[Concours] Deux dossards pour la SoMad Torcy !

somadintroHello a tous les amis ! Comme toujours c’est une joie de vous retrouver aujourd’hui, et tout spécialement pour un petit concours qui devrait vous faire plaisir. Surtout si vous n’avez pas peur de voir votre budget lessive enfler légèrement. C’est parti !

Il y a de ça bientôt trois ans les amis, alors que nous commencions la course a pied, il ne nous a fallu que très peu de temps avant de découvrir un univers à la fois proche et parallèle, celui du mud Run (ou encore, course d’obstacles) ! La première fois que nous avons épinglé un dossard pour prendre le départ d’une telle course d’obstacles, nous ne l’avons jamais retrouvé … 😀 mais surtout nous avons surtout vécu un moment vraiment fun ! Alors, il faut le noter, la partie running n’est pas au cœur de l’événement et le chrono se fait rapidement oublier. Les maîtres mots ici : convivialité et fous rires. A condition bien sûr d’emporter un déguisement, sa bonne humeur, et des amis prêts à faire les fous 😉

Nous vous proposons aujourd’hui les amis de découvrir une course nature à obstacles comme on les aime, celle qui nous a mis le pied a l’étrier glissant du Mud Run et dont nous gardons d’excellents souvenirs (et quelques bleus) : la SoMad (Complètement dingue dans la langue de Molière) ! Parce que c’est forcément plus fun a deux, nous mettons en jeu un dossard pour vous, et un second pour l’élu de votre choix, celui que vous voulez voir recouvert de boue.

Après cette longue intro, passons tout de suite a la fiche de course !

La SoMad Torcy ! Une présentation en chiffres

  • 5 ou 12 kilomètres à parcourir en courant, en marchant à pied ou sur les mains, déguisé en danseuse, en momie ou en Batman.
  • 12 ou 30 obstacles avec au programme des structures gonflables géantes, des toboggans, des filets géants, du ramping sur la mud et sous les fils de fer, des cordes, de l’eau, un ravito.
  • 54 tranches de rigolade (dépend de l’aptitude du candidat a rire et de l’humeur de son groupe).
  • 28 tâches de boue et 3 trous sur ton déguisement à la clé. L’organisateur ne pourra être tenu responsable, évidemment.
  • + 7 % de chiffre d’affaire chez Omo et Ariel qui se frottent déjà les mains en réunion (les rumeurs courent qu’un arrangement existe entre les organisateurs de la SoMad et les dirigeants de géants de l’industrie de la lessive).

La SoMad en vidéo !

La SoMad qui vous est présentée dans cette vidéo est la SoMad Vincennes,  le cadre est donc différent mais le principe et le fun sont les mêmes 🙂 

Les infos pratiques

Date et heure : 19 septembre 2015. Echauffement SoMAD à 10h45, premier départ à 11h00 puis départs toutes les 10 minutes par vagues de 150 fous.

Lieu : Base de loisirs de Torcy

Tarifs :

  • Jeu concours des Lapins : 0 €
  • Tarif normal (moins de 25 ans) :  23 € et 39 € respectivement pour le 5 et le 12 km
  • Tarif normal (pas moins de 25 ans) : 25 € et 45 € respectivement pour le 5 et le 12 km

Dotation coureur : cadeau surprise pour tout coureur franchissant la ligne d’arrivée de la SoMad (avec ou sans son équipe, au cas où elle tombe au combat) !

Animations : à découvrir sur le village SoMad

Plus d’informations sur le site officiel de la SoMad !

Pour jouer, c’est par où ?

Tu as décidé de tenter ta chance et nous t’en félicitons. Tu ne regretteras pas car oui cher ami, qui ne tente rien n’a rien. Et oui cher ami, même si tu tentes et que parfois tu n’as rien quand même, et bien au moins tu auras eu le mérite et la volonté de gagner et ça, ça se salue.

  • Commente cet article sur le blog et explique-nous avec qui et pourquoi tu as envie de gagner les deux dossards. Pense à bien renseigner ton prénom et ton adresse mail correcte afin que nous puissions te contacter si tu as gagné.
  • Aime, Like, ou Kiffe la page des Lapins Runners sur Facebook (si ce n’est pas déjà fait)
  • Aime, Like, ou Kiffe la page de la SoMad sur Facebook !
  • [Facultatif] Follow ou suis les Lapins sur twitter si tu as twitter, follow ou abonne-toi à l’instagram des lapins si tu as instagram, subscribe ou abonne-toi à la chaine youtube des lapins si tu as youtube !
  • [Facultatif] Ta participation compte double si tu publies sur ton mur Facebook ce concours en mode public, en mentionnant la page facebook des Lapins 🙂

Le concours se déroulera du 03/09 au 15/09, c’est donc dans cet intervalle qu’il te faudra participer. L’annonce des deux gagnants et de leur binôme sera faite le mardi 15/09 à 22h00, en vidéo, comme d’habitude !

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Les résultats

 
A très bientôt les amis et n’oubliez pas, un autre concours est en cours en ce moment même pour la Défi Run ASSU2000 !

A 4 jours du plus grand ultra de notre vie : l’Ut4M 160

160kmlapinsChers amis,

Si vous nous avez suivi ces derniers temps, vous le savez certainement : dans 4 jours, nous nous attaquons à un colosse de l’ultra trail, que dis-je, une péninsule ! J’ai nommé : l’Ut4M 160.

L’Ut4M 160, est le nom de code pour l’Ultra tour des 4 Massifs. C’est LA course qui rallie les 4 massifs montagneux encerclant la ville de Grenoble, à savoir : Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse. Nous retrouvons un parcours et un profil de course qui n’ont rien à envier à l’UTMB. Regardons de plus près :

profil ut4m 160

Parcours ut4M Lapins

 

 

Alors les amis, c’est plutôt lourd n’est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas le vertige. Passons maintenant aux quelques chiffres de l’événement !

 

L’Ut4M 160 en chiffres :

 

  • 4 Massifs à découvrir
  • 168 km à parcourir
  • 10 000 m de dénivelé positif à grimper
  • 53 heures pour en venir à bout
  • Un nombre incalculable de paysages à couper le souffle
  • 381 inscrits qui ont les crocs dont :
    • 7% de femmes et 93% d’hommes
    • 2 Lapins Runners
  • 1 équipe d’organisation au taquet
  • 762 frontales + 3 048 piles et batteries
  • 133 350 €* d’équipement de trail
  • 450 kilogrammes* de bananes
  • 382 bénévoles* accueillant

Vous l’aurez compris, c’est de l’ultra-lourd (jeu de mots).

* les chiffres marqués d’une étoile sont des hypothèses inventées de toutes pièces par les Lapins

 

Retour sur notre prépa

Comme vous le savez certainement chers lecteurs, nous ne sommes pas les champions des prépas rigoureuses, mais plutôt des adeptes du feeling. Cette fois-ci fait presque exception à la règle.

A l’origine, nous nous sommes inscrits à la 6000D (63 km, 4 000 m D+) et à l’EDF Cenis Tour (77 km, 3 900 m D+) en tant qu’objectifs à part entière, au feeling et à l’envie comme c’est toujours le cas chez nous. Après réflexion, nous nous sommes aperçus que ces courses, compte tenu de leurs dates, constituaient une prépa tout à fait adaptée en vue du grand Ut4M. Nous avons terminé ces deux courses avec des chronos satisfaisants et dans de bonnes conditions, ce qui nous a conforté sur le fait que nous étions fin prêts à affronter le boss final.

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Notre état d’esprit à J-4

Je me sens bien, je suis sereine. A tort peut-être, dans la mesure où je ne me suis jamais attaquée à une épreuve de cette envergure. Comme le dit Emir, en termes de distance et de dénivelé, c’est comme si on enchaînait 2 fois et demi la 6000 D.

Je suis hyper enthousiaste à l’idée d’accomplir tout ça et impatiente de pouvoir dire : « on a réussi ! ». Je pars positive et dans l’idée que nous serons finishers. J’estime que partir défaitiste ne peut être que négatif. Les barrières horaires sont assez larges et j’ai confiance en notre mental. Depuis nos débuts en ultra, nous avons beaucoup progressé sur ce plan là.

S’il y a une chose que je peux redouter, c’est le moment où nous allons commencer à fatiguer (mentalement et physiquement) et donc à devenir irritables. Nous devons réussir à prendre du recul, relativiser et ne pas nous embrouiller pour des broutilles (broutilles du type : la frontale ne marche pas, je n’arrive pas à ouvrir l’emballage de ma barre, la montre n’a plus de batterie, etc). Nous ne devons pas oublier que nous sommes là avant tout pour passer un bon moment et que les difficultés que nous traverserons ne seront que très provisoires et très minimes comparé au sentiment d’accomplissement que nous aurons en fin d’épreuve.

Je me suis laissée regarder la liste des Séniors féminines en lice sur l’Ut4M 160 et il se trouve que nous sommes seulement 9 à prendre le départ. Parmi les 9, il n’y a pas de nom qui font « peur » d’office : noms à consonance étrangère, noms de traileuses élites (en tout cas, pas à ma connaissance). J’ai même la prétention de croire qu’un podium dans ma catégorie n’est pas tant hors de portée que cela. Assez rêvé, Carole, redescends de ton petit nuage et tiens-toi-en à l’objectif initial : passer la ligne d’arrivée.

Je me sens bien, mais peut-être un peu moins qu’à l’approche de la 6000D et l’EDF Cenis Tour. La raison est simple : j’étais dans une dynamique d’entraînement et d’alimentation bien plus rigoureuse que l’actuelle, à quelques jours de l’Ut4M. Cela dit, je ne stresse pas alors que nous allons aborder une épreuve qui comporte un bon lot d’inconnues. Nous n’avons jamais :

  • traversé plus d’un jour et une nuit ensemble sur un ultra, et il y a de bonnes chances que nous devions traverser deux nuits lors de l’épreuve. Inconnue n°1 : si nécessaire, savoir gérer l’état de l’autre en plus de son propre état, dans un état de fatigue physique et mentale.
  • même individuellement, dû gérer le (manque de) sommeil sur une durée aussi longue. J’ai connu lors de ma TDS les effets négatifs que le manque de sommeil pouvait avoir sur mon mental et je crains maintenant leur puissance. Inconnue n°2 : l’impact du manque de sommeil sur nos capacités physiques et mentales.
  • abordé un effort d’une telle longueur et ne connaissons donc pas la capacité de nos corps à y survivre (leur manière de réagir). Continue-t-on d’apprécier la chose ? Conservons-nous assez de lucidité pour s’accrocher à l’objectif ? Inconnue n°3 : l’impact physiologique et mental d’un effort d’une durée aussi longue.

Ces éléments devraient certainement causer de l’inquiétude, mais ce n’est pas vraiment le cas. J’espère vraiment ne pas voir là un manque d’humilité, ce qui m’a coûté ma course lors du trail Yonne. Je suis cependant bien mieux préparé et je crois que mon corps n’attend que ça : se dépasser et terminer la saison des ultras sur une note titanesque, en passant la ligne avec Carole !

 

Notre stratégie de course

L’objectif idéal est bien entendu de faire l’épreuve ensemble de bout en bout et passer la ligne d’arrivée main dans la main. Néanmoins, en deux jours d’épreuve, nous ne sommes pas à l’abri d’aléas qui tenteront, à coup de réalisme aussi rigoureux qu’imprédictible, de venir contrecarrer nos plans optimistes de type « happy ending ». De nombreuses questions restent en suspens :

La gestion du sommeil en duo : Que ferons-nous si l’un de nous deux a besoin de dormir ? Faudra-t-il que l’autre se repose aussi quitte à se frustrer ? Ou bien continuera-t-il sa route en espérant être rejoint par la suite ?

En cas de blessure : Si l’un de nous deux se blesse, le second aura-t-il l’envie et la force de continuer seul ?

En cas de conflit : Si nous entrons en conflit pendant l’épreuve, faudra-t-il poursuivre ensemble ? Faudra-t-il opter pour une séparation provisoire en espérant des retrouvailles dans de meilleures conditions sur la ligne d’arrivée ?

 

Notre équipement

Le challenge minimalisme : comme si le challenge n’était pas déjà assez compliqué, j’ai décidé de rajouter du piment et de tenter l’épreuve intégralement en minimalistes. Je prévois de laisser sur une base vie une seconde paire de Five Fingers Spyridon au cas où la première me « lâcherait » en cours de route (même si je n’y crois pas beaucoup) et pour me rassurer aussi. Sur une seconde base de vie, je prévois également de laisser une paire de trails dites « classique » au cas où je n’en pourrais plus de porter de Five Fingers, et pour me rassurer aussi. 🙂

Le challenge reportage : en plus de l’équipement obligatoire provenant en grande majorité de chez Décathlon (rapport qualité / prix oblige), je vais devoir assurer le reportage. Pourquoi devoir ? Parce que je ne pourrais pas ne pas repartir les poches remplies de souvenirs et partager tout cela avec vous dès notre retour. Mon challenge : gérer l’énergie. Je vais donc emporter 6 batteries de GoPro pour le film.

Le challenge trace GPS : nous avons deux montres Tomtom et un smartphone Samsung pour essayer d’obtenir une trace GPS complète de l’UT4M. Nous allons donc transporter des charges et 3 batteries portables, de 9000, 3000 et 3000 mah afin de recharger tout ceci pendant la course.

Le challenge sans bâtons : nous ne sommes pas adeptes des bâtons (encombrant pour soi lorsqu’inutilisés, pour les autres lorsqu’utilisés) et ne savons pas nous en servir. Nous ferons donc la course sans bâtons, même si cela doit nous coûter nos quadris !

Les amis, puisqu’un soutien n’est jamais de trop, n’hésitez pas à nous suivre sur le lien suivant (dossards 284 et 285) et à nous encourager via les réseaux sociaux !

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A très vite pour le grand jour !

Les Lapins Runners.

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L’EDF Cenis Tour 77 km : l’ultra coup de coeur des Lapins !

150305_104904Une semaine après la 6000D, nous voici à Lanslebourg, sympathique village savoyard, à proximité de la frontière italienne. Ce n’est pas tant les crozets et fromages du pays qui nous ont conduit jusqu’ici, mais bien l’EDF Cenis Tour dans sa version 77 km, le second ultra auquel nous sommes engagés dans le cadre de notre prépa UT4M. La semaine ayant suivi la 6000D, nous n’avons pas chomé sur le plan sportif : récupération / re-préparation à coup de 4 randonnées en montagne et 2 footings urbains. Nous avons énormément sollicité nos cuisses et nous sommes habitués à respirer en altitude. C’est donc plutôt en bonnes conditions physiques, avec quelques kilos en moins sur la balance que nous prenons le départ de cette course exigente (3 900 D+). La veille et avant-veille, nous faisons le plein de sucres lents (spaghetti complètes et crozets au sarrasin) tout en évitant de tomber dans l’excès, ce qui s’avère souvent compliqué pour nous. Fait rare : nous étudions également au préalable le parcours qu’Emir télécharge sur son mobile afin de nous aiguiller durant notre périple.

départ

Au départ

Après 3 km de marche pour rallier Lanslebourg au départ de Lanslevillard, nous voici sur la ligne de départ et accueillis par le speaker, annonçant l’arrivée des Lapins Runners. Voilà qui nous fait très plaisir !

Point rassurant : lors du briefing, Henry, l’organisateur de la course, promet une bière au coureur qui se perdrait tant il a soigné le balisage du parcours !

Après de bonnes sensations validées sur la 6000D, je me teste sur un doublé en minimalistes, accompagnée de mes fidèles VFF Spyridon. Je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque étant donné que c’est la première fois que nous participons à cette course mais je suis plutôt confiante.

Voici un aperçu du profil de la course du jour :

Profil de course

Le départ est donné à 6h00 (ici, l’organisation ne plaisante pas avec la ponctualité) et c’est parti pour moins de 14 heures de course, tel est notre objectif !

L’épreuve démarre sur les chapeaux de roue par une jolie côte dès les premiers mètres ! Le cardio monte en flèche, il va vraiment falloir s’accrocher ! Après avoir rapidement quitté le village, nous nous engouffrons en forêt.

Il y a beaucoup moins de participants que sur la 6000D, ce qui nous permet de progresser à l’envie sur les sentiers, sans

Passage du Single

Passage du Single

être attaqués par des coureurs en bâtons. Les chemins sont techniques, ce n’est pas le moment d’avoir un moment d’absence sous peine de tomber dans le fossé.

Au bout de 7 km, les interminables montées font place désormais à des chemins plats, qui permettent enfin de courir. Ca fait beaucoup de bien !

Km 13, nous atteignons le premier ravito du col du Mont Cenis. Faisant suite aux conseils avisés de l’ami Raphy, je me ravitaille en salé en dévalisant une assiette de saucisson aux noisettes. Nous rencontrons au stand Rafion, lui aussi ambassadeur UT4M, que nous allons revoir fin août sur la version 160 !

Au fort de la Turra

Fort de la Turra

Nous nous attaquons à présent à l’ascension du fort de la Turra. La montée est très rude. Sur la fin, j’ai l’impression de faire de l’escalade tant je me sers de mes mains pour grimper ! Arrivée au sommet, il me faut quelques secondes pour reprendre mon souffle.

Nous apercevons pour la première fois le magnifique lac de Mont Cenis, juste derrière à nous. Nous contemplons sa belle couleur bleue turquoise et profitons de ce décor idyllique pour faire les touristes trailers et prendre quelques clichés.

A prendre herbe

Pas de la Beccia

Nous redescendons du fort sur des petits sentiers caillouteux avant de courir dans l’herbe. Les hautes herbes se coincent entre mes orteils, ce qui est une sensation forte désagréable.

Nous atteignons enfin le second ravito. Je ne m’y attarde pas trop, craignant que nous soyons trop short au point de contrôle du km 34 que nous devons atteindre à midi, tandis qu’Emir prend le temps de recharger ses batteries.

L’heure est à présent à l’ascension du fort de la Patacreuse dont le point culminant se situe au km 30 : Emir et moi cherchons en vain un édifice qui pourrait faire office de fort. Nous

Fort de la Patacreuse

Fort de la Patacreuse

longeons d’imposants remparts de pierre. Les paysages sont grandioses, nous en prenons plein les yeux !

Le temps passe et nous n’avons toujours pas vu la trace du fameux refuge du petit Mont Cenis indiqué au km 34. Nous comptions sur la descente après le fort de la Turra pour passer les quelques kilomètres nous séparant de la barrière horaire rapidement, mais le danger de ces chemins en pleine montagne va contrarier nos plans. Nous sommes contraints de marcher en descente : « Emir, j’espère qu’il est bien au km 34 ce point de contrôle car vu l’heure qu’il est, nous sommes au kilomètre près ! »

11h55, nous ne sommes toujours pas arrivés au point de contrôle et commençons à nous inquiéter sérieusement. Nous nous mettons alors à foncer ! Je commence à envisager le pire : être arrêtés à la barrière horaire à cause de quelques petites minutes de retard ! Un coup d’accélérateur, nous parvenons à atteindre le refuge du petit mont Cenis à 12h03 au lieu de 12h00. Patrick, adjoint directeur de course, nous permet tout de même de repartir : ouf, nous étions vraiment loin de la queue de peloton. Maintenir les barrières à midi aurait éliminé une grande partie des concurrents, dont la quasi-totalité des femmes (seules deux étant passées à midi, Carole étant la troisième à 12h03) ! Nous apprendrons en fin de course que la barrière horaire a finalement été repoussée à 12h30.

Nous ne nous attardons pas à ce ravito car Patrick nous somme de ne pas prendre notre temps. Nous repartons aussitôt, avec encore beaucoup d’adrénaline dans le sang. Cette sensation est assez désagréable car a vraiment perturbé notre moment de trail touristique zen le temps de nous remettre de ce coup de stress.

Avec surprise, nous récupérons la seconde féminine que je pensais être loin devant nous. Celle-ci nous a devancé aux alentours du km 5, avec une foulée qui m’avait laissée rêveuse.

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Col du Clapier

Le parcours jusqu’au col du Clapier n’est pas exténuant car plutôt plat. Nous croisons beaucoup de randonneurs, la plupart ayant la gentillesse de se décaler à notre passage et nous encourager. Nous rencontrons également des coureurs beaucoup plus avancés en train de réaliser leur-demi tour, dont la première féminine, très loin devant. Coureurs rapides et coureurs plus lents échangent et se motivent mutuellement lors de ces croisements occasionnés par le demi-tour. Nous vivons de beaux instants de solidarité inter-trailers.

Une fois le col du Clapier atteint (km 45), je me paye le luxe de dépasser la 2nde féminine (qui devient 3e !) et de faire la course avec elle. Pour être honnête, je suis consciente de ne pas pouvoir tenir le rythme très longtemps mais je suis assez flattée du fait que cette femme ait l’air de se sentir « en danger ». La vétérane finit par me dépasser définitivement. Un bénévole souhaitant nous prendre en photo, nous marquons une petite pause. L’écart entre elle et moi est désormais creusé.

Nous perdons ensuite 5 bonnes minutes à retrouver notre chemin du fait d’un balisage que nous ne jugeons pas très clair sur cette portion du parcours. Depuis le début la course, nous suivons des marques vertes au sol, conformément aux indications qui ont été données au briefing pré-course. Étonnement, nous nous retrouvons sur un chemin uniquement composé de marques jaunes ! Après échanges avec un coureur anglais, il s’avère qu’il n’y a pas d’autre chemin possible que celui sur lequel nous sommes. Nous continuons donc notre route hésitants avant de retrouver comme par magie les fameuses marques vertes.

Gerard Plaisance (58)

Refuge du Mont Cenis (2nd passage)

Nous finissons par regagner pour la seconde fois le refuge du petit mont Cenis au km 51 où Henry, qui se trouve sur place, nous explique qu’il avait indiqué sur une pierre située sur le parcours la mention « bâton jaune = bâton vert » . Nous devions donc suivre les indications jaunes. N’ayant pas vu cette fameuse pierre, nous n’étions pas au courant de cela. Henry, nous attendons ta bière ! 😉

Grâce à ma course avec la 2nde féminine sur près de 4 km, nous avons rattrapé notre retard est sommes dorénavant très larges pour arriver avant l’ultime barrière horaire.

Nous repartons, direction le col de Sollières. Quel soulagement une fois arrivés au col : c’en est fini de monter !

Col de Sollières

Col de Sollières

Nous en sommes au kilomètre 54 et les derniers kilomètres ont un profil de grande descente douce, très confortable et facile à courir.

Après avoir contourné de la montagne sur des chemins caillouteux, nous regagnons la forêt. Les 20 derniers kilomètres restant, bien que « reposants » sont assez monotones dans la mesure où nous courons sur de pistes larges (pistes de VTT ?), qui présentent bien moins d’intérêt en termes de paysages. Je constate que je me débrouille mieux qu’à la 6000D sur cette portion finale de route. Je tiens une vitesse de plus de 10 km/h, ce qui me convient à ce stade de la course. Pour mon plus grand bonheur, je n’ai eu aucun mal d’estomac. J’ignore si c’est le ravitaillement salé, mais merci à toi Raphy si tu as pu contribuer à ma forme physique du jour !

Deux heures de descente plus tard, nous arrivons enfin à Lanslebourg ! Après avoir longé la rivière avec le vent dans la face, fait le tour de l’ile aux Pirates, nous traversons des lotissements et parvenons à regagner Lanslevillard. Nous y croisons Xavier, qui, faute d’être arrivé avant la barrière horaire du 34e km, a été reporté sur la version 48 km de l’épreuve.

Nous apercevons au sol un marquage qui nous fait sourire : un petit smiley avec l’inscription « ARRIVEE ». La veille, nous nous étions dit que nous serions très heureux le lendemain en voyant ce marquage, car cela signifierait que la fin ne serait plus très loin !

Après avoir escaladé une mini-falaise faisant office d’épreuve finale, nous sommes encouragés par les supporters encore présents et apercevons le graal, la ligne d’arrivée ! Le speaker s’exclame : « Mais je les reconnais, ce sont les Lapins Runners ! Si je me souviens bien, ils s’appellent Sabine et Emir ! ». Je me mets à rire car ma soeur s’appelle Sabine et ça fait drôle qu’elle soit associée à mon Lapin.

Nous atteignons la ligne d’arrivée heureux, tout en n’étant pas exténués ! Le speaker m’informe que je suis effectivement la 3e féminine et 1re de ma catégorie ! Quelle joie !

Nos temps

Classement1

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Une bénévole nous accompagne au PC course où aura lieu ma « cérémonie de récompense ». Je suis gratifiée d’une médaille de kermesse, mais qu’importe, elle est très symbolique ! C’est la première fois que j’accède au podium scrach féminin ! Je remporte également un bon pour des remontées mécaniques à Val Cenis pour une journée, mais surtout un an d’abonnement à Jogging International !

Avec Annabel

Avec Annabel

Nous regagnons la mairie où a lieu le repas post course. Nous engloutissons goulument les desserts qui sortent de l’ordinaire (gateaux savoyard, tartes crumble au pomme et tarte framboise meringuée) tout en discutant avec les finishers du jour.

Les amis, c’est ainsi que se sont achevées nos vacances sportives. Nous sommes très heureux d’avoir fini ces deux courses dans de bonnes conditions, les avoir couru en minimalistes (pour Carole), avoir atteint nos objectifs, et avoir eu accès à un podium. Nous pensons être convenablement préparés pour aborder l’UT4M ! Bien sûr, la période de récupération jusqu’au 20/08 ne saura être passive, compte tenu du challenge incroyablement exigeant qui nous attend.

Nous remercions chaleureusement toute l’organisation de l’EDF Cenis Tour et l’équipe bénévole ! Mention spéciale Lapins à Annabel, Henry, Camille et Véronique !

Merci également à tous les bénévoles qui ont pris des photos de nous durant la course, lesquelles constituent à nos yeux de précieux souvenirs.

Merci à toutes les personnes qui nous ont encouragé sur le parcours, avant et après l’épreuve. Nous y sommes très sensibles et cela nous motive énormément à partager toujours plus.

Merci à toi cher lecteur, de nous lire et de nous soutenir. Nous espérons que tu seras inspiré par ces aventures, et que tu auras envie d’écrire, toi aussi, tes moments d’épanouissement dans ta passion.

MERCI !

MERCI !

La vidéo !

Rendez-vous à partir du 21 août pour THE challenge de l’année : l’UT4M 160 !

Logo Ut4M 2015

A très vite pour les prochaines aventures les amis ! Oh, et dernière chose : il se pourrait bien que des tests et un petit concours arrivent d’ici peu ! Nous vous éloignez pas trop 😉

Les Lapins Runners.

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Je suis un Ironman

Test d'équipementLes amis, pour ceux qui souhaitent le vif du sujet, veuillez zapper la partie ci-dessous et passer à la suivante. Pour ceux qui aiment l’exhaustivité, c’est un petit bonus introductif.

Episode précédent : –> ici <–

#Bonus Intro : la combinaison de natation

Juste avant de passer au vif du sujet les amis, et pour compléter rapidement l’intro, je dois vous parler d’une dernière chose : celle de la combinaison néoprène que j’ai utilisée. Un passage occulté en intro qui mérite tout de même le détour tellement il illustre le niveau d’improvisation et d’insouciance dont je sais faire preuve. Comme je le disais en partie 1, ce n’est pas que j’en sois fier, mais plutôt que j’ai besoin de mettre à plat cette expérience en toute transparence.

Un tout petit peu de théorie pour les moins initiés d’entre vous en triathlon. Pour la partie natation du triathlon, qui est la première des trois épreuves, le nageur doit porter, en plus de son équipement pour le vélo et la course (gauche sur le photo) une combinaison néoprène (droite sur la photo) selon les règles suivantes établies par la fédération français de triathlon.

  • température de l’eau <16° : combinaison obligatoire
  • température de l’eau 16-24°C : combinaison autorisée -> certainement ici que je me trouvais lors de l’Ironman
  • température de l’eau >24°C: combinaison interdite.

Les propriété de cette combinaison sont les suivantes : isolation du froid et flottabilité. Je compte énormément sur cette seconde propriété pour compenser mon manque certain de compétences en termes de natation. Pour moi, c’est grâce à la flottabilité de ce bel outil que je vais parvenir le jour J à bout des 3,8 Km pour la première fois de ma vie.

Le budget constaté pour en acquérir une correcte est d’environ 150€ chez décathlon (Nabaji) qui est environ deux fois moins chère que chez tout autre marque « plus connue » dans le domaine telles quelles que Aquaman, Orca, 2XU et j’en passe. Le prix globalement constaté est donc plutôt de 300 € hors décathlon. Pas de problème me dis-je, je ne vais pas mettre 300 euros dans une combi pour, a priori, un usage unique. J’opte donc pour l’option location. Je commence à me renseigner le lundi avant l’ironman, soit le 22. Résultats, les locations à Nice ne sont pas évidentes et me paraissent moyennement fiable. Les locations à Paris existent mais ne me donnent pas satisfaction et, pour le nombre de jour dont j’en ai besoin, et s’approchent du prix d’achat de la combinaison Nabaji citée plus haut. Je fais donc un appel au secours sur les réseaux sociaux.

 

HelpJe vous remercie tous pour votre mobilisation, ça m’a fait très plaisir. Je tiens à parler tout particulièrement de trois retours : Stéphane qui ne me connaît absolument pas, qui me propose de me prêter sa combinaison si je n’ai pas d’autres options. Steve qui me propose un RDV à Saint Cloud dans la semaine pour me prêter la sienne. Hervé qui, même après plusieurs moi de silence quant à ma prépa, n’a pas hésité une seconde à m’envoyer sa combinaison en colissimo.

Doué comme je suis, j’essaie la combinaison de Steve et déduit qu’elle est trop petite, alors que c’est bien la bonne taille (ce que je saurais après). Je mise donc sur la combinaison de Hervé qui malheureusement fait l’objet d’un avis de passage du facteur jeudi 25/06, ne me permettant de la récupérer qu’à partir du 26/06, alors que nous serons déjà à Nice… Je discute un petit peu à droite à gauche concernant la taille et m’aperçoit que la combinaison de Steve fera amplement le nécessaire. Je suis rassuré, voilà, je ne suis plus totalement tout nu. J’ai ce qu’il faut pour la partie natation !

Le jour J …

Le réveil sonne à 4h15 affichant la jolie description « Ironman de Nice ». Je crois que je n’ai pas assez de sommeil mais peu importe, je me lève immédiatement car je suis conditionné pour. Ce matin-là, je prends le temps :

  • 5 minutes le temps de réaliser qu’on est le jour J.
  • 5 minutes le temps faire un contrôle technique des plans physiques et mentaux.
  • 5 minutes pour constater que « ça va je suis bon ».

Je me suis préparé à ce moment-là : le moins de réflexions parasites possibles. Aujourd’hui, je ne suis pas là pour réfléchir ou avoir des doutes, mais pour exécuter.

Allez, je colle mes tatouages malabar « 526 » sur mon mollet et mon bras gauche, la scratch la puce chronométrique à la cheville gauche, je mange une barre de céréales et une pomme et je termine par un peu de facebook pour récolter de l’énergie.

A 5h nous sommes dehors et nous avons 2,5 km à pied pour rejoindre le départ. La ville est calme et le jour n’est pas encore levé. Pour gagner un peu de temps nous attrapons un tram dans le vieux Nice, rempli d’iromen et de supporters. J’entends un groupe supportrices : « je suis super stressée ! ». Je peux le comprendre, suivre des athlètes ce n’est pas de tout repos, loin de là. Surtout si on s’attache à les voir passer à des points précis parmi la foule en délire.

Nous arrivons au niveau du boulevard Jean Médecin, à proximité de la promenade et là, c’est le « drame ». Avec mes tongs sur les marches de pierres lisses et un employé municipal qui passe le tuyau d’arrosage, c’était inévitable. Je glisse et me casse la figure sur les marches. Ma fragile zénitude est totalement bouleversée. « Ah nan c’est pas le moment du tout là !! Nan n’importe quoi le tuyau d’arrosage à 5h30 du matin c’est pas possible fait &#!;@ ! J’ai pas que ça à faire de tomber !! ». Je suis grognon et ce que je raconte ne veut rien dire. J’extériorise autant que possible ce qui vient de se passer pour retrouver un tant soit peu le contrôle de mon flux de pensées, mon focus.

Nous arrivons à l’entrée du parc à vélo. L’atmosphère est tendue et concentrée, une vraie fourmillière. Nombre de triathlètes ont apporté une pompe à pied avec baromètre qui dépasse de leur sac pour un dernier regonflage. Moi, je n’ai rien, évidemment. A l’entrée du parc et sur un malentendu, je perds Carole dans la foule. Je l’appelle mais son portable est dans mon sac. A ce moment-là, ma zénitude déjà malmenée part complètement en vrille. Je panique, je voulais être avec elle jusqu’au bout. Après 4 coups de fils inutiles à un téléphone qui vibre dans mon sac à dos, je récupère un brin de cerveau et je me dis que Carole m’attend non loin de mon emplacement vélo. Je pénètre donc dans le parc à vélo et constate avec joie qu’elle est effectivement là. J’enfile la combinaison de natation, et applique la graisse dans ma nuque sur les conseils de Steve. J’enfile le bonnet Ironman et mets les lunettes sur mon front. Je regarde ma montre Tomtom Runner à moitié chargée : ce sera sans elle, je vais faire cet Ironman sans montre. Je sens la pression dans ma poitrine. Je fais mes au revoir à Carole et me met à suivre la foule.

Parmi tous ce monde en combinaison, je suis impressionné. Je focalise sur les gabarits mais fort heureusement, il y a de tout. Je fais la rencontre de Jean-André avec qui je discute quelques minutes. Jean-André vient également courir son premier Ironman et est fraîchement triathlète : « je n’étais jamais monté sur un vélo avant octobre » me dit-il. Cette petite discussion fait beaucoup de bien car j’en oublie la pression. Je chercher Carole des yeux sans trop d’espoir mais vu l’heure à laquelle nous sommes arrivés, les chances de bien se positionner sont minces. Nous sortons du parc à vélo en direction de la plage parmi les derniers et évidemment, pas d’échauffement possible pour moi qui arrive trop tard. Je me positionne dans dernier sas qui correspond à « plus de 1h25 » si mes souvenirs sont corrects. Compte-tenu de mes perfs à la piscine qui sont ma seule estimation valable de mon niveau, je table sur une petite séance aquatique de 2h.

Ca y est, je suis sur les galets. J’observe autour de moi, la foule en haut, la mer en bas. Une ambiance de folie. J’entends le speaker parler mais je ne discerne plus ce qu’il dit. Mes pensées se vident. Dans quelques secondes je vais m’élancer dans l’eau pour l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie. Je me remémore le film, De toutes nos forces. Le passage sur la plage avec les milliers de guerriers noirs aux bonnets bleus, s’apprêtant à affronter la mer. Lorsque j’ai vu ça pour la première fois j’ai pensé « ça doit être incroyable d’être là ! ». J’y suis, c’est incroyable.

Swim !

Lapin SwimLe top départ se fait au micro et je vois les athlètes autour de moi se lancer vers la mer. Je ne réfléchis plus et me lance à mon tour. Il est temps de concrétiser cet entraînement de natation, porté par la force du moment, l’état d’esprit propre à toute compétition. Sur les premiers mètres je vois les nageurs crawler la tête hors de l’eau, d’autres brasser, et d’autres exécuter des mouvements très lents de manière économe. Je suis surpris car, en bon touriste impressionné, je ne m’attendais à voir que des dauphins exécutant un crawl parfait. Je me remémore que je suis dans le dernier sas, que les dauphins ne sont pas ici. Je me remémore ce que me disait Hervé que j’ai pris pour mentor : « tu vas y arriver et tu seras loin d’être le dernier ». Je prends conscience que même sur la natation, je ne serai effectivement pas le dernier et c’est très rassurant. J’étais terrifié à l’idée de nager seul, totalement largué par tous. Je m’aperçois que je double des concurrents, ce qui a l’intérêt de me donner confiance en ma capacité à réussir mon swim. Je n’ai nagé que quelques centaines de mètres et je suis déjà confiant. J’essaie de ne pas m’emballer et de rester concentré. Tout est loin d’être joué. Je me concentre sur ma respiration que je veux fréquente, tous les deux temps (je sors la tête de l’eau tous les deux mouvements de bras).

Une autre crainte, me faire « nager » dessus par mes voisins dont les mouvements ne seraient aucunement atténués par ma présence à proximité. Cette crainte s’envole dans mon sas qui n’est pas des plus denses. La densité relativement faible permet de voir arriver les concurrents et s’en écarter si nécessaire. Dans la bataille, j’ai dû prendre et asséner quelques coups involontaires et me faire pousser une fois ou deux par mes voisins pas très contents de me voir m’approcher de trop avec ma trajectoire erratique.

De temps à autres et particulièrement quand je ne vois plus de concurrents, je lève un peu la tête pour comprendre où je me trouve par rapport aux bouées, qui nous permettent de nous orienter. Je m’aperçois que j’ai beaucoup de mal à nager droit. Contrairement à la piscine où je n’ai qu’à suivre la ligne droit devant moi dans le fond de la piscine, je n’ai aucun indicateur en mer.

A mi-chemin et à force de pousser très fort dans l’eau sous les effets de l’enthousiasme, je réveille une douleur à l’épaule gauche, du au déséquilibre de mon crawl approximatif. Je vais devoir finir avec, j’aurais tout le loisir de laisser mes épaules se reposer ensuite, et perfectionner mon crawl tranquillement en sortant de l’épreuve.

A 2,4 km, je sors de l’eau pour la première boucle. Je suis désorienté mais des bénévoles m’attrapent avec vigueur afin que je ne m’étale pas lamentablement. Je cours 20 mètres et je me relance dans l’eau. « Plus qu’1,4 km » me dis-je, « c’est quasi plié ! Tu te rends compte mon gars !! Allez reste concentré, tu vais y arriver ! ».

C’est reparti pour une première ligne droit où je m’éloigne pour la dernière fois de la côte. La prochaine fois que je m’en rapproche, j’en aurais fini avec le swim ! Du délire, plein de confettis dans ma tête. Plus j’avance, plus je lutte contre mon épaule récalcitrante. Je reste énergique car plein d’enthousiasme. Chaque fois que je pousse l’eau, j’ai l’impression de me rapprocher considérablement de cette première victoire. J’entame le demi-tour ! Avec ma technique de crawl qui veut que je ne sorte la tête de l’eau qu’à droite, je suis complètement ébloui par le lever du soleil. C’est un beau spectacle. Je compte les bouées restantes qui me rapprochent de la plage. Je me fais des petits jeux : « Je vais compter 100 mouvements de bras et lever la tête pour voir si je suis à côté de la bouée ». Je ne pensais pas qu’un Ironman pouvait avoir l’idée de faire ce genre de jeux puérils, mais j’ai une excuse : je suis pas un ironman, et je suis un débutant.

Wow, je commence à voir les galets au fond de l’eau ! Je suis tout proche ! Ca y est, mes pieds touchent le sol et je sors de l’eau. Je ne tiens pas debout et je me fais attraper une fois de plus les bras par les bénévoles qui me « lancent » vers le parc à vélo. Wow, je sens plus rien, je cours vite. J’enlève le haut de la combi en même temps que je cours. Je pense à Carole, y a-t-il la moindre chance qu’elle soit dans le coin ? Oui, je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est mais je pense que la grosse majorité des coureurs est déjà passée.

Et là, alors que j’ai la tête dans le guidon, j’entends Carole qui m’interpelle : « Emir, Emir t’es trop fort t’as mis 1h36 !! ». Je prends le temps d’un petit bisous et ça repart. Je suis à fond, ça me booste le mental car je monte dans ma propre estime et surtout, ça me donne confiance quant à mon passage des barrières horaires. Je ne sais vraiment pas comment je suis sorti de l’eau en 1h36 alors que j’ai zigzagué n’importe comment. Alors certes, c’est loin d’être de la folie, c’est même loin d’être bon, mais compte-tenu de mes points de repères en piscine, je suis très content. Mettons cela sur le compte de l’effet compétition !

Bike !

Je me dirige vers mon sac de transition et ni une, ni deux, j’y mets la combinaison, les lunettes et le bonnet. Première chose à faire, je m’imbibe de crème solaire avec générosité pour ne pas finir avec les bras, la nuque et le dos rôti et m’en souvenir trois semaines après. Ma souplesse légendaire ne me permet pas de couvrir la totalité des omoplates et des dorsaux (non couverts en totalité par ma tri-fonction Ceramiq Hawai), ça, je vais le payer, et cher.

Deux semaines après, ça pique

ca pique

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Allez, je suis en transe comme toujours après une bonne dose de piscine donc il faut que j’en profite. Je mets mes lunettes de soleil, mon casque (merci Pierre), quelques barres dans mes poches dorsales et direction le vélo sur lequel les chaussures sont déjà clipsées !

parc à vélo vide

Le touriste qui monte sur le vélo dans le parc à vélo

Moi qui avait peur de pas repérer le vélo, c’est au contraire très simple. Je ne suis tellement pas dans les bons que le parc est déjà quasiment vide. Comme un touriste que je suis et dans l’engouement, je le descends du tréteau et je monte dessus. Je me fais interpeller par un arbitre qui crie « NOOON ! ». Oula pardon, je n’ai pas le droit de monter sur le vélo tant que je suis dans le parc à vélo, c’est une règle de triathlon. Je descends et je fais rouler le vélo, en chaussettes, jusque la sortie du parc à vélo. Une fois la ligne réglementaire passée, je suis autorisé à monter sur mon magnifique véhicule de guerre. Là, je m’enflamme : j’ai envie de tenter un truc à la triathlète vu sur Youtube. Je tente de monter sur le vélo et mettre mes pieds dans les chaussures en même temps que je commence à rouler. Je m’aperçois que cette opération est à haut risque de chute donc je me résigne. Ce sera à l’ancienne, en déclipsant gentiment les chaussures des pédales et en recommençant tout. Comme me le fait remarquer un supporter à très juste titre : « t’es nouveau toi, fais pas l’con t’es pas à trois minutes près ! ».

Et hop je suis lancé ! Un peu d’émotion dans l’air, ça part tout de même pour la plus longue virée de ma vie sur un vélo que je ne connais pas depuis bien longtemps. On n’a même pas encore fait notre premier kilomètre ensemble, mais j’ai confiance en lui. Son aura me plait. Ca ne veut rien dire, certes. Le premier contact se passe impeccablement. Il est un peu petit mais je sens ma position bien meilleure que celle que j’avais lors des 9h de Longchamps, sur un vélo trop grand. Il ne me faut pas plus de 10 minutes pour comprendre que mon périnée va endurer l’épreuve la plus difficile de sa vie. La chamoisine de ma tri-fonction n’est pas d’une épaisseur folle, et la selle du vélo est d’une dureté semblable à une plaque de fonte.

Je n’ai pas de montre et donc aucune indication de mon kilométrage ni de mon temps total de parcours. Heureusement, j’ai un plan d’action haut de gamme : je ferai de mon mieux en tâchant de ne pas me cramer les jambes, sauf si je vois que je suis tout seul auquel cas je reconsidérerai l’idée de me cramer. Tant que je vois du monde autour, j’estime que je suis dans les temps.

J’en termine avec la Promenade des Anglais et traverse une zone industrielle. Pas de difficultés particulières sur le parcours pour le moment. Je n’ai pas l’impression d’être sur le vélo depuis bien longtemps, et je vois déjà le premier ravito arriver. Je fais la connaissance de ce qui deviendra mon ravito de prédilection jusqu’au bout de cette épreuve vélo : la Powerbar Energize goût cookies. La barre est dense, très sucrée, très bonne, très digeste. Je la mange puis absorbe un peu de boisson isotonique. Ce sera mon rituel à chaque ravito. Entre, rien de solide, uniquement de l’isotonique citron de chez Isostar contenu dans mes gourdes, puis après avoir supprimé la totalité de mes réserves, de l’eau et de l’isotonique Powerbar distribué dispos aux stands.

Les difficultés se pointent : je sors tout juste de la zone industrielle et là, une côte de la mort. Brève car j’en vois le bout alors que je l’entame tout juste, mais tellement raide que je me demande si je vais pouvoir la monter sans descendre du vélo. J’y arrive, bonne nouvelle, mais le cardio monte en flèche. Tu parles d’une entrée en matière ! Je vois un type sur le côté qui n’a pas réussi à la grimper. Je le remercie mentalement car il me rassure. J’arrive au bout de cette montée complètement dans le rouge, ce qui m’a déstabilisé. Je commence à craindre de voir cela de nouveau.

Dans les kilomètres qui suivent, je ne constate pas de difficultés particulières, je roule et je double de temps à autre. Je me fais doubler plus, plus rarement. Je veille toujours à ce que mes jambes ne soient pas en train de brûler : je maintiens un certain niveau d’inconfort car je ne suis pas en balade, mais sans chercher à donner de trop. Je sauvegarde ainsi mes muscles et mon mental pour la suite.

Je trouve particulièrement jouissif de doubler des vélos de guerre avec des cadres en alliage carbone d’origine extraterrestre alliant des prolongateurs lances-missiles de folie, des gourdes allégées et profilées au niveau du guidon pour boire en position aéro, des roues qui viennent tout droit des laboratoires de recherche de la NASA.

bikeLe marquage au sol m’indique « FINISH 120 Km ». Mes compétences en calcul m’indiquent que je suis au kilomètre 60 et je n’ai aucune idée du temps que j’ai mis pour les faire, mais il y a du monde autour de moi alors je suis satisfait. La fameuse côte en direction du col de l’Ecre, point culminant de l’étape vélo. Je repense à ce que Hervé m’a dit : « une fois que t’as passé le col de l’Ecre, t’as terminé ». Je n’ai que ça en tête : que va-t-il m’arriver ? Je commence à grimper, je descends les vitesses au minimum, comme tout le monde dans mon petit peloton épars, et je tache de mouliner tant bien que mal. Les ischios piquent, ils ne sont pas entraîner à la grimpe. Il fait très chaud mais ma température corporelle reste bonne. Je me dis que la tri-fonction Ceramiq fait vraiment bien son job et que je n’ai pas du tout à me préoccuper de ça.

Ca doit bien faire une vingtaine de minutes que ça grimpe sévèrement et ça ne semble pas s’arrêter. Tout à coup, je vois un marquage au sol insolite : une petite montagne dessinée avec l’inscription « 6 km ». Comment ? Je dois comprendre que le sommet du truc est dans 6 km ? Ahlalala je n’aurais pas du lire le sol. A ma vitesse actuelle, ça doit me faire une bonne demi-heure de grimpe ce qui n’est pas simple à encaisser, ni pour mon mental, ni pour mes fessiers sur la selle en titane.

Je rassemble des forces car c’est le moment de se donner. C’est pour ce moment que je suis là, pas pour les moments où tout est facile. J’alterne des phases en position danseuse pour la sauvegarde de mes fonctions de reproduction, et des phases assises, moins éprouvantes pour mes jambes. Bien que je sois concentré sur l’effort, je suis forcé de constater les magnifiques paysages montagneux et arborés qui s’offrent à moi. Velo IronmanJe regrette de ne pas avoir à disposition mon mobile pour partager des photos, ou encore ma fidèle Gopro pour immortaliser quelques images. J’essaie de temps à autre d’en profiter, mais je me re-concentre rapidement sur mon effort.

Plus que 1 Km m’indique le marquage au sol … allez on tient bon … c’est fait ! Un ravito tout en haut et je me prends une petite barre Isostar au chocolat avant de repartir, je l’ai bien méritée. A priori les choses devraient être plus simples maintenant mais il reste tout de même une belle grosse centaine de kilomètres.

Une vingtaine de kilomètres plus tard et après quelques montées et descentes, je fais un constat : ça commence tout de même à faire long. Pour la première fois depuis le début de ma course, j’ai des doutes. Il fallait bien que ça arrive. Est-ce que je suis correctement câblé mentalement pour venir à bout de 180 km de vélo ? A vrai dire, il y a deux choses qui me pèsent énormément :

  • Les douleurs au périnée violentes depuis le kilomètre 40, atroces depuis le kilomètre 60 que je vais devoir supporter jusqu’au bout. Comment font les cyclistes, les triathlètes sérieusement ? Je ne vais plus sentir mes parties pendant au moins un mois après ça !
  • Les échauffements des ischios lors des phases de grimpe. Je suis en train de m’improviser cycliste grimpeur alors que j’ai à mon actif une expérience de même pas 180 km au total sur vélo de route, et pas la moindre grimpe.

Je passe outre cette phase en sortant mon kit de survie mental que j’avais pris soin de préparer pour ce moment dans un petit coin de ma tête. Mes trois armes ultimes :

  • Le soutien des proches : Je ressors tous les messages de soutien de ma tête : famille, amis, sur le blog et les plateformes sociales. Toutes ces personnes qui doivent être en train de regarder mes temps de passage sur le site en étant enthousiaste à chaque checkpoint que j’arrive à franchir. Toutes ces belles images, ça vaut mieux le coup que je m’accroche et que je leur rende ce qu’ils m’ont donné.
  • L’auto-coaching : Ca fait un an que ce moment doit arriver, c’est aujourd’hui que je dois tout donner. Rien que le fait d’être là justifie de se violenter, rien que ce qui est déjà derrière ! Bien sûr que j’ai le mental, j’ai pas de place pour laisser rentrer des idées comme celle-ci. C’est juste un moment de faiblesse, mais franchement physiquement, ça va tu t’en sors.
  • Dernière arme et non des moindre : les jeux à deux balles. « 1,2,3,4 en danseuse et 1,2,3,4 sur la selle ». « Allez jusque l’arbre là-bas en danseuse 1,2,3,4 et en fait non le prochain arbre 1,2,3,4 ».

Les paysages de l’arrière pays niçois sont magnifiques, j’aurais aimé pouvoir vous les montrer. Je n’en profite cependant pas beaucoup car je suis vraiment dans l’inconfort et me focalise sur mon effort. Ma position sur le vélo commence à être difficile à tenir : douleurs au périnée, douleurs à la nuque en position .

Il y a un truc auquel je ne peux pas m’empêcher de penser. Tu vas me prendre pour un fou mon ami et tu auras bien raison : je ne sais pas démonter et changer un pneu. Si jamais je crève, je suis carrément dans la mouise. Si cela m’arrive, je vais devoir apprendre sur place à changer une roue. Je compte sur la chance pour ne pas me faire vivre cette épreuve dans l’épreuve.

Au kilomètre 120, le parcours comporte un demi-tour, ce qui me permet de me situer à peu près par rapport au autres. C’est une partie de faux plat qui m’est difficile, le moment le plus difficile de ma course peut-être sur le plan mental. Cela aurait pu s’empirer mais non !

Peu après, des descentes à perte de vue ! Les jambes deviennent facile, je lâche tout comme un gamin : vitesse et plateau à fond et en mode danseuse. Je dois être à 45 km/h sans forcer et ça me fait du bien ! A ma grande surprise je double énormément. Mes concurrents semblent avoir peur de lâcher les chevaux en descente ? Pourquoi ne foncent-ils pas ? Je n’aurais pas la réponse mais je m’imagine que c’est pour éviter les risques d’accidents que cela comporte.

back from bike

180 kil de vélo pliés pour la première fois de ma vie

Les descentes continueront comme ça pendant une vingtaine de kilomètres qui passent très vite, jusqu’à ce que je retrouve la zone industrielle de l’aller. Je m’en suis donné à cœur joie et c’était un réel plaisir de dévaler ces descentes à fond les ballons : sensation de vitesse et d’efficacité, pas de douleurs musculaires, mental boosté par le fait d’avaler des kilomètres rapidement, fin de la partie vélo qui approche.C’est quasiment bon maintenant, j’y suis presque. Ces 180 kil de vélo sont presque faits, mes fessiers vont pouvoir se reposer tranquillement et ce sera un soulagement absolument salutaire. De retour sur la Prom, je vois de l’effervescence au loin, mais qu’est-ce ? C’est tout simplement le marathon qui est là ! Les gens qui ont commencé l’épreuve depuis un moment déjà et qui font leur demi-tour au niveau de l’aéroport. Il ne me reste plus que 5 kilomètres ! Allez ça vaut le coup de brûler un peu de cuisseaux pour aller au bout plus vite. Purée, je viens de les faire ces 180 kil, je suis en vie et je vais bien. Il me semble que je suis en avance par rapport à ce que j’avais prévu. Mon niveau de confiance remonte en flèche ! Donnez-moi la suite !!!

Et Run !

run

C’est parti pour un marathon en 4 allers-retours

Carole m’accueille et c’est un énorme plaisir de la voir juste avant de pénétrer dans le parc à vélo. A l’inverse de l’épreuve de natation où tous les vélos étaient partis, là tous les vélos sont revenus ! Je pose mon vélo, je bois un peu d’eau et je fais ma transition aussi rapidement que possible. Running Mizuno Wave Rider 18 aux pieds, casquette, buff Ceramiq et lunettes et go for it !

Un peu d’auto-coaching s’impose : « Maintenant que ça c’est fait mon gars, t’es en terrain connu. T’as pas gagné, mais t’es pas super loin. Certes c’est un marathon, pas un petit footing mais tu vas le faire maintenant. T’es pas venu là pour renoncer, t’es pas venu là parce que c’était facile. Maintenant que t’es là t’es presque finisher, tu peux plus te louper ! ». Autre point qui me remonte le moral, je suis à proximité de la ligne d’arrivée maintenant (même si je vais devoir graviter autour) et non plus au milieu de la montagne.  Je vais pouvoir voir Carole environ une fois par heure !

Un petit bisous à Carole qui m’attend de l’autre côté de la grille et voilà qu’on se fait interpeller par une bénévole : « eh vous n’avez pas le droit, normalement vous devriez être disqualifié ! ». Hmm, j’ai vraiment un problème avec ce genre de règles. Je ne suis pas d’accord, je ne vais de toutes façons pas être mieux classé ou avoir un « slot pour Hawai » parce que j’ai embrassé ma femme, ça n’a pas de sens. Bref, elle m’a un peu remonté cette bénévole (qui fait pourtant son travail), je vais aller me défouler en courant. Je m’aperçois avec surprise que les jambes répondent bien. C’est comme si les muscles sollicités par la course à pied n’était vraiment pas les mêmes que ceux que j’ai usés pour le vélo. Alors certes je ne suis pas tout frais non plus et ne ferai pas mon meilleur marathon, mais je suis optimiste quant au fait que je vais l’encaisser sans trop de problèmes. Allez, je me lance à une vitesse de croisière que je détermine au hasard car je n’ai toujours pas de montre. Et là surprise, je double tout le monde, je suis on fire !

Le parcours est composé de quatre allers-retour sur la Promenade des Anglais. A chaque aller-retour, le coureur obtient un bracelet coloré : vert, puis rouge, puis bleu. Une fois en possession de ces trois bracelets, le coureurs peut arrêter de tourner en rond et prendre la direction de la finish line ! Sachant cela, je m’amuse à regarder à quel point je suis à la bourre par rapport aux gens qui courent sur la Prom à la couleur et au nombre de bracelets à leurs poignets. Sur les premiers 10, je ne vois quasiment personne qui comme moi, n’a pas de bracelet. Je vois beaucoup de gens marcher, mais eux sont au semi ou au trentième. Je me dis que je marcherai peut-être moi aussi, à ce moment-là.

J’arrive au 5e au niveau de l’aéroport pour mon premier demi-tour, et je double toujours abondamment. Ça fait plaisir mais combien de temps est-ce que je vais tenir ?

 

Pour varier un peu le rythme de ce récit, abordons quelques thèmes.

Le parcours

Promenade RunLe parcours est une ligne droite de 5km à parcourir … 8 fois … sur la belle et célèbre Promenade des Anglais de Nice, entre le monument du Centenaire et l’aéroport. Le long de la promenade l’ambiance bat son plein avec supporters, les passants, les touristes et les passants touristes reconvertis en supporters. Tous les 1,7 km est placé un ravitaillement donc autant dire tout de suite qu’on ne risque pas de manquer de grand chose. Des douches sont également positionnées le long du parcours et permettent aux coureurs de se rafraîchir, sous ce soleil de plomb.

Gestion de la température, sous ce soleil de plomb

J’ai croisé quelques confrères de tri-fonction Ceramiq et autres marques qui ouvraient complètement leur vêtement, probablement pour la gestion de leur température corporelle. Personnellement, je n’en ai pas du tout eu besoin, la combi a maintenu ma température à un niveau idéal tout au long de ma course sans que je n’ai besoin d’y toucher.

Ceux qui me connaissent savent que je ne supporte pas d’avoir les pieds trempés, j’ai donc fuis les douches du parcours comme la peste. En revanche, j’imbibais mon buff avec des verres d’eau à chaque fois que j’en avais sous la main.

Mes ravitaillements

Contrairement à la partie vélo où j’ai tourné comme une horloge avec prudence en prenant une barre à chaque ravito, je savais bien que je n’en aurai pas besoin sur la partie course à pied. Je n’ai pas forcé. J’ai consommé un gel powerbar au premier ravito puis pratiquement plus rien de solide si ce n’est un petit Tuc de temps à autre pour tâcher de lutter un peu contre le goût sucré totalement ancré dans mon palais. La digestion du solide est également beaucoup plus difficile pour moi en course à pied qu’en vélo, il était donc imprudent de « trop charger ».

 

Au semi, la difficulté se fait ressentir. Je pense à marcher mais je réfléchis. Voici ce qu’il se passait dans ma tête : « l’objectif de base c’était de finir. Maintenant c’est sûr, à ce rythme-là je vais finir cet Ironman. B#&!%l, je vais être Ironman même si je ne fais que marcher. Mais franchement ce serait du gâchis car mon corps peut continuer en courant, sans marcher. Je suis fatigué mais je n’ai pas de douleurs, mon corps est en train d’encaisser le truc sans trop broncher. Je ne vais tout de même pas marcher et « gâcher » un éventuel chrono parce que j’ai eu la flemme de faire tourner mon mental à bloc. C’est un P#@*%n de grand jour aujourd’hui alors tu vas me faire le plaisir de ne pas marcher tant que tu en es capable. Merci. ».

C’est ainsi que je reprends l’une de mes armes favorite. Si tu as lu jusque-là tu la connais maintenant … oui, tout à fait … les jeux de gamin ! « Allez lui je le double et ensuite je marche… C’est bon mais en fait je marche pas, je m’arrêterai au ravito là-bas prendre un Tuc … ah lui il a les mêmes bracelets que moi, si je le double je gagne une place !! … Ohlala je double trop là je crois que je suis bon, allez je prends ces deux-là avant le ravito du fond ».

A chaque tour, je croise Carole qui me redonne de l’énergie avec de beaux encouragements et qui immortalise l’instant. Ça fait du bien et tout est bon à prendre pour moi. J’ai hâte de la rendre fière ! Je croise également Mary parmi les supporters qui est notre hôte Aribnb, venue m’encourager. Franchement, Airbnb et son côté humain, ça fait plaisir. Enfin, je croise également Yohann qui mitraille tout ce qui bouge, venu immortaliser l’événement.

Lorsque j’obtiens mon troisième bracelet, le bleu, je croise Carole et je lui dis que je vais marcher car ça devient vraiment difficile. Finalement, je fais un bras de fer contre moi-même : j’ai envie de marcher mais je n’en ai pas besoin. Je peux faire sans alors je vais faire sans, quitte à morfler un petit peu. Je ne suis là qu’une seule fois, je peux bien supporter tout ça, le jeu en vaut la chandelle, la famille et les amis seront fiers !

Et voilà, j’aperçois la finish line, ça va être mon tour de passer en dessous !! J’accélère … et oh, non … le type devant moi a amené toute sa famille en plein milieu du parcours, qui occupe toute la largeur du premier arche « Finish Line ». Non mon gars, tu peux pas me faire ça je suis en feu, je vais être Ironman !! Je passe tant bien que mal sur le côté moyennant un léger coup d’épaule involontaire. Je m’en veux légèrement d’avoir fait le sauvage mais ce moment est trop bon pour que je me fasse couper les jambes par des supporters en vadrouille sur le champ de bataille. Et voilà c’est le tapis rouge, il est là. Je ne sens plus rien si ce n’est l’instinct du sprint final. Je connais cet instinct, il me transforme. Je n’entends et ne vois presque plus rien, je sens mes traits du visage se déformer, je ne sens plus aucune douleur musculaire mais mon corps accélère, faisant abstraction de tout le reste. C’est à moi de franchir la ligne ! J’aperçois le chrono au dessus de l’arche qui indique 13h14 et des poussières, c’est de la pure folie ! Je passe la ligne, j’ai terminé… Je suis Ironman.

« Wow, je suis Ironman alors, c’est ça que ça fait, c’est à dire … pas grand chose ? ». Sur le moment, on me donne une grosse médaille que je regarde à peine accompagné de félicitations quelques peu froides. Aux yeux des bénévoles, je ne suis un finisher parmi les autres, le 526. Je voudrais pouvoir te dire que la sensation du moment était folle, mais non mon ami, ce n’est pas comme ça que je l’ai vécu. L’euphorie n’est venue bien après, quand j’ai pu retrouver Carole, quand j’ai pu réaliser tout ce qui s’était passé, à quel point tout ce qui m’a mené vers la fin de cette épreuve a été grand et beau, quand j’ai réalisé tout le monde qui était présent et a pensé à moi avant et pendant mon épreuve. Réaliser tout ça mon ami, c’était de la pure folie, un bonheur qui est difficile à expliquer. Être Ironman pour moi n’a de sens que parce que j’ai partagé ce moment avec vous.

Finisher Ironman

 

Mes temps

Résultats ironamn

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Je suis Ironman, et maintenant ?

De retour à Paris, je suis gonflé à bloc. Je ne pensais pas que ce serait le cas mais, le triathlon, je vais y rester, au moins ponctuellement. Maintenant que j’ai mis les pieds dedans, je ne vais pas repartir de si tôt. C’est l’une des épreuves les plus belles et exigeantes qu’il m’ait été donné de faire, et j’ai bien l’intention de recommencer ! D’autant plus que maintenant, je sais que je sais faire et que j’ai une marge de progression dans le domaine.

Au delà du tri, je suis également plein de confiance en moi, en mes capacités physiques et mentales, à réaliser de grandes choses. De beaux et grands ultras attendent Carole et moi cet été, dont le point culminant sera l’UT4M, et je suis motive à bloc pour boucler ce défi extrêmement exigeant.

Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir dire que je suis un ultra traileur, un ultra marathonien et un ironman. Maintenant je peux donner ma réponse à cette question étrange posée en intro : l’ironman est-il plus difficile que l’ultra ? Ma réponse est non. Mon constat : l’ultra emmène dans des états physiques et mentaux qui, à mon sens, sont plus difficiles à gérer que l’ironman. L’ironman casse le rythme, casse la monotonie par le fait que l’on passe des jalons bien définis : Swim, T1, Bike, T2, Run. A chaque étape, on peut se raccrocher à la suivante pour « casser » la lassitude, et surtout laisser tranquille le groupe musculaire détruit lors de la précédente phase. L’ultra, c’est s’attaquer les jambes et le dos du début à la fin, faire subir à son corps des chocs répétés et identiques pendant de longues heures, c’est parfois devoir « survivre » à une nuit d’efforts. C’est donc à mon sens plus difficile.

Les amis, je vous remercie infiniment d’avoir été présents pour moi, de m’avoir suivi et soutenu. Cela a été extrêmement précieux pour moi, vous avez forgé ma motivation, forgé mon mental par votre présence. Vous étiez un levier considérable et incontestable de ma performance ce jour-là. Vous faisiez partie de moi ce jour-là. Vous avez fait, chacun à sa manière, en sorte que je réalise ce rêve. Merci infiniment.

La vidéo

Le mot de la fin

Les amis, sentez-vous libre de commenter, de me poser vos éventuelles questions auxquelles je me ferai une grande joie de répondre. Si cette expérience vous inspire, sachez que j’en suis infiniment ravi.

Si éventuellement, je peux vous apporter quelque chose, dissiper vos barrières ou votre crainte de l’inconnu, vous permettre de vous lancer et atteindre vos objectifs, je suis à votre disposition. Les amis, je vous souhaite de vous épanouir, d’atteindre vos objectifs et de vivre vos rêves. Je vous souhaite de vous lancer même dans ce qui peut vous sembler, à première vue, inaccessible. Les amis, ce n’est pas l’inertie qui va conduire votre vie à l’enrichissement, c’est l’action. Ce n’est pas dans votre zone de confort que vous construirez vos souvenirs les plus inoubliables, c’est en dehors. Ne tergiversez pas pendant des années pour vivre vos rêves en attendant « d’être sûr d’être prêt », lancez-vous, et vous ferez en sorte d’être prêts.

A très bientôt pour de nouvelles aventures les amis, et des bisous à tous !

carottes petit

Je suis un Ironman – Intro

lapinronmanC’est vrai les amis, j’ai la fâcheuse tendance à ne pas rentrer immédiatement dans le vif du sujet. Mais il faut me comprendre, quand je m’apprête à vous faire part de quelque chose d’énorme qui me tient vraiment à coeur, j’ai des envies d’exhaustivité. J’ai envie de vous faire part de tout depuis le commencement. Sans plus attendre, c’est parti pour ce récit en plusieurs étapes intitulé de manière originale : je suis un Ironman.

Episode suivant : –> ici <–

La naissance du rêve

L’histoire remonte à plus d’un an alors que Carole et mois nous sortions d’une séance de cinéma. De toutes nos forces, c’était le titre du film. En pleine ascension dans notre carrière sportive, et avec un goût toujours aussi prononcé du « toujours plus loin », nous nous sommes dits : un jour ce sera nous les ironman ! Une fois rentrés à la maison, nous écrivions notre critique du film, et l’idée mûrissait déjà dans nos esprits. C’était la suite presque « logique » de notre course à la démesure. Et là j’ai prononcé : « Carole, j’aimerai être un Ironman ». Un véritable rêve m’était apparu. Celui d’incarner l’athlète complet, l’athlète polyvalent, solide physiquement et mentalement, qui ne recule devant rien armé d’une détermination de fer. Affiche De Toutes Nos ForcesPuis venait mon anniversaire, celui de mes 25 ans. Vous devinez la suite ? Carole m’offre mon inscription à Nice 2015, le 28 juin. Carole, c’est mon moteur depuis le début des Lapins Runners, depuis notre rencontre. Mon moteur et mon stimulant le plus puissant, celui qui m’a permis de m’accomplir et m’épanouir dans le sport.

T’imagines, l’Ironman, j’ai su que j’allais le courir un an en avance. Alors j’ai bien commencé à regarder comment m’entraîner, glaner des infos à droite à gauche, recherché des plans d’entraînements tout excité de ce que j’allais faire. Mais cette euphorie est retombée car je ne palpais pas l’événement un an avant. C’était sûrement trop loin, je ne réalisais pas. Je me disais que j’avais le temps de m’entraîner. Je me disais que j’allais me concentrer sur nos objectifs intermédiaires en course à pied, et que j’entamerai la préparation « plus tard ».

Prise de conscience

Et HOP là ellipse temporelle. Nous sommes début mai 2015, dans le covoiturage avec le coach Buge pour aller au marathon de Poitiers Futuroscope. Vient je ne sais comment la discussion : « au fait c’est quoi les barrières horaires pour l’ironman ? »…

Remontons un tout petit peu avant. J’ai bien essayé de m’y mettre en février, mais je n’ai pas « réussi ». De février à mai, j’ai vécu une période  de relâche sur le plan sportif, puis un craquage complet au trail Yonne lors de mon abandon. J’avais pris beaucoup de poids, j’avais perdu confiance en moi et j’étais moralement au plus bas. Bref, disons que cela fait partie de la vie du sportif, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Revenons à cette grande question : « les barrières horaires de l’ironman » ?

  • Natation : 2h15. Que suis-je capable de faire en piscine ? Au mieux 1 km en 30 minutes après quoi je suis complètement sec. Oh là, mais ça craint en fait ?
  • Vélo : 8h15. Que suis-je capable de faire en vélo ? En fait j’en sais trop rien, je ne connais que mes vitesses moyennes en VTT dont j’ai un (vieux) passif assez fourni. Si on tient compte du dénivelé, des arrêts ravitos, ça va donner quoi ?
  • Marathon : 5h30. Bon ça je connais, mais est-ce que je connais ce que sait faire mon corps après 180 km de vélo ? Bien sûr que non je n’ai jamais fait ça de ma vie.

Présentation1 - PowerPoint_2Et là mes amis, mon cerveau a sérieusement commencé à comprendre ce qui lui arrivait dans la tête (si je puis dire). En réaction, il m’a relâché une dose d’adrénaline comme je n’en ai pas beaucoup eu au cours de ma vie. En une demi-seconde, j’ai tout ça qui défile : « ma femme m’offre de réaliser mon rêve, j’attends un an pour commencer à comprendre qu’il faut que je prépare sérieusement tellement je suis un légume, et maintenant qu’il est peut-être trop tard je comprends qu’il faut m’entraîner sérieusement pour concrétiser ça ? Mais quel #@3&!é » !! ». Ce que je m’en voudrais qu’il soit trop tard et que je n’ai plus le temps de préparer mon corps !

C’est donc là que je prends conscience, le point de départ réel de la préparation. Plus question de louper une seule séance de piscine et il est temps d’entamer un suivi diététique rigoureux pour un affûtage optimal. Sur le vélo particulièrement et sur le marathon le jour J, je n’aurais pas besoin de kilos en trop à transporter entre le départ et l’arrivée. J’ai besoin de masse efficace uniquement. Il est grand temps de construire tout ça.

Cette partie qui précède, je suis loin d’en être fier. Si je vous raconte ça mes amis, c’est parce que je souhaite être transparent dans mes récits, et pouvoir retrouver cette histoire authentique plus tard, tel un journal qui retrace des erreurs et rappelle des leçons. Je suis conscient que beaucoup se préparent pendant des mois spécifiquement pour ce type d’épreuves, et que moi, j’ai pris les parties natation et vélo à la légère. Vraiment pas malin, je vous l’accorde complètement.

A 15 jours de l’épreuve

15 jours avant, je vois concrètement l’Ironman s’approcher à grands pas. J’ai fait avec l’ami David les 9h de Longchamp à vélo début juin qui se sont révélées très enrichissantes, tout en n’étant pas spécialement rassurantes. J’ai beaucoup appris sur le monde du vélo et c’était beau à voir. Cela dit, j’en ai surtout gardé le souvenir d’avoir morflé un max et d’avoir été doublé à tout bout de champs. J’ai aussi réalisé que ma vitesse moyenne sur un vélo de course (certes un peu trop grand pour moi mais ça ne change pas grand-chose), n’était pas de 40 km/h. Sans blague me diras-tu, à juste titre. Je débarquais vraiment de nulle part.

Peu après, je vous ai appelé à l’aide sur le blog et vous avez répondus présent, comme toujours. Vous m’avez réconforté, vous m’avez suivi et encouragé, et ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai mis tout cela dans un coin bien précis de mon cerveau, pour agir comme le ravitaillement mental ultime le jour J.

Pendant cette période, je n’ai pas fait d’excès dans mes repas. Je n’ai pas loupé une seule séance de piscine. La pression est un moteur puissant. J’ai eu besoin de la palper sérieusement pour commencer à me bouger, j’ai toujours été comme ça. Sauf que parfois, je me suis cassé la gueule parce qu’elle est survenue trop tard. Ma hantise pendant les 15 derniers jours était là : me suis-je réveillé trop tard ?

Comme un Lapin freestyle / à l’arrache que je suis, je me réveille évidemment à la dernière seconde pour mon équipement. Trois jours avant, je n’ai ni vélo, ni tri-fonction, ni wetsuit (combi néoprène de natation pour la pleine mer). Les budgets nécessaires pour chaque me rebutent à l’idée d’acheter, car à cet instant de l’histoire, je suis loin d’être convaincu que j’ai le potentiel et l’envie pour continuer dans le triathlon. Je vais donc remercier infiniment pour l’équipement, et les conseils de dernière minutes : Pierre, Steve, Hervé, Kamila (Agence Epic), Seb et Carole évidemment. Je reviendrai plus copieusement à ces remerciements en temps voulu.

Direction Nice !

Village départNous sommes jeudi 25 et je quitte le boulot plus tôt pour aller nager une dernière fois à la piscine de Noisy-le-Grand. Ce sera 90 longueurs en une petite heure si mes souvenirs sont corrects. Je vous épargne le calcul : 2,250 m. Je suis plutôt rassuré en termes de timing car je sais que j’en avais encore un peu sous le bras. Cela dit, ma « technique » de crawl apprise en autodidacte à l’aide de Youtube et d’huile de coude, est très loin d’être parfaite. Non seulement je fais une utilisation approximative des jambes et je ne respire que d’un côté mais mes mouvements m’usent un bras plus vite que l’autre… Il faudra faire avec.

En rentrant à la maison, préparation du sac et direction le covoiturage de nuit pour Nice ! Je demande à Carole de m’aider car ma lucidité commence à se faire sérieusement la malle. Tout est là, sauf les oreilles de Lapin, mais je ne m’en rendrai compte que trop tard.

Lendemain matin, Nice, vendredi 26. Ouf, il me reste encore un jour avant le moment fatidique. Direction le logement AirBnb chez Marylin, puis journée formalités : visite de la ville, retrait des dossards, visite du village de l’Ironman. La pression monte. Je vois des machines humaines affûtées partout. Ma vision de la réalité est déformée et je me mets à me fier à des apparences : j’ai l’impression de ne voir que des athlètes de guerre dans la rue et je me demande ce que je fais là. Allez, ensemble et en vidéo, direction le retrait des dossards !

 

S’en suit une visite du village Expo, notre premier village de triathlon et non des moindres ! Une bonne partie de la Promenade des anglais est aménagée avec chapiteaux de sport des plus grandes marques du domaine.

Cette visite très intéressante fera l’objet de deux vidéos bonus en cours de réalisation à l’instant où ces lignes sont écrites (02/07).

Vendredi soir, vient le moment du briefing de course avec le Welcome Diner. Chez Ironman, on n’accueille pas les athlètes à moitié ! Au programme, dans le cadre très plaisant et spacieux du Parc Phoenix de Nice, un buffet à volonté avec des plats énergétiques de qualité : salades composées, fromages, féculents (pâtes de plusieurs types avec divers accompagnements, riz noir à la fêta et aux légumes, lasagnes, pain aux graines, et fruits frais à n’en plus pouvoir en guise de dessert ! Une petite vidéo est nécessaire pour vivre avec nous le moment :

Nous sortons de ce dîner totalement rassasiés, en ayant presque tout compris au briefing. J’y apprends énormément de choses. En bon touriste que je suis, il et nécessaire de me rappeler / m’apprendre les règles de base du triathlon et cet objectif est pleinement atteint. Il vaut mieux que ce soit les cas, des arbitres de la fédération française de triathlon seront présents en très grand nombre le jour J pour s’assurer du strict respect du règlement.

IRONMAN J-1

Après une longue première journée à Nice, nous voici sur la dernière ligne droite de cette préparation. Des formalités très importantes sont à régler en cette veille de course :

  • Un test de natation en pleine mer, parce qu’il vaut mieux ne pas découvrir la sensation le jour J
  • La location du vélo qui me servira de monture pour les 180 Km
  • La préparation des « street wear » et de transition T1 : Swim -> Bike et T2 : Bike -> Run
  • Le check-in incluant le dépôt des sacs et du vélo et le retrait de la puce de chronométrage

Une liste de tâches concrètes et indispensables pour prendre le départ, de quoi s’imbiber de pression et d’adrénaline comme il se doit. La journée commence !

Matin, un petit running jusqu’à la mer avec la combi dans le sac à dos Ironman. Arrivés à la plage, je m’équipe de la belle combinaison (merci Steve, encore une fois) et je me lance dans l’eau.

Objectif : me familiariser avec la nage en mer et me rassurer sur le fait que je sais faire. Vidéo time. Ne vous étonnez pas si je fais la grimace : premièrement je n’ai pas de lunettes de soleil, et deuxièmement je n’ai pas super bien encaissé ce que j’ai ressenti.

Les dés sont jetés, le première fois que je ressortirai de l’eau, ce sera après les 3,8 Km de natation. La concrétisation des centaines de longueurs faîtes à la piscine de Noisy-le-Grand. Pour décompresser un peu, une petite visite piétonne de la ville et un petit bar à salade. L’heure du check-in approche. Nous rentrons et allons chercher le le superbe vélo de course entrée de gamme chez Holidays Bikes. Il n’y a plus de modèles en carbone (tous de sortie) mais il reste un modèle entrée de gamme, en alu, taille XS. Il est fait pour moi. D’une part ce vélo me paraît amplement suffisant compte-tenu de ce que je m’apprête à en faire, et d’autre part le gérant accepte de nous le louer que pour une seule journée au lieu de deux : du samedi soir à 17h, jusqu’au lundi matin à 9h. Impeccable, ma partie vélo me sera donc revenue à :

  • 26 € de location de vélo
  • 5 € de location de pédales Shimano, compatibles avec mes chaussures et mes cales
  • 5 € pour un porte-bidon supplémentaire acheté chez Go Sport
  • 0 € pour les réglages de la hauteur de selle
  • 0 € pour le kit crevaison et la pompe généreusement prêtés par Holiday Bikes
  • Et pour reprendre une pub de bon goût : courir son premier ironman avec un vélo « holiday bikes », ça n’a pas de prix.

2015-06-27 18.16.33

Et voilà, 18h. Il est temps d’aller déposer mon vélo et mes sacs de transition dans le parc à vélo. Je suis carrément stressé. Il n’y a que des vélos de guerre et des Terminator. Je fais mine de ne pas être intimidé, mais ça commence très mal. Une arbitre FFTri m’accueille, prend mon vélo, touche le guidon et dit : « il manque un bouchon, vous ne prenez pas le départ ». Je sais pas trop comment le prendre, je crois à une blagounette « ahah, vous m’avez bien eu ! ». « Je suis sérieuse monsieur, ça fait partie des règles du triathlon, pas de bouchon, pas de départ ». Puis, elle attrape un bouchon de bouteille en plastique et du scotch et bouche le trou de mon guidon. Repas ultime« Votre ceinture porte-dossard, bien trois points d’accroche ? Oui. Ndlr : Merci Steve, tu m’as encore sauvé la mise. C’est bon vous pouvez y aller ». Parc à véloMerci, ça valait le coup de m’inquiéter. Je pénètre dans le parc à vélo comme un bleu et je vais à mon emplacement : 526. Je clipse mes chaussures sur mes roues parce que j’avais vu sur Youtube que les pros faisaient ça. J’essaie de déposer le vélo sans succès. Mon voisin m’aide à caler la selle sur le tréteau de mon emplacement. Je dis au revoir à mon vélo, je prends mes sacs de transitions et j’avance. Encore comme un bleu que je suis, je m’étonne : pourquoi les sacs de tout le monde sont blindés alors que les miens sont presque vides ? Sérieusement pour T1, j’ai des lunettes de soleil, mon casque de vélo et une crème solaire. Il faut quoi de plus ? Pour T2, j’ai des running et une casquette. J’ai peur d’être passé à côté d’un truc important. J’ôte ces idées de ma tête et je m’en vais. Il est temps d’aller prendre le repas ultime avec ma femme, avant de rentrer dormir. Demain, c’est le grand jour. Il faut bien dormir et se réveiller avec les crocs acérés et la détermination la plus solides dont j’ai sur faire preuve. C’est le moment de rassembler tous le bagage mental, rempli du symbole du moment tant attendu et du rêve que cela représente, des encouragements de mes proches et ceux qui croient en moi, de tous les trucs et astuces quels qu’ils soient qui sauront me booster dans la difficulté. « Je vais y arriver », une phrase qui tourne en boucle dans ma tête.

 

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