Courses Nature du château d’Ecouen

Hello les amis,

Découvrez avec nous les courses nature du château d’Ecouen 2018 ! Un événement sportif organisé par l’USEE (Union Sportive Ecouen Ezanville) qui regroupe 3 courses :

  • Un 10 Km dans la forêt d’Ecouen qui passe juste devant le château
  • Un 20 Km (il s’agit de faire 2 fois le 10 bornes)
  • Un 6 Km nocturne

Une découverte qui fait plaisir avec une organisation familiale et les bras grands ouverts au running solidaire.

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A très bientôt, et surtout d’ici-là, KIFFEZ la vie !

Les Lapins Runners

carottes

The Trail Yonne version 110 km : Irons-nous au bout de la nuit ?

10615413_621098928002004_7600505486860688454_nAssise dans le covoiturage ralliant Paris à Sens, je prends conscience du challenge qui nous attend : la distance que nous parcourons à ce moment-même en voiture sera celle que nous devrons couvrir à pieds d’ici quelques heures. Comment je me sens à cet instant ? Un peu d’appréhension liée à la météo ainsi qu’au fait que je ne suis pas allée courir depuis dix jours. Je suis néanmoins excitée à l’idée d’établir mon nouveau record de distance, jusque là établi à 100 km sur bitume. La version 110 km de The Trail Yonne, c’est pour moi le ticket d’entrée à l’UT4M. Si je ne parviens pas à venir à bout de cette première épreuve, minces seront les chances de boucler la seconde.

Arrivés au gymnase de la Convention à Sens, nous retrouvons les amis : Joséphine de Simalti, Harry Bignon, Isabelle C, Fanny et Benjamin, Atsushi et Riko.

Nous sommes soumis à un check-in complet des sacs. Fort heureusement, nous avons suivi cette fois-ci scrupuleusement la liste des équipements obligatoires, de la couverture de survie à la lampe frontale de rechange.

Au départ avec Buge

Au départ avec Buge

Le coach Buge nous fait la surprise de venir assister à notre départ ! Malgré la météo très menaçante, Buge va s’inscrire sur place à la version 18 km du trail. C’est vraiment courageux de sa part !

Buge a pris la décision soudaine de venir nous faire un petit coucou, ayant constaté que Sens n’était qu’à une heure de route. Au passage et malgré la pluie, Buge se dit « et pourquoi pas se mettre dans les jambes un petit trail boueux de 18 Km avant de rentrer ? ». Se surprendre, se lancer dans des aventures, c’est un bel esprit n’est-ce pas ? Bien moins évident mais bien plus beau que de passer la journée pluvieuse sur le canapé avec la TV en guise de compagnie ;). Bravo Buge !

Sur le départ, nous faisons la connaissance de Stéphanie, 1re des deux éditions précédentes du 110 km et de son compagnon Arnaud : deux rencontres fort sympathiques. Je suis pleine d’admiration pour Stéphanie qui s’est alignée 4 fois déjà sur l’UTMB.

13h00 : le départ est lancé tandis que la pluie recommence à battre à torrents. L’organisation nous a annoncé une éclairci d’une demi-heure demain matin : voilà qui est rassurant !

Notre objectif ? Boucler la course en 14h00. Un objectif plus qu’ambitieux compte tenu des conditions de course qui nous attendent…

Nous démarrons en ville où quelques supporters sont présents. C’est ensuite que vont commencer les ennuis.

Dès le 8e km, nous voici déjà embourbés dans la gadoue. Chaussés tous les deux de Fivefingers Spyridon, nos pieds sont littéralement trempés.

De la boue en veux-tu, en voilà

De la boue en veux-tu, en voilà

 

Pour moi, c’est catastrophique. Je sais par expérience que les pieds trempés me provoquent des douleurs liées aux frottements du pied dans la chaussure (ampoules) et à l’échauffement des plis liés au « flétrissement » de la peau avec l’eau, pouvant se transformer en « fissures ». La raison pour laquelle j’ai opté pour les fivefingers sur cette course plutôt que des Hoka est également ma résignation : impossible de garder les pieds secs au-delà de la première heure. J’ai pensé, à raison, que les fivefingers avec des chaussettes contribueraient à réduire le jeu du pied dans la chaussure et éviter les ampoules. Cela dit, je n’ai trouvé aucun remède au « flétrissement » du pied pendant.

Côté sensation, la forme n’est pas au beau fixe. J’ignore si c’est le fait de n’avoir pas couru pendant 10 jours qui joue mais je trouve mes jambes bien ramolo.

Lapine en ForêtJe reste zen malgré la pluie. Pas question de se laisser impressionner par ce mauvais temps sachant qu’il va nous accompagner pendant de longues heures. Il faudra bien faire avec.

Arrivés au ravito du 26e km de Chaumont, nous apprenons l’abandon de Stéphanie. Je suis sous le choc. Si la favorite des féminines a déclaré forfait, c’est dire à quel point les conditions de course sont difficiles !

Nous reprenons des forces au ravitaillement, composé notamment de chocolat Lindt ! Ca c’est appréciable !

L'aqua trail

L’aqua trail

Peu à peu, la foule de coureurs se distille et nous nous retrouvons seuls. Peu habitués à courir isolés et à suivre des fléchages, nous empruntons un mauvais chemin suivant une croix indiquée au sol. Nous perdons ainsi 10 minutes à comprendre notre erreur et revenir sur le chemin correct.

20h00, la nuit commence à tomber et il n’a pas cessé de pleuvoir.

Arrivés au ravito Saint Julien du Sault au 47e­‍ km, nous assistons au forfait de 5 coureurs, parmi lesquels Arnaud qui ne voit plus l’intérêt de continuer sachant qu’il ne prend aucun plaisir et que nous n’en sommes même pas à la moitié de parcours. Je comprends le raisonnement d’Arnaud. Je reconnais ne prendre que très peu de plaisir mais le fait d’avoir autant douillé dans la gadoue me pousse véritablement à continuer. Pas question d’avoir souffert gratuitement, « pour rien ».

Ravito au 59e km

Ravito au 59e km

Le ravito 59e km passé, nous nous enfonçons dans des champs sombres. Les lumières des frontales commencent à faiblir et il y a toujours autant de boue.

Je sens Emir qui commence à présenter des signes de faiblesse.

A ce stade de la course, « courir » est devenu un bien grand mot. Disons que nous tâchons de nous déplacer vers l’avant aussi vite que possible, notre foulée ne ressemblant aucunement à ce que le commun des coureurs appelle une foulée. Notre vitesse moyenne avoisine celle du promeneur moyen, sans pour autant être pourvus de sa forme physique et son état d’esprit positif. A cet instant de la course, je suis plus que dans le dur, je suis au bout du rouleau.

Avec un éclairage approximatif, nous peinons à repérer les fanions et empruntons un mauvais chemin une seconde fois.

A ce moment, mon état est lamentable. Physiquement, je suis à bout et ma jambe gauche fait des siennes. J’ai l’impression d’avancer comme une sorte de zombie errant fatigué de la vie. Je suis au milieu de nulle part avec Carole et chaque pas m’est difficile. Nous sommes dans le noir, dans des champs interminables, sur des chemins glissants dont l’apparence est tellement similaire que j’ai l’impression de tourner en rond. J’ai besoin de m’arrêter, mais Carole veut et doit avancer pour atteindre son objectif. Je ne m’estime pas capable de couvrir la distance restante pour aller au prochain ravitaillement. Au bord des larmes, j’annonce à Carole mon souhait de m’arrêter, mon regret de ne pas pouvoir accomplir son exploit à ses côtés, et ma décision de m’arrêter dès que quelqu’un pourra me rapatrier.

Emir m’explique qu’il a beaucoup de mal à avancer, que son genou gauche est très douloureux. Il finit par me proposer de s’arrêter pour se reposer un peu et me laisser continuer. Hors de question que nous nous séparons en plein milieu de la nuit, alors qu’il n’y a pas un chat à l’horizon.

Nous  continuons notre chemin clopin-clopant dans les champs à la recherche d’un bénévole qui pourra emmener Emir au prochain ravitaillement.

Nous tombons sur l’un des rares supporters de la course, qui plus est véhiculé, qui accepte de rapatrier mon lapin blessé au poste.

Un grand merci à lui qui a eu la bonne idée d’être venu au beau milieu de nulle part encourager son frère en plein milieu de la nuit, et qui a eu la gentillesse de m’emmener au ravitaillement suivant.

C’est la première fois qu’Emir abandonne une course me laissant terminer seule.

Je ne réalise pas encore très bien que le chemin qu’il me reste à parcourir sans mon Lapin est loin d’être fini mais suis bien décidée à finir le trail Yonne, quelle qu’en sera la difficulté.

Je continue ma route pas très rassurée, inclinant ma frontale dans tous les sens, dans le but qu’aucun fanion ne m’échappe.

Mes batteries de frontale sont presque toutes en rade. Et c’est en passant devant un jardin rempli de chiens qui aboient et empestent que je prends peur et décide de patienter en attendant les prochains coureurs avec qui je continuerai ma route jusqu’au lever du jour.

Je continue alors ma course accompagnée de quatre participants jusqu’au ravitaillement de Passy.

Arrivée au poste au 82e km, un bénévole me conduit vers Emir que je retrouve allongé sur un lit de camp. Je suis rassurée de le voir aller mieux. Je rêverais de pouvoir me reposer à ses côtés mais le temps file et si je veux finir dans les barrières horaires, je ne dois pas traîner.

C’est un bonheur de voir Carole, l’espace de quelques instants, qui semble fraîche et déterminée à atteindre son objectif.

6h00. Le jour s’est levé. Je continue mon chemin avec deux coureurs : un père et son fils. Nous entamons notre discussion favorite : notre palmarès de courses et les prochaines à venir.

Arrivés à Rousson au 90e km et craignant de ne pas arriver à temps à l’arrivée, je commence à accélérer le pas et distance de mes compagnons de route. J’ai ceci dit très peur de me tromper de chemin en faisant route seule.

De pas hésitants, je me retrouve au ravitaillement de Marsanguy du 100e km. Les bénévoles ne savent pas exactement combien de kilomètres nous séparent de l’arrivée ce qui n’est pas rassurant du tout.

J’ai un doute sur la barrière horaire. En effet, celle-ci a été calculée sur une base de 5 km/h et a été programmée à 13h00 mais sachant que le trail ne fait pas 110 mais 115 km, j’ignore si elle a été repoussée d’une heure…

J’essaye alors de marcher le moins possible. Emir m’a annoncé qu’un podium m’attend à l’arrivée, ce qui me motive. J’ai de plus en plus mal aux pieds, particulièrement aux coussinets.

J’atteins avec difficulté le dernier ravitaillement du 108e km où les bénévoles sont très accueillants. Je me ravitaille en charcut en tout genre et prends mon courage à deux mains pour ces 5 derniers km. Un bénévole me montre une nouvelle et sacrée côte à gravir.

Décidément, qu’est-ce qu’on s’en sera mangé de la gadoue et des côtes !

Je rejoins enfin la ville de Sens et même si le bitume me fait mal aux pieds, je suis heureuse d’être sur un sol stable.

Il ne me reste plus qu’1,5 km. Et là, je craque. En l’absence de balisage, je pense m’être trompée de chemin. J’appelle Emir en pleurs. Je n’en peux plus. Emir essaye de me localiser grâce à mes indications et tente de m’orienter jusqu’à l’arrivée. Avec la pluie qui a inondé mon mobile, je dois mettre Emir en haut parleur et je n’entends presque rien. Je ne veux pas prendre un chemin alternatif. Je décide de faire demi-tour jusqu’à ce que, par miracle, je tombe sur un participant qui m’indique que nous sommes sur le bon chemin. Nous faisons la route ensemble et discutons. Je suis à nouveau calmée.

A quelques 200 mètres de l’arrivée, mon Lapin me rejoint. Je le sens reposé et en bien meilleure forme que tout à l’heure, ce qui fait très plaisir à voir. Nous atteignons l’arche ensemble.

Harry Bignon me fait un accueil des plus chaleureux. Quel soulagement d’être enfin arrivée. La pression retombe d’un coup. Je peux enfin me reposer. Je suis applaudie par les supporters et bénévoles encore présents dans le gymnase.

J’accède à la première place du podium SEF. Emir et une bénévole m’aident à l' »escalader » tant je suis fatiguée.

Et c’est ainsi que mon rêve prend forme. Me voici pour la première fois sur le podium d’un ultra trail. Je suis sur un petit nuage : j’ai parcouru plus de 115 km en 21h22min23sec. Malgré les douleurs, je suis allée au bout car j’avais décidé que c’est là où j’allais aller. A aucun moment, je n’ai envisagé un abandon malgré la difficulté. La difficulté, c’est la règle du jeu. L’ultra, c’est la recherche du dépassement de soi, et c’est ce que j’étais allée chercher.

Mon premier podium sur ultra !

Mon premier podium sur ultra !

Nous déjeunons au gymnase et retrouvons Jean-Marie notre covoiturage arrivé depuis peu, qui lui aussi a mis beaucoup plus de temps que prévu.

Nous discutons ça et là avec bénévoles et participants autour d’un repas chaud. Puis il est temps de lever les voiles, je commence à avoir très froid.

Merci

Les jolies dotations

Les jolies dotations

  • à vos nombreux encouragements sur les réseaux sociaux,
  • à Emir qui m’a soutenue particulièrement quand je n’étais pas bien du tout à 1,5 km de l’arrivée,
  • à Harry pour l’accueil de star qu’il m’a réservé à l’arrivée,
  • aux bénévoles pour leurs sourires, leurs encouragements et leur sympathie
  • à l’organisation pour son accueil

Bravo à tous les participants de the trail Yonne, finishers ou non : A Frissou et Benjamin pour leur 85 km  frangin-frangine, à Jean-Marie, Vincent de Call of the Run, Atsushi, Riko, Buge, Stéphanie, Arnaud, à mes compagnons de route dont j’ai le regret d’avoir oublié les noms…

Bravo à Fanny pour son podium sur le 85e km, promesse d’une belle carrière sur ultra. 🙂

Bonus #1 – Pour vivre l’aventure en vidéo, c’est ici :

Bonus #2 – Les pieds des Lapins après l’épreuve (âmes sensibles, s’abstenir)

Spoiler

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Jeudi, nous serons aux 100 km de Steewerck pour la version de jour limitée en 13 heures. En espérant que nous soyons totalement rétablis d’ici là…

D’ici là, portez vous bien les amis. Merci d’être de plus en plus nombreux à nous suivre dans nos aventures pas toujours très raisonnables.

Comme toujours et même si nous ne le rappelons pas systématiquement, n’hésitez pas à nous faire part de vos sentiments et questions sur cette aventure, en commentaire. 🙂

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