fait un bien fou.

Un peu avant Chaville, j’entends au loin des encouragements à mon nom : tiens c’est qui ? Je reconnais Francine, Karine et sa fille qui s’égosillent. C’est génial. Un grand merci à vous les filles.

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Très beaux instants avec Linda

Je croise également Linda, qui semble en pleine forme et dégage une telle zénitude qu’on ne dirait pas qu’elle est sur un ultra. Linda, ça a été un plaisir de fouler ces quelques mètres avec toi.

Arrivée à Chaville en 6h34 (ravitaillement 100% eau), je vois à ma grande surprise Virginie, elle aussi coureuse VFF. C’est de bonne augure de la croiser, excellente coureuse qu’elle est ! Elle vise 9h30 et me dit qu’elle est dans les temps.

Petit sms à Emir, puis je repars.

Je me sens toujours aussi bien. C’est la première fois que je vis aussi bien un ultra. Mes sensations sont bonnes. J’ai seulement les jambes lourdes, mais à ce stade-là de l’épreuve, je dirais que c’est inévitable.

Un coureur a contre-sens me dit : « il arrive, il n’est pas loin ». J’ai compris le message ! Je retrouve mon Lapin, je fonce vers lui. Emir ne semble pas en très bon état. Il me dit qu’il ne peut plus courir. Flûte alors, me dis-je, j’aimerais courir autant que possible.

Emir me raconte tout son périple : son Eco-Trail 30 km, ses rencontres, son demi-tour pour rejoindre le coach Buge sur le 50 km, et enfin pour me rejoindre sur le 80 km. Je l’écoute avec plaisir, ça me change les idées.

La nuit commence à tomber, j’allume ma lampe frontale (modèle Revolt Metallic Citron de Black Diamond). Pour un premier test, le résultat n’est pas très concluant. La lumière est un peu faiblarde, ce qui nous oblige à redoubler de vigilance.

Nous nous attardons légèrement au ravitaillement de Saint Cloud. Je sens qu’Emir peine à redémarrer. Je le sens affaibli mentalement. Il faut dire qu’il en a fait du chemin depuis ce matin 10h30 !

Arrivés à Paris, nous constatons avec regret que les trottoirs sont encore en travaux. Nous apercevons enfin la Tour Eiffel qui semble à des années lumières de nous. Ma montre n’ayant plus de batterie, je n’ai plus d’indication sur le nombre de kilomètre qui nous sépare de l’arrivée.

Je rêverais de pouvoir marcher mais me fais violence. L’Eco-Trail, ce n’est qu’une fois dans l’année. Je n’ai aucun souci particulier, donc pas d’excuse !

Je suis consciente que mon objectif sub 10h30 va être atteint haut la main. Cela n’aurait pas pu mieux se passer !!

Nous nous rapprochons de la Tour Eiffel. Une foule de supporters est présente et acclame les Lapins. C’est notre moment de gloire !

Passage au contrôle : Emir réussit à monter avec moi au premier étage. Nous allons vivre ce grand moment ensemble, je suis trop contente !

L’ascension n’en finit plus ! Je n’ai aucune idée du nombre de marches à monter !

Nous apercevons la plateforme, franchissons la ligne d’arrivée. Ca y est, nous y voilà ! Chrono à l’écran : 9h37 ! Je terminerai 14e de ma catégorie. Je n’attendais pas mieux !

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Une bénévole me décerne ma médaille finisher ainsi qu’un t-shirt à ma taille (c’est l’avantage de ne pas arriver trop tard !).

Une bière pour la récupération, quelques photos pour immortaliser ce moment puis nous redescendons. En effet, il y a de gros courants d’air et je commence à avoir très froid.

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Arrivée mythique au 1er étage de la Tour Eiffel !

 

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Les Lapins congelés

 

Nous regagnons le stade Emile Antoine où Christophe Antoine m’accueille, muni d’une couverture de survie et d’un bon bouillon chaud. Le repas post course est très complet : il y en a pour tous les goûts ! Ca fait beaucoup de bien de manger chaud, je me sens beaucoup mieux.

Il est enfin temps de rentrer à la maison. Nous sommes exténués et frigorifiés… mais quelle journée de folie !

 

Merci merci merci à tous ceux qui m’ont encouragée sur cette course, à tous ceux qui ont cru en moi, à vos gentils messages pré et post-course.

Merci à Papa et Maman d’avoir fait tout ce trajet pour à peine 1 minute de retrouvailles.

Merci à Emir d’être venu à ma rencontre et d’avoir couru avec moi les 15 derniers kilomètres, malgré la douleur.

Merci à l’Eco-Trail de Paris de m’avoir donné la chance de participer à cette course tellement belle.

Merci aux bénévoles, actifs avant, pendant puis après la course. Ca en fait un sacré boulot !

Bravo à tous les finishers de l’Eco-Trail de Paris. Soyons fiers de nous.

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Carole,

Des Lapins Runners.

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