Vie De Coureur Minimaliste

fivefingers

Notre collec’ FiveFingers

Ah la la, c’est qu’on nous mène la vie dure, à nous, coureurs minimalistes ! Depuis notre transition en janvier 2015, nous ne comptons plus les remarques, piques, critiques, questions adressées à l’égard de nos chères et tendres gants de pieds, les FiveFingers de Vibram.

Voici une liste non exhaustive de ce que nous avons pu entendre ! Alors, si toi, tu hésites à te lancer dans le minimalisme, prépare-toi, parce que tu vas forcément y avoir droit !

Après le tome 1 Vie de Runner, voici le tome 2 : Vie de Coureur Minimaliste !

 

22. « Quelles sont les sensations ? »

Celle du pied nu ou presque. On comprend/découvre la notion de « proprioception » plantaire et de la cheville, et des aspérités au sol

21. « C’est confortable ? »

On prend la question, mais c’est totalement subjectif. Pour nous, oui ça l’est tout à fait. Même pour la marche.

20. « Tu achètes ça où ? »

Certes, ni chez Carrefour ni chez Décathlon. Un futur initié peut-être ?

19. « Tu n’as pas de douleurs au mollet ? »

Allez, on prend. Il est vrai que les mollets travaillent beaucoup plus. C’est le principe de la foulée minimaliste. Cette question est légitime.

18. « Tu n’as pas trop d’ampoules avec ? »

Question légitime, on s’inquiète ici de l’intégrité de nos membres, ça se comprend quand on est habitué aux semelles épaisses avec des noms stylés copyrightés.

17. « Je connais quelqu’un qui court aussi en minimalistes, mais il ne fait pas de semi-marathons/marathons/trails/ultras avec »

Cool, un membre modéré de la communauté. Bravo à ce quelqu’un.

16. « Combien de temps a duré ta transition ? »

Question légitime, j’achète. Cela dit, et comme indiqué dans le retour d’expérience d’Emir, il ne vaut mieux pas nous prendre pour modèle.

15. « Tu ne sens pas trop les cailloux ? »

Question légitime, on accepte et on répond. Dépend des personnes et de la sensibilité de la plante. A titre d’exemple : Emir les sent et en pleure. Carole ne les sent à peine.

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

14. « Ah, tu as mis tes chaussures d’alien/d’extraterrestre/de hobbit/de grenouille/du futur ! »

Le petit blagueur de bonne humeur, on accepte ici encore.

13. « Ohhhhh, une coureuse barefoot !! »

Un qualificatif, je prends.

12. Une discussion entre deux coureurs qui m’ont vue : « Tu as vu, une coureuse minimaliste ! » « Ouais, il parait que c’est pas mal ! »

Tiens, peut-être un curieux qui s’y mettrait ?

11. « Tu n’as jamais été blessée avec ça ? »

Pourquoi pas, question qui provient de l’étonnement face à des chaussures sans amorti, dans un monde où l’amorti fait légion, et est élevé au rang prestigieux de gage de qualité.

10. « Il y a une semelle ? »

Toute chaussure dispose d’une semelle, dès lors que c’est … une chaussure.

9. « Tu as couru avec ça ??? » entendu une dizaine de fois à l’arrivée d’une course

Visiblement, c’est toujours un mythe que l’on puisse courir en VFF. Peut-être ne faut-il pas s’en étonner.

8. « C’est la grande mode en ce moment »

Ca alors, la grande mode ? Le Burger King c’est la grande mode. Les chaussures lumineuses, c’est la grande mode. Les selfie running / shoefie / whatever-fie c’est la grande mode. Les minimalistes, nous

Carole en five sur le semi de Paris

Carole en five sur le semi de Paris

n’en sommes pas certains.

7. « Chapeau, parce que franchement, moi, je ne pourrais pas »

Possible, mais as-tu au moins essayé ? Un peu comme quand le fiston affirme qu’il n’aime pas un aliment qu’il n’a jamais goûté, juste parce que ça ne ressemble pas à un Mcdo ou à un bonbon.

6. « Je suis trop vieux/lourd/grand pour courir avec ça »

Ca s’entendrait bien si c’était fondé, mais souvent, ça n’a jamais essayé. Cette affirmation part du principe que l’absence d’amorti dans la chaussure pose un réel problème. Cela ignore totalement que la posture du coureur minimaliste utilise l’amorti naturel procuré par le tendon d’Achille et le mollet. Ceci étant dit, pour un débutant lourd qui souhaite perdre du poids, le mieux est certainement de ne pas travailler sur plusieurs fronts en commençant pas le minimalisme.

 

5. « Tu vas te bousiller les articulations »

OK, donc tu es médecin spécialiste en biomécanique pour affirmer ceci avec certitude, ou tu parles tout simplement sans savoir ?

4. « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces merdes » dixit un coureur sur l’Eco-trail de Paris 80 km

Ici à nouveau, jugement sans savoir et mépris ouvert des pratiques de l’autre. Fâcheux.

 

TOP 3

 

3. « Tu connais des coureurs élites qui courent avec ça ? Non ? Bah ça veut tout dire ! » dixit un coureur avant le départ du semi-marathon de Meaux 2015

OK et quid de l’ouverture d’esprit ? Les pros doivent-il être considérés au même titre que nous les amateurs ? Un grand débat !

2. « Tu ferais mieux de prendre exemple sur ton copain » dixit ce même coureur, en pointant Emir, qui, ce jour-là, ne portait pas de minimalistes

Mon copain sur qui je devrais prendre exemple, il est aussi minimaliste. On est toujours dans le jugement à la première impression, non constructif et sans savoir de quoi on parle. Dommage.

1. « C’est suicidaire de courir avec ça ! »  dixit, un meneur d’allure pendant le marathon de Sénart 2016

Ce cher meneur d’allure ne considère absolument pas que je sais ce que je fais, que je l’ai déjà fait, et que contrairement à lui, j’ai expérimenté ces chaussures. De plus, un meneur, n’est-ce pas censé motiver les troupes ?

 

 

Alors les amis, vous vous êtes reconnus ? N’hésite pas à nous raconter vos perles 🙂

 

Et si tu es curieux par la course minimaliste, nous t’invitons à consulter nos précédents articles sur le sujet :

A très bientôt !

Les Lapins Runners.

carottes

 

Amorcer une transition minimaliste avec des Five Fingers !

Vibram Bikila LS recadréHello les amis,

Aujourd’hui au programme, un billet qui s’est fait longuement attendre : le récit de ma découverte du minimalisme. En effet, il semble que le sujet vous intéresse : vous êtes très nombreux à nous poser des questions quant à l’usage de Five Fingers sur nos courses, leur intérêt, et notre temps de transition. Vous le savez les amis, c’est toujours un plaisir pour nous de répondre à vos questions :). Let’s go pour partager ce retour d’expérience !

Pour la petite histoire, ce billet a été rédigé en mars 2015 mais a été délaissé jusqu’à ce que nous nous apercevions qu’il intéresserait probablement. Ne vous étonnez donc pas de voir des dates en 2015, c’est normal 🙂

 

Préambule

Depuis la paire de Bikila Evo reçue pour son anniversaire (23 janvier 2015), Carole a une foulée bien plus dynamique et fait tomber ses chronos les uns après les autres. Précisons en passant que cela n’était pas arrivé depuis 2 ans. De plus, vous vous doutez bien que j’étais aux premières loges pour recueillir ses éloges envers ces chaussures :

  • ces chaussures améliorent la posture en rendant plus accessible l’adoption d’une foulée medio-pied,
  • elles améliorent voire permettent de découvrir ce qu’est la proprioception de la plante des pieds en procurant un meilleur contact le sol
  • la finesse de la semelle permet de sentir les irrégularités du sol jusqu’au moindre petit caillou,
  • d’avoir la satisfaction de pouvoir se passer des couches d’amortis toujours plus sophistiquées dans lesquelles nos marques de running préférées injectent des million $$$ de R&D…

Resistance is futile… Pour la science, il a fallu que je teste.

C’est ainsi qu’après m’être acheté une paire de Hoka Bondi pendant les soldes de janvier 2015, je me retrouve sur le bon coin à débourser 50€ pour une paire de Vibram Five Fingers modèle Bikila LS. Si ce n’est pas ça qu’on appelle passer du coq à l’âne, alors chers amis, c’est que je n’ai pas compris cette expression.

 

Ma transition minimaliste, le récit

Jour 1 – la remise en question : Tentative 1 d’enfiler les chaussures : 25 minutes. Après avoir réussi à rentrer trois doigts de pied, j’avais fait ma séance de sport pour la journée, je me suis donc arrêté là. Je suis passé par une phase de remise en question existentielle certainement connue des adeptes de Vibram : « peut-être mes doigts pieds ne sont-ils pas fait pour faire chambre à part ? ».

Jour 2 – le premier contact : Tentative 2 d’enfiler les chaussures : 30 secondes pour que tous les doigts rentrent dans leur compartiments respectifs. Je n’ai vraiment pas compris ce qu’il s’était passé entre la première et la seconde tentative. Pour vérifier, je les enlève et je réessaie. Tentative 3 : 30 secondes. Je cherche actuellement l’explication de ce phénomène. Mes doigts de pieds se sont tout simplement disciplinés.

Petit Selfie-chaussure au balcon

Petit Selfie-chaussure au balcon – modèle BIKILA LS

Jour 3 – le premier soir – 05/03/2015 : Enfiler les chaussures : 30 secondes. Sortie pour 5 km en ville. J’ai l’impression de sortir dans la rue pied nus, ce qui est plutôt amusant. Je commence à courir et là … wow, ça va vite ! Je sens bien qu’il n’y a pas d’amorti mais ça ne me dérange pas le moins du monde (pour l’instant). J’ai une foulée dynamique et c’est tout ce qui compte. Je vérifie mes sensations en interne : ma foulée n’est pas la même au niveau de la pose du pied au sol. Je ne talonne pas du tout. J’ai adopté une foulée médio-pied sans forcer quoique ce soit. Au bout de 3km, j’ai déjà les mollets en feu. Je sens que je vais avoir des courbatures ultra-sévères ! Superbe découverte !

En rentrant de ces 5km, réaction à chaud que j’ai essayé de modérer avec mon peu de lucidité lié à l’enthousiasme : « c’est ma paire de chaussure de course préférée ».

Conseil à ce stade : pensez à utiliser des produits de récup qui vont faciliter votre reconstruction musculaire, tels que des boissons ou de la Whey.

Jour 4 – attendre avant de recommencer : Le lendemain au soir, les courbatures se font ressentir, et elles sont loin d’être discrètes. En foulée médio-pied, le mollet travaille avec une intensité bien supérieure car va servir d’amortisseur naturel. Je dois être raisonnable et laisser reposer mes mollets pour ne pas trop forcer les choses.

Jour 5 – 07/03/2015 – pas aussi bon : Sortie de 5 km avec ma Lapine pour un défi sur Running Heroes. J’adapte la foulée car les courbatures m’empêchent de courir « naturellement ». Je me retrouve à talonner pour retrouver le mouvement auquel mon mollet est habitué, mais là, je sens vraiment que ce mouvement n’est pas naturel avec ces chaussures.

Jour 6 – 08/03/2015 : Semi de Paris  – la révélation. Je n’avais vraiment rien de plus drôle à faire que de le tenter en Vibram, par dessus mes courbatures of the death à peine apaisées ! Allez, c’est parti.

Note écrite avec du recul, en janvier 2016. Je m’aperçois que j’ai couru le Semi de Paris soit 21 km en VFF seulement trois jours après ma première sortie avec. Les amis, je ne vous recommande pas de faire ça, car c’est bien trop brutal pour vos mollets, qui risquent de ne pas du tout comprendre ce qui leur arrive. Je pense que je n’avais pas conscience du risque de blessures que j’encourais.

La foulée médio-pied s’enclenche naturellement et je m’aperçois rapidement que les courbatures liées à la sollicitation poussée de mes mollets se font ressentir. Ce jour, je ne parviendrais à tenir que 10 km avant de devoir artificiellement basculer sur une foulée plus proche de la foulée talon, bien plus apaisante pour mes muscles. Mise à part cette petite déconvenue directement liée à la transition très / trop rapide, les sensations ont été au rendez-vous. J’ai vraiment l’impression que mon corps préfère cette posture, ce mode de déplacement. Je ne sens aucune tension au niveau des pieds, des genoux, ou des chevilles, contrairement à ce qui pouvait m’arriver avec des chaussures classiques.

Seul léger bémol constaté, plus la sortie s’allonge, plus le pied s’échauffe et les chocs au sol se font ressentir.

3 jours après le semi, les courbatures ont quasiment disparu. Il va enfin être temps de retenter une sortie avec ma nouvelle foulée médio-pied !

Carole en five sur le semi de Paris

Carole en five sur le semi de Paris

Jour 7 – 14/03/2015 : Semi de Saint Witz.

La semaine qui suit, même test avec les chaussettes doigts de pieds (j’étais jusque-là pieds-nus dans les chaussures). Après quelques kilomètres de course, je m’aperçois que les sensations sont meilleures au niveau du pied. J’identifie deux raisons majeures à cela :

  • La chaussette vient combler l’espace (petit jeu) entre le pied et la chaussure, particulièrement au niveau des doigts de pied. Cela réduit le jeu du pied dans la chaussure, et par conséquent, les échauffements du pied liés au frottement. Cela a aussi pour effet de réduire les pertes d’efficacité lié au mouvement du pied dans la chaussure (particulièrement si celle-ci est légèrement grande)
  • Les chocs au sol subis par le pied sont légèrement amortis. Cela a pour effet de mieux supporter l’absence d’amorti sur les sorties longues.

Résultat des courses (jeu de mots de qualité), je trouve que l’utilisation sans chaussette est agréable, mais trouve rapidement sa limite dès que la sortie s’allonge. Ainsi, pour une sortie supérieure à 5km, je vais donc privilégier l’utilisation de chaussettes à doigt de pieds (de chez Injinji par exemple) pour un meilleur confort et prévenir les irritations.

Sur ce Semi, je suis parvenu à tenir une foulée avant pied plus longtemps que sur le Semi de Paris avant que celle-ci ne commence à se « dégrader » en raison de l’usure de mes mollets.

Jour N – utilisation régulière des chaussures

Ces chaussures me plaisent toujours autant. Avec le temps, les courbatures se sont faites de plus en plus rares, jusqu’à totalement disparaître. Je constate que les Five Fingers s’usent rapidement, ce qui est du à la semelle vraiment fine comparée aux chaussures classiques. Un point important est que je ne peux recommander ces chaussures (Bikila LS) que sur bitume, avec de faibles aspérités au sol. Je suis assez sensible des pieds, et le moindre petit caillou me procure une sensation désagréable de picotement (ce qui est beaucoup moins le cas pour Carole).  Il existe cependant des modèles plus adaptés au trail (tels que les Spyridon, Lontra ou Trek Ascent de chez Vibram) dont la semelle est renforcée afin de mieux supporter les aspérités du sol.

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

Carole en Spyridon sur le Mont Cenis

Enfin, si je dois courir du long (marathon et au delà), je privilégierai une paire « classique », telle que des Wave Rider de chez Mizuno que je trouvent très confortables.

 

Bilan

Je suis ravi d’avoir pu découvrir le minimalisme avec ces chaussures. La sensation que j’ai avec me plait vraiment, que ce soit pour courir ou même simplement marcher. Je peux dire à ce jour et avec davantage de conviction qu’au jour 3, que c’est effectivement ma paire de chaussures préférée pour l’entraînement au quotidien. Quand je les enfile, j’ai envie de marcher, courir, bouger. Quand je cours avec, je me sens rapide. Je crois bien que c’est vraiment ce que je demande à une paire de chaussure : m’amuser, dynamiser ma foulée et me donner envie de courir.

Ce que j’ai envie de vous dire pour terminer les amis :

  • Le modèle que j’ai testé (Bikila LS) est à privilégier pour le bitume (surtout si l’on a les pieds sensibles) sur une distance inférieure au marathon sous peine de fort échauffement des pieds. D’autres modèles existent pour le trail disposant d’une semelle renforcée.
  • Au vu des retours d’expérience et des nombreuses discussions avec d’autres coureurs, il vaut mieux essayer avant d’acheter (ou acheter d’occasion). Il semble que très souvent, le coureur est soit totalement convaincu, soit au contraire totalement réfractaire. Il est donc particulièrement intéressant de se faire son propre avis sur le sujet 🙂 mais de préférence sans débourser les 130 € (ça fait cher l’avis, tu en conviendras).

Les amis, nous sommes bien évidemment toujours disponibles pour répondre à vos questions sur le sujet, donc n’hésitez pas à vous lâcher et démystifier la transition minimaliste ou encore ces fameuses chaussures à doigt de pieds.

Les Lapins Runners.

carottes petit

Le trail minimaliste avec les Fivefingers Spyridon de Vibram

spyridonHello les amis !

Aujourd’hui, intéressons-nous à un modèle de Fivefingers qui m’est particulièrement cher et m’a accompagnée sur de nombreuses courses, du 5 km à l’ultra, j’ai nommé… les Fivefingers Spyridon de Vibram !

Mais tout d’abord, revenons-en à mes débuts en Spyridon, en mars 2014.

A quelques jours de l’Eco-Trail de Paris, je suis quelque peu hésitante à m’équiper des Fivefingers Treksport Sandals. En effet, du fait de la distance à parcourir, treksport sandalsje crains que les trous génèrent des ampoules. Lors d’un entraînement, je discute avec un coureur minimaliste qui porte le modèle Spyridon. Ce modèle semble le plus adapté pour de l’ultra. Je commande alors une paire sur leboncoin que je réceptionne in extremis la veille de la course.

Inaugurer une paire de chaussures sur un ultra est évidemment l’une des moins bonnes idées qui soit, mais je prends le risque. Mon unique paire de chaussures de trail classiques de chez Kalenji étant trop serrée et les Treksport Sandals non adaptées sur du long, je n’ai pas vraiment le choix.

Phase préliminaire avant-course

Mes premières impressions :

  • Le chaussage est rapide : 36,24 secondes (chronométré sous contrôle d’huissier-lapin) pour enfiler la paire. Encore faut-il être un minimum habitué à chausser des fivefingers.
  • Le chausson est molletonné. Il s’agit d’un point important car sur une course de plusieurs heures, le confort c’est important. En termes de confort et relativement à des chaussures minimalistes, je les situe entre les Bikila Evo et les Bikila LS. Il est important de noter que la notion de confort pour un coureur minimaliste est bien différente de celle d’un coureur en Hoka.
  • La semelle semble très costaude. Emir et moi nous aimons à les appeler « semelles pneus ». Une vraie semelle de 4×4 !
  • tige spyridonJe trouve la paire très jolie. Bien que le modèle que j’ai commandé soit masculin, je trouve qu’il convient très bien aux femmes également.
  • La tige (partie de la chaussure recouvrant le dessus du pied) est plus rigide que les Bikila LS et Evo

départ ecotrail 80Phase test : Eco-trail de Paris 80 km

Retour d’expérience après tests sur le terrain :

  • Une paire « moins perméable » : j’ai eu la surprise de découvrir cette caractéristique en sautant dans une flaque de boue. Mes pieds en sont sortis secs !
  • Pas la moindre chute, ni même la moindre glisse.
  • Lors de ma course, beaucoup de coureurs m’ont demandé si je ne sentais pas les cailloux sous mes pieds. A moins d’atterrir sur un caillou pointu (ce qui n’est pas arrivé), je n’ai ressenti aucune gène à ce niveau-là !

Bien que la semelle soit très épaisse comparé à la Bikila LS, cela ne m’empêche pas de pleurer quand je cours sur des gravillons. Comparé à Carole, je suis une vraie chochotte de la plante des pieds.

Mon Bilan provisoire est très positif. Les Spyridon m’ont procuré de superbes sensations pendant la course. Chaussée de Vibram, j’avais cette impression d’être beaucoup plus flexible dans mes mouvements, de pouvoir poser le pied où je voulais, de la manière dont je le voulais.

Toutefois, mes pieds ne s’en sont pas sortis indemnes. J’ai écopé de 4-5 ampoules et d’un pied ensanglanté. Je me suis alors demandé si le port de chaussettes spéciales apporterait solution à ce problème.

Phase test à long-terme

Par la suite, j’ai donc fait l’acquisition de paires de chaussettes à doigts de pieds de la marque Injiji. Ce petit changement a mis littéralement fin aux ampoules et pieds ensanglantés.

2015-10-05 23.13.52

Chaussettes Injiji

J’ai pu constater que la paire était loin d’être imperméable. Alors, a-t-elle perdu de son imperméabilité depuis l’Eco-trail ? Je me pose la question… J’en ai fait les frais sur mes quelques ultras, mais toujours sans le moindre dommage. Je vis très bien le fait d’avoir les pieds mouillés.

En ce qui me concerne, c’est tout l’inverse. Je ne peux plus courir si je garde les pieds mouillés trop longtemps.

Marcher dans la boue

Les Spyridons mises à rude épreuve

J’ai porté les Spyridons sur plusieurs marathons et ultras, parmi lesquels : The Trail Yonne 110 km, la 6000D et l’EDF Cenis Tour.

J’ai pu faire le constat que je ne ressens aucune gène liée aux cailloux sur un ultra avant d’atteindre les 50-60 km de course.

Pour le moment, je n’ai jamais expérimenté de 100 km sur bitume en Fivefingers et ce n’est pas une chose à laquelle j’aspire particulièrement. Le bitume Capiton plantairefatigue beaucoup plus mes capitons plantaires que les sols nature. J’ai pu vivre cette expérience au trail Yonne : dès que le bitume pointait son nez, je courais sur les bas-côtés, à la recherche d’herbe ou de terre.

Au bout de 6 mois d’utilisation et quelques centaines de kilomètres au compteur, la semelle est quelque peu abîmée. Elle ne ressemble plus tout à fait à pneu de 4×4, sans être lisse pour autant.

 

Mon Bilan

C’est LA paire que j’utilise sur marathon, trail et ultra. Je ne les porte pas sur les petites distances sur bitume (5, 10 ou semi-marathon) car ce ne sont pas, d’après moi et du fait de la rigidité de la semelle, des chaussures de vitesse. Pour la vitesse, j’utilise les Bikila Evo.

Les points positifs 

  • Elle me procure de très bonnes sensations, malgré sa semelle en pneu de 4×4.
  • Après 8 mois d’utilisation, elle fait encore bien l’affaire et n’est pas prête à être mise à la casse.
  • Depuis le port de chaussettes à doigts de pied, je n’ai pas eu la moindre blessure (frottements, ampoules, saignement).

Les axes d’amélioration 

  • S’il y avait un axe d’amélioration à citer, ce serait la recherche d’imperméabilité. Même si cette caractéristique ne me pose pas de problème, elle peut être contraignante pour certains coureurs, mon Lapin le premier !
  • Le prix d’une paire neuve est relativement élevé. A 140 euros la paire, on est dans le très haut de gamme côté classique.

Gif Spirydon

Et vous les amis, avez-vous déjà testé les Spyridon de Vibram ? En êtes-vous satisfaits ? 

Les amis, merci pour votre attention et à dimanche aux 20 km de Paris !

Les Lapins Runners.

carottes petit

L’EDF Cenis Tour 77 km : l’ultra coup de coeur des Lapins !

150305_104904Une semaine après la 6000D, nous voici à Lanslebourg, sympathique village savoyard, à proximité de la frontière italienne. Ce n’est pas tant les crozets et fromages du pays qui nous ont conduit jusqu’ici, mais bien l’EDF Cenis Tour dans sa version 77 km, le second ultra auquel nous sommes engagés dans le cadre de notre prépa UT4M. La semaine ayant suivi la 6000D, nous n’avons pas chomé sur le plan sportif : récupération / re-préparation à coup de 4 randonnées en montagne et 2 footings urbains. Nous avons énormément sollicité nos cuisses et nous sommes habitués à respirer en altitude. C’est donc plutôt en bonnes conditions physiques, avec quelques kilos en moins sur la balance que nous prenons le départ de cette course exigente (3 900 D+). La veille et avant-veille, nous faisons le plein de sucres lents (spaghetti complètes et crozets au sarrasin) tout en évitant de tomber dans l’excès, ce qui s’avère souvent compliqué pour nous. Fait rare : nous étudions également au préalable le parcours qu’Emir télécharge sur son mobile afin de nous aiguiller durant notre périple.

départ

Au départ

Après 3 km de marche pour rallier Lanslebourg au départ de Lanslevillard, nous voici sur la ligne de départ et accueillis par le speaker, annonçant l’arrivée des Lapins Runners. Voilà qui nous fait très plaisir !

Point rassurant : lors du briefing, Henry, l’organisateur de la course, promet une bière au coureur qui se perdrait tant il a soigné le balisage du parcours !

Après de bonnes sensations validées sur la 6000D, je me teste sur un doublé en minimalistes, accompagnée de mes fidèles VFF Spyridon. Je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque étant donné que c’est la première fois que nous participons à cette course mais je suis plutôt confiante.

Voici un aperçu du profil de la course du jour :

Profil de course

Le départ est donné à 6h00 (ici, l’organisation ne plaisante pas avec la ponctualité) et c’est parti pour moins de 14 heures de course, tel est notre objectif !

L’épreuve démarre sur les chapeaux de roue par une jolie côte dès les premiers mètres ! Le cardio monte en flèche, il va vraiment falloir s’accrocher ! Après avoir rapidement quitté le village, nous nous engouffrons en forêt.

Il y a beaucoup moins de participants que sur la 6000D, ce qui nous permet de progresser à l’envie sur les sentiers, sans

Passage du Single

Passage du Single

être attaqués par des coureurs en bâtons. Les chemins sont techniques, ce n’est pas le moment d’avoir un moment d’absence sous peine de tomber dans le fossé.

Au bout de 7 km, les interminables montées font place désormais à des chemins plats, qui permettent enfin de courir. Ca fait beaucoup de bien !

Km 13, nous atteignons le premier ravito du col du Mont Cenis. Faisant suite aux conseils avisés de l’ami Raphy, je me ravitaille en salé en dévalisant une assiette de saucisson aux noisettes. Nous rencontrons au stand Rafion, lui aussi ambassadeur UT4M, que nous allons revoir fin août sur la version 160 !

Au fort de la Turra

Fort de la Turra

Nous nous attaquons à présent à l’ascension du fort de la Turra. La montée est très rude. Sur la fin, j’ai l’impression de faire de l’escalade tant je me sers de mes mains pour grimper ! Arrivée au sommet, il me faut quelques secondes pour reprendre mon souffle.

Nous apercevons pour la première fois le magnifique lac de Mont Cenis, juste derrière à nous. Nous contemplons sa belle couleur bleue turquoise et profitons de ce décor idyllique pour faire les touristes trailers et prendre quelques clichés.

A prendre herbe

Pas de la Beccia

Nous redescendons du fort sur des petits sentiers caillouteux avant de courir dans l’herbe. Les hautes herbes se coincent entre mes orteils, ce qui est une sensation forte désagréable.

Nous atteignons enfin le second ravito. Je ne m’y attarde pas trop, craignant que nous soyons trop short au point de contrôle du km 34 que nous devons atteindre à midi, tandis qu’Emir prend le temps de recharger ses batteries.

L’heure est à présent à l’ascension du fort de la Patacreuse dont le point culminant se situe au km 30 : Emir et moi cherchons en vain un édifice qui pourrait faire office de fort. Nous

Fort de la Patacreuse

Fort de la Patacreuse

longeons d’imposants remparts de pierre. Les paysages sont grandioses, nous en prenons plein les yeux !

Le temps passe et nous n’avons toujours pas vu la trace du fameux refuge du petit Mont Cenis indiqué au km 34. Nous comptions sur la descente après le fort de la Turra pour passer les quelques kilomètres nous séparant de la barrière horaire rapidement, mais le danger de ces chemins en pleine montagne va contrarier nos plans. Nous sommes contraints de marcher en descente : « Emir, j’espère qu’il est bien au km 34 ce point de contrôle car vu l’heure qu’il est, nous sommes au kilomètre près ! »

11h55, nous ne sommes toujours pas arrivés au point de contrôle et commençons à nous inquiéter sérieusement. Nous nous mettons alors à foncer ! Je commence à envisager le pire : être arrêtés à la barrière horaire à cause de quelques petites minutes de retard ! Un coup d’accélérateur, nous parvenons à atteindre le refuge du petit mont Cenis à 12h03 au lieu de 12h00. Patrick, adjoint directeur de course, nous permet tout de même de repartir : ouf, nous étions vraiment loin de la queue de peloton. Maintenir les barrières à midi aurait éliminé une grande partie des concurrents, dont la quasi-totalité des femmes (seules deux étant passées à midi, Carole étant la troisième à 12h03) ! Nous apprendrons en fin de course que la barrière horaire a finalement été repoussée à 12h30.

Nous ne nous attardons pas à ce ravito car Patrick nous somme de ne pas prendre notre temps. Nous repartons aussitôt, avec encore beaucoup d’adrénaline dans le sang. Cette sensation est assez désagréable car a vraiment perturbé notre moment de trail touristique zen le temps de nous remettre de ce coup de stress.

Avec surprise, nous récupérons la seconde féminine que je pensais être loin devant nous. Celle-ci nous a devancé aux alentours du km 5, avec une foulée qui m’avait laissée rêveuse.

clapier

Col du Clapier

Le parcours jusqu’au col du Clapier n’est pas exténuant car plutôt plat. Nous croisons beaucoup de randonneurs, la plupart ayant la gentillesse de se décaler à notre passage et nous encourager. Nous rencontrons également des coureurs beaucoup plus avancés en train de réaliser leur-demi tour, dont la première féminine, très loin devant. Coureurs rapides et coureurs plus lents échangent et se motivent mutuellement lors de ces croisements occasionnés par le demi-tour. Nous vivons de beaux instants de solidarité inter-trailers.

Une fois le col du Clapier atteint (km 45), je me paye le luxe de dépasser la 2nde féminine (qui devient 3e !) et de faire la course avec elle. Pour être honnête, je suis consciente de ne pas pouvoir tenir le rythme très longtemps mais je suis assez flattée du fait que cette femme ait l’air de se sentir « en danger ». La vétérane finit par me dépasser définitivement. Un bénévole souhaitant nous prendre en photo, nous marquons une petite pause. L’écart entre elle et moi est désormais creusé.

Nous perdons ensuite 5 bonnes minutes à retrouver notre chemin du fait d’un balisage que nous ne jugeons pas très clair sur cette portion du parcours. Depuis le début la course, nous suivons des marques vertes au sol, conformément aux indications qui ont été données au briefing pré-course. Étonnement, nous nous retrouvons sur un chemin uniquement composé de marques jaunes ! Après échanges avec un coureur anglais, il s’avère qu’il n’y a pas d’autre chemin possible que celui sur lequel nous sommes. Nous continuons donc notre route hésitants avant de retrouver comme par magie les fameuses marques vertes.

Gerard Plaisance (58)

Refuge du Mont Cenis (2nd passage)

Nous finissons par regagner pour la seconde fois le refuge du petit mont Cenis au km 51 où Henry, qui se trouve sur place, nous explique qu’il avait indiqué sur une pierre située sur le parcours la mention « bâton jaune = bâton vert » . Nous devions donc suivre les indications jaunes. N’ayant pas vu cette fameuse pierre, nous n’étions pas au courant de cela. Henry, nous attendons ta bière ! 😉

Grâce à ma course avec la 2nde féminine sur près de 4 km, nous avons rattrapé notre retard est sommes dorénavant très larges pour arriver avant l’ultime barrière horaire.

Nous repartons, direction le col de Sollières. Quel soulagement une fois arrivés au col : c’en est fini de monter !

Col de Sollières

Col de Sollières

Nous en sommes au kilomètre 54 et les derniers kilomètres ont un profil de grande descente douce, très confortable et facile à courir.

Après avoir contourné de la montagne sur des chemins caillouteux, nous regagnons la forêt. Les 20 derniers kilomètres restant, bien que « reposants » sont assez monotones dans la mesure où nous courons sur de pistes larges (pistes de VTT ?), qui présentent bien moins d’intérêt en termes de paysages. Je constate que je me débrouille mieux qu’à la 6000D sur cette portion finale de route. Je tiens une vitesse de plus de 10 km/h, ce qui me convient à ce stade de la course. Pour mon plus grand bonheur, je n’ai eu aucun mal d’estomac. J’ignore si c’est le ravitaillement salé, mais merci à toi Raphy si tu as pu contribuer à ma forme physique du jour !

Deux heures de descente plus tard, nous arrivons enfin à Lanslebourg ! Après avoir longé la rivière avec le vent dans la face, fait le tour de l’ile aux Pirates, nous traversons des lotissements et parvenons à regagner Lanslevillard. Nous y croisons Xavier, qui, faute d’être arrivé avant la barrière horaire du 34e km, a été reporté sur la version 48 km de l’épreuve.

Nous apercevons au sol un marquage qui nous fait sourire : un petit smiley avec l’inscription « ARRIVEE ». La veille, nous nous étions dit que nous serions très heureux le lendemain en voyant ce marquage, car cela signifierait que la fin ne serait plus très loin !

Après avoir escaladé une mini-falaise faisant office d’épreuve finale, nous sommes encouragés par les supporters encore présents et apercevons le graal, la ligne d’arrivée ! Le speaker s’exclame : « Mais je les reconnais, ce sont les Lapins Runners ! Si je me souviens bien, ils s’appellent Sabine et Emir ! ». Je me mets à rire car ma soeur s’appelle Sabine et ça fait drôle qu’elle soit associée à mon Lapin.

Nous atteignons la ligne d’arrivée heureux, tout en n’étant pas exténués ! Le speaker m’informe que je suis effectivement la 3e féminine et 1re de ma catégorie ! Quelle joie !

Nos temps

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Une bénévole nous accompagne au PC course où aura lieu ma « cérémonie de récompense ». Je suis gratifiée d’une médaille de kermesse, mais qu’importe, elle est très symbolique ! C’est la première fois que j’accède au podium scrach féminin ! Je remporte également un bon pour des remontées mécaniques à Val Cenis pour une journée, mais surtout un an d’abonnement à Jogging International !

Avec Annabel

Avec Annabel

Nous regagnons la mairie où a lieu le repas post course. Nous engloutissons goulument les desserts qui sortent de l’ordinaire (gateaux savoyard, tartes crumble au pomme et tarte framboise meringuée) tout en discutant avec les finishers du jour.

Les amis, c’est ainsi que se sont achevées nos vacances sportives. Nous sommes très heureux d’avoir fini ces deux courses dans de bonnes conditions, les avoir couru en minimalistes (pour Carole), avoir atteint nos objectifs, et avoir eu accès à un podium. Nous pensons être convenablement préparés pour aborder l’UT4M ! Bien sûr, la période de récupération jusqu’au 20/08 ne saura être passive, compte tenu du challenge incroyablement exigeant qui nous attend.

Nous remercions chaleureusement toute l’organisation de l’EDF Cenis Tour et l’équipe bénévole ! Mention spéciale Lapins à Annabel, Henry, Camille et Véronique !

Merci également à tous les bénévoles qui ont pris des photos de nous durant la course, lesquelles constituent à nos yeux de précieux souvenirs.

Merci à toutes les personnes qui nous ont encouragé sur le parcours, avant et après l’épreuve. Nous y sommes très sensibles et cela nous motive énormément à partager toujours plus.

Merci à toi cher lecteur, de nous lire et de nous soutenir. Nous espérons que tu seras inspiré par ces aventures, et que tu auras envie d’écrire, toi aussi, tes moments d’épanouissement dans ta passion.

MERCI !

MERCI !

La vidéo !

Rendez-vous à partir du 21 août pour THE challenge de l’année : l’UT4M 160 !

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A très vite pour les prochaines aventures les amis ! Oh, et dernière chose : il se pourrait bien que des tests et un petit concours arrivent d’ici peu ! Nous vous éloignez pas trop 😉

Les Lapins Runners.

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L’Eco-Trail de Paris des Lapins Runners : version Lapine (80 km)

logoA l’occasion de cette 8e édition de l’Eco-Trail, nous nous sommes pour la première fois splittés sur deux épreuves : tandis que le Lapin est inscrit sur la version 30 km pour accompagner sa famille, je pars à l’aventure sur la version 80 km avec à la clé cette année, l’arrivée mythique au premier étage de la Tour Eiffel.

Le défi est de taille. Je vais courir un ultra sans Emir avec aux pieds, des Five Fingers Spyridon, réceptionnées la veille et encore jamais testées (test à venir !). Grande adepte de la prise de risques, je voulais inaugurer une paire de chaussures sur un ultra, qui plus est une nouvelle paire de minimalistes.

Côté alimentation à J-1, nous ne sommes pas loin de frôler la cata : après deux très généreuses portions de blé sauce maison, 3 sandwichs composés, 1 gros bol de fromage blanc, une orange, et 1 L de lait de soja au chocolat, je ne me sens plus très bien. A tel point que le lendemain je fais une croix sur le petit-dej.  Voyons où cela va me mener….

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Au départ, sereine

Après avoir pris la navette Eco-Trail nous conduisant à la base de Saint-Quentin en Yvelines, me voici bien toute petite face à ces centaines de coureurs habillés en tenues aussi high-tech les unes que les autres. Je suis venue seule mais retrouve mes amis de course : Guillaume, Pascal, Atsushi, Riko, Philippe, Virginie, Francine, Karine, Marc, Jean-Jacques… Je fais enfin la rencontre de Greg Runner !

Le départ est lancé sur une grande étendue d’herbe : les yeux rivés au sol, je traque d’éventuelles irrégularités qui pourraient me faire chuter. A moins d’un kilomètre, nous passons sur une bande chronométrique. Et ces premiers mètres, ça comptait pour du beurre ? Nous voici enfin sur un sol stable. Je suis plus à l’aise. Un jeune homme m’interpelle. C’est Marc de la TDS, avec qui mon Lapin avait parcouru un bon nombre de km. On fait connaissance, on sympathise. Nos objectifs étant sensiblement les mêmes (je vise sub 10h30, Marc sub 10h00), nous faisons naturellement un bout de chemin ensemble.

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Premiers kilomètres avec Marc

Afin de savoir où j’en suis sur mon chrono et évaluer ma progression, j’ai sur moi un petit post-it sur lequel sont indiqués mes temps de l’an dernier tous les 10 km.

22e km, nous arrivons à Buc en 2h21. Un journaliste m’interviewe : je me sens bien, aucun pépin à l’horizon. Je suis un peu lourde de la veille, mais cela ne me gène à peine.

Beaucoup de coureurs s’interrogent et s’exclament à la vue de mes chaussures : « Tu as vu, une coureuse barefoot ! » « Respect franchement : 80 km en minimalistes », « Je ne sais pas comment tu fais pour courir avec ces saloperies ! » « Il y a un amorti ?  » « Vous avez déjà couru un ultra avec ? », « Tu ne sens pas trop les cailloux ? ».

Pour le moment, je suis très satisfaite de ces nouvelles VFF. Je ne glisse pas, je me fais plaisir sur les descentes. Je sens également avoir beaucoup progressé sur les côtes que j’aborde de manière très dynamique.

Non loin du 30e km, je me retourne pour voir si Marc est toujours là. Mince, je l’ai perdu. Je regrette ne pas lui avoir souhaité bon courage.

Je fais un petit bout de chemin avec un certain Miguel, complètement à sec du fait de son équipement on ne peut plus minimaliste. Il porte en effet une seule petite gourde. Je lui donne de mon eau. J’ai été comme lui deux fois sur une course. A mon tour de venir en aide à un confrère !

Je goûte un gel Mulebar au citron-gingembre. C’est de la folie tellement c’est bon ! On est loin des goûts chimiques des marques concurrentes.

Arrivée à Meudon au bout de 5h15 d’effort, j’envoie un sms à Emir pour lui signaler ma position. Je ne tarde pas sur le ravitaillement : J’avale 3 petits carrés de chocolat, 3 sucres (je suis un peu superstitieuse) et repars illico presto pour ne pas refroidir mes muscles.

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Sortie de forêt de Meudon : retrouvailles avec mes parents

Mais qui vois-je à la sortie de la forêt de Meudon ? Mes parents venus m’encourager ! Je suis très émue par le fait qu’ils se soient déplacés jusqu’ici pour me voir… 30 secondes ! Papa, Maman, merci beaucoup pour votre soutien. Cela m’a fait un bien fou.

Un peu avant Chaville, j’entends au loin des encouragements à mon nom : tiens c’est qui ? Je reconnais Francine, Karine et sa fille qui s’égosillent. C’est génial. Un grand merci à vous les filles.

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Très beaux instants avec Linda

Je croise également Linda, qui semble en pleine forme et dégage une telle zénitude qu’on ne dirait pas qu’elle est sur un ultra. Linda, ça a été un plaisir de fouler ces quelques mètres avec toi.

Arrivée à Chaville en 6h34 (ravitaillement 100% eau), je vois à ma grande surprise Virginie, elle aussi coureuse VFF. C’est de bonne augure de la croiser, excellente coureuse qu’elle est ! Elle vise 9h30 et me dit qu’elle est dans les temps.

Petit sms à Emir, puis je repars.

Je me sens toujours aussi bien. C’est la première fois que je vis aussi bien un ultra. Mes sensations sont bonnes. J’ai seulement les jambes lourdes, mais à ce stade-là de l’épreuve, je dirais que c’est inévitable.

Un coureur a contre-sens me dit : « il arrive, il n’est pas loin ». J’ai compris le message ! Je retrouve mon Lapin, je fonce vers lui. Emir ne semble pas en très bon état. Il me dit qu’il ne peut plus courir. Flûte alors, me dis-je, j’aimerais courir autant que possible.

Emir me raconte tout son périple : son Eco-Trail 30 km, ses rencontres, son demi-tour pour rejoindre le coach Buge sur le 50 km, et enfin pour me rejoindre sur le 80 km. Je l’écoute avec plaisir, ça me change les idées.

La nuit commence à tomber, j’allume ma lampe frontale (modèle Revolt Metallic Citron de Black Diamond). Pour un premier test, le résultat n’est pas très concluant. La lumière est un peu faiblarde, ce qui nous oblige à redoubler de vigilance.

Nous nous attardons légèrement au ravitaillement de Saint Cloud. Je sens qu’Emir peine à redémarrer. Je le sens affaibli mentalement. Il faut dire qu’il en a fait du chemin depuis ce matin 10h30 !

Arrivés à Paris, nous constatons avec regret que les trottoirs sont encore en travaux. Nous apercevons enfin la Tour Eiffel qui semble à des années lumières de nous. Ma montre n’ayant plus de batterie, je n’ai plus d’indication sur le nombre de kilomètre qui nous sépare de l’arrivée.

Je rêverais de pouvoir marcher mais me fais violence. L’Eco-Trail, ce n’est qu’une fois dans l’année. Je n’ai aucun souci particulier, donc pas d’excuse !

Je suis consciente que mon objectif sub 10h30 va être atteint haut la main. Cela n’aurait pas pu mieux se passer !!

Nous nous rapprochons de la Tour Eiffel. Une foule de supporters est présente et acclame les Lapins. C’est notre moment de gloire !

Passage au contrôle : Emir réussit à monter avec moi au premier étage. Nous allons vivre ce grand moment ensemble, je suis trop contente !

L’ascension n’en finit plus ! Je n’ai aucune idée du nombre de marches à monter !

Nous apercevons la plateforme, franchissons la ligne d’arrivée. Ca y est, nous y voilà ! Chrono à l’écran : 9h37 ! Je terminerai 14e de ma catégorie. Je n’attendais pas mieux !

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Une bénévole me décerne ma médaille finisher ainsi qu’un t-shirt à ma taille (c’est l’avantage de ne pas arriver trop tard !).

Une bière pour la récupération, quelques photos pour immortaliser ce moment puis nous redescendons. En effet, il y a de gros courants d’air et je commence à avoir très froid.

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Arrivée mythique au 1er étage de la Tour Eiffel !

 

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Les Lapins congelés

 

Nous regagnons le stade Emile Antoine où Christophe Antoine m’accueille, muni d’une couverture de survie et d’un bon bouillon chaud. Le repas post course est très complet : il y en a pour tous les goûts ! Ca fait beaucoup de bien de manger chaud, je me sens beaucoup mieux.

Il est enfin temps de rentrer à la maison. Nous sommes exténués et frigorifiés… mais quelle journée de folie !

 

Merci merci merci à tous ceux qui m’ont encouragée sur cette course, à tous ceux qui ont cru en moi, à vos gentils messages pré et post-course.

Merci à Papa et Maman d’avoir fait tout ce trajet pour à peine 1 minute de retrouvailles.

Merci à Emir d’être venu à ma rencontre et d’avoir couru avec moi les 15 derniers kilomètres, malgré la douleur.

Merci à l’Eco-Trail de Paris de m’avoir donné la chance de participer à cette course tellement belle.

Merci aux bénévoles, actifs avant, pendant puis après la course. Ca en fait un sacré boulot !

Bravo à tous les finishers de l’Eco-Trail de Paris. Soyons fiers de nous.

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Carole,

Des Lapins Runners.

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