Vie De Coureur Minimaliste

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Notre collec’ FiveFingers

Ah la la, c’est qu’on nous mène la vie dure, à nous, coureurs minimalistes ! Depuis notre transition en janvier 2015, nous ne comptons plus les remarques, piques, critiques, questions adressées à l’égard de nos chères et tendres gants de pieds, les FiveFingers de Vibram.

Voici une liste non exhaustive de ce que nous avons pu entendre ! Alors, si toi, tu hésites à te lancer dans le minimalisme, prépare-toi, parce que tu vas forcément y avoir droit !

Après le tome 1 Vie de Runner, voici le tome 2 : Vie de Coureur Minimaliste !

 

22. « Quelles sont les sensations ? »

Celle du pied nu ou presque. On comprend/découvre la notion de « proprioception » plantaire et de la cheville, et des aspérités au sol

21. « C’est confortable ? »

On prend la question, mais c’est totalement subjectif. Pour nous, oui ça l’est tout à fait. Même pour la marche.

20. « Tu achètes ça où ? »

Certes, ni chez Carrefour ni chez Décathlon. Un futur initié peut-être ?

19. « Tu n’as pas de douleurs au mollet ? »

Allez, on prend. Il est vrai que les mollets travaillent beaucoup plus. C’est le principe de la foulée minimaliste. Cette question est légitime.

18. « Tu n’as pas trop d’ampoules avec ? »

Question légitime, on s’inquiète ici de l’intégrité de nos membres, ça se comprend quand on est habitué aux semelles épaisses avec des noms stylés copyrightés.

17. « Je connais quelqu’un qui court aussi en minimalistes, mais il ne fait pas de semi-marathons/marathons/trails/ultras avec »

Cool, un membre modéré de la communauté. Bravo à ce quelqu’un.

16. « Combien de temps a duré ta transition ? »

Question légitime, j’achète. Cela dit, et comme indiqué dans le retour d’expérience d’Emir, il ne vaut mieux pas nous prendre pour modèle.

15. « Tu ne sens pas trop les cailloux ? »

Question légitime, on accepte et on répond. Dépend des personnes et de la sensibilité de la plante. A titre d’exemple : Emir les sent et en pleure. Carole ne les sent à peine.

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

14. « Ah, tu as mis tes chaussures d’alien/d’extraterrestre/de hobbit/de grenouille/du futur ! »

Le petit blagueur de bonne humeur, on accepte ici encore.

13. « Ohhhhh, une coureuse barefoot !! »

Un qualificatif, je prends.

12. Une discussion entre deux coureurs qui m’ont vue : « Tu as vu, une coureuse minimaliste ! » « Ouais, il parait que c’est pas mal ! »

Tiens, peut-être un curieux qui s’y mettrait ?

11. « Tu n’as jamais été blessée avec ça ? »

Pourquoi pas, question qui provient de l’étonnement face à des chaussures sans amorti, dans un monde où l’amorti fait légion, et est élevé au rang prestigieux de gage de qualité.

10. « Il y a une semelle ? »

Toute chaussure dispose d’une semelle, dès lors que c’est … une chaussure.

9. « Tu as couru avec ça ??? » entendu une dizaine de fois à l’arrivée d’une course

Visiblement, c’est toujours un mythe que l’on puisse courir en VFF. Peut-être ne faut-il pas s’en étonner.

8. « C’est la grande mode en ce moment »

Ca alors, la grande mode ? Le Burger King c’est la grande mode. Les chaussures lumineuses, c’est la grande mode. Les selfie running / shoefie / whatever-fie c’est la grande mode. Les minimalistes, nous

Carole en five sur le semi de Paris

Carole en five sur le semi de Paris

n’en sommes pas certains.

7. « Chapeau, parce que franchement, moi, je ne pourrais pas »

Possible, mais as-tu au moins essayé ? Un peu comme quand le fiston affirme qu’il n’aime pas un aliment qu’il n’a jamais goûté, juste parce que ça ne ressemble pas à un Mcdo ou à un bonbon.

6. « Je suis trop vieux/lourd/grand pour courir avec ça »

Ca s’entendrait bien si c’était fondé, mais souvent, ça n’a jamais essayé. Cette affirmation part du principe que l’absence d’amorti dans la chaussure pose un réel problème. Cela ignore totalement que la posture du coureur minimaliste utilise l’amorti naturel procuré par le tendon d’Achille et le mollet. Ceci étant dit, pour un débutant lourd qui souhaite perdre du poids, le mieux est certainement de ne pas travailler sur plusieurs fronts en commençant pas le minimalisme.

 

5. « Tu vas te bousiller les articulations »

OK, donc tu es médecin spécialiste en biomécanique pour affirmer ceci avec certitude, ou tu parles tout simplement sans savoir ?

4. « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces merdes » dixit un coureur sur l’Eco-trail de Paris 80 km

Ici à nouveau, jugement sans savoir et mépris ouvert des pratiques de l’autre. Fâcheux.

 

TOP 3

 

3. « Tu connais des coureurs élites qui courent avec ça ? Non ? Bah ça veut tout dire ! » dixit un coureur avant le départ du semi-marathon de Meaux 2015

OK et quid de l’ouverture d’esprit ? Les pros doivent-il être considérés au même titre que nous les amateurs ? Un grand débat !

2. « Tu ferais mieux de prendre exemple sur ton copain » dixit ce même coureur, en pointant Emir, qui, ce jour-là, ne portait pas de minimalistes

Mon copain sur qui je devrais prendre exemple, il est aussi minimaliste. On est toujours dans le jugement à la première impression, non constructif et sans savoir de quoi on parle. Dommage.

1. « C’est suicidaire de courir avec ça ! »  dixit, un meneur d’allure pendant le marathon de Sénart 2016

Ce cher meneur d’allure ne considère absolument pas que je sais ce que je fais, que je l’ai déjà fait, et que contrairement à lui, j’ai expérimenté ces chaussures. De plus, un meneur, n’est-ce pas censé motiver les troupes ?

 

 

Alors les amis, vous vous êtes reconnus ? N’hésite pas à nous raconter vos perles 🙂

 

Et si tu es curieux par la course minimaliste, nous t’invitons à consulter nos précédents articles sur le sujet :

A très bientôt !

Les Lapins Runners.

carottes

 

Le trail minimaliste avec les Fivefingers Spyridon de Vibram

spyridonHello les amis !

Aujourd’hui, intéressons-nous à un modèle de Fivefingers qui m’est particulièrement cher et m’a accompagnée sur de nombreuses courses, du 5 km à l’ultra, j’ai nommé… les Fivefingers Spyridon de Vibram !

Mais tout d’abord, revenons-en à mes débuts en Spyridon, en mars 2014.

A quelques jours de l’Eco-Trail de Paris, je suis quelque peu hésitante à m’équiper des Fivefingers Treksport Sandals. En effet, du fait de la distance à parcourir, treksport sandalsje crains que les trous génèrent des ampoules. Lors d’un entraînement, je discute avec un coureur minimaliste qui porte le modèle Spyridon. Ce modèle semble le plus adapté pour de l’ultra. Je commande alors une paire sur leboncoin que je réceptionne in extremis la veille de la course.

Inaugurer une paire de chaussures sur un ultra est évidemment l’une des moins bonnes idées qui soit, mais je prends le risque. Mon unique paire de chaussures de trail classiques de chez Kalenji étant trop serrée et les Treksport Sandals non adaptées sur du long, je n’ai pas vraiment le choix.

Phase préliminaire avant-course

Mes premières impressions :

  • Le chaussage est rapide : 36,24 secondes (chronométré sous contrôle d’huissier-lapin) pour enfiler la paire. Encore faut-il être un minimum habitué à chausser des fivefingers.
  • Le chausson est molletonné. Il s’agit d’un point important car sur une course de plusieurs heures, le confort c’est important. En termes de confort et relativement à des chaussures minimalistes, je les situe entre les Bikila Evo et les Bikila LS. Il est important de noter que la notion de confort pour un coureur minimaliste est bien différente de celle d’un coureur en Hoka.
  • La semelle semble très costaude. Emir et moi nous aimons à les appeler « semelles pneus ». Une vraie semelle de 4×4 !
  • tige spyridonJe trouve la paire très jolie. Bien que le modèle que j’ai commandé soit masculin, je trouve qu’il convient très bien aux femmes également.
  • La tige (partie de la chaussure recouvrant le dessus du pied) est plus rigide que les Bikila LS et Evo

départ ecotrail 80Phase test : Eco-trail de Paris 80 km

Retour d’expérience après tests sur le terrain :

  • Une paire « moins perméable » : j’ai eu la surprise de découvrir cette caractéristique en sautant dans une flaque de boue. Mes pieds en sont sortis secs !
  • Pas la moindre chute, ni même la moindre glisse.
  • Lors de ma course, beaucoup de coureurs m’ont demandé si je ne sentais pas les cailloux sous mes pieds. A moins d’atterrir sur un caillou pointu (ce qui n’est pas arrivé), je n’ai ressenti aucune gène à ce niveau-là !

Bien que la semelle soit très épaisse comparé à la Bikila LS, cela ne m’empêche pas de pleurer quand je cours sur des gravillons. Comparé à Carole, je suis une vraie chochotte de la plante des pieds.

Mon Bilan provisoire est très positif. Les Spyridon m’ont procuré de superbes sensations pendant la course. Chaussée de Vibram, j’avais cette impression d’être beaucoup plus flexible dans mes mouvements, de pouvoir poser le pied où je voulais, de la manière dont je le voulais.

Toutefois, mes pieds ne s’en sont pas sortis indemnes. J’ai écopé de 4-5 ampoules et d’un pied ensanglanté. Je me suis alors demandé si le port de chaussettes spéciales apporterait solution à ce problème.

Phase test à long-terme

Par la suite, j’ai donc fait l’acquisition de paires de chaussettes à doigts de pieds de la marque Injiji. Ce petit changement a mis littéralement fin aux ampoules et pieds ensanglantés.

2015-10-05 23.13.52

Chaussettes Injiji

J’ai pu constater que la paire était loin d’être imperméable. Alors, a-t-elle perdu de son imperméabilité depuis l’Eco-trail ? Je me pose la question… J’en ai fait les frais sur mes quelques ultras, mais toujours sans le moindre dommage. Je vis très bien le fait d’avoir les pieds mouillés.

En ce qui me concerne, c’est tout l’inverse. Je ne peux plus courir si je garde les pieds mouillés trop longtemps.

Marcher dans la boue

Les Spyridons mises à rude épreuve

J’ai porté les Spyridons sur plusieurs marathons et ultras, parmi lesquels : The Trail Yonne 110 km, la 6000D et l’EDF Cenis Tour.

J’ai pu faire le constat que je ne ressens aucune gène liée aux cailloux sur un ultra avant d’atteindre les 50-60 km de course.

Pour le moment, je n’ai jamais expérimenté de 100 km sur bitume en Fivefingers et ce n’est pas une chose à laquelle j’aspire particulièrement. Le bitume Capiton plantairefatigue beaucoup plus mes capitons plantaires que les sols nature. J’ai pu vivre cette expérience au trail Yonne : dès que le bitume pointait son nez, je courais sur les bas-côtés, à la recherche d’herbe ou de terre.

Au bout de 6 mois d’utilisation et quelques centaines de kilomètres au compteur, la semelle est quelque peu abîmée. Elle ne ressemble plus tout à fait à pneu de 4×4, sans être lisse pour autant.

 

Mon Bilan

C’est LA paire que j’utilise sur marathon, trail et ultra. Je ne les porte pas sur les petites distances sur bitume (5, 10 ou semi-marathon) car ce ne sont pas, d’après moi et du fait de la rigidité de la semelle, des chaussures de vitesse. Pour la vitesse, j’utilise les Bikila Evo.

Les points positifs 

  • Elle me procure de très bonnes sensations, malgré sa semelle en pneu de 4×4.
  • Après 8 mois d’utilisation, elle fait encore bien l’affaire et n’est pas prête à être mise à la casse.
  • Depuis le port de chaussettes à doigts de pied, je n’ai pas eu la moindre blessure (frottements, ampoules, saignement).

Les axes d’amélioration 

  • S’il y avait un axe d’amélioration à citer, ce serait la recherche d’imperméabilité. Même si cette caractéristique ne me pose pas de problème, elle peut être contraignante pour certains coureurs, mon Lapin le premier !
  • Le prix d’une paire neuve est relativement élevé. A 140 euros la paire, on est dans le très haut de gamme côté classique.

Gif Spirydon

Et vous les amis, avez-vous déjà testé les Spyridon de Vibram ? En êtes-vous satisfaits ? 

Les amis, merci pour votre attention et à dimanche aux 20 km de Paris !

Les Lapins Runners.

carottes petit

La revanche des Lapins Runners à la 6000D version glacier

6000d-2015Il était une fois un samedi 27 juillet 2013, deux Lapins Runners qui couraient pour la toute première fois de leur vie un ultra trail : la 6000D. Ignorant le concept de barrières horaires, ils s’étaient fait arrêter au km 34, à l’issue du célèbre glacier de Bellecote. Ils s’étaient alors promis de prendre leur revanche l’année suivante sur cette épreuve qui les avait « piégés » par surprise, profitant de leur jeunesse et leur naïveté (humour). En 2014, les Lapins Runners finirent cette même course sur le fil du rasoir. Malheureusement, en raison des conditions météorologiques défavorables, l’organisation ne permit pas d’inclure l’ascension du glacier au parcours. Toujours pas rassasiés, ils retentèrent leur coup un fameux 25 juillet 2015, priant que le glacier ne passe pas à la trappe une fois de plus….

5h40. Nous sommes placés sur la ligne de départ. Pour une fois, nous sommes bien à l’heure et notre avance nous permet de nous positionner en début de sas. Cet emplacement est la garantie que nous serons 2015-07-25 06.03.10gênés à moindre mesure lors du premier passage étroit dans la forêt, lors des premiers kilomètres. Nous retrouvons Virginie et Alain et discutons en attendant le départ. Virginie et moi sommes assurément les deux seules à courir la 6000D en chaussures minimalistes. Virginie semble sereine, je le suis beaucoup moins. C’est en effet la première fois que je m’attaque à un ultra montagnard en minimalistes. J’ai opté pour mes VFF Spyridon, un modèle qui m’a déjà accompagnée sur deux ultras : the trail Yonne 110 km et l’Eco-Trail de Paris 80 km. Revenons en aux faits. Le départ est finalement donné a 6h24 (au lieu de 6h00) pour des raisons qui nous échappent (retard de Madame le Maire ? Décision tardive d’inclure ou non le glacier au parcours ?). Pour le 25e anniversaire de l’événement, nous assistons à un sympathique lacher de ballons dans le ciel. Nous partons sur une base de 5,30min/km avant le début des hostilités : les premières montées. Nous essayons alors d’esquiver habilement ceux que nous appelons les « bâtons men », ces derniers occupant une généreuse portion de l’espace, et exigeant toute notre concentration. Je redoute plus que tout que l’un de ces coureurs enfonce son bâton dans mon pied ou me donne un coup dans les jambes. Mes craintes sont avérées : je me retrouve d’un coup d’un seul un bâton entre les cuisses ! Je me promets à nouveau de ne jamais porter de bâtons sur ce type d’épreuve tant ils sont sources de gène, d’inquiétude et d’énervement pour moi.

2015-07-25 08.57.43Nous marchons d’un bon pas sur les montées et regagnons rapidement la Plagne Montalbert (km 9), où nous sommes accueillis aux sons caractéristiques des cloches savoyardes et des encouragements : « ce sont les lapins de l’année dernière ! ». Nous atteignons la piste de bobsleigh et constatons ravis que, du fait de notre avance, la foule de supporters est bien plus présente que les années passées. Nous y retrouvons Valou, venue supporter son mari et nous par la même occasion.

Au km 16, nous apprenons par le biais d’une pancarte posée sur le parcours que l’ascension au glacier est maintenue : quel soulagement ! Nous sommes justement venus pour lui !

Je commence ensuite à avoir très mal au ventre. La veille, j’ai avalé une quantité de pain complet trop importante et n’ai pas fini de digérer. Cette gène ne me permet malheureusement pas de prendre mon pied dans la jolie descente conduisant au ravito de la Plagne Centre (km 19). Nous conservons tout de même une belle avance d’une heure par rapport à l’année dernière, ce qui n’est pas sans nous déplaire ! Passage aux commodités oblige, tandis qu’Emir recharge les poches à eau de mon camelbak. Nous voici aussitôt repartis. La forme, du fait très certainement des maux d’estomac toujours présents, est très loin de ressembler à celle des premiers kilomètres.

Nous retrouvons mes parents venus nous supporter peu avant d’atteindre la Roche de Mio (km 25). Cela fait beaucoup de bien de les voir tout vigoureux. J’aimerais qu’ils m’injectent une bonne dose de leur énergie. A ce stade-là, je me sens tellement mal que j’ai envie d’abandonner… Je ne prends pas de plaisir et sens que les choses ne vont pas aller en s’améliorant. « Je fais le glacier, je verrai bien ensuite » me dis-je. Mais une chose est sûre : je ne veux surtout pas mettre en péril la course de mon lapin qui cavale sans difficulté.

Voici le moment que nous attendons depuis deux ans : l’ascension du glacier de Bellecote (km 26). Ce n’est pas le moment de flancher. Emir s’attelle aux montées tel un chamois tandis que je lutte à chacun de mes pas. Le peloton est dense et nous montons tous en file indienne, excepté ces quelques rares coureurs chamois qui se frayent des chemins sur les côtés. Devant moi, un homme qui marque des pauses « toutes les deux secondes », ce qui me coupe les jambes et m’oblige à relancer. J’ai perdu de vue Emir depuis un long moment. Je me revois alors il y a deux ans sur ce satané glacier, seule sans Emir, entrain de pleurer tellement je souffrais. Je m’efforce de ne pas regarder en l’air pour ne pas constater l’étendue du travail qu’il me reste à fournir. Les foulées hésitantes et affaiblies défilent tant bien que mal. La fin du calvaire est proche. J’entends mes parents m’encourager. Ca y est, j’y suis arrivée. C’est déjà une première et sacrément belle victoire. Lapins 1 – Glacier 0 !

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Les Lapins Runners 1 – Glacier 0 !

A peine arrivée, je ressens un énorme coup de mou. Le glacier m’avait tenue en haleine dans la mesure où il retenait toute mon attention. Mais avec la pression qui retombe d’un coup, je manifeste une soudaine baisse de régime. C’est le moment de commencer a m’alimenter. Ayant eu très mal au ventre jusqu’à présent, je ne pouvais rien avaler. Allez hop, j’engloutis une Clif bar aux noix de macadamia et les effets sont soudains. La forme revient d’un coup. Je me sens beaucoup mieux, j’ai l’impression que ma vue s’améliore net comme cela m’arrive parfois sur les courses, après quelques carrés de sucre. Je suis beaucoup plus fraîche pour descendre le glacier. Nous regagnons le col de la Chiaupe plus que dans les temps. Cela fait « trop plaisir » de constater nos progrès par rapport aux éditions passées. Au check point, une marmotte géante déjà croisée l’année passée nous propose un shot de vin, que nous refusons bien évidemment ;). Nous prenons le temps de discuter avec les bénévoles et sommes tellement heureux que la perte de quelques minutes sur notre chrono nous importe peu.

Nous repartons tout fringant dans les descentes. Mes pieds n’ont subi aucun dommage, y compris sur le glacier ! Cette première partie de course en minimaliste s’est faite comme dans du beurre. Seule la lourdeur des jambes nous ralentit.
Nous descendons jusqu’à Bellecote où Virginie, très à l’aise sur le D-, nous rattrape. Je me sens tellement lente à côté d’elle ! Passé Bellecote, je commence à avoir assez mal aux « coussinets » des pieds à force de taper dedans. Notre vitesse est loin d’être exceptionnelle mais nous progressons toujours en courant.

Arrivés à Montchavin au km 54, nous sommes acclamés par les sympathiques villageois et bénévoles qui nous reconnaissent également. Je m’attarde sur le stand de ravitaillement où j’avale une mixture-maison fort intéressante : des carrés de sucres aux noisettes.

Place à la dernière ligne droite : c’est parti pour d’interminables kilomètres en forêt ! Les chemins monotrace agrémentés de racines nous obligent à ralentir.

Cette 6000D ne fait décidément pas 63 km ! Nous sommes larges sur les barrières horaires mais Emir ne souhaite pas « fermer la boutique », comme en 2014. Nous regagnons une piste cyclable, signe de notre arrivée imminente à Aime. Papa et Maman sont là à l’entrée du village pour nous encourager. Nous traversons le centre ville. Les supporters crient tous en cœur : les lapins, les lapins ! Un homme secoue frénétiquement un présentoir de cloches savoyardes d’une boutique de souvenirs pour faire un maximum de bruit.

Dernière ligne droite, petit sprint et nous y voici : nous sommes finishers de la 6000D version glacier !

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Nous avons pris notre revanche sur 2013 et avons réalisé un bien meilleur chrono que l’an passé : 11h47 ! Je signe cette 6000D-glacier en minimalistes, un second challenge accompli !

20150725_180931medaillesUn grand merci à tous, vous qui nous avez encouragés d’une manière ou d’une autre ou qui nous suivez, que ce soit avant, pendant et après l’épreuve. Quel que soit le biais, de près comme de loin, virtuellement ou physiquement. Un grand merci a mes parents qui se sont démenés pour nous encourager sur 5 points du parcours ! Si ce ne sont pas des supporters de qualité !!

Mention spéciale du supporter haut de gamme pour les parents de Carole qui ont consacré leur journée à nous suivre. Palme du géographe statisticien pour le père de Carole, qui connait certainement mieux que nous même la course et nos temps de passage aux différents points !

Merci à toute l’équipe de la 6000D, à toute l’équipe bénévole qui oeuvre avant, pendant et après l’événement, faisant leur possible pour nous assurer des conditions de course optimales.

A l’heure actuelle, nous ignorons si nous serons à nouveau de la partie pour la 26e édition de la 6000D. Nous avons enfin ce sentiment d’accomplissement, ce sentiment de « boucle qui est bouclée ». Voyons voir ce que l’avenir nous réservera…

La vidéo, version longue !

D’ici peu les amis, nous vous raconterons le deuxième épisode de la série « Les ultras de la saison été 2015 des Lapins Runners » avec l’EDF Cenis Tour version 77 km. Cette 6000D s’inscrit dans notre préparation de l’UT4M dans sa version 168 Km et 10000m de D+, du 20 au 23 août 2015 : notre projet Ultra Trail le plus ambitieux jusqu’à présent !

D’ici là portez vous bien et à très bientôt pour les prochaines aventures !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Réconciliée avec les 10 km aux foulées de Malakoff

La révélation

Tout commence un samedi 24 janvier 2015 où pour mon anniversaire, je reçois de la part de ma famille une paire de Vibram FiveFingers, modèle Bikila Evo. Depuis un moment déjà, je ne cache pas l’envie de tester une paireBikilaEVO-W_BlackYellow-Hero600x442 de minimalistes. Cette envie a atteint son point culminant lorsqu’un fameux samedi 17 janvier, à l’occasion d’un entraînement à l’Ecotrail de Paris, je rencontre Virginie, adepte inconditionnelle de Vibram qui me fait part de ses superbes sensations depuis qu’elle les chausse depuis plus d’un an déjà.

A peine le cadeau déballé, je chausse ces trésors. Et bien, il me faudra bien 10 minutes pour en venir à bout, à tel point que je commence à m’inquiéter du temps que va me prendre le chaussage à chaque sortie. Je me demande si mes pieds sont bien compatibles avec ce type de chaussures.

Lundi 26 janvier, je fais mes premiers pas en Vibram avec mon lapin lors d’un entraînement nocturne. Cette fois-ci, je les enfile en moins d’une minute. Le constat est immédiat : je me lâche complètement, les chaussures m’emmènent où elles veulent. Je ressens une euphorie très particulière. Je cours sans retenue. Je me retrouve dans le corps d’une enfant de 7 ans. J’ai comme l’impression de courir pieds nus, ma foulée est complètement modifiée. Je ne cours pas, je joue, je m’amuse. C’est une sensation extraordinaire. En plus de ça, mon euphorie me fait aller vite.

Lors de cette sortie, je vois bien ma lapine qui court avec une foulée transformée, particulièrement dynamique. Je me garde d’en parler sur le moment.

Les 41e foulées de Malakoffmalakoff

Dimanche 1er février a lieu les foulées de Malakoff. Cela fait un long moment que je n’ai pas couru de 10 km. Le dernier en date est celui de Torcy le 3 août dernier où j’avais fait un temps de 53min26.

Depuis des mois, je me trouve lente, je déteste ça. La faute aux ultras qui ont bien amoché mes jambes. Certes, on a beau dire qu’il faut savoir choisir entre faire du long ou du rapide, je n’arrive pas à me décider : j’aime les deux.

Cela fait donc 6 mois que je n’ai pas participé à un 10 km. Je suis stressée. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. 50 min ? Je serais tellement heureuse ! Sub 50 min ? Pff, même pas en rêve !

Je décide d’enfiler mes Vibram pour la course. C’est mon premier test minimalistes en compèt. Si j’enregistre un mauvais chrono, je pourrais ainsi me décharger de toute responsabilité ! Le parcours de Malakoff étant réputé difficile et ayant une gêne au tibia, me voici déjà armée de trois mauvaises excuses en réserve en cas d’échec. Ouf, je peux partir sereine !

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Le trio animalier de choc !

Nous nous positionnons sur le départ. Il y a déjà du monde. J’ai beaucoup de mal à remonter la file pour rejoindre le meneur 50 min. Je suis finalement placée derrière le meneur 55 min.

Le départ est lancé par des sortes de mini vagues. Je peine beaucoup à doubler. Je veux doubler le meneur 50 min. Comme je ralentis naturellement sur les courses, il me dépassera naturellement.

Je le double rapidement malgré les efforts fournis à slalomer entre les coureurs.

Je croise Marilyn avec qui je parle brièvement. Je lui fais part de mes inquiétudes quant au fait que j’ai l’impression que le meneur est trop lent, tandis que Marilyn semble plutôt d’avis qu’il est dans les temps.

Je continue ma route en accélérant. Je m’éloigne du meneur 50 minutes.

Je me sens très bien. Je double pas mal de monde. Je me sens légère. C’est bien la première fois que je vis aussi bien un 10 km. On est loin de tous les 10 km où j’ai enduré de sacrés calvaires.

Les montées sont des petites difficultés auxquelles j’ai plaisir à faire face et les descentes sont de superbes occasions pour lâcher les chevaux.

Je lis le sol comme on lit du braille, j’adore cette sensation. Mes pieds en contact des pavés provoquent un petit picotement presque agréable.

Je passe les 5 km avec au compteur 24 min et quelques sur l’écran. Je ne regarde pas du tout ma montre. Je suis ravie de ce chrono. Comme je vais naturellement ralentir, je peux peut-être espérer un 50 min !

Le miracle s’opère, je ne ralentis pas.

J’ai dans un coin de ma tête la stratégie de course de Gros Joggeur qui consiste à adapter sa vitesse au profil de la course (au préalable étudié sans doute dans les moindres détails !). J’évite ainsi de trop me cramer dans les montées, au risque de ne plus pouvoir relancer.

Je rattrape « course de Neuilly », un V2 (ou V3) avec qui j’avais pas mal couru l’année dernière aux foulées Charentonnaises. Je le reconnais à son t-shirt. Cela me fait très plaisir de le voir !

8e kilomètre, j’ai les sushis du déjeuner qui refont surface (au sens figuré). J’ai un peu mal au ventre mais c’est supportable. Il faut tenir le coup. J’essaye de faire abstraction de cette gêne.

Je regarde ma montre : Plus que 700 mètres. Moins de deux tours de stade. Je commence à accélérer. J’en ai encore sous le pied.

J’ai l’arche en ligne de mire, je tente un sprint.

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Je passe la ligne d’arrive. Ma TomTom le dévoile un … 47min37 !

Incroyable j’ai mon RP ! Je suis submergée d’émotions, j’en pousse un cri de joie ! Ma joie est d’autant plus intense que mon précédent RP datait de Mathusalem !

10kmMalakoff

Aussi étonnant soit-il, j’avais eu aussi de superbes sensations lors de mon dernier RP à Colombes en 2012. Je n’ai qu’une hâte, annoncer mon temps à mon Lapin !

Après avoir terminé en 42 min et des poussières à 100 m derrière Bernard, je discute avec Amadou et Gui de la galère que nous venions de vivre. Un parcours très difficile ces foulées Malakoff ! Je fais demi tour pour aller prendre ma Lapine en photo. Après plus de 10 minutes, je ne la vois pas passer. Deux idées traversent mon esprit :

  • Elle est déjà passée, avant même que je ne fasse demi-tour. Cela veut dire, permettez-moi l’expression, qu’elle a tout déchiré avec ses Five Fingers du futur.
  • Elle n’est pas passée : elle a eu un soucis avec ses Five Fingers testées pour la première fois sur un 10 km.

C’est alors que je reçois un texto : « je suis à côté l’arche d’arrivée ». C’était l’option 1. Je suis fier.

Ensemble, nous assistons à l’arrivée d’Angélique qui s’apprête à boucler son tout premier 10 km. Un grand bravo à elle qui s’est battue et fait honneur à l’association L214 dont elle porte si bien les couleurs !

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Angélique, championne de sprint !

 

Me voici enfin réconciliée avec les 10 km, cette course qui jusqu’à présent était synonyme de souffrance et d’efforts intenses.

Aujourd’hui, je me suis régalée, et je ne compte pas m’arrêter là.

Dimanche prochain, nous serons aux foulées de Vincennes. Je ressens une certaine pression après avoir enregistré ce chrono. Etait-ce un coup de chance ? Dois-je le en grande partie à mes chaussures ?

J’en aurai le cœur net dimanche.

Affaire à suivre.

Carole

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