SaintéLyon 2015 : la der des ders !

Saintélyon 2015Salut à tous ! Après une « victoire » commune l’an dernier en ayant franchi la ligne d’arrivée de la SaintéLyon en 10h22, nous nous étions fixés comme objectif cette année de passer sous la barre symbolique des 10 heures, et ainsi, d’obtenir la sympathique distinction de « SaintéLyon de Bronze ».

Néanmoins, avec quelques kilos de plus sur la balance, des entraînements quasi inexistants depuis septembre, nous réalisons non sans mal que cet objectif est très ambitieux. Mais sait-on jamais ! Nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise.

saintélyon_départ_Carole_Emir_PaulSamedi 05/12, 00h09 : Après un hommage émouvant rendu aux victimes des attentats du 13/11, nous prenons le départ avec Djodei et Paul Matwinch. Nous faisons le choix de courir très tranquillement sur les 7 premiers kilomètres à une allure d’environ 6min30/km avant d’atteindre les chemins de sentier.

A l’inverse de l’an dernier, nous marchons sur les côtes et ne nous mettons absolument pas dans le dur. Chaussée de mes FiveFingers Spyridon, je suis très attentive aux aspérités du sol et cours de manière très précautionneuse de manière à éviter toute chute. Car, rappelons-le, ce furent les chutes qui avaient causé ma « perte » en 2013 et m’avaient notamment conduite à déclarer forfait.

Une fois n’est pas coutume, j’ai des maux d’estomac liés à une « crise alimentaire » datant de l’avant-veille. Décidément, mon système digestif est très paresseux. Cette déconvenue me contraint à me rendre aux commodités à chaque point de ravito.

saintélyon_nuit_trainée_frontalesCôté météo, il n’a jamais fait aussi beau sur la SaintéLyon depuis 2013, ce qui rend cette édition particulièrement propice aux RP. Nous n’avons pas froid et la nuit est belle et étoilée.

Arrivés au point de ravitaillement de Sainte Catherine (28e km), c’est désormais « seuls » sans Djo et Paul que nous poursuivons notre route.

Aux environs du km 30, Emir commence à ressentir des douleurs aux pieds, causées par ses chaussures trop petites.

Quelques heures plus tard, nous assistons au lever du Soleil, signe que la fin de course n’est plus trop loin. L’année dernière, celui-ci avait eu lieu alors que nous étions bien plus avancés. Il est évident que notre objectif -10h n’est plus du tout à portée de pattes.

Les douleurs aux pieds d’Emir se font de plus en plus vives. Dans l’espoir d’atténuer ses souffrances, le Lapin tente même de courir en chaussettes sur le bitume. Cette stratégie s’avère peu concluante du fait des petits gravillons qui lui picotent les pieds. Je lui propose de rabaisser le contrefort arrière de sa chaussure, ce qui se révèle inconfortable mais beaucoup moins douloureux.

Quant à moi, j’ai mal aux capitons plantaires et à l’arrière du mollet droit. La douleur reste toutefois supportable.

Histoire de progresser un peu plus rapidement, nous jouons à un petit jeu, consistant à simuler un départ de course. Nous marquons un arrêt, lançons un compte à rebours, nous efforçons d’imaginer un superbe décor de départ de course et courons aussi vite que cela nous est encore possible. Et cela fonctionne du feu de dieu ! Finalement, je prends conscience que nous en avons encore sous la patte et que nous n’exploitons pas nos réserves, par flemme sans doute.

Nous arrivons au ravito de Soucieu en Jarrest où un panneau nous indique qu’il ne nous reste plus que 20 km à parcourir.

A peine repartis du stand, nous retrouvons… Nasri ! Ca fait plaisir de le revoir. Nas nous fait part de ses douleurs aux genoux, lesquelles surviennent régulièrement après 30 km de course et ses difficultés à gravir les côtes. Etant quelque peu ric-rac pour arriver à l’heure pour son TGV, Nas nous fixe comme objectif d’arriver aux alentours de 12h15.

saintelyon_fin_decorA 4 km de l’arrivée, nous reconnaissons l’ultime côte du parcours surnommée affectueusement « côte de la mort ». Nous parvenons à atteindre les bords de Rhône aux odeurs pestilentielles et atteignons le hall Tony Garnier en 12h50 de course !

Nous sommes à mille lieux d’avoir atteint notre objectif sub 10 heures, mais peu nous importe ! Nous sommes une fois de plus finishers de la SaintéLyon et c’est bien là le plus important !

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Finishers de la STL en 12h50 !

Nous réalisons une fois de plus de la difficulté que nous éprouvons à réitérer une même épreuve. Quand il n’y a plus de surprise à la clé, que le parcours est connu, et que nous savons exactement où est située l’arrivée, nous perdons considérablement en motivation. Cette année, nous avons franchi la ligne d’arrivée soulagé d’avoir bouclé la course, mais avec infiniment moins d’émotions.

Vous l’avez compris, vous aurez donc très peu de chances de nous retrouver l’année prochaine sur la ligne de départ de la SaintéLyon. Nous y retournerons très certainement dans quelques années lorsque nos souvenirs de course se seront estompés.

La vidéo !

  • Un grand bravo à tous les participants de la SaintéLyon : Virginie, Ali, Steve, Bachir, Jessy, Sophie, Daddy The Beat, Stéphane, PaulMatwinch.com, Djodei, Boub Ah, Mia, Stéphane, David, William, Marc, Mounir, Enzo, Fred, Fabrice, Marie, Corine, les copains de Kikourou et à tous les autres !
  • Merci à tous pour vos encouragements et votre suivi avec une mention spéciale à Marvin aka Captain Phoenix sur Twitter
  • Et pour la petite histoire, Nas a réussi à avoir son TGV 😉

Yeti-Race-logoLes amis, ce week-end et grâce à EPSON, nous prendrons le départ la Yeti Race, un raid multisports de 20 km (1000 m D+) à la Plagne ! De nombreuses épreuves nous attendent pour défier le Yéti, parmi lesquelles : du tir à la carabine, du sciage de bûches et encore plein d’autre surprises. Naturellement, nous ne manquerons pas de vous raconter cela 🙂

 

D’ici là les amis, portez-vous bien !

Les Lapins Runners.

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La revanche des Lapins à la SaintéLyon

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Il était une fois un 8 décembre 2013, deux petits lapins qui s’apprêtaient à s’élancer sur la SaintéLyon. Enthousiaste, le jeune couple s’était fixé de superbes objectifs chronos, persuadé presque qu’être finishers n’allait constituer qu’une formalité. Or, les lapins avaient sous-estimé le paramètre météo polaire et les conséquences qu’il allait provoquer chez eux : chutes, fatigue, coups d’adrénaline, frayeurs, énervement… Au 48e kilomètre, la lapine épuisée mentalement déclarait forfait laissant le lapin finir tout seul la course. Premier abandon de sa « carrière sportive », le sentiment d’échec l’envahit, faisant alors plonger son égo CAP. Plus question d’entendre parler de SaintéLyon, cette dernière faisant rejaillir nombre de souvenirs négatifs qu’il fallait oublier au plus vite.

Pourtant, un an plus tard, nous sommes de retour. Pourquoi ? Ne pas rester sur cet échec, passer un bon moment et apprécier cette course. Nous avons revu notre objectif à la baisse. Aujourd’hui, nous ne souhaitons qu’une seule chose : passer la ligne d’arrivée ENSEMBLE. On se l’est promis, on s’y tiendra.

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Bruno et les Lapins

Il est minuit, le premier sas s’élance. Nous avons moins froid que l’an dernier. Aucune trace de neige à l’horizon cette fois-ci. Les premiers kilomètres s’enchaînent très confortablement. On discute entre coureurs, l’ambiance est bonne, on n’a encore perdu personne. Ce soir, nous semblons particulièrement en forme. Même si nous n’avons pas encore fini de digérer la pasta party (engloutie tardivement), nous nous disons: « ça va le faire ». Nous doublons beaucoup et arrivons tout fringants à Saint Christo en Jarez au 15e kilomètre. Nous ne prenons pas le temps de nous ravitailler et repartons de plus belle.

Cette année, nous nous sommes équipés à peu près sérieusement : chaussures de trail en bonne et due forme, chaînes de chaussures en réserve, tenue chaude mais pas trop. Il nous manque cependant un élément clé de l’équipement : une lampe frontale qui éclaire. En effet, nous en avons sur nous mais ne leur faisons pas confiance. Eclairés par les nombreux coureurs environnants, nous courons tels des clandestins à la lueur des frontales de nos confrères. Passés quelques kilomètres, cette « stratégie » commence à être fatiguante. En effet, la forêt est sombre et il n’y a pas (ou plutôt plus) non plus dix coureurs au mètre carré. Aussi, nous sommes amenés à fouler dans le noir presque complet.

Mis à part cette déconvenue, tout se passe bien: les jambes sont là et ne font pas défaut, le froid et l’attention constante au sol nécessaire pour ne pas tomber tiennent bien éveillé. Pas de fatigue en vue, pas de chute en vue, nous passons un bon moment.

Après une période de relâche sur le plan alimentaire en cette année 2014, nous nous sommes remis sur les rails d’une alimentation saine quelques semaines avant la SaintéLyon. Nous avons eu l’agréable sensation de voir nos vêtements s’agrandir et notre foulée s’alléger. Au cours de cette SaintéLyon, les bienfaits de l’allègement sont incontestables. Nous partageons sur l’importance de ces quelques kilos de différence, qui nous procurent (par leur absence) une bien meilleure sensation de course.

Nous gérons très bien les arrêts ravitaillement et courons quand cela nous est possible, ce qui nous permet d’avoir chaud (ou du moins, pas trop froid).

Arrivés au 48e kilomètre, je revois le bénévole qui était là un an plus tôt et m’avait rapatriée au stand de ravitaillement situé à Soucieu en Jarrest. Je cours désormais dans de l’inédit ! Mon Lapin commence à avoir mal au ventre. Sans doute l’eau très froide contenue dans le sac. Cela ne l’empêche pas pour autant de courir. Une vraie machine !

Par expérience, nous préférons ne pas nous montrer gloutons lors des arrêts ravitaillement et privilégions la mastication lente. Nous testons pour l’occasion les fameuses barres Mulebar à l’orange et au Strudel. En plus d’être un régal, elles sont très digestes. Rien de tel qu’un réconfort gourmand lors d’une sortie longue : les Lapins recommandent !

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Le jour s’est levé !

Comme nous courons à bonne allure, l’objectif de départ est maintenant trop facilement à portée de patte. Nous nous devons alors de le revoir à la hausse : quelle idée ! L’objectif est à présent de faire un meilleur chrono qu’Emir l’an passé, à savoir un sub 10:58. Nous arrivons au 50e km avec deux heures d’avance par rapport à 2013. Ceci dit, la lapine n’est pas (pré)disposée à courir à 12km/h comme Emir l’avait fait sur les 20 derniers kilomètres.

Des souvenirs de l’année passée remontent. Lorsque j’ai foulé ces chemins, j’étais seul et il faisait jour. Ma Lapine était restée au ravito en attente de rapatriement à Gerland. Mon seul but sur cette course était devenu de la retrouver à l’arrivée, et donc, de boucler ces derniers kilomètres le plus rapidement possible.

Nous courons beaucoup plus lentement. L’objectif semble alors loin. La lapine s’énerve et de là surgit un nuage de négativité : « On est trop justes, je ne veux pas que tu sois déçu, je n’y arriverai pas, tu sais quoi faire pour finir dans les temps, on est à la traîne, on n’arrête pas de se faire doubler, etc, etc ! »

Le lapin tente tant bien que mal de rassurer la lapine, têtue comme à son habitude au bout de plusieurs heures de course.

Mais finalement, après quelques estimations sommaires ( 20 km à parcourir à une vitesse moyenne de 7-8 km/h en 4 heures = easy ! ), la lapine revient à la raison : on va y arriver !

Le Lapin se rappelle des tronçons de route qu’il avait parcouru l’an dernier en solitaire. Mais curieusement, les derniers kilomètres ont été changés !

Les chemins traversés m’évoquent des souvenirs mais ceux-ci ne sont pas très clairs. Mes estimations se révèlent fausses quand je tente de décrire à ma lapine les prochains chemins. Je m’aperçois que je n’étais pas très attentif l’année passée, certainement très préoccupé par mon objectif de finir au plus vite. C’est d’ailleurs dans cet élan qu’en 2013, je me suis usé le dos comme jamais auparavant.

Nous grappillons de sacrées côtes. Et quand il n’y en a plus, il y en a encore ! Décidément, l’orga a décidé de nous achever sur cette fin de course !  Les descentes raides ne sont pas évidentes non plus et à l’heure qu’il est, il faut ménager les chevilles et les genoux, déjà bien entamés !

Emir me liste tous les encouragements provenant des réseaux sociaux, lesquels me font beaucoup de bien. Un grand merci pour cela. Un merci tout particulier à Isabelle T, extrêmement active.

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Au 69e km, avec le sourire ! (Merci Arclusaz)

Nous retrouvons Laurent, aka Arclusaz de Kikourou, qui, quelques heures plus tôt, nous avait donné rendez-vous sur la fin du parcours. Arclusaz immortalise ce joli moment.

La fin est proche, la joie est là. Nous atteignons la dernière ligne droite.

Je me revois un an plus tôt, encourager à gorge déployée mon lapin finisher. Cette fois-ci, je suis avec lui et tout s’est bien passé ! Que demander de plus ?

Nos foulées sont légères et amples. L’arrivée dans le stade Gerland est impressionnante ! L’espace de quelques secondes, nous voici des stars !

Nous avons réussi ! Ensemble, nous n’avons fait qu’une bouchée de cette SaintéLyon. Notre joie est immense. Le souvenir de la SaintéLyon 2013 est loin, loin ! Cette SaintéLyon 2014, c’est la SaintéLyon de l’expérience, de la bonne gestion, de la maturité.

Cette année, les jambes et le mental étaient au rendez-vous: nous étions prêts. En retrospective, je pense que l’expérience a beaucoup joué. Affronter une épreuve nouvelle (fait en 2013) avec des objectifs chronos est, selon nous, une erreur. S’accrocher à un temps quand on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est s’exposer au risque de ne pas le tenir. C’est également s’exposer au risque de perdre l’envie de terminer, ternie par la vue du chrono escompté qui s’éloigne, jusque s’envoler. Cette année, tout s’est passé idéalement, ce qui nous a donné l’envie de revenir, avec un objectif encore plus ambitieux.

Qu’en est-il du chrono ? Celui-ci arbore 10h22min54sec  : objectif bonus atteint !

Les Lapins HEUREUX !

Les Lapins HEUREUX !

L’année prochaine, nous reviendrons. Et cette fois-ci, nous voulons la SaintéLyon de Bronze apposée sur notre diplôme, à savoir la distinction décernée aux finishers de moins de 10h00. Mais ne perdons pas en tête l’objectif principal : finir ensemble.

Nous serons présents dimanche 14 décembre à l’occasion de la corrida de Noël d’Issy-les-Moulineaux et courrons aux couleurs de la team TomTom, toujours aussi accueillante.

Merci de continuer à nous suivre les amis. Nous dirons même plus, un très grand merci d’être de plus en plus nombreux à nous suivre sur les médias sociaux. Un très grand merci à vous, vos encouragement sont une source de force mentale. Comme d’habitude, à très bientôt pour de nouvelles aventures.

Les Lapins Runners.

carottes petit

Les Lapins Trailers à la Saintélyon 2013 – Partie #3 – Fin

Exceptionnellement, ce récit est écrit en totalité du point de vue du Lapin.

Les épisodes précédents :

  1. Saintélyon des Lapins Traileurs – partie 1 : l’avant-course
  2. Saintélyon des Lapins Traileurs – partie 2 : Au coeur de la Saintélyon

Etre ou ne pas être … finisher ? La décision.

Nous continuons de marcher en tentant de produire collégialement une décision que nous ne regretterons pas. Ma Lapine ne peut plus courir, elle a toujours des douleurs au ventre et sa motivation est très atteinte. J’avais dit que je resterai à ses côtés et je ne m’y suis pas tenu. Maintenant, il n’est plus possible de faire machine arrière.

Il faut donc s’arrêter là… après une périple nocturne de près de 50 Km. Nous avançons dans le but de croiser un bénévole qui pourrait nous guider à un point d’extraction. Après quelques kilomètres, c’est chose faite.

Nous appelons le poste de secours qui nous demande de nous rendre au prochain ravitaillement. Nous nous étonnons lorsque notre interlocuteur nous questionne : « vous allez bien ? ». Hmm, si on allait bien, on aurait continué, non ? Le bénévole avec qui nous sommes a la gentillesse de nous proposer de nous emmener en véhicule.

Adrien, ami runner rencontré aux foulées du Tertre de Montmartre, nous croise en compagnie du bénévole. Il nous encourage et compatis lorsque je lui explique que nous sommes mal en point.

A ce moment précis, tout plein d’idées traversent mon esprit. Des encouragements d’amis et de famille retentissent… L’envie d’ajouter une Saintélyon terminée au palmarès des Lapins Runners … L’envie de prendre une sorte de revanche sur la 6000D … L’envie de me convaincre que même si j’ai été abattu, je n’ai pas lâché prise pour autant … J’ai l’envie de me dire que, pour ma Lapine et grâce à elle, je vais aller au bout …

Elle m’attendra entre de bonnes mains et au chaud… Ce serait la plus longue session de course sans elle à mes côtés…

Je ressors de mes pensées. Je n’ai plus de doutes, je peux lui régler son compte à cette Saintélyon. A défaut d’être à ma droite, ma Lapine sera dans ma tête. Elle trouve encore la force de m’encourager. Je suis de nouveau armé. Je sens que je peux le faire et mieux : je vais le faire !

C’est parti, je ne sens plus les douleurs ni la fatigue. Comme neuf, je gambade dans le paysage champêtre, les yeux rivés vers l’objectif. Je suis dans un autre monde, je suis tellement frais que je croirais commencer ma course. Je n’ai aucune idée de ma vitesse, mais je me sens rapide. C’est donc ça, le pouvoir du mental. Je ne compte plus les kilomètres, je ne regarde plus ma montre. Qu’importe, j’arriverai au bout de toutes façons.

Objectif : finisher

Objectif : finisher

Après quelques minutes, je croise le gentil bénévole qui m’explique qu’il a bien conduit ma Lapine au chaud. Je suis rassuré, je n’ai plus qu’à foncer la retrouver.

Sur la route, je croise à nouveau Adrien, avec qui je prends le temps d’échanger quelques minutes. Merci Adrien pour ton soutien, et comme convenu, à très bientôt pour une pasta party à Paris !

Au 53ème, j’aborde une court passage routier. Je double un bus par la gauche, qui me masque la visibilité de l’entrée du ravitaillement … Je fais demi-tour et je rentre en trombe sous les tentes. Je retrouve ma Lapine sur le banc des rescapés. Plusieurs traileurs s’y trouvent, emmitouflées dans des couvertures de survie, attendant la navette qui les mènera à Lyon.

Comme à mes habitudes, je prends le temps de relever ce que l’organisation a prévu pour les coureurs. Côté salé : soupe chaude, pain saucisson, fromage en dés et en tranches, crackers type Tucs. Du nouveau côté sucré : palais bretons, toujours des pim’s, cookies au chocolat, pâtes de fruits, brioches fourrées à la confiture,  … bref, tout ce qu’il faut pour faire le plein.

Je fais mes au revoir à ma Lapine en lui donnant rendez-vous à « à l’arrivée, dans deux heures ! ». Il est alors 9h00, 23 Km me séparent du stade Gerland, lieu de nos retrouvailles prochaines.

Je repars en vitesse avec mon objectif bien ancré : celui retrouver ma bien aimée après avoir franchi la ligne. Je n’ai pas mal aux jambes, je suis bien, je n’ai pas froid. Certains me reconnaissent et me demandent où se trouve ma Lapine. Je leur réponds que c’est ma récompense ultime à l’arrivée.

Le périple du Lapin

Le périple du Lapin

Les kilomètres qui suivent passent vite. Je traverse toujours des paysages champêtres et le ciel est bleu. Je double des traileurs qui semblent tous exténués, j’en conclus que je suis rapide (certains remarquerons que la conclusion n’est pas logique, ils auront raison). Je gravis les derniers sentiers. Dans les montées, je ne cherche plus à m’économiser. C’est maintenant mon souffle qui limite ma vitesse. J’en suis à 1h30 de course sans ma Lapine à mes côtés, mais elle est bel et bien présente dans ma tête. Je visualise le moment des retrouvailles à chaque instant.

Au bout de 9h50 de course, TomTom Runner vibre pour m’indiquer l’arrêt de la séance car sa batterie lui fait défaut. Ma Lapine m’ayant laissé la sienne, je poursuis l’enregistrement. Au passage, relevons que l’autonomie de 10h annoncée par TomTom est bien vérifiée.

J’arrive au dernier ravitaillement situé 7 Km avant l’arrivée. Mes souvenirs sont vagues. Je crois que j’avale de l’eau et attrape un peu n’importe quoi en vitesse. J’ai le souvenir étrange d’avoir mangé une tranche de fromage et une pâte de fruits. En même temps.

Je repars en trombe. Je crois que j’ai mal au dos mais je n’écoute pas mon corps. Je cours à une allure vive, parfois dans des descentes sur bitume qui deviennent raides et violentent mon dos. J’entends parler autour de moi de 200 marches à descendre… ah, oui en effet … Je les dévale et je continue à courir dans un nouveau paysage très urbain.

Ça y est, je longe le stade ! Je sens que je vais y entrer et que la finish line approche ! Tout à coup, c’est la dernière ligne droite et plusieurs panneaux indiquent la fin : 150m, puis 100m, puis 75, … je lance mon sprint final. J’ai le dos en vrac mais ça ne compte plus. Je vais aller au bout pour ma Lapine. Je la vois ! Je crie : c’est pour toi ma femme ! Elle ne m’entend pas car elle crie en même temps.

C'est pour toi ma femme !

C’est pour toi ma femme !

Je monte sur le tapis bleu puis je passe sous l’arche. Je viens de terminer la Saintélyon. Je regarde l’écran : 10:58:38. Je ne sens plus rien, je crois que je divague. En fait si, je sens mon dos qui est en compote. Dans la foule, on m’interpelle : « Emir ! ». Ce sont des confrères de kikourous qui sont contents de rencontrer le co-auteur des récits des Lapins Runners.

Je poursuis car je veux ma Lapine, et de l’eau. Elle est là, elle a réussi à se frayer un chemin jusque moi. C’est le moment tant attendu des retrouvailles. Je la prends dans mes bras et je ne pense plus à rien. C’est donc ça, le vrai réconfort après l’effort.

Le voici, le t-shirt finisher de la 60ème édition de la Saintélyon. Plus de taille S … et oui, il y’a probablement 2000 traileurs en taille S arrivés avant moi et ayant dévalisé le stock.

La Saintélyon, c'est terminé

La Saintélyon, c’est terminé

Nous quittons le stade Gerland et retrouvons Olivier et Eve, venus partager avec nous le moment du merveilleux repas post-Saintélyon. Nous récupérons notre collation « officielle » : une soupe de nouilles chinoises, du pain, des fruits puis nous dirigeons vers un vrai restaurant choisi avec soin par nos amis. Nos critères étaient simples : un endroit proche où il fait chaud. C’est parfait.

Bilan de la Saintélyon 2013

La course à pieds, ça nous change. Mieux encore, ça nous fait évoluer. Le sport nous permet / promet de longs moments d’introspection, de longs moments à réfléchir sur soi. J’ai pris conscience que lorsqu’on est deux sur une longue épreuve, la cohésion est particulièrement importante. Notre équipe, notre duo, notre soutien l’un pour l’autre doit être et sera la priorité à ne jamais perdre de vue. Bien utilisé, c’est un moteur incroyable qui, j’en suis sûr, nous permettra de traverser n’importe quelle épreuve. Dans le cas de la Saintélyon, j’ai perdu de vue ceci. C’est une erreur après laquelle je ressors grandi. Je suis persuadé qu’un jour ou l’autre, notre cohésion nous permettra d’accomplir tous les exploits dont nous rêvons. L’avenir nous le prouvera, j’ai bien confiance en lui 😉

Je nous ai inscrit à l’Ultramarin pour le mois de juin 2014, le grand raid du Morbihan de 177 Km. Suis-je totalement inconscient ? Je l’ai pensé après la Saintélyon. Ceci dit, si je regarde un an arrière, qu’avions-nous à notre actif un an auparavant ? Quelques corridas tout au plus. Aujourd’hui, nous sommes taileurs, marathoniens et cent-bornards donc … Ça devrait le faire ! Et puis, la démesure, c’est un peu notre marque de fabrique … 😉

Les remerciements

Un grand merci à tous : famille, amis coureurs, amis non coureurs, amis de facebook, kikourou, twitter. Merci à vous qui nous suivez et nous soutenez tous à votre manière. C’est une source d’énergie incroyable. Allez, le plein de prénoms / pseudos, pour le plaisir : Jannah, Farha, Elisabeth, Nasri, Sabine, Laurent, Buge, Bruno, Thando, Adrien, Emmanuelle, Clovis, Nicolas, Maxime, Olivier, Eve, Frédéric, Atsushi, Daddy, Nixul, ti_tom, Eugenie, StCyrre, Nadia, Recours, Joséphine, Thomas, TomTom et tous ceux que j’ai malencontreusement oublié.

fin

A très vite les amis ! Prochainement, le récit de la corrida de Noël à Issy-les-Moulineaux !

Les Lapins Runners.

carottes petit

Les Lapins Trailers à la Saintélyon 2013 – Partie #2

Exceptionnellement, ce récit est écrit en totalité du point de vue du Lapin.

L’épisode précédent : Les Lapins Traileurs à la Saintélyon 2013 : l’avant-course

Au cœur de la Saintélyon

Au départ, l’ambiance est festive. Nous sommes complètement gelés mais excités. Nous le saurons plus tard, nous sommes surtout inconscients de ce qui nous attend. Le commentateur sportif est devenu un disc jockey, les lampadaires des boules à facettes, le sas de départ un dancefloor, et les traileurs des danseurs qui se donneront, pour la plupart, jusqu’au bout de la nuit au cours de cette fête d’un genre … différent.

Ca y est, c’est parti ! Nous sommes à l’arrière du sas car nous avons retardé jusque 23h55 notre sortie du parc des expositions. Pendant que nous marchons vers la ligne, nous prenons le temps de quelques photos avant ce grand moment, notre première Saintélyon.

Lapins enthousiastes

Lapins enthousiastes dans le sas de départ

Dans les faits, la fête décrite plus haut sera en réalité un combat de chaque instant contre de redoutables adversaires.

Adversaires numéro 0 : La nuit, le froid, les dénivelés

Ces trois adversaires sont intrinsèques à la Saintélyon. C’est notre combat fil rouge qui sera présent du début jusqu’aux trois quarts du parcours. Ce sont les règles du jeu, et nous les avons acceptées.

profil course

Profil de la Saintélyon

Adversaire numéro 1 : le bitume

Du Km 0 au Km 7 : ces premiers kilomètres en présence du bitume ne nous mettent pas dans le bain. Au contraire, ils tentent vicieusement de nous mettre en position de confiance afin de nous livrer, telles des brebis sans défense, à la neige et au verglas.

Les 7 premiers Km sont bouclés en 45 minutes, on se croirait presque sur notre type de course le plus familier, le marathon. Nous savons que ça ne va pas durer mais profitons de ce passage pour doubler à cœur joie. Km 8, les montées démarrent, mais toujours sur le bitume. Jusqu’ici, toujours sans surprise.

Jusqu'ici, tout va bien

Jusqu’ici, tout va bien

C’est au Km 9 que les choses se corsent. De nombreux runners s’arrêtent sur le bas-côté et semble positionner un accessoire sur leurs chaussures. Des Yaktrax, autrement connues sous le simple nom de « chaînes pour courir ». Nous avions compris par la présence du Vieux Campeur sur le village que c’était un accessoire potentiellement utile, mais dans notre insouciance, nous avons décidé d’en faire l’impasse.

Adversaire numéro 2 : la neige

Km 10, la neige fait son apparition, et en abondance. Elle est parfois poudreuse, parfois glacée. Les routes de bitumes on laissé leur place aux sentiers. Nous comprenons que nous entrons dans le vif du sujet.

neigeAlors que nous évoluons dans la neige, je me retourne et observe les lacets illuminés par les frontales. Je décide de prendre une photo souvenir de ce paysage typique de l’épreuve. Lorsque je me retourne, Carole n’est plus là. La panique monte d’un coup sec. J’avance et je crie « Carole », mais sans succès. Je fais demi-tour et je crie de nouveau. Je demande aux traileurs s’ils ont vu une traileuse avec des oreilles blanches, en vain. Je retourne au lieu de la photo, je crie Carole à gorge perdue. Pas de réponse… La panique et l’adrénaline ne me laissent pas perdre espoir. Des traileurs partout, dans tous les sens. Des frontales qui piquent les yeux. Comment retrouver ma Lapine ? Je m’agite et scanne les lieux du regard quand tout à coup, je vois enfin ses oreilles blanches. Je la prends ma Lapine par la main et lui indique je ne la lâcherais plus.

A peine remis, notre troisième et plus redoutable adversaire fait son apparition.

Adversaire numéro 3 : le verglas

verglasNous poursuivons dans la neige qui cache désormais des plaques de verglas. Nous faisons un constat amer : les crampons de nos chaussures de trail n’ont aucun effet. Il nous faut absolument éviter de piétiner ces plaques sous peine de chutes à répétition, pouvant s’avérer très dangereuses. Les Yaktrax étaient donc l’arme permettant de prendre le dessus lors de ce combat. Il nous faudra faire sans, mais nous y laisserons des plumes (ou plutôt, des poils).

Nos yeux et notre frontale se rivent au sol et notre concentration monte d’un cran. A maintes reprises, nous manquons de chuter et nous rattrapons l’un l’autre. C’est donc ça, le trail nocturne. Se concentrer sur le sol pour éviter les déboires. Les kilomètres s’allongent. Tout comme à la 6000D, il ne nous faut plus 6 minutes mais 12 pour parcourir un kilomètre. Les descentes sont effrayantes, nous prenons un maximum de précautions pour éviter de nous laisser entrainer par la vitesse. La difficulté est telle que les phases de montées deviennent plus rassurantes, et plus rapides.

Malgré cela, les deux premières heures passent vite car nous sommes concentrés, et encore frais physiquement. Il est 2h du matin et nous en sommes à 15 Km, soit une vitesse de 7,5 Km/h. Jusqu’ici, l’allure est suffisante pour boucler la Saintélyon en 10h00. Ça paraît trop beau pour être réel.

La foule aux ravitaillementsNous arrivons au premier ravitaillement, au 15ème Km à Saint-Christo. La foule attroupée grouille en tous sens et tente par tous les moyens de se sustenter. L’accès aux tables en devient difficile, nous devons nous frayer un chemin jusque celles-ci. Nous y trouvons des bananes, pommes entières, génoises fourrées (type Pim’s), pâtes de fruits, madeleines, chocolat, pain d’épices, bananes en morceaux. Nous y trouvons également un ravitaillement chaud en thé distribué directement dans les contenants des traileurs (gobelets ou gourdes). Pour l’eau, l’organisation a prévu des zones de remplissage des poches avec de multiples robinets dédiés. A la Saintélyon, on prend le carburant très au sérieux.

Nous poursuivons dans les mêmes conditions que précédemment. Les montées et descentes s’enchaînent, nous surveillons le sol avec attention et nous tenons la main pour éviter les chutes. Peu après le 20ème, nous passons le point culminant mais, un soulagement serait prématuré. Tout à coup, tout le monde s’arrête. Nous l’avons déjà compris, les bouchons sont l’annonce d’un passage particulièrement ardu. Nous découvrons notre nouvel adversaire : le marécage.

Adversaire numéro 4 : le marécage

Km 26 : Un chemin de boues marécageuses contraignent les Traileurs à contourner la route principale par un bas côté glissant, labouré par leurs prédécesseurs. Le passage est extrêmement délicat, à tel point qu’il est quasi impossible de conserver ses pieds aux sec. Nous avançons péniblement en tentant d’atteindre les quelques pierres encore en surface.

Au Km 29, alors que nous pensions en avoir terminé, le voici de retour. Un nouveau marécage ralentit fortement les troupes. Les moins aguerris optent pour un raccourci par les champs, coupant littéralement quelques centaines de mètres de parcours. Nous reverrons une dernière fois cet adversaire, après le ravitaillement de Sainte Catherine. Notre lucidité n’était alors plus suffisante pour enregistrer le kilométrage.

De temps à autre, quelques fêtards du samedi soir ou habitants locaux venus assister à l’aventure encouragent les traileurs intrépides. Ca met du baume au cœur. Dans ces conditions, tout est bon à prendre.

Les glissades restent fréquentes, et, pour chacune, nous prenons une forte dose d’adrénaline. Le cœur s’emballe car celle-ci est en excès. Les nerfs sont à vif. Le mental en pâtit fortement car prend des coups à répétition. Certains traileurs tombent et se relèvent en restant impassibles et concentrés. Bien que nous le voulions, nous n’y parvenons pas. C’est dans ce cas que l’expérience du traileur qui se veut salvatrice.

36ème Km : le roadbook nous avait prévenus, nous faisons face à une montée particulièrement raide et longue. La marche y est de rigueur.

Il devient difficile de tenir la main de ma Lapine car, se faisant, nous devons nous trouver côte à côte. Le lien bridant mes mouvements, je décide de passer devant. J’avance et m’arrête régulièrement pour lui permettre de me rejoindre. Pendant ce temps, son moral baisse, je ne le vois pas. J’ai froid et je suis renfermé sur mes sensations, je ne pense plus qu’à avancer. Elle me demande de ralentir à maintes reprises mais j’y parviens à peine. Mon instinct cherche à maintenir mon corps en mouvement.

Nous sommes aux alentours du 42ème et le périple en est à 7h00. Le jour commence à se lever. Il fait toujours très froid. Nous continuons à la marche.

Adversaire numéro 5 : le blues du jeune Lapin Trailer

Il est maintenant 8h passées et il fait désormais complètement jour. Ma Lapine est derrière, je la laisse me rejoindre. Elle n’a pas le moral et ne peut plus ni ne veut plus courir. Je l’ai laissée seule, je m’en veux. La difficulté et la concentration m’ont renfermé sur moi-même. C’est donc ça, le trail nocturne longue distance. C’est peut-être pire que la pire des épreuves de team building. Je me découvre sous un autre jour, difficile à admettre mais bel et bien réel. C’est ça l’inconnu, aller si loin que l’on ne s’y reconnaît plus.

Il faut le reconnaître, notre enthousiasme débordant nous a masqué la réalité des choses : nous sommes encore jeunes dans le domaine pour une telle épreuve. Avons-nous brûlé les étapes ? Que faire ici, au 46ème ? Même si le plus dur est passé, il nous reste 35 Km. Nous ne pouvons pas nous permettre de marcher jusqu’au bout. Comment se remonter le moral mutuellement, dans un état pareil ? Il nous faut être réaliste et prendre les bonnes décisions. S’arrêter maintenant ? Nous y pensons. Bien que le plus dur soi passé, ce n’est pas comme si nous étions presque arrivés…

 A suivre partie 2

Episode suivant : Les Lapins Traileurs à la Saintélyon 2013, la fin du périple.

Les Lapins Trailers à la Saintélyon 2013 – Partie #1

Introduction

Question pour un runner :

julien leperseJe suis une course qui a lieu chaque année le premier week-end du mois de décembre et je fête mon 60ème anniversaire en 2013. Avec 12180 coureurs sur la totalité des épreuves proposées, et 5802 dont 476 femmes dans ma version 75Km, je suis l’un des événements les plus populaires du trail français. J’ai été remportée en 2013 par un outsider, Benoit Cori, terminant en 05:32:30 et dérobant ma première place à Emmanuel Gault du team Asics. Me déroulant de nuit dans des conditions glaciales, je fais le bonheur des fabricants de lampes frontales, chaussures de trail et chaines à neige. Les Lapins Runners ont tenté en 2013 de venir à bout de mon parcours… Je suis… Je suis … La  Saintélyon !

Aussitôt la saison des marathons terminés, les Lapins Runners replongent dans un domaine encore jusqu’alors peu exploré : le trail. Notre « jeune » palmarès étant, avant la course, le suivant :

Après ces quelques grands rendez-vous en 2013, les Lapins se frottent maintenant à la célèbre Saintélyon pour son 60ème anniversaire. En accord avec notre soif de challenge, nous avons pris soin de sélectionner la plus longue distance proposée : la « Saintélyon Solo » de 75 Km.

Nous vous livrons ici notre récit d’un événement très riche en émotions qui nous est mémorable. Nous y avons vécu l’un de nos plus grands challenges jusqu’à présent (avec le 100 Km du 02.VI.2013 et le Paris Mantes à la marche de  janvier 2013), requérant des capacités physiques et mentales particulièrement solides. Les Lapins Runners l’auront compris, le trail longue distance et le marathon sont deux disciplines bien distinctes dont le seul point est le parcours à pieds.

Sommes-nous parvenus à parcourir les 75 Km dans des conditions « extrêmes » ? Sommes-nous sur la liste des finishers de la Saintélyon ?

L’avant-course

 

Rien de tel qu’un run solidaire avant une Saintélyon

Ce récit se doit de commencer vendredi 06.XII à 19h30 à Clichy (92). Nous sommes le week-end du téléthon, mobilisation populaire en faveur de la lutte contre les maladies invalidantes. Dans le cadre de la collecte de dons, le chronométreur Timepoint propose de battre son propre record du monde de kilomètres parcourus dans un parc, le premier ayant été établi le 09.IX.2013 au parc Susanne Lenglen.

C’est l’occasion pour nous de faire enfin la rencontre de nombreux membres de la twittosphère dont la ligue GRO, particulièrement mobilisée. Les Lapins y ont échangé joyeusement tout en courant avec des confrères runners, jusqu’alors virtuels pour la plupart. Alors que nous étions partis pour 15 Km, ce sera finalement un semi chacun (42 Km) qui sera couru en faveur record du monde, et par extension, du téléthon. L’évènement est généreusement conté chez nos amis runners: Geek&Run, Daddy The Beat, HibouDoré, Pasaprespas et ses photos.

Après 3h sur place, nous quittons les lieux à 23h30. A 1h30, nous voilà couchés pour une nuit de 8h30, nécessaires à une veille de Saintélyon.

Des remerciements particuliers pour : Romain de TopChrono, Alexandre de Timepoint. Une pensée particulière pour : la ligue GRO dans son ensemble, Laurent aka Pirate, Daddy The Beat, Pasaprespas, Emabovari, Nixul, Ptitestef, Aly de Runhappy, HibouDoré (mention spéciale pour le fondant saveur crème de marron) ainsi que tous ceux que nous avons pu rencontrer 😉 !

Les Lapins Runners et la ligue GRO !

Les Lapins Runners et la ligue GRO !

Samedi 07.XII : le départ à Lyon

Le 07.XII, c’est le jour J (ou la veille, question de point de vue). Il est 9h. H-15 avant le départ.

Nous prenons un copieux petit déjeuner comme nous les aimons, nous en aurons besoin. Au menu : fromage blanc, fruits frais, céréales muësli, pain, thé. Allez, on enchaîne.

11h00 : départ du terrier direction Marne-la-vallée. Nous y prenons le train low-cost Ouigo qui aurait pu être estampillé de l’inscription suivante : « CECI EST UN TRAIN DE TRAILEURS ». En effet, à l’intérieur, les runnings fluos, camelback et anecdotes de runner de l’extrême sont monnaie courante. L’ambiance nous berce, nous dormons.

14h00 : nous nous réveillons pour consommer nos sandwiches maison avant de sortir affronter le froid. 14h30 : nous voici à Lyon. Nous prenons aussitôt le tram en direction du centre, puis le métro en direction du stade Gerland, lieu de remise des dossards.

15h30 : nous avons nos dossards. C’est la première fois que nous nous voyons remettre des dossards au format « chasuble des cours d’EPS au collègue », ou encore « t-shirt marcel » munis de bandes réfléchissantes. Alors que nous cherchons un photographe pour immortaliser notre visite sous l’arche d’arrivée, nous sommes interpelés : « Lapins Runners » ? C’est Atsushi et sa compagne, qui nous suivent depuis nos premières courses, venus se confronter à la « Saintéxpress », déclinaison de l’épreuve en 45 Km.

Une fine équipe de trailers

Une fine équipe de trailers

Nous nous souhaitons le meilleur pour ce qui nous attend, et poursuivons notre visite vers le village. Sur place, les partenaires de l’événement nous permettent de prendre quelques photos fun dont voici un échantillon.

Pour l'instant, on fait les malins

Pour l’instant, on fait les malins

Au village, plusieurs stands intéressants :

  • Le Vieux Campeur vendant notamment des … quoi ? « Yaktrax » (oui, nous en reparlerons plus tard). Ainsi que les best-sellers de Kilian Jornet.
  • Lafuma vendant de l’équipement de trail high tech hautement réchauffant, respirant, performant, compressant, convaincant et à prix exorbitant.

J’admets que le fait de m’équiper quasi-intégralement chez Kalenji influence fortement ma vision des tarifs. En effet, ces équipements sont de très bonne qualité et leurs tarifs souvent deux à trois fois inférieurs aux « grandes » marques : Salomon, North Face, Compressport, Lafuma, BV Sport, …

  • Sigvaris dévoilant sa dernière innovation en matière de compression permettant performance et dynamisme des mollets : le Pulse.
  • L’inévitable Overstim’s cherchant, ici aussi, à remplacer le sang des traileurs par du sirop.
  • Des Bosses et des Bulles, livres d’histoire illustrées humoristiques sur le thème du trail, dont nous faisons la découverte. Les livres y sont dédicacés par l’auteur en personne.
  • Divers organisateurs d’ultra-trails distribuant flyers et goodies, dont le trail des Passerelles, particulièrement impressionnant.
  • Le stand cadeau, offrant à tous les inscrits le book collector du 60ème anniversaire de la Saintélyon.

Comme à nos habitudes, nous faisons le plein de flyers et remplissons également tous les bulletins possibles pour gagner des dossards. Jusqu’à présent, pas la moindre trace de récompense ou de gain (à l’exception peut-être de quelques spams).

17h00 : nous quittons le village et grimpons dans la navette qui nous amène vers l’aventure. Après 40 minutes de trajet, nous arrivons à Saint-Etienne.

Le parc des expos de Saint-Etienne est très spacieux. A notre arrivé, les gradins sont encore peu peuplés. Quelques traileurs de la première heure s’y changent, d’autres, emmitouflés dans leur sac de couchage, rechargent les batteries avant leur nuit mouvementée. Petzl, Lafuma, et Esprit Running sont présents pour les achats et animations de dernière minute. La neige fondue au sol au donne un aperçu de ce qui nous attendra plus haut.

Contrairement à la grande majorité des traileurs, nous n’attendrons pas dans le grand hall car … nous nous sommes inscrits à l’AAB !

kikourouAAB (Appel à bouffer) : terme instauré et utilisé par la communauté de coureurs de kikourou.net. Moyennant la modique somme de 10€, nous avons pu bénéficier d’une pasta party et d’un dortoir (ou plutôt d’un sol) dans un endroit (presque) chaud à proximité du parc des expositions : le Flore, réaménagé pour l’occasion.

Nous y faisons la rencontre de nombreux traileurs de la communauté Kikourou dont Fabien avec qui nous échangeons des anecdotes. Nous apprenons l’existence de la LyonSainté, aussi connue sous le nom de « La 180 ». Il s’agit d’une course presque officielle réunissant une poignée de traileurs totalement intrépides. La course vise à rallier Lyon depuis Saint-Etienne avant de rallier Saint-Etienne depuis Lyon (autrement dit avant de courir la Saintélyon 75 Km). Vous l’avez compris, il s’agit d’un aller retour sur le parcours, de jour puis de nuit … soit 150 Km ! Les ultra-traileurs n’ont définitivement peur de rien.

Après manger, nous tentons une sieste. Certains y parviennent, d’autres pas. Nous sommes dans la deuxième catégorie. Le « dortoir » est bien trop étroit pour y mettre 200 runners.

Pendant le temps d’attente, nous préparons notre tenue de combat et nous assurons que nos compagnons de route sont bien en place : lampe frontale, gants, gourde remplie de citronnade légère, mouchoirs, oreilles, téléphones mobiles. Une lecture du roadbook nous permet de nous préparer aux temps forts du parcours.

On s'équipe !

On s’équipe !

23h00 (H-1 !) : il est temps de quitter notre QG temporaire pour nous rendre à la consigne, puis au départ. Le parc des expositions est maintenant complètement plein. L’activité humaine a totalement chauffé les lieux. Le froid à l’extérieur étant menaçant, nous décidons d’y rester autant que possible.

J’appréhende. Je fais part à ma Lapine de ma crainte de rester sur le carreau, transformé en glaçon.

23h53 : Nous prenons le temps d’une photo au stand esprit running et nous nous lançons vers les sas …

A suivre

L’épisode suivant : Les Lapins Traileurs à la Saintélyon 2013, au cœur de l’épreuve !