Le Marathon de Paris 2018

Hello à tous les amis !

Pas plus tard qu’hier, le 08 avril 2018, nous avons couru pour la 4e fois le marathon de Paris ! La vidéo ci-dessous vous propose de revivre avec nous cette édition 2018 sous un soleil de plomb.

La amis, la prochaine course aura lieu fin avril et marquera notre « retour » sur la scène de l’ultratrail. Il ne s’agira ni plus ni moins que de notre retour sur l’ultra du pas du diable, après édition 2017 EPIQUE !

A très bientôt pour de nouvelles aventures les amis, et comme toujours d’ici-là, KIFFEZ la vie !

carottes

The Trail Yonne version 110 km : Irons-nous au bout de la nuit ?

10615413_621098928002004_7600505486860688454_nAssise dans le covoiturage ralliant Paris à Sens, je prends conscience du challenge qui nous attend : la distance que nous parcourons à ce moment-même en voiture sera celle que nous devrons couvrir à pieds d’ici quelques heures. Comment je me sens à cet instant ? Un peu d’appréhension liée à la météo ainsi qu’au fait que je ne suis pas allée courir depuis dix jours. Je suis néanmoins excitée à l’idée d’établir mon nouveau record de distance, jusque là établi à 100 km sur bitume. La version 110 km de The Trail Yonne, c’est pour moi le ticket d’entrée à l’UT4M. Si je ne parviens pas à venir à bout de cette première épreuve, minces seront les chances de boucler la seconde.

Arrivés au gymnase de la Convention à Sens, nous retrouvons les amis : Joséphine de Simalti, Harry Bignon, Isabelle C, Fanny et Benjamin, Atsushi et Riko.

Nous sommes soumis à un check-in complet des sacs. Fort heureusement, nous avons suivi cette fois-ci scrupuleusement la liste des équipements obligatoires, de la couverture de survie à la lampe frontale de rechange.

Au départ avec Buge

Au départ avec Buge

Le coach Buge nous fait la surprise de venir assister à notre départ ! Malgré la météo très menaçante, Buge va s’inscrire sur place à la version 18 km du trail. C’est vraiment courageux de sa part !

Buge a pris la décision soudaine de venir nous faire un petit coucou, ayant constaté que Sens n’était qu’à une heure de route. Au passage et malgré la pluie, Buge se dit « et pourquoi pas se mettre dans les jambes un petit trail boueux de 18 Km avant de rentrer ? ». Se surprendre, se lancer dans des aventures, c’est un bel esprit n’est-ce pas ? Bien moins évident mais bien plus beau que de passer la journée pluvieuse sur le canapé avec la TV en guise de compagnie ;). Bravo Buge !

Sur le départ, nous faisons la connaissance de Stéphanie, 1re des deux éditions précédentes du 110 km et de son compagnon Arnaud : deux rencontres fort sympathiques. Je suis pleine d’admiration pour Stéphanie qui s’est alignée 4 fois déjà sur l’UTMB.

13h00 : le départ est lancé tandis que la pluie recommence à battre à torrents. L’organisation nous a annoncé une éclairci d’une demi-heure demain matin : voilà qui est rassurant !

Notre objectif ? Boucler la course en 14h00. Un objectif plus qu’ambitieux compte tenu des conditions de course qui nous attendent…

Nous démarrons en ville où quelques supporters sont présents. C’est ensuite que vont commencer les ennuis.

Dès le 8e km, nous voici déjà embourbés dans la gadoue. Chaussés tous les deux de Fivefingers Spyridon, nos pieds sont littéralement trempés.

De la boue en veux-tu, en voilà

De la boue en veux-tu, en voilà

 

Pour moi, c’est catastrophique. Je sais par expérience que les pieds trempés me provoquent des douleurs liées aux frottements du pied dans la chaussure (ampoules) et à l’échauffement des plis liés au « flétrissement » de la peau avec l’eau, pouvant se transformer en « fissures ». La raison pour laquelle j’ai opté pour les fivefingers sur cette course plutôt que des Hoka est également ma résignation : impossible de garder les pieds secs au-delà de la première heure. J’ai pensé, à raison, que les fivefingers avec des chaussettes contribueraient à réduire le jeu du pied dans la chaussure et éviter les ampoules. Cela dit, je n’ai trouvé aucun remède au « flétrissement » du pied pendant.

Côté sensation, la forme n’est pas au beau fixe. J’ignore si c’est le fait de n’avoir pas couru pendant 10 jours qui joue mais je trouve mes jambes bien ramolo.

Lapine en ForêtJe reste zen malgré la pluie. Pas question de se laisser impressionner par ce mauvais temps sachant qu’il va nous accompagner pendant de longues heures. Il faudra bien faire avec.

Arrivés au ravito du 26e km de Chaumont, nous apprenons l’abandon de Stéphanie. Je suis sous le choc. Si la favorite des féminines a déclaré forfait, c’est dire à quel point les conditions de course sont difficiles !

Nous reprenons des forces au ravitaillement, composé notamment de chocolat Lindt ! Ca c’est appréciable !

L'aqua trail

L’aqua trail

Peu à peu, la foule de coureurs se distille et nous nous retrouvons seuls. Peu habitués à courir isolés et à suivre des fléchages, nous empruntons un mauvais chemin suivant une croix indiquée au sol. Nous perdons ainsi 10 minutes à comprendre notre erreur et revenir sur le chemin correct.

20h00, la nuit commence à tomber et il n’a pas cessé de pleuvoir.

Arrivés au ravito Saint Julien du Sault au 47e­‍ km, nous assistons au forfait de 5 coureurs, parmi lesquels Arnaud qui ne voit plus l’intérêt de continuer sachant qu’il ne prend aucun plaisir et que nous n’en sommes même pas à la moitié de parcours. Je comprends le raisonnement d’Arnaud. Je reconnais ne prendre que très peu de plaisir mais le fait d’avoir autant douillé dans la gadoue me pousse véritablement à continuer. Pas question d’avoir souffert gratuitement, « pour rien ».

Ravito au 59e km

Ravito au 59e km

Le ravito 59e km passé, nous nous enfonçons dans des champs sombres. Les lumières des frontales commencent à faiblir et il y a toujours autant de boue.

Je sens Emir qui commence à présenter des signes de faiblesse.

A ce stade de la course, « courir » est devenu un bien grand mot. Disons que nous tâchons de nous déplacer vers l’avant aussi vite que possible, notre foulée ne ressemblant aucunement à ce que le commun des coureurs appelle une foulée. Notre vitesse moyenne avoisine celle du promeneur moyen, sans pour autant être pourvus de sa forme physique et son état d’esprit positif. A cet instant de la course, je suis plus que dans le dur, je suis au bout du rouleau.

Avec un éclairage approximatif, nous peinons à repérer les fanions et empruntons un mauvais chemin une seconde fois.

A ce moment, mon état est lamentable. Physiquement, je suis à bout et ma jambe gauche fait des siennes. J’ai l’impression d’avancer comme une sorte de zombie errant fatigué de la vie. Je suis au milieu de nulle part avec Carole et chaque pas m’est difficile. Nous sommes dans le noir, dans des champs interminables, sur des chemins glissants dont l’apparence est tellement similaire que j’ai l’impression de tourner en rond. J’ai besoin de m’arrêter, mais Carole veut et doit avancer pour atteindre son objectif. Je ne m’estime pas capable de couvrir la distance restante pour aller au prochain ravitaillement. Au bord des larmes, j’annonce à Carole mon souhait de m’arrêter, mon regret de ne pas pouvoir accomplir son exploit à ses côtés, et ma décision de m’arrêter dès que quelqu’un pourra me rapatrier.

Emir m’explique qu’il a beaucoup de mal à avancer, que son genou gauche est très douloureux. Il finit par me proposer de s’arrêter pour se reposer un peu et me laisser continuer. Hors de question que nous nous séparons en plein milieu de la nuit, alors qu’il n’y a pas un chat à l’horizon.

Nous  continuons notre chemin clopin-clopant dans les champs à la recherche d’un bénévole qui pourra emmener Emir au prochain ravitaillement.

Nous tombons sur l’un des rares supporters de la course, qui plus est véhiculé, qui accepte de rapatrier mon lapin blessé au poste.

Un grand merci à lui qui a eu la bonne idée d’être venu au beau milieu de nulle part encourager son frère en plein milieu de la nuit, et qui a eu la gentillesse de m’emmener au ravitaillement suivant.

C’est la première fois qu’Emir abandonne une course me laissant terminer seule.

Je ne réalise pas encore très bien que le chemin qu’il me reste à parcourir sans mon Lapin est loin d’être fini mais suis bien décidée à finir le trail Yonne, quelle qu’en sera la difficulté.

Je continue ma route pas très rassurée, inclinant ma frontale dans tous les sens, dans le but qu’aucun fanion ne m’échappe.

Mes batteries de frontale sont presque toutes en rade. Et c’est en passant devant un jardin rempli de chiens qui aboient et empestent que je prends peur et décide de patienter en attendant les prochains coureurs avec qui je continuerai ma route jusqu’au lever du jour.

Je continue alors ma course accompagnée de quatre participants jusqu’au ravitaillement de Passy.

Arrivée au poste au 82e km, un bénévole me conduit vers Emir que je retrouve allongé sur un lit de camp. Je suis rassurée de le voir aller mieux. Je rêverais de pouvoir me reposer à ses côtés mais le temps file et si je veux finir dans les barrières horaires, je ne dois pas traîner.

C’est un bonheur de voir Carole, l’espace de quelques instants, qui semble fraîche et déterminée à atteindre son objectif.

6h00. Le jour s’est levé. Je continue mon chemin avec deux coureurs : un père et son fils. Nous entamons notre discussion favorite : notre palmarès de courses et les prochaines à venir.

Arrivés à Rousson au 90e km et craignant de ne pas arriver à temps à l’arrivée, je commence à accélérer le pas et distance de mes compagnons de route. J’ai ceci dit très peur de me tromper de chemin en faisant route seule.

De pas hésitants, je me retrouve au ravitaillement de Marsanguy du 100e km. Les bénévoles ne savent pas exactement combien de kilomètres nous séparent de l’arrivée ce qui n’est pas rassurant du tout.

J’ai un doute sur la barrière horaire. En effet, celle-ci a été calculée sur une base de 5 km/h et a été programmée à 13h00 mais sachant que le trail ne fait pas 110 mais 115 km, j’ignore si elle a été repoussée d’une heure…

J’essaye alors de marcher le moins possible. Emir m’a annoncé qu’un podium m’attend à l’arrivée, ce qui me motive. J’ai de plus en plus mal aux pieds, particulièrement aux coussinets.

J’atteins avec difficulté le dernier ravitaillement du 108e km où les bénévoles sont très accueillants. Je me ravitaille en charcut en tout genre et prends mon courage à deux mains pour ces 5 derniers km. Un bénévole me montre une nouvelle et sacrée côte à gravir.

Décidément, qu’est-ce qu’on s’en sera mangé de la gadoue et des côtes !

Je rejoins enfin la ville de Sens et même si le bitume me fait mal aux pieds, je suis heureuse d’être sur un sol stable.

Il ne me reste plus qu’1,5 km. Et là, je craque. En l’absence de balisage, je pense m’être trompée de chemin. J’appelle Emir en pleurs. Je n’en peux plus. Emir essaye de me localiser grâce à mes indications et tente de m’orienter jusqu’à l’arrivée. Avec la pluie qui a inondé mon mobile, je dois mettre Emir en haut parleur et je n’entends presque rien. Je ne veux pas prendre un chemin alternatif. Je décide de faire demi-tour jusqu’à ce que, par miracle, je tombe sur un participant qui m’indique que nous sommes sur le bon chemin. Nous faisons la route ensemble et discutons. Je suis à nouveau calmée.

A quelques 200 mètres de l’arrivée, mon Lapin me rejoint. Je le sens reposé et en bien meilleure forme que tout à l’heure, ce qui fait très plaisir à voir. Nous atteignons l’arche ensemble.

Harry Bignon me fait un accueil des plus chaleureux. Quel soulagement d’être enfin arrivée. La pression retombe d’un coup. Je peux enfin me reposer. Je suis applaudie par les supporters et bénévoles encore présents dans le gymnase.

J’accède à la première place du podium SEF. Emir et une bénévole m’aident à l' »escalader » tant je suis fatiguée.

Et c’est ainsi que mon rêve prend forme. Me voici pour la première fois sur le podium d’un ultra trail. Je suis sur un petit nuage : j’ai parcouru plus de 115 km en 21h22min23sec. Malgré les douleurs, je suis allée au bout car j’avais décidé que c’est là où j’allais aller. A aucun moment, je n’ai envisagé un abandon malgré la difficulté. La difficulté, c’est la règle du jeu. L’ultra, c’est la recherche du dépassement de soi, et c’est ce que j’étais allée chercher.

Mon premier podium sur ultra !

Mon premier podium sur ultra !

Nous déjeunons au gymnase et retrouvons Jean-Marie notre covoiturage arrivé depuis peu, qui lui aussi a mis beaucoup plus de temps que prévu.

Nous discutons ça et là avec bénévoles et participants autour d’un repas chaud. Puis il est temps de lever les voiles, je commence à avoir très froid.

Merci

Les jolies dotations

Les jolies dotations

  • à vos nombreux encouragements sur les réseaux sociaux,
  • à Emir qui m’a soutenue particulièrement quand je n’étais pas bien du tout à 1,5 km de l’arrivée,
  • à Harry pour l’accueil de star qu’il m’a réservé à l’arrivée,
  • aux bénévoles pour leurs sourires, leurs encouragements et leur sympathie
  • à l’organisation pour son accueil

Bravo à tous les participants de the trail Yonne, finishers ou non : A Frissou et Benjamin pour leur 85 km  frangin-frangine, à Jean-Marie, Vincent de Call of the Run, Atsushi, Riko, Buge, Stéphanie, Arnaud, à mes compagnons de route dont j’ai le regret d’avoir oublié les noms…

Bravo à Fanny pour son podium sur le 85e km, promesse d’une belle carrière sur ultra. 🙂

Bonus #1 – Pour vivre l’aventure en vidéo, c’est ici :

Bonus #2 – Les pieds des Lapins après l’épreuve (âmes sensibles, s’abstenir)

Spoiler

2015-05-03 04.40.00 2015-05-03 18.30.54

[collapse]

Jeudi, nous serons aux 100 km de Steewerck pour la version de jour limitée en 13 heures. En espérant que nous soyons totalement rétablis d’ici là…

D’ici là, portez vous bien les amis. Merci d’être de plus en plus nombreux à nous suivre dans nos aventures pas toujours très raisonnables.

Comme toujours et même si nous ne le rappelons pas systématiquement, n’hésitez pas à nous faire part de vos sentiments et questions sur cette aventure, en commentaire. 🙂

carottes petit

Au pays des Currywurst avec le marathon de Essen !

blobC’est à Essen que les Lapins Runners ont élu destination pour participer à leur 21e marathon. Vous vous demandez certainement quelle mouche nous a piqués d’aller nous exiler à 550 km du terrier alors qu’ont lieu les 20 km de Paris et le marathon de Metz ce week-end-là ? La raison est simple. Cette petite excursion nous permet de rendre visite à notre ami Pierre, résidant à Essen. La ville de Essen célèbre cette année la 52e édition de son marathon, ce qui le classe au rang du plus vieux d’Allemagne. Le trajet en car Eurolines nous a laissés quelques séquelles : après 7 heures de voyage dans des conditions de bêtes de somme, les cervicales sont très douloureuses. La veille de la course, nous retirons nos dossards sur le village du départ. En plus des 32 € de frais d’inscription, il nous faut débourser 30 € sur place pour la location de la puce (dont 25 qui nous seront ensuite restitués). Le village du départ est composé d’un unique stand d’équipements de sport. Autant dire que nous en avons fait vite fait le tour !

Récit de la Lapine :

2014-10-12 10.02.47

Au départ : Pierre et les lapins

Au matin de la course, je sens ma cuisse droite aussi douloureuse qu’à Millau. J’appréhende beaucoup ce marathon mais je garde espoir qu’en se chauffant, la douleur passe un peu.

Le verdict est sans appel : je vais courir dans la douleur. En effet, la première foulée me fait déjà très mal. Nous commençons à courir à l’allure du meneur 4h30 avant de s’en éloigner rapidement.

Km 6, je me mets à marcher. Je n’en peux plus. Nous nous rendons à un poste de secours où une bénévole m’indique que si la douleur est musculaire, on ne peut rien faire pour moi et que le mieux serait de s’arrêter là. Un autre bénévole me demande si je me suis étirée, ce à quoi je réponds par la négative.

C’est une situation très difficile que de voir Carole dans cet état. Elle est épuisée mentalement et préfère que nous (Pierre et moi) partions vivre notre marathon. Evidemment, ce n’est pas aussi simple que cela de se résoudre à la laisser derrière nous, ne sachant pas (ou presque) ce qu’il va lui arriver. Nous convenons peu ou prou de nous retrouver à la deuxième boucle. Nous décidons finalement de partir, avec un pincement au coeur, sur un difficile « amusez-vous bien » de Carole.

C’est alors que je décide de laisser Emir et Pierre continuer leur route, tandis que je pense errer en attendant leur arrivée. Je suis énervée contre cette cuisse qui chiale dès le premier kilomètre !

C’est quand même trop bête. C’est notre premier marathon en Allemagne. Je ne peux pas me résoudre à le laisser filer. Je me ne suis pas cassée les cervicales pour abandonner au 6e km. Et puis, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire en attendant que Pierre et Emir finissent leur marathon ? J’ai déjà déclaré forfait à l’ultra marin et à la Saintelyon. Stopper en tout début de marathon serait comme toucher le fond. Je ne peux décidément pas me résoudre à m’arrêter là.

Alors je décide de m’étirer, en pensant que cela changera peut-être la donne. Je ne suis pas du tout adepte des étirements. Je vois un banc à quelques mètres de moi. Je mets ma jambe sur le dossier, j’appuie un peu sur la cuisse. Je ne suis absolument pas convaincue par ce que je fais, mais je ne vois pas quoi faire d’autre.

Le miracle s’opère. J’arrive à recourir. Certes, la vitesse est ridicule mais j’arrive à recourir. Je n’en demande pas plus. A ce moment-là, je suis la dernière du marathon.

Km 15, j’aperçois Emir et Pierre qui sont à leur 17e km et réalisent leur demi-tour. Ils sont étonnés de me voir.  Je leur dis que je n’ai pas fait 15 km pour rien, et que je finirai le marathon.

Nous sommes très contents d’apercevoir Carole qui est repartie ! Elle a donc décidé de terminer avec sa cuisse endolorie, ce qui n’est pas surprenant la connaissant. N’essayez pas de la convaincre de ne pas faire ça, vous avez perdu d’avance.

Lors de mon demi-tour, j’aperçois la voiture balais. Mais non, qu’est-ce qu’elle fait là ? Pourvu que le marathon ne soit pas limité à 5h sinon il va falloir mettre les bouchées doubles.

Le temps passe lentement. Il n’y a pas grand-chose à voir ici : Un tronçon d’autoroute, du bois, quelques passages qui nous permettent de voir le lac. Je m’ennuie beaucoup.

Les animations musicales sont en train de plier bagage. Mais non, mais non, restez encore un peu !!

2014-10-12 10.35.43

Le balisage n’est pas très clair, et à plusieurs reprises j’ai l’impression de me tromper de chemin.

Km 30, j’aperçois un sexagénaire vraiment pas content du tout de se faire doubler par une lapine. Il effectue alors des fractionnés et grommelle « Scheiße ! » dès que je passe devant. Après plusieurs tentatives, le coureur déclare forfait.

Pierre et moi discutons de tout et de rien, mangeons des bananes à chaque ravito, établissons des micro-stratégies de course à court terme. Le temps passe assez vite. Je me demande tout de même où est Carole et à quel point sa course est difficile.

Km 35, je me fais interviewée par un animateur au poste de ravitaillement qui me demande si je fais partie du groupe de Paris. On discute un peu, il me laisse parler dans le micro et me dit à l’année prochaine pour la 53e édition.

Ce même animateur nous a également arrêtés et a vite compris que je ne parlais pas un mot d’allemand. Il a tout juste réussi à pointer mes oreilles du doigt et dire « why » ? Heureusement, Pierre a pris le relais.

Km 36, je me fais une copine allemande avec qui je discute. Ca fait du bien de parler. La marathonienne m’explique que beaucoup d’Allemands courent ce marathon pour faire leur RP et que de ce fait, le niveau est élevé. J’apprends également qu’en Allemagne, on peut s’acheter sa puce, valable toute la vie sur les courses du pays, ce qui évite de dépenser en frais de location.

Nous sommes dans le dur. Nous devons nous résoudre à ne pas rattraper les ballons jaunes 4h30, pourtant aperçus à proximité au 35e. Nous finirons à un rythme modéré, alternant marche et course. Pierre me fait pratiquer le 200 marche – 800 course.

Km 37, ma compagne de route m’informe que pour faire sub 5h00, il va falloir aller plus vite. Nous nous séparons peu après, alors qu’elle se met à marcher et nous donnons rendez-vous à l’arrivée.

Pendant ces derniers kilomètres, je guette Emir et Pierre et espère qu’ils ont opéré un demi-tour pour me récupérer.

Km 40, toujours personne à l’horizon et mon genou commence à fatiguer sérieusement.

Je suis bonne pour sub 5h00.

Km 41, il y a de l’ambiance le long du lac ! Des jeunes m’encouragent, c’est galvanisant. J’aperçois Emir et Pierre avec qui j’échange quelques foulées et passe la ligne d’arrivée.

Après avoir passé la ligne en 4h38 et des poussières à l’officiel, nous avons le loisir de nous rafraîchir avec les 36 variétés de bière sans alcool, et de profiter des kilos de bananes disponibles. Puis nous gagnons les gradins pour attendre Carole. A l’approche des 5h00, je descends pour allonger mon champs de vision. Et là, l’indice qui ne trompe plus personne (moi encore moins) : des oreilles blanches qui flottent au dessus de la foule. Nous courons vers elle pour immortaliser l’instant et accompagnons Carole pour son sub 5h00. Des retrouvailles aussi agréables que difficiles. La Carole que nous récupérons n’est pas dans un état extraordinaire, mais ira bien mieux une fois la ligne passée.

J’aperçois le chrono qui affiche 4h58 et des poussières. Bon, ce sub 5h00 sera ma seule petite victoire (04:57:41 en temps réel).

Ca y est, le calvaire est fini !

IMG_6463 (1)

A l’arrivée, comme neufs !

Après restitution de notre puce, nous nous offrons le réconfort tant attendu, « un Mohnstreusel aux abeilles » comme dirait Emir.


D’ici le marathon de Lausanne, ça sera repos, repos et encore repos ! (et semi-marathon du pays de Meaux)

Saluons le courage de Pierre qui s’apprête à réaliser une sacrée performance sportive, alignant quatre marathons en ce mois d’octobre avec au programme les marathons de Bruxelles (5.10), Essen (12.10), Amsterdam (19.10) et Lausanne (26.10) !

Merci de continuer à nous suivre les amis, à très vite pour de nouvelles aventures !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Mise en jambes au marathon Touraine Loire Valley

marathon640En ce dimanche 21 septembre 2014, les Lapins Runners s’apprêtent à s’élancer sur leur 20e marathon : celui de Touraine Loire Valley (également connu sous l’abréviation tlv) qui célèbre sa toute première édition. Notre inscription a été motivée par plusieurs raisons : la proximité du marathon (à 3 heures de route du terrier de Noisiel), les dotations très alléchantes (coupe-vent et t-shirt Asics, pasta et paella party), la découverte de la région de Tours et le fait que ce marathon constituait une sortie longue, idéale dans le cadre de notre « prépa » (le mot est fort) aux 100 km de Millau. Accompagnés de Fabrice dans son superbe costume de gangster, nous fêtons également le 200e marathon de Pascal, alias Calou des Kékés du Bocage.

2014-09-21 09.01.04

Fabrice le gangster et les Lapins

L’ambiance bat son plein à Tours ! Aujourd’hui, pas d’objectif chrono. Nous nous positionnons en toute fin de sas avec nos amis déguisés, venus célébrer le 200e marathon-anniversaire de Pascal. Au casting : les power rangers, Jésus en personne, la famille de Pascal reconvertie en troupe d’aviateurs, des pirates, clowns et cochons.

Le départ est lancé !

Nous restons quelques temps au niveau de la queue de course où l’ambiance nous semble être la meilleure. Les coureurs festifs ont improvisé la version déguisée du marathon de Tours. Pierre des kékés du bocage, qui a décidé de courir le marathon en compagnie de son mégaphone high-tech, met de l’ambiance dans cette queue de course en diffusant en pleine rue des tubes des années 80. Ah les jeunes d’aujourd’hui …

Nous courons avec Fabrice le gangster nos premiers kilomètres, qui prend rapidement son rythme de meneur d’allure pour son prochain marathon (Run In Lyon, 4h30). Nicolas de Jogging, qui ne pourra pas courir le marathon en raisons de ses douleurs aux genoux, a tout de même fait le déplacement pour échanger quelques foulées !

Alors que nous avions l’intention d’accompagner Pascal, nous nous rendons rapidement à l’évidence que le rythme n’est pas assez soutenu. Nous courons alors à notre rythme, sans se forcer.

Nous longeons d’interminables champs de maïs. Nous croisons un coureur à contre-sens qui effectue sa petite sortie dominicale et qui pensait certainement pouvoir la faire en toute tranquillité. Un marathonien lui lance : « Hé, qu’est-ce que tu fais, c’est dans l’autre sens la course ! », le coureur du dimanche lui répond « P*****, je ne fais PAS la course !! ». Ce doit être la 50e fois qu’on lui fait la blague. A force, il ne la trouve plus très drôle.

Arrivés au ravitaillement km 5, où le service est assuré par un camp de roms : horreur, il n’y a plus une goutte d’eau ! Certains coureurs sont hors d’eux. Pourvu que cela ne dure pas.

Km 17, nous entrons dans les jardins du château de Villandry : le moment fort de la course. Nicolas ne nous avait pas menti ! Les jardins sont magnifiques. Dommage que la visite soit furtive ! Nous immortalisons ce moment (merci Le Yannou).

2014-09-21 11.12.51

Petite halte dans les jardins du château de Villandry

 

Km 20 : bonne petite halte au stand de ravitaillement où nous avons collecté bon nombre de succulentes barres Gerblé Casino aux amandes.

Puis débute une petite exposition d’épouvantails qui va nous occuper l’esprit pendant une dizaine de kilomètres. Malin ! Epouvantails en formes de loups, bottes de foin, pots de fleurs, Dark Vador, il y en a pour tous les goûts, du moins effrayant au moins effrayant.

Ravitaillement du 30e km: de jeunes osthéos viennent à notre rencontre nous proposer des massages pour mieux repartir. En effet, avec la chaleur, de nombreux coureurs sont sujets aux crampes. L’initiative est appréciable, mais nous ne nous arrêtons pas.

Autant sur un 100 km j’accepte qu’on me répare sans problème (je n’ai pas le choix), autant sur marathon je me vois mal m’arrêter 10 minutes, sauf en cas de ravito de qualité).

Km 38, nous rattrapons Jésus qui a l’air en piteux état.

P1040591

Médaille finisher !

Nous terminons la distance mythique avec un chrono de 4:44:55 : objectif atteint !

A l’arrivée, il nous est décerné une jolie médaille avec un sticker gravé. Après observation, il s’avère qu’il existe une deuxième version de la médaille, bien plus jolie car directement gravée, sans sticker. Pas question d’en rester là, nous entamons un demi-tour pour troquer nos médailles.

Nous récupérons notre assiette de paella dûment méritée que nous dégustons en face des coureurs s’apprêtant à terminer le marathon. Tiens, parlons-en de cette paella : grasse à souhait, composé de morceaux de poulet archi cuits ne tenant pas aux os, riz croustillant… autant d’arguments pour l’éviter ! (Nous l’apprendrons par la suite, la fameuse paella aura été cuisinée par Sodexo : tout s’explique !)

Arrivée de Pascal et ses amis

Arrivée de Pascal et ses amis

Nous assistons à l’arrivée de Pascal et ses amis qui s’apprêtent à clôturer le marathon avec un chrono de 5h58. Chapeau à eux, chapeau Pascal !

Bilan de cette première édition du marathon Touraine Loire Valley :

Malgré le faux pas au ravitaillement du 5e km avec l’absence d’eau et la paella qui laissait franchement à désirer, la première édition du marathon est un beau succès. Avis aux amateurs d’épis de maïs, d’ambiance (important événement local), d’épouvantails insolites et de barres de qualité, ce marathon on ne peut plus champêtre est fait pour vous !

Merci à vous les amis de nous suivre, on se retrouve très vite après le marathon de Essen (Allemagne) !

Les Lapins Runners.

carottes petit

 

Les Lapins gambadent au trail du four à Chaux

affiche

Une semaine après les 100 km de Millau, les Lapins Runners repartent à l’aventure avec le trail du Four à Chaux, situé dans la forêt de Rougeau à Nandy (Seine et Marne). Pour l’occasion, plusieurs courses sont proposées : un 1 et 2 km pour les enfants, une randonnée de 10 km, un trail de 11 km et pour les plus téméraires, un trail de 26 km, composé de deux boucles. Notre choix se porte naturellement sur la plus grande distance. En ce lendemain de fête, les Lapins ne sont pas au mieux de leur forme et les jambes de la Lapine pas totalement remises de leur « treizaine » d’heures d’efforts à Millau. 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons qu’un four à chaux est un four destiné à transformer le calcaire en chaux (oxyde de calcium utilisé comme base de nombreuses pierres) et où l’on cuit la céramique sous l’action du feu. Il s’agit généralement d’un ouvrage vertical fixe et ouvert par le haut. Il existe également des fours horizontaux et rotatifs. (Source : www.wikipédia.fr). Le four à chaux, c’est aussi « l’attraction » du trail d’aujourd’hui.

Buge et les Lapins

Buge et les Lapins

Le parcours, c’était :

  • du 99 % chemins de terre !
  • un parcours technique (racines, cailloux, chemins glissants, sentiers monotraces)
  • de sympathiques curiosités visuelles : une immense sculpture sur bois,  des cages suspendues, des ruches, un château…
  • un très haut muret nous offrant une vue imprenable sur la Seine ! Une fois le trail terminé, Nadia nous a dévoilé qu’il s’agissait du fameux four à chaux !
  • une descente bien raide où l’utilisation de la corde est de rigueur !

L’ambiance, c’était :

  • une équipe de bénévoles très professionnelle (une qualité particulièrement appréciable !) avec une connaissance très fine du parcours, laquelle informe de ses suites, redouble de conseils et d’encouragements.
  • des blagues qui allaient bon train : la blague des chasseurs et ses variantes ont fait un carton plein (« Attention, c’est l’ouverture de la chasse !! », « Pan, pan ! », etc.), les blagues en-dessous du porte-dossard également…
  • un Harry Bignon en grande forme, qui, après ses 11 km, a troqué ses trails contre un micro pour mettre de l’ambiance !

L’organisation, c’était :

  • un parcours sur-balisé où les risques de se perdre étaient nuls (à moins de le vouloir) !
  • des postes de ravitaillement installés à environ tous les 5 km. Raisins secs, sucre, barres de céréales, pain d’épice Vandamme, eau, coca à l’arrivée : tout y était !
  • de sympathiques dotations (sacs de chaussures, t-shirts techniques à manches longues)

Notre bilan :

En ce lendemain de fête, le chrono n’était pas au rendez-vous. Avec 3h16 pour parcourir ces 26 km, nous étions à deux doigts de fermer la boutique. Mais il faut dire qu’il y a du level à Nandy !! En revanche, nous avons passé un très bon moment, rencontré des amis, fait la connaissance de coureurs très sympas et découvert la belle forêt nandéenne.

Bravo et merci à Buge qui nous a accompagnés sur les 6 premiers de ses 11 kilomètres !

Bravo à Isabelle avec qui nous avons couru quelques kilomètres qui a établi son record de distance et n’a rien lâché !

Un grand merci à tous les petits schtroumpfs de l’AS Nandy pour cette organisation impeccable, en particulier à Nadia, Francine, Karine, ainsi que David… et tout ceux qui ont contribué à faire de ce trail un événement chaleureux.

2014-10-05 18.14.51

Harry, Nadia et les Lapins

 

Dimanche prochain, c’est au pays des Currywurst et des Apfelschorle que nous irons gambader à l’occasion de la 52e édition du marathon de Essen.

Merci à vous les amis de continuer à nous suivre, et à très vite pour de prochaines aventures !

Les Lapins Runners.

carottes petit